LE RETOUR DE L’ENVIRONNEMENT

par Johan HARDOY

  • A propos de Bertrand Alliot, Comprendre l’incroyable écologie — Analyse d’un écolo-traître (Éditions Salvator, 180 pages, 20 euros), éclaire les concepts et les enjeux du « phénomène écologie ».

Couverture du livre 'Comprendre l'incroyable écologie' de Bertrand Alliot, présentant une illustration d'un personnage reptilien et végétal, symbolisant les thèmes écologiques.

L’alarmisme climatique avancé par le GIEC (qui n’est pas un organisme scientifique mais une instance intergouvernementale répondant à des règles de nature politique) est devenu la thèse officielle des États : « Les gouvernants se sont convertis très progressivement au discours de l’écologie lorsque celle-ci a délaissé ses thèmes “historiques” au profit de celui du changement climatique provoqué par l’homme et ses émissions de gaz à effet de serre. »

Des oligarques et des têtes couronnées promeuvent activement cette cause, tout en soutenant « la constitution d’une planification à grande échelle pour qu’advienne un “nouvel ordre mondial” », seul capable selon eux d’empêcher la survenue de la crise écologique. Leur état d’esprit est parfois loin d’être philanthropique, à l’instar de feu le prince Philip, Duc d’Edimbourg et président du Fonds mondial pour la nature (WWF), qui souhaitait se réincarner en virus mortel pour contribuer à résoudre le problème de la surpopulation…

Tout un « écosystème » composé d’ONG, de fondations, de chercheurs, d’intellectuels, d’entreprises vendant des éoliennes, des panneaux solaires, des bilans carbone, des diagnostics énergétiques, etc., profite également de cet engouement pour gagner en revenus et en reconnaissance sociale.

Parc éolien avec plusieurs éoliennes sous un ciel nuageux.

En 2015, la COP21 a conduit à la signature des Accords de Paris, basés sur les projections du GIEC, qui prévoient de limiter l’augmentation de la température à 2 °C, voire d’aller vers l’objectif de 1,5 °C par rapport à l’ère préindustrielle. « L’Union européenne s’est alors engagée à diminuer ses émissions de 40 % d’ici 2030. Elle a ensuite revu à la hausse ses ambitions dans le cadre du Pacte vert européen. L’objectif est maintenant de diminuer les émissions de 55 % d’ici 2030 et d’atteindre la neutralité carbone à l’horizon 2050. »

Des travaux de scientifiques marginalisés mettent pourtant en avant la part négligeable des gaz à effet de serre sur les évolutions climatiques, la variabilité du climat (liée à des paramètres comme les inclinaisons de l’axe de rotation de la Terre, les cycles solaires, l’activité volcanique, les courants marins, etc.), les changements climatiques observés de longue date dans l’histoire humaine, l’absence de fiabilité des modèles mathématiques utilisés par le GIEC pour évaluer l’évolution des températures dans l’avenir, etc.

Dessin humoristique représentant un bateau nommé 'GIEC' s'apprêtant à heurter un iceberg, avec des dialogues sur l'iceberg absent des cartes.

Loin de se contenter du succès des thèses alarmistes, les écologistes sont « en train d’essayer de hisser l’inquiétude relative à la biodiversité au même niveau que l’inquiétude climatique ». En 2012 a été créée, sous l’égide de l’ONU, la Plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES), appelée familièrement le « GIEC de la biodiversité ». Là encore, les États sont enjoints à mettre en œuvre des mesures urgentes.

Cette nouvelle priorité ne manque pas de générer des contradictions internes au sein du milieu écologiste du fait que la préservation de la faune et de la flore peut être incompatible avec l’installation de fermes éoliennes, par exemple. Une précédente contradiction idéologique est déjà apparue avec l’énergie nucléaire, ce qui a amené des activistes à abandonner leur combat initial (le fameux « Nucléaire ? Non merci ! ») en soutenant désormais l’atome pour lutter contre les émissions de CO2. En outre, de nombreux écologistes « rencontrent des difficultés à adopter un mode de vie conforme à leurs convictions »…

Centrales nucléaires avec des cheminées émettant de la vapeur, surplombées par une statue de la Vierge.

Dans la préface du livre, l’écrivain et philosophe Chantal Delsol souligne que « la défense de l’environnement est une affaire politique, sociale et culturelle, affaire importante qui peut utiliser la technologie du moment, et dont les gouvernants élus doivent débattre en utilisant les données de l’expérience et de la science », alors que « l’écologie, elle, est un récit dramatique déployant la certitude de la proche catastrophe à venir, qu’il faut prévenir et empêcher par tous les moyens ».

Les écologistes estimant urgent de « sauver la planète », tous les sacrifices économiques, agricoles et autres sont à leurs yeux légitimes, y compris celui des libertés. « Bertrand Alliot ne croit pas à l’apocalypse, mais plutôt à une énième rupture à laquelle nous devons faire face avec toutes les ressources imaginatives et technologiques dont nous disposons. »

Un globe transparent représentant le monde avec des symboles liés à l'environnement, la durabilité et l'économie circulaire, sur un fond vert naturel.

