LA TRAHISON DU RN

par Yann V (rédaction de breizh-info.com )

Il y a des moments où le masque tombe. Où l’on cesse de parler de stratégie pour appeler les choses par leur nom : une capitulation.

Un assistant parlementaire du RN s'exprime lors d'une séance, avec des collègues dans l'assemblée.

La dernière scène en date d’une longue série  ? Une députée du RN, Lisette Pollet, qui se sépare précipitamment de son collaborateur parlementaire après deux articles de la presse mainstream et militante de gauche. Deux papiers. Deux injonctions morales venues d’en face. Et voilà qu’on coupe des têtes pour prouver sa respectabilité :

Un homme parlant à la caméra, avec un pull en laine clair et une chemise bleue, sur fond de mur intérieur, avec une croix visible à droite.
Vincent Claudin a fait une vidéo vue sur Instagram pour « inviter » les internautes à venir à l’hommage pour Quentin à Lyon. Résultat : limogé !

Qu’on coupe la tête d’un homme qui vient de perdre, la semaine dernière, l’un de ses meilleurs amis assassinés par les antifas. Double peine, infligée par ceux qui prétendent pourtant incarner le camp national. Au nom d’un engagement politique passé (pas d’une condamnation judiciaire et personnelle infamante) et de tweets anonymes. Extrémiste dans les paroles, certes. Mais passé. (Faut il éliminer de la surface de la terre, et tuer socialement et économiquement, tous ceux qui ont eu un engagement y compris extrême dans leur jeunesse ?). Le timing interroge par ailleurs.

Communiqué de presse de Lisette Pollet, Députée de la Drôme, clarifiant la fin de sa collaboration avec un collaborateur, expliquant les raisons personnelles et le respect de valeurs.

Se justifier, c’est déjà s’excuser. Mais cet exemple n’est qu’un parmi une longue liste de « purges » effectuées depuis des années maintenant, par peur des réactions du système. Pendant ce temps-là, Jean-Luc Mélenchon et les siens font bloc. Coûte que coûte et toute la journée. Qu’il s’agisse d’un dérapage, d’une provocation ou d’un soutien douteux, la consigne est simple : on tient la ligne. On protège les siens. On avance groupés.

Au RN ? On purge. On s’excuse. On se désolidarise. On supplie presque. On annonce des dissolutions à droite et à gauche en cas d’élection.

Femme portant des lunettes de soleil et un blazer, avec un drapeau tricolore autour du cou, se tenant dans une ambiance formelle.
ARRIVISTE, INCULTE ET TRAITRESSE SANS CONVICTIONS : LISETTE POLLET

Le contraste est saisissant.

Lorsque Jordan Bardella intime à ses élus de ne pas se rendre à la marche d’hommage à Quentin Deranque, il ne s’agit pas seulement d’éviter des affrontements. Il s’agit d’envoyer un message. À qui ? Aux éditorialistes, aux ministères, aux salons parisiens. Regardez-nous : nous sommes raisonnables. Nous sommes fréquentables. Nous savons nous séparer des nôtres (oui les nôtres, car il ne faut pas oublier qu’il y a des réseaux, des amitiés, des copinages, mais sous la table bien entendu). Nous sommes gentils. Nous n’avons surtout rien à voir avec ceux qui luttent contre l’immigration (et qui paient souvent le prix de leur engagement), c’est à dire pourtant notre fond de commerce électoral.

Manifestation avec des personnes portant des drapeaux noirs ornés d'un symbole anarchiste, se déplaçant dans une rue.

Car ne nous y trompons pas. Derrière les mots policés sur « la cohérence de la ligne », il y a une réalité plus crue : la peur panique d’être assimilé à l’ultradroite. La volonté obsessionnelle de se distinguer de tout ce qui dépasse. La dédiabolisation poussée jusqu’à l’autocastration.

Femme avec un manteau beige entrant dans un bâtiment, regardant vers l'avant.

