GUERRE ET BRUITS DE GUERRE EN EUROPE

par Bernard PLOUVIER

À l’exception des malheureux ex-Yougoslaves (photo ci-dessus) qui se sont entretués ou ont été assassinés par les troupes de l’OTAN, durant les années 1991-2001 alors qu’ils sortaient enfin de la dictature titiste, les Européens ont vécu durant trois générations une « époque post-héroïque » : celle des individus nés beaucoup trop tard pour participer à la mêlée des années 1929-1945 et qui le regrettaient.

Le siège de Sarajevo a commencé en 1992 et s’est terminé en 1996, (1 425 jours en tout) le siège d’une capitale le plus long de l’histoire de la guerre moderne.

Ces millésimes ne sont pas choisis au hasard. Sans la Grande Crise économique, née de l’effondrement des Bourses de Londres et de New York, d’Amsterdam, Berlin, Francfort/Main, Vienne et autres lieux, à l’automne de 1929, par l’effet de la perversion mentale de joueurs psychopathes qui voulaient s’enrichir vite et beaucoup sans travailler, par le simple jeu de la spéculation, l’histoire mondiale eût été fort différente. Tout au plus, sans elle, une guerre aurait-elle éclaté en Asie, entre colonisateurs blancs et Asiates, menés par les audacieux Japonais, les agitateurs du Komintern et les mahométans ; tandis qu’une Allemagne « respectable » (capitaliste) aurait obtenu en un quart de siècle le retour de tous les territoires peuplés de Germains qu’on lui avait volés en 1919 par pure joie de nuire aux vaincus de la Grande Guerre.

https://youtu.be/I8unYl919-U

Avec beaucoup d’intelligence, Alfred de Musset avait décrit (in La confession d’un enfant du siècle, paru en 1836, qui n’est pas un « roman », mais une remarquable étude sociologique) les sentiments d’une autre génération désolée d’être née trop tard pour participer à une grande féerie, celle des guerres de la Révolution et de l’Empire. Il est vrai que, contemplés de loin, seuls les actes d’héroïsme et d’abnégation paraissent dignes d’être retenus dans l’histoire des guerres célèbres, transformées en épopées par des poètes talentueux.

Napoléon Ier harangue le deuxième corps de la Grande Armée avant l’attaque d’Augsbourg.

Musset, l’enfant de son siècle ( ( https://youtu.be/I8unYl919-U)), était un homme de la civilisation du papier, à laquelle l’image d’Épinal apportait un soutien visuel aux imaginations, illustrant l’écrit dans le même registre héroïque. On vivait encore, il y a deux siècles, à l’ère prémoderne – n’en déplaise aux universitaires, qui fixent fort abusivement au XVIIe siècle le début de l’époque moderne, ce qui prouve leur totale incapacité à comprendre l’essence du modernisme : les sciences et les techniques d’une part, l’omnipotence du fait économique de l’autre. Dans le monde des années 1815-1850, un enfant sur deux mourait avant d’avoir atteint l’âge de 20 ans. Mourir jeune pour mourir jeune, il était préférable de le faire avec panache, en combattant, plutôt que d’être emporté par la typhoïde, la vérole ou la tuberculose, maladies dégradantes à la fois pour le corps et pour l’esprit.  

Sur cette photo d’archives de 1918, des victimes de la grippe se pressent aux urgences de Camp Funston, une subdivision de Fort Riley, au Kansas. La grippe, dont on pense qu’elle est originaire du Kansas, a tué au moins 20 millions de personnes dans le monde. Musée national de la santé et de la médecine, Institut de pathologie des forces armées

L’image fixe puis mouvante, réelle ou truquée, a modifié du tout au tout pour le public la compréhension de la vie du guerrier. Beaucoup plus que les récits hallucinants des rescapés de la Grande Guerre, puis de la Seconde infiniment plus terrible pour les combattants et pour les civils, ce sont les images de cadavres, de mutilés, de villes réduites à des tas de décombres, enfin de détenus des camps de la mort lente, qui ont horrifié ceux et celles qui n’avaient pas vécu ces horreurs.

La guerre a perdu beaucoup de son prestige. Elle est devenue ce Mal suprême, dont parlaient, depuis trois millénaires voire davantage, tous les grands sages, d’Akhenaton à Benoît XV, en passant par Gautama, Jésus de Nazareth, François d’Assise (ancien soldat très médiocre) et Voltaire. On ne joint pas à ces seigneurs de la non-violence les pacifistes de la IIIe Internationale (celle des communistes), puisqu’ils avaient pour mission de désarmer les pays qui étaient les cibles des maîtres de l’URSS, en beuglant un anti-militarisme dont le seul but était de faciliter la conquête de nouveaux territoires par l’impérialisme soviétique. L’on n’inclut pas non plus dans cette liste le sieur Mahomet (ou Muhammad, comme l’on voudra), puisqu’il a créé une religion fondée sur la guerre à outrance aux infidèles et aux apostats.

