par Michel LHOMME
Partout dans le monde, le propre de la gauche socialiste est la malhonnêteté, l’absence de scrupules et surtout la méconnaissance de la parole d’honneur. En somme alors qu’elle se gargarise toujours de moralisme et du mot « justice », partout la gauche se manifeste par l’absence d’éthique. Le Président actuel du Pérou, José María Balcázar qui en est issu s’est ainsi envolé discrètement sans médias pour le Vatican avançant les dates et emportant avec lui son épouse et sa fille sans autorisation parlementaire avec une bourse de voyage plus que conséquente et ce, alors qu’il se vante d’être athée, pour inviter en octobre le pape Léon XIV à Chiclayo, l’ancien évêché du Saint-Père, et sans doute faire quelques courses de luxe à Rome :

Mais il y a pire : Roberto Sanchez, candidat de gauche aux élections présidentielles péruviennes après avoir promis publiquement et en particulier, devant les observateurs internationaux qu’il respecterait le résultat des urnes quelle qu’en soit le résultat s’est une fois de plus dénié, désisté hier en ne les reconnaissant plus et en appelant à des manifestations contre la fraude partout dans le pays. Ainsi feint-on un jour d’être démocrate dans de grands discours pour gagner un scrutin et ne rêve-t-on en coulisses que de « dictature du prolétariat » et de « démocratie populaire » comme l’ex-président Pedro Castillo qu’en ami fidèle, on souhaitait libérer de prison au plus vite !
Plus de deux semaines après le second tour, Keiko Fujimori est dorénavant en passe de remporter le scrutin péruvien. Les résultats définitifs n’ont toujours pas été proclamés officiellement car, pour éviter toute contestation, on recompte publiquement un à un chaque bulletin qui sont ensuite mis en ligne sur le site officiel des élections. Mais selon le dernier décompte, l’avance même imperceptible (une différence à peu près de 45 000 voix) dont dispose aujourd’hui la candidate de Fuerza Popular, la droite libérale ne pourra plus être comblée.

Keiko Fujimori réalise 50,18 % des voix contre 49,88 % à son adversaire de gauche, Roberto Sanchez.
Au premier tour de scrutin, celui du 12 avril, aucun des deux prétendants n’avait véritablement suscité un large soutien susceptible de lui permettre d’accéder facilement à la magistrature suprême. Aussi ce demi-succès de la droite péruvienne ne fait que couronner au fond la division et la fragmentation toujours à l’œuvre dans un pays qui reste miné par une série de crises politiques (huit présidents en dix ans et la tentative de coup d’état gauchiste de Castillo).
Keiko Fujimori a grandi dans les coulisses du pouvoir, et son nom est indissociable du plus grand président péruvien de ces dernières années, Alberto Fujimori :

Celui-ci demeure pourtant critiqué et dénigré dans toute la presse internationale et française pour la manière forte dont il avait éradiqué le terrorisme du Sentier Lumineux et du MRTA et dont par paradoxe on ne cite jamais le nombre de victimes qui dans les fourchettes les plus basses avoisine plus de 70 000 morts. (https://shs.cairn.info/revue-etudes-1995-10-page-293?lang=fr)

Keiko Fujimori qui se présentait pour la quatrième fois à une présidentielle a donc bénéficié d’un électorat fidèle aujourd’hui plutôt âgé qui n’a pas oublié le travail de son père mais comme nous l’avions souligné sur Metainfos à plusieurs reprises, la Marine Le Pen péruvienne suscitait aussi un profond rejet dans les provinces les plus rurales et parmi la jeunesse étudiante très influencée ici par le wokisme états-unien et les sirènes gauchisantes du milieu professoral comme en témoigne de fait cette victoire à l’arraché. On reproche surtout dans les régions à son père d’avoir « vendu le pays » par ses privatisations et son Fuji schock, cette thérapie de réformes économiques radicales réalisées avec succès contre l’endettement structurel du pays qui fut mise en place au Pérou le 8 août 1990, Fuji schock qui est par ailleurs devenu un modèle économique celui qui inspire par exemple avec succès Javier Milei à Buenos Aires ou Bola Tinubu au Nigéria, pour ce dernier sans trop, hélas, de résultats. (https://es.wikipedia.org/wiki/Fujishock)

On notera que la victoire de Keiko Fujimori est en partie obtenue par le vote de la diaspora péruvienne (photo ci-dessus) qui a bénéficié à la fille du soi-disant « dictateur » Alberto Fujimori, condamné, sous son mandat de 1990 à l’année 2000, à vingt-cinq ans de prison pour « crimes conte l’humanité », accusé de massacres de civils en marge de la lutte contre les guérilleros du Sentier Lumineux, de viols et de stérilisation forcée des femmes andines dans les campagnes les plus rebelles, les plus rouges, celles autour d’Ayacucho en particulier.