Dissolution annoncée de groupuscules avant même d’être au pouvoir. Purges internes régulières. Mise à distance de ceux qui, pendant des années, ont tenu le terrain culturel, militant, médiatique, souvent seuls, souvent diffamés, parfois poursuivis.

Tous ceux qui ont diffusé, avant le RN, les thèmes aujourd’hui repris dans ses discours : identité, immigration, insécurité, souveraineté. On les a utilisés. On les a ringardisés. On les jette. On les purge alors même que sans eux, les députés, conseillers régionaux, départementaux, ne mangeraient pas leur gamelle mensuelle. Sans l’agit-prop de ces dernières décennies, sans le combat médiatique alternatif, pour lever le voile sur les compromissions du système, les députés RN ne seraient pas aussi nombreux à l’Assemblée nationale, et Jordan Bardella ne serait pas en mesure d’être président de la République.

Et tout cela pour quoi ? Pour atteindre les fameux 50 % à la présidentielle. Pour rassurer « le centre ». Pour apparaître comme le RPR des années 1990, version toilettée, cravate droite et langage aseptisé ? Pour finir comme Chirac en 2002, leader de la lutte antifasciste contre Jean-Marie Le Pen ? La boucle serait bouclée…

On nous promettait une table renversée. On obtient une chaise ajoutée à la table existante. Certains continuent d’y croire. Ils se disent que c’est une stratégie. Qu’une fois au pouvoir, l’ADN initial reviendra. Que la fermeté viendra après la victoire. Qu’il faut quand même voter pour eux, « parce qu’il n y a plus le choix ». Illusion totale.

Femme assise dans un banc de l'assemblée, les bras croisés, portant des lunettes et un blazer.
Lisette Pollet : dans les rangs !

Comment imaginer qu’un parti qui se recentre méthodiquement, qui écarte les plus déterminés, qui rompt avec ceux qui incarnent la radicalité de ses thèmes, pourrait soudain se « re-radicaliser » une fois au sommet ? Une fois élu, il devra déjà affronter une moitié du pays hostile, des institutions méfiantes, des médias en embuscade, une haute administration rétive. Croyez-vous qu’il choisira ce moment-là pour durcir le ton ?

Non. Il gouvernera avec prudence. Avec compromis. Avec calcul. Il offrira des postes aux plus modérés, aux ralliés de la dernière heure. A ceux qui sont capables de s’étouffer chaque matin avec des couleuvres jusqu’aux tripes. Et ceux qui rêvent d’un sursaut découvriront qu’il n’y a plus personne pour l’incarner.

Silhouette d'un homme se tenant debout avec des couteaux plantés dans son dos, contre un lever de soleil.

Un parti qui prétend incarner l’opposition nationale rejette ceux qui, parfois maladroitement, parfois excessivement, mais sincèrement, ont porté les mêmes thèmes dans la rue, dans les associations, dans les médias alternatifs. Au lieu de les intégrer, de les canaliser, de les former, il les traite comme des embarras.

Cette logique est suicidaire.

Un présentateur parlant dans un studio de radio, avec un logo RTL en arrière-plan et un microphone rouge.

Car un mouvement politique n’est pas qu’une machine électorale. Il est aussi un écosystème. Une avant-garde intellectuelle. Une base militante. Une capacité d’occupation culturelle. En rompant avec cet écosystème, le RN se transforme en parti classique, dépendant des sondages et des plateaux télé.

Il croit gagner en respectabilité. Il perd en profondeur.

La vérité est brutale : ce pays glisse. Et sa principale force d’opposition institutionnelle choisit l’édulcoration plutôt que l’affirmation. Elle renonce à ceux qui ont préparé le terrain pour séduire ceux qui ne voteront jamais pour elle. On peut continuer à mettre des bulletins dans l’urne en espérant un réveil tardif. On peut se raconter que « c’est la seule option ».