Pourtant, la phrase d’Héraclite (« La guerre est mère de toute chose ») s’est vérifiée de 1939 à 1945 et même plus que jamais. Cette IIe guerre mondiale fut une source de progrès exceptionnels : avions à réaction, fusées stratosphériques, hélicoptères, sous-marins à moteurs électriques, viseurs à infrarouges, utilisation de la fission nucléaire pour produire des isotopes radioactifs utilisables en médecine (Allemagne) ou une bombe de puissance destructrice inouïe (USA).

En médecine, cette guerre permit l’utilisation très large de la transfusion sanguine et corrélativement la détermination du groupe sanguin systématique chez les combattants du Reich et des USA, ainsi que la mise au point de techniques de conservation du sang prélevé ; la pratique généralisée de nombreuses vaccinations et plus seulement de l’antivariolique et l’antitétanique, comme durant la Grande Guerre ; l’utilisation rationnelle des sulfamides et des antibiotiques – la pénicilline était synthétisée dans au moins un laboratoire allemand en plus de laboratoires alliés ; la lutte efficace contre le paludisme : DDT pour la prévention par les hygiénistes US, Chloroquine en traitement préventif et curatif par les thérapeutes allemands ; les premières utilisations à large échelle des psychotropes, les atropiniques et les amphétamines ; l’usage généralisé des préservatifs contre les maladies vénériennes dans la Wehrmacht (photo ci-dessous) et à un degré moindre dans l’armée US.

Les conséquences de cette guerre furent plus étonnantes encore dans les mentalités collectives qu’après la première édition des années 1914-1918. Dès les années 1950, l’Européen de l’Ouest devenait un petit-bourgeois singeant son aîné nord-américain, tandis que le malheureux habitant des pays d’Europe Danubienne, Centrale et Orientale était réduit, pour un demi-siècle, à la condition d’esclave des maîtres soviétiques.

Depuis 1945-46, grâce à la tragi-comédie jouée à Nuremberg (photo ci-dessous) par les très mauvais comédiens du Tribunal Militaire Interallié, on savait que les vainqueurs étaient les Bons et les vaincus les Super-Méchants, et à Tokyo, on rejoua encore plus mal la comédie manichéenne et biblique : la divinité était toujours censée donner la victoire au camp du Bien et du Juste ! En France, on ressassait jusqu’à plus soif les « épopées » de la France Libre et de la Résistance, dont objectivement les hauts-faits ne représentaient presque rien dans l’histoire de cette guerre, la plus dantesque et la plus meurtrière de toutes.

Puis durant les années 1955-70, certains faits semblèrent jurer avec la sainte simplicité de la narration historique. Paraissaient en effet des textes d’anciens combattants « boches », qui avaient été, eux aussi, des héros au service de leur patrie, qui avaient enduré bien des avanies et mêmes diverses formes de torture en tant que prisonniers de guerre, et dont tout ou partie de leurs familles avait disparu ou énormément souffert, victimes des immondes bombardements aériens alliés qui ciblaient volontairement des civils, ou victimes des « libérateurs » soviétiques, britanniques, nord-américains, français, polonais, tchèques etc.

La ville de Caen après des bombardements alliés. Le 9 juillet 1944.

Vers les années 1980-90, la « Justice » des vainqueurs contre-attaqua, tentant d’interdire la publication de cette littérature révisionniste, mettant de nouveau en avant-scène les victimes dont on avait tant parlé à Nuremberg… victimes apparentées aux assassins et génocidaires de Gaza, du Golan, de Galilée, du Sud-Liban, des deux rives du Jourdain, de 1948 à nos jours.

Au début du XXIe siècle, tout en poursuivant les pleurs et lamentations sur la Shoah, l’on parla des vieilles histoires de tueries en Ukraine – une terre de paysans aisés qui ont toujours méprisé les Russes : quantité de romans russes au XIXe siècle ont abordé cette haine multiséculaire (https://metainfos.com/2025/09/16/ukraine-un-siecle-de-brutalites-sovietiques/). Ordonnées d’abord par « Lénine » et « Trotski », dans les années 1918-22 où les « verts » de Makhno n’étaient pas non plus exempts de crimes, mais de façon artisanale, sans commune mesure avec l’industrie du crime des années Trente, elles avaient atteint des sommets sous « Staline », où le nombre de victimes ukrainiennes atteignit 6 à 10 millions de morts (la partie haute de la fourchette étant celle donnée par « Staline » à Churchill le 15 août 1942). Et l’on ne mentionnait même pas les victimes du Kazakhstan ou celles du génocide des Cosaques du début des années vingt. Ces tueries immondes – où avaient brillé tant de donneurs d’ordre et d’exécutants juifs de la Tchéka-Guépéou-NKVD -, les vainqueurs de 1945 les avaient passées à la trappe, car Historia est une vieille catin qui sait se taire comme elle sait pleurer sur commande.

