par Michel LHOMME
Alors que les résultats officiels et définitifs des élections présidentielles péruviennes ne sont toujours pas proclamées, la candidate de la droite libérale Keiko Fujimori est donnée gagnante avec 40 000 voix d’écart sur son rival de gauche, Roberto Sanchez.

Elle a hier déploré le retard dans la proclamation péruvienne des résultats alors que dès lundi matin, la victoire de la droite colombienne, dure du trumpiste Abelardo de la Espriella (photo ci-dessous) avec 49,65 % des voix était assuré sur son adversaire de gauche Yvan Cepeda.

Le scrutin marqué par une participation record dans le pays fut néanmoins très serré et marque, comme au Pérou, une Colombie plus divisée que jamais. Il annonce en tout cas un retour à une ligne conservatrice, de droite sans complexes inscrivant la Colombie dans la tendance observée ces dernières années dans plusieurs pays d’Amérique latine d’un engagement vers un conservatisme radical face à la corruption endémique des gouvernements de gauche, compromis avec le narco-terrorisme et les groupes criminels, ou comme au Pérou avec le secteur minier informel (or et cuivre) qui génère sans souci de l’environnement et sans imposition des millions de dollars.

Agé de 47 ans, l’avocat de profession, Abelardo de la Espriella entend mener une politique à rebours de celle de l’ancien président, terroriste repenti Gustavo Petro, particulièrement détesté par Donald Trump. Abelardo de la Espriella promet un retour à une stratégie sécuritaire fondée sur une ligne ferme, militarisée avec l’intention de reprendre le contrôle des territoires dominés par les groupes armés et ce, proclame-t-il en l’espace de seulement quatre-vingt-dix jours ! Pour la sécurité intérieure, il souhaite également s’appuyer sur le modèle des mégaprisons mis en place par Bukele au Salvador, avec la construction d’une dizaine de centres pénitentiaires de haute sécurité à travers le pays.

Sur le plan économique, admirateur assumé du président argentin, Javier Milei qui donne par ailleurs en Argentine, de très bon résultats, Abelardo de la Espriella mise sur une politique d’austérité. Il s’est fixé pour objectif de réduire de 40 % les dépenses de l’Etat, tout en supprimant une partie des lourdeurs administratives et des obstacles pesant sur les investissements des entreprises. Il promet également de porter la croissance annuelle du PIB à 7 %.

Les résultats de cette présidentielle quoique serrés sont la réaction claire de la société colombienne, en particulier de sa jeunesse, d’une demande d’ordre et de fermeté face aux problèmes d’insécurité et économiques auxquels la Colombie est confrontée depuis des décennies.

Comme au Pérou, sans preuves et contre l’avis des observateurs internationaux, la gauche colombienne conteste évidemment les résultats, crie à la fraude et appelle à manifester. Au Pérou, cet appel a été renouvellé hier aux provinces, Roberto Sanchez étant le candidat par excellence de la ruralité. Nonosbant, vendredi dernier, le même appel à se révolter et à marcher dans la capitale n’a pas soulevé les foules :

Comme en Colombie, les Péruviens veulent le retour à l’ordre face au désordre ambiant, aux crises politiques récurrentes, aux extorsions mortelles des groupes criminels. Tous les jours, il y a au moins un chauffeur de bus ou de mototaxi qui est assassiné pour ne pas avoir payé de coupons aux gangs qui essaiment dans tous les arrondissements de la capitale (https://www.youtube.com/watch?v=3FYT7MgYorI)

En Colombie, les groupes terroristes d’extrême-gauche sont liés au narcotrafic et suite à la victoire du nouveau président vont sans doute réagir très vite c’est-à-dire violemment par des attentats et des exécutions d’autant que dans un discours virulent Abelardo de la Espriella a promis d’en finir, d' »exterminer » tous les gauchistes.

De son côté, en Bolivie le nouveau président Rodrigo Paz Pereira a déclaré l’état d’urgence dans un discours remarquable (vidéo ci-dessous) et mobilisé toute l’armée pour mettre fin au blocage du pays par les paysans et ouvriers boliviens manipulés par l’extrême gauche anciennement au pouvoir et qui, elle-aussi, n’accepte pas sa défaite et le processus démocratique.
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