Mais il faut au moins avoir le courage de regarder les choses en face : on ne reconquiert pas en s’excusant d’exister. On ne change pas un régime en imitant ses codes. Et on ne bâtit pas une alternative en trahissant ceux qui ont tenu la ligne quand elle n’était pas rentable.

La dédiabolisation permanente finit toujours par produire une chose : la dilution..avant la trahison finale.

Citation sur la trahison affichée sur un fond sombre avec un motif en bois.

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3 commentaires

  1. Article « bizarre »… pour rester poli !
    Il faut, arrêter la surenchère démagogique dans le style « fier comme Artaban », surtout au moment où nous avons un petit (un minime) espoir de renverser légalement la vapeur, pour la première fois depuis les années 1970.
    Les problèmes qui assaillent la France après un demi-siècle d’immigration-invasion, faisant suite au désastreux Décret Giscard-Chirac-Durafour (ce dernier voulant déjà « exterminer le Front National ») de « regroupement familial des travailleurs immigrés », réclamé et obtenu par les patrons de la production et du commerce, en une époque où les Français paraissaient ou étaient réellement « trop économes », sont MONSTRUEUX.
    La Dette est d’abord et avant-tout accumulée, depuis un demi-siècle, par la gabegie de politiciens démagogues qui ont nourri la grande distribution grâce à l’argent public détourné de sa vraie finalité en faveur de 15 à 20 millions d’immigrés & de leurs rejetons venus d’un peu partout, mais surtout d’Afrique – le continent-boulet de la planète – dans l’El Dorado des Allocations tous azimuts pour les envahisseurs, dans le cadre d’une immigration inutile et perverse, pour laquelle l’unique souverain n’a jamais été consulté par voie référendaire.
    Qui parle réellement :
    – non seulement de stopper l’immigration d’origine africaine, mais aussi de tenter une « remigration », une fois réalisé un referendum sur cette question cruciale
    – de limiter les dépenses absurdes, soit celles qui favorisent les envahisseurs au détriment des Français de souche européenne
    – de réindustrialiser le pays – alors que depuis les années 1975-1985 tout a été fait pour « délocaliser » les ateliers, de façon à faire grossir les bénéfices des actionnaires, tout en générant un chômage structurel incompressible (atteignant 3 millions en chômage plein et 6, si l’on compte les chômeurs partiels incapables de vivre sans allocation)
    -de redonner aux campagnes les insfrastructures qui ont disparu, au profit des 2 000 cités de non-droit où l’on remplace en permanence ce que vandalisent les voyous
    – de lutter contre le trafic de stupéfiants (alors qu’on parle de légaliser le cannabis, drogue cancérigène lorsqu’elle est fumée, hallucinatoire donc source d’accidents de la circulation, et porte d’entrée des toxicomanies plus dures comme les opiacés et la coke… tant appréciée de nos excellences élues du peuple)
    – de lutter réellement contre la criminalité et de réformer une « Justice » tellement laxiste qu’on se demande pourquoi l’on paie tant de magistrats !
    – de regonfler les effectifs et le tonus des policiers
    – de refuser les ukases européens lorsqu’ils défient le bon sens
    En réponse à la vraie question : qui parle de réformer l’État au profit de la Nation, la réponse est : en dehors du Rassemblement National, personne de sérieux – c’est-à-dire disposant d’un potentiel d’électeurs de 30 à 40%
    Alors, OUI, même si la décision de Bardella (d’ailleurs conforme au voeu de la famille du jeune homme massacré par les ordures de La Jeune Garde Antifa) paraît rude à avaler, il faut « fermer sa g… » et attendre les prochaines élections – celles de 2026 et 2027 – pour savoir si l’on peut espérer un salut des urnes ou si l’unique solution sera le Devoir d’Insurrection Nationale.
    Pour l’instant, l’essentiel n’est pas de jouer aux Pères-la-Vertu, mais d’être des propagandistes efficaces : l’avenir de la Nation Française qui, par définition, est composée d’Européens de souche est en jeu et cela seul compte.

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