Il faut savoir qu’un péruvien sur dix vit actuellement à l’étranger (surtout en Argentine, en Espagne, en Italie et aux Etats-Unis) soit trois millions et demi de personnes. Le candidat de la gauche, Roberto Sanchez, le démagogue au sombrero, a d’ailleurs demandé – pas folle la bête ! – l’annulation des voix des votes de l’étranger, invoquant des irrégularités dans leur transfert à Lima. Ce qui est totalement faux puisque les urnes ont toutes été doublement contrôlées, scellées et envoyées dans la capitale par valises diplomatiques. La requête de Juntos por el Peru (JPP), parti de Sanchez, présentée sans aucune preuve a d’ailleurs été jugé « irrecevable » par le Jury National des Elections (JNE) hier soir, ce lundi 23 juin 2026. Auparavant, une députée de son parti, Amalia Palomino (photo ci-dessous) avait osé proposer la semaine dernière, l’interdiction de voter aux étrangers de l’extérieur : https://www.infobae.com/peru/2026/06/13/virtual-diputada-de-juntos-por-el-peru-propone-que-peruanos-en-el-extranjero-no-voten-tras-triunfo-de-keiko-fujimori-fuera-del-pais/

Keiko Fujimori l’a donc emporté parce qu’elle avait mise en avant dans son programme l’ordre dans le pays traversé par une montée de la criminalité et de l’insécurité dans les centres urbains. C’est d’ailleurs à Lima et y compris dans ses faubourgs populaires qu’elle a obtenu de meilleurs résultats que son rival de gauche. On notera, fait singulier mais très significatif, qu’à l’étranger, à chaque fois que les Pays dans lesquels se trouvaient des électeurs étaient dirigés par un gouvernement de gauche, ces immigrés de la diaspora ont tous voté largement pour Keiko et non la Gauche qu’ils jugeaient sans doute par expérience inaptes à prendre les rênes du pays.

L’élection de Keiko Fujimori confirmée, le Pérou rejoint ainsi les pays d’Amérique latine qui ont basculé à droite, voire à l’extrême-droite, après :
- La Colombie ce week-dernier (https://metainfos.com/2026/06/23/victoires-et-defis-de-la-droite-latino-americaine/),
- La Bolivie actuellement en état d’exception et mobilisation militaire face au blocage du pays par des manifestations dites populaires mais organisées en réalité par l’ancienne clique au pouvoir d’Evo Morales qui n’a jamais accepté sa défaite pourtant sans discussion possible : (https://fr.euronews.com/2026/06/24/evo-morales-alerte-sur-une-guerre-civile-en-bolivie-depuis-le-chapare-je-ne-me-rendrai-pas),

- Le Chili qui a consolidé ses frontières avec le Pérou depuis mars en installant la semaine dernière de gros blocs de béton pour lutter contre l’immigration clandestine en provenance en particulier du Vénézuela (https://www.lemonde.fr/international/article/2026/03/17/le-chili-lance-la-construction-de-barrieres-a-la-frontiere-avec-le-perou-pour-freiner-l-immigration-irreguliere_6671478_3210.html.
- L’Equateur aussi en état d’urgence contre les bandes criminelles liées au trafic de cocaïne (https://www.rts.ch/info/monde/2025/article/equateur-la-spirale-de-violence-liee-au-narcotrafic-s-intensifie-28861015.html),
- L’Argentine de Milei, l’homme à la tronçonneuse (https://metainfos.com/2025/11/06/javier-milei-face-aux-medias/)
- Le Salvador de Bukele qui par une politique extrêmement ferme avec les délinquants a fait chuter le chiffre des homicides de manière spectaculaire

Seuls, le Mexique de Claudia Sheinbaum (https://metainfos.com/2025/11/16/mexique-le-sursaut-civique/) qui livre discrètement du pétrole en soutien à la crise énergétique cubaine mais dont la population est excédée par le laxisme sécuritaire avec des manifestations violemment réprimées devant les stades de la Coupe du Monde que les médias mainstream taisent quelque peu (https://www.leparisien.fr/sports/football/coupe-du-monde/coupe-du-monde-un-syndicat-appelle-a-bloquer-toutes-les-routes-qui-menent-au-stade-azteca-avant-tchequie-mexique-24-06-2026-7ISGIW47CZAZVBNFM7YEFXT2IU.php),
et le Brésil de Lula qui se prépare à des élections présidentielles pour cet automne résistent encore à cette déferlante raisonnable.

Du point de vie international, la victoire de Keiko Fujimori consolide le nouveau bouclier américain de la doctrine Donroe en Amérique latine (http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2026/06/15/de-la-doctrine-monroe-du-xxi%E1%B5%89-siecle-le-neocolonialisme-des-etats-unis-en-a.html) et gêne les visées expansionnistes et commerciales de la Chine qui soutenait dans les coulisses moralement et financièrement la candidature de Sanchez. C’est en particulier l’extension du port « chinois » en eaux profondes de Chancay avec le projet de relier par chemin de fer le Pacifique à l’Atlantique qui risque d’être stoppée – ce que souhaite en partie l’Ambassadeur des Etats-Unis à Lima, Navarro, très proche de Marco Rubio – malgré les résultats économiques impressionnants et encourageants de cette infrastructure maritime.
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