Par Michel LHOMME
Incroyable mais pourtant véridique. Voici le titre de France-24 en ligne ce matin : « Mexique : 120 blessés lors d’un rassemblement contre la politique sécuritaire du gouvernement ». (https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20251116-mexique-120-bless%C3%A9s-lors-d-un-rassemblement-contre-la-politique-s%C3%A9curitaire-du-gouvernement ). L’article du Monde est plus tendancieux faisant croire que la manifestation s’opposerait à la lutte du gouvernement contre les cartels alors que précisément elle vise à critiquer la complicité du pouvoir avec ces derniers reprenant pour terminer la déclaration de la présidente qui suggère en sous-main une manipulation trumpiste derrière ! (https://www.lemonde.fr/international/article/2025/11/16/mexique-120-blesses-a-mexico-lors-d-une-manifestation-contre-la-politique-securitaire-face-aux-cartels_6653595_3210.html)
Il y a bien eu 120 blessés et sans doute plus mais pas du tout contre la politique sécuritaire du gouvernement mais précisément le contraire : une protestation contre son absence de politique sécuritaire, de fermeté ! Mais voilà, les médias du service public français sont idéologisés et il importe avant tout de ne pas critiquer la gauche mexicaine au pouvoir depuis 2018, depuis l’élection de son pire président Andrés Manuel Lopez Obrador (AMLO) suivie aujourd’hui à la tête de l’Etat de Claudia Sheinbaum. Il importe aussi de démontrer que toute manifestation populaire est nécessairement anti-flics, opposée à toute répression. L’info-faux par excellence !

Les manifestations de la génération Z d’hier sont au contraire la réaction naturelle espérée contre un gouvernement erratique et contradictoire dans sa politique intérieure au moment où le Mexique traverse par sa violence quotidienne des plus cruelles les années peut-être les plus difficiles de son histoire moderne.

La vague criminelle qui traverse le pays démontre en effet la faillite de l’état mexicain où l’autorité civile a laissé place au pouvoir criminel. Cette situation est le résultat direct du régime instauré par AMLO, gouvernement de démission absolue de l’état régalien face au crime. Depuis 2018, depuis López Labrador, le gouvernement mexicain a renoncé à son devoir le plus élémentaire et fondamental : protéger ses citoyens. C’est le résultat de sa politique « Abrazos, no balazos », « Des câlins, pas des balles » slogan militant associé à la « politique de sécurité » de l’ancien président mexicain Andrés Manuel López Obrador :

Il visait à s’attaquer aux causes profondes de la criminalité en offrant des perspectives aux jeunes plutôt qu’en ayant recours à la violence et qui s‘est terminé par une indulgence et une complicité avec les pires bandes criminelles du pays, l’exact opposé de la politique efficace de Bukele au Salvador.

Par cette politique « sécuritaire » tolérante de gauche, les autorités mexicaines ont rétabli des liens directs et complices avec les bandes criminelles. Même si Claudia Sheinbaum a tenté de s’en prendre récemment aux chefs de la mafia notamment sous la pression des Etats-Unis, son gouvernement n’a de cesse de maintenir une attitude ambigüe par rapport à la politique laxiste précédente à laquelle par idéologie et loyauté elle demeure liée :

López Lobrador avait ainsi autorisé que des personnes proches de son entourage entretiennent des relations directes avec le crime organisé allant jusqu’à commettre des actes délictueux tel que le trafic illégal d’hydrocarbures dans des proportions jamais enregistrées dans l’histoire précédente de la corruption mexicaine. Il y a bien chez Scheinbaum l’intention exprimée de lutter contre la délinquance mais elle reste timide, timorée, encastrée dans les politiques de collaboration précédente. Son gouvernement semble de fait paralysé d’où la réaction civique et populaire d’hier face à la souffrance quotidienne des familles mexicaines. Le déclencheur des manifestations fut l’assassinat du maire Carlos Manso, maire d’Uruapan, dans l’État du Michoacán (ouest), assassiné le 1er novembre:
Avec son sombrero, il s’était fait connaître pour sa traque des criminels or ce maire avait demandé des semaines auparavant de l’aide au gouvernement de Sheinbaum pour affronter le crime organisé en n’obtenant aucune réponse. Des banderoles portant des messages tels que « Nous sommes tous Carlos Manzo » étaient déployées aux côtés du drapeau pirate emblématique du manga japonais One Piece, devenu un symbole de la contestation des jeunes à travers le monde (Madagascar, Philippines, Pérou, Népal, Maroc). (https://metainfos.com/2025/10/16/perou-la-generation-z-se-souleve/)

Après l’enterrement de Manson, deux jours après, en recevant la veuve du maire et priée de s’expliquer la Présidente mexicaine en rendit alors responsable les gouvernements précédents sauf celui de Lopez Labrador ! Erreur de communication impardonnable d’autant qu’elle paraissait alors froide et sans émotion comme l’était son mentor (AMLO) qui lui d’ailleurs refusait carrément de recevoir les victimes, les mères par exemple des personnes disparues.
Sheinbaum doit sans doute croire que parce qu’effectivement elle distribue des aides dans les quartiers populaires, elle jouit d’une certaine popularité mais cette politique de redistribution et d’aides sociales effectivement appréciée s’est aussi faite au prix de la destruction des institutions de santé publique, d’éducation et de culture. Les manifestations en cours montrent en tout cas que cela ne suffit pas pour apaiser la colère du peuple qui monte. Le pain sans la sécurité ne suffit pas : on peut vous le voler à chaque instant.

