TURQUIE, L’AUTRE EMPIRE DU MILIEU

Après l’Algérie, dressons ici le portrait d’un autre pays, vecteur clef des changements géopolitiques en cours : la Turquie. Ces deux derniers articles sur l’Algérie et la Turquie comme le suivant, synthèse de l’actualité internationale de l’été (https://metainfos.com/2025/09/08/synthese-internationale-ete-2025/) ont particulièrement destinés aux élèves de Terminale en HGSP qui nous suivent, en particulier ceux des Outre-mer (en particulier ceux de Mayotte, Nouvelle-Calédonie, Polynésie, Guadeloupe).

par la Rédaction

Carte de la Turquie mettant en évidence les villes principales comme Ankara, Istanbul, Izmir, et Adana.

La transition systémique globale que nous étudions sans relâche nous a appris que les grandes crises obligent à revisiter toute l’Histoire : Brettons Woods, la fin de la 2ème guerre mondiale, l’ère industrielle, les divisions de la Réforme, les grandes découvertes du XVème siècle, les grands empires, … plus nous avançons dans la crise, plus nous sommes amenés à reculer dans le temps afin de trouver les explications de nos souffrances… comme chez le psychanalyste.

Carte du monde mettant en évidence la Turquie en vert.

Et c’est à Constantinople/Istanbul que l’année 2025 nous ramène inéluctablement, centre de ruptures historiques majeures, toujours actives : notamment, le grand schisme de 1054 entre l’Église de Rome et l’Église de Constantinople, première grande fracture de l’Église chrétienne entre catholiques et orthodoxes qui structure toujours la géopolitique de l’Occident comme en témoigne la guerre en Ukraine, (précédée d’un mini-schisme, avec la création d’un patriarcat de Kiev, indépendant de celui de Moscou, en 2018; et la prise de Constantinople par les Turcs musulmans en 1453, cause récurrente de politiques revanchardes entre musulmans et judéo-chrétiens dont l’interminable conflit israélo-palestinien est l’un des derniers stigmates. Mais les temps sont mûrs pour (presque) toutes les réconciliations.

Une représentation artistique de la chute de Constantinople le 29 mai 1453, montrant des soldats ottomans attaquant les murs de la ville avec des drapeaux et des armures médiévales.

Dans un monde multipolaire qui revendique haut et fort sa diversité, la méthode hégémonique ne fonctionne plus. C’est le modèle  » e pluribus unum  » qui s’impose. Et la Turquie, par son histoire unique et la vision en marche de son avenir est prête à devenir le lieu symbolique où seront actées les bases des nouveaux modes de collaboration interétatiques, interconfessionnels, interreligieux, …

Image commémorative du Concile de Nicée, 1700 ans, représentant des figures religieuses et historiques, avec la date en bas de l'image.

C’est elle qui a accueilli à la fin du mois de mai le 1700ème anniversaire du Concile de Nicée (aujourd’hui Iznit, à quelques encablures d’Istanbul) inaugurant le nouveau pontificat sous les auspices de la réconciliation et de l’œcuménisme . Rome se rend à Constantinople donc. Que dire de plus ?…  C’est elle qui favorise les rencontre officielles ou secrètes entre Zelensky, Trump et Poutine (ou un représentant), préparant peut-être pour bientôt la signature d’un traité de paix sans cesse reporté.

Montage d'images de quatre leaders politiques : Recep Tayyip Erdoğan, Donald Trump, Volodymyr Zelensky et Vladimir Poutine, chacun dans un cadre distinct.

La Turquie détient aussi une clé de la paix au Proche-Orient qui n’attend bientôt plus que la résolution de l’antagonisme turco-israélien en Syrie pour se dénouer. Elle a inauguré le rapprochement sunno-schiite, maintenant repris par l’Arabie Saoudite, grâce au réchauffement de ses relations avec l’Iran en 2020. Elle normalise ses relations avec l’Arménie après avoir contribué avec Pashinyan et Aliyev à la résolution du conflit du Haut Karabakh, acté depuis mars 2025 par un vrai accord entre Arménie et Azerbaïdjan. Elle vient d’obtenir d’Öcalan, le chef du PKK, l’annonce retentissante de la fin de 40 ans d’hostilité avec la Turquie. Elle établira peut-être le lien entre l’OTAN et l’Organisation de Coopération de Shanghai (nous reviendrons sur ce point plus loin). Etc…

Portrait du président turc avec le drapeau de la Turquie en arrière-plan.

Si la Turquie a été au centre de fractures civilisationnelles majeures, cela fait potentiellement d’elle le cœur de toutes les réconciliations. Son retour parmi les grandes puissances de ce monde, après un détour par un siècle d’humiliations, la met en capacité d’agir en compréhension des caractéristiques de ce monde multipolaire et de poser ses principes d’une Pax Turquesa.


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