Or ces tueries et leurs conséquences démographiques revinrent subitement à la surface. Un putsch militaire, perpétré à Kiev en 2014 (photo c i-dessous) grâce au soutien de l’équipe Obama-Biden, avec le concours de financiers et d’acteurs juifs, modifia la donne géopolitique, annulant des accords vieux d’une dizaine d’années qui empêchaient les potentats ukrainiens de violenter et de tyranniser les Russes implantés à l’Ouest du Dniepr et en Crimée sous « Staline », qui avait repeuplé de Russes un pays qu’il avait en partie vidé de ses autochtones.

Après avoir vainement tenté de ramener à la raison les politiciens judéo-ukrainiens, soutenus par les « Démocrates » des USA plus proches que jamais des forbans d’affaires, le nouveau Tsar populiste Poutine, qui avait rendu leur fierté aux Russes après l’ère Eltsine où des Juifs s’étaient approprié quantité de biens d’État, décida en février 2022 une opération militaire pour libérer les russophones de la tyrannie judéo-ukrainienne. Les maîtres US de l’OTAN exigèrent aussitôt de leurs larbins européens qu’ils rejouent en Ukraine et en Crimée le triste scenario yougoslave des années 1991-2001.

Des militaires ukrainiens circulent dans les rues de Bakhmut, en Ukraine, le 17 décembre 2022. 

En ex-Yougoslavie, la mortalité réelle avait été moindre qu’on ne l’a prétendu : il semble qu’elle n’ait pas dépassé 140 000 morts directes, soit moins que la mortalité immédiate des deux bombes d’Hiroshima et de Nagasaki. Les pertes de la guerre russo-ukrainienne semblent très fortes – mais incalculables pour l’instant, du fait d’une guerre des communiqués de propagande, exactement calquée sur la « Deception » (désinformation ultra-mensongère in english) alliée des années 1939-jusqu’à nos jours – cf. les chiffres officiels étonnants de la Shoah ou, en sens inverse, des 36 heures de bombardements et mitraillages de Dresde.  

Une vue d’un cimetière de Kharkiv le 31 janvier dernier.

Le génocide des Gazaouis, en cours depuis 2023, a fait semble-t-il 80 000 morts, dont 80 à 85% de non-combattants (mais des estimations supérieures circulent dans les milieux médicaux : entre 100 000 et 180 000), dont on n’a parlé qu’à mi-voix jusqu’à la fin de 2024 pour ne pas irriter les maîtres juifs des media, de la finance et du négoce de haut-vol. Il est curieux que notre funambule national ait attendu 2025, pour éventuellement reconnaître l’État palestinien, soit au moment où cet État risque de disparaître, puisque son territoire est presque entièrement occupé et ravagé par Tsahal !  

Septembre 2025 seul couloir humanitaire ouvert alors que Tsahal bombarde Gaza ville.

Macron, qui veut se mêler des affaires russo-ukrainiennes, avec une armée qui manque de munitions (https://defense-zone.com/blogs/dossiers-premium/munitions-stock-approvisionnement-souverainete-risque), n’a décidément pas fini de nous faire rire, alors qu’il espère nous enthousiasmer par sa ferveur guerrière. De fait, c’est de la fureur de ce gamin mal éduqué, de cet adolescent impulsif, aussi dangereux qu’un cocaïnomane au volant d’une voiture rapide, qu’il faut avoir peur. L’immigration-invasion est un danger majeur à moyen terme. Macron, dictateur sans soutien populaire, mais aussi sans autre contre-pouvoir qu’un peuple déboussolé, est un danger majeur à très court terme.

À certains moments de l’histoire d’une Nation, l’insurrection devient un devoir. En France, nous n’avons pas besoin d’une guerre extérieure : la menace d’une guerre intérieure, guerre de races et de religions, est suffisamment forte pour ne pas aller chercher ailleurs une aventure périlleuse… même pour permettre à notre génial Président-Dictateur-Général de prolonger son séjour à l’Élysée.  


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