Depuis quelque mois, la gauche latino-américaine et sa misère morale sont à découvert que ce soit au Pérou avec la tentative ratée du coup d’état de Castillo défendue par le gouvernement mexicain (le Pérou a de fait suspendu ses relations diplomatiques avec Mexico), l’échec aux élections de Bolivie il y a quinze jours qui redonne d’ailleurs espoir au peuple bolivien, l’inhumanité totalitaire du gouvernement de Maduro, principal narco du moment. Peut-on d’ailleurs appelé de gauche une telle déformation de la tradition socialiste qui proclame sa supériorité morale en pactisant avec les terroristes, les trafiquants de cocaïne, les pires salauds, spoliant l’Etat, vidant les caisses, accumulant des richesses privées planquées ici ou là jusqu’en Russie ? Sheinbaum n’a eu de cesse de défendre ses compagnons de route : Rafael Correa (Equateur), Evo Morales (Bolivie), Pedro Castillo (Pérou) tous anciens terroristes, elle apporte un soutien sans failles à Cuba, au Venezuela, au Nicaragua alors que, par ailleurs et sans y voir contradiction aucune, elle recherche l’appui du secteur privé et des traités de libre-échange. En plein délire idéologique, le Mexique réclame à l’Espagne des excuses publiques pour la période coloniale alors qu’il paraît de marbre face à la douleur des victimes quotidiennes de la criminalité mexicaine en plein essor.

Le pouvoir judiciaire mexicain vient d’être quasiment démantelé par une réforme judiciaire là encore idéologique où l’électorat est chargé de nommer les juges et les magistrats (https://blog.juspoliticum.com/2025/06/21/lelection-des-juges-mexicains-au-suffrage-universel-de-la-legitimation-democratique-a-la-politisation-de-la-justice-par-alice-mauras/ et https://www.courrierinternational.com/article/justice-le-mexique-premier-pays-du-monde-a-elire-tous-les-juges-de-tous-ses-tribunaux_231375) comme si l’électorat n’était pas l’objet de pressions des gangs dans les provinces pour les nominations sans compter que seulement à peine 8 % des électeurs ont participé à ce scrutin.

Le Mexique connaît actuellement une vague d’assassinats de maires, de juges et de policiers sans précédent qui s’ajoutant à une récession économique, à une crise écologique et institutionnelle plonge le pays en crise. Certes, Mexico a toujours été violente mais il y avait auparavant un Etat fort, présent tout de même sur le territoire. Aujourd’hui, dans les rues, les gens ont peur, paraissent tristes et comme perdus, abandonnés ne sachant plus trop où trouver la porte de sortie politique. Ils ont surtout peur de sortir dans la rue mais ne sont pas pour autant résignés d’où le sursaut civique actuel.

Or Sheinbaum ne peut rompre avec son passé conciliant, laxiste avec la délinquance et les criminels. Pour récupérer une certaine autorité morale, il faudrait juger les responsables du gouvernement précédent et en finir évidemment avec le narco-état. Actuellement dans de nombreux cas et dans certaines régions du pays, ce sont les cartels qui décident de qui peut se présenter comme candidat aux élections ou être nommé chef de la police. Il s’agit d’une narco souveraineté parallèle que les Etats-Unis ne peuvent et pourront pas tolérer à la longue sur leurs frontières. Aujourd’hui, le pays est donc à double face : un Etat légal avec son administration formelle et l’Etat souterrain du crime organisé. Le Pérou rencontre ce même schéma celui d’un second état, composé du narcotrafic et de l’extraction minière (l’or) informelle qui actuellement gangrène la formation des listes électorales en cours pour 2026 au Congrès et au Sénat. Au Mexique comme au Pérou, la gauche populiste avec les anciens terroristes soutient les mêmes listes politiques, futurs axes de la corruption future. Mais les masques tombent peu à peu. Le Pérou, l’Equateur, la Bolivie consolident l’axe droitier du Cône Sud : Chili (premier tour des élections présidentielles ce dimanche), Brésil et Argentine avec la victoire surprenante pour France 24 ou RFI (bien évidemment !) de Milei. (https://metainfos.com/2025/11/06/javier-milei-face-aux-medias/)
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