L’auteur souligne la nécessité de comprendre préalablement « l’environnement » avant d’appréhender le « phénomène écologie ». « Classiquement, on définit l’environnement comme l’ensemble des éléments naturels ou artificiels qui entourent un individu ou un groupe d’individus. Cet ensemble lui permet de satisfaire des besoins. Il peut aussi contenir des éléments dangereux ou hostiles. »

« L’environnement est ce domaine de l’action publique qui, en “temps normal”, se développe pour corriger les effets pervers du développement économique. » Il s’agit, par le biais de normes, d’interdictions, d’incitations, etc., de traiter les pollutions, les nuisances et les risques de façon à les contenir à des niveaux acceptables. Contrairement à ce que prônent les militants écologistes, les mesures requises interviennent alors à un niveau secondaire par rapport au développement économique.

Le « développement durable » consiste quant à lui à « mettre en œuvre de simples politiques sociales et de protection de l’environnement » : « Ces démarches sont volontaires, même si certains principes ou mesures inspirés par cette démarche seront ensuite inscrits dans la réglementation. » Cette orientation connaît un succès considérable dans les milieux des affaires et de l’entreprise, qui en font un des éléments stratégiques de leur communication institutionnelle (ce que les écologistes qualifient de « greenwashing ») car elle ne leur demande « en aucune manière de revoir de fond en comble leur fonctionnement ou d’abandonner des marchés pour répondre à une urgence écologique ».

Graphique représentant des arbres croissant sur des piles de pièces de monnaie, symbolisant la croissance financière et durable.

Fait remarquable, « le mot “écologie” s’est progressivement imposé partout et, dans le même temps, le mot “environnement” et l’expression “développement durable” se sont beaucoup raréfiés. Cette évolution sémantique est un témoin fidèle d’un changement d’époque, de la prise du pouvoir de l’esprit écologique sur nos institutions ».

Deux mains tenant un arbre et un globe terrestre, symbolisant la protection de l'environnement.

Les écologistes, qui sont en grande majorité des gens éduqués de la ville, « sont nostalgiques du temps — mythique — où les hommes vivaient en harmonie avec la nature ».

« Concrètement, le mouvement de l’écologie est né d’une indignation qui s’est vite doublée d’une intuition. L’indignation est provoquée par les dégradations esthétiques causées par la société industrielle. L’intuition qui succède à cette indignation est que la course effrénée de transformation de l’environnement va entraîner le monde à sa perte. »

Après avoir été une discipline scientifique qui se donnait pour objectif de comprendre les interactions entre les espèces et leur milieu de vie, l’écologie est devenue un mouvement politique à tendance catastrophiste, voire apocalyptique, dont l’attention se porte aujourd’hui presque exclusivement sur le changement climatique.

Une main dépose une feuille verte dans une boîte de vote.

« Les écologistes ont été accusés, logiquement, de vouloir revenir à la “lampe à pétrole”, c’est-à-dire à des niveaux de développement moins élevés et donc de dégrader, dans le même temps, les conditions sociales d’existence. On les a qualifiés, pour cette raison, d’antihumanistes. »

Selon Bertrand Alliot, ce dernier qualificatif est infondé car les militants écologistes cherchent à préserver la planète pour que l’aventure humaine se poursuive, mais il observe que la proclamation d’un « état d’urgence » pour « préserver la société du désastre » en font « des despotes en puissance ».

Femme avec des lunettes, cheveux courts et gris, souriant dans une foule lors d'un événement public.

« Finalement, l’écologie veut renouer avec un homme du passé, le plus souvent fantasmé, ce qui revient à vouloir forger un homme nouveau. En cela, elle se rapproche des deux grandes idéologies du XXe siècle, le national-socialisme et le communisme, qui sont, elles aussi, entraînées dans la recherche de salut en voulant forger un homme nouveau. »

L’écologie est une « religion séculière, marquée à la fois à l’échelle individuelle et à l’échelle collective par l’espérance du salut », où l’être humain est à la fois destructeur et sauveur. « Cette religion écologique est particulièrement vivace en Occident où les individus, pour des raisons diverses, rencontrent de plus en plus de difficultés à s’inscrire dans les communautés de destin plus restreintes comme la famille, la tribu, la patrie, la religion. »

« Il est remarquable que cette religion séculière s’appuie constamment sur ce qu’elle nomme la “Science”. » Cette dernière ne désigne pas une méthode utilisée pour étudier le monde, « mais une nouvelle entité ayant les caractéristiques d’une divinité dont le rôle est de donner une existence incontestable à la “crise écologique” ».

Le dogmatisme des « gardiens du Temple » et leur « invocation systématique de la “Science » constituent pourtant un signe tangible de l’affaiblissement du récit écologique. L’auteur gage que, bientôt, ce discours « ne fera plus recette au-delà d’un petit groupe d’orthodoxes », dans un monde où les pays occidentaux vont devoir tenter de résoudre les véritables crises qui s’abattent sur eux.

Dès lors, « le mot “écologie” va se raréfier et le mot “environnement” va renaître de ses cendres »…

Source : polemia.com

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http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2026/01/15/le-developpement-comme-destin-collectif-ou-le-communautarisme-du-developpem.html

Une main tenant un arbre stylisé dont le tronc et les racines sont composés de circuits électroniques, avec des feuilles vertes émergeant de la structure technologique.

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