DETTE PLANÉTAIRE : VRAIMENT L’ARMAGEDDON ?!

par Bernard PLOUVIER

L’article de Michel Lhomme, publié le 14 août, (https://metainfos.com/2025/08/14/automne-2025-la-france-et-le-monde-face-a-la-dette/) sur la Dette planétaire est admirablement documenté sur le plan technique et – sur ce plan, le raisonnement se tient, que l’on pourrait résumer simplement par la formule : Apocalypse Now ?

Affiche du film 'Apocalypse Now' représentant un soleil rougeoyant avec des hélicoptères volant à travers un paysage sombre.

À ceci près que les prophètes de malheur, à la logique et l’argumentation en principe parfaites, nous promettent l’Armageddon politico-financier depuis 1945 – année de la mort de Franklin D. Roosevelt, le prestidigitateur qui a régné grâce aux déficits budgétaires monstrueux, de 1933 à 1945, mettant donc au point le principe de la Dette extensible à… l’infini ?

En 1971, on prédit la catastrophe à l’occasion du coup de force du 15 août de Richard Nixon, dégageant le $-US de l’étalon-or.

En 1973, commence une l’inflation galopante en pays d’économie libérale, débutée par l’envolée des cours du pétrole – les maîtres des pays producteurs et les grands actionnaires des grosses entreprises touchant au pétrole et à ses dérivés, voulant tous devenir des super-hyper-milliardaires en unités de compte. Et cette folie inflationniste donne le vertige, aux politologues – c’est une spécialité qui vient de naître. Ils annoncent bientôt une nouvelle Grande Dépression… au moment où en Californie débute la révolution de l’ordinateur puis du Net.

En 2000-2003 sq., où les établissement financiers d’Asie capitaliste s’effondrent en raison de la folie de traders incontrôlés et cocaïnisés à outrance. On annonce donc la fin du capitalisme de spéculation. Hélas – et c’est fort dommage – ce type d’annonce est une parfaite idiotie. Tant qu’il y aura des hommes – et leurs femelles -, il y aura des joueurs, des arnaqueurs, des gens qui veulent s’enrichir vite et beaucoup. Et la spéculation restera une constante des sociétés humaines, qui existe depuis l’Antiquité (les exemples chinois, levantins, puis romains sont bien connus)     

En 2007-09 lorsque fut rendue publique l’arnaque gigantesque des subprimes (d’où plus tard la mise à mort de la banque Lehmann’s brothers sous Barack-Hussein Obama), on annonça prématurément la mort du système bancaire et des sociétés d’épargne aux USA. Là encore, l’annonce était à la fois prématurée et stupide.

Infographie dénonçant les entreprises et industries liées à la guerre et à la pollution, avec un appel à désinvestir des armes, présentant BlackRock au centre.

En résumé, depuis 80 ans, on nous prédit l’implosion-explosion du système monétaire, qui repose effectivement sur une cascade de supercheries : 

– Dettes publiques et privées pharaoniques – un (héritage rooseveltien, repris par tous les « libéraux » de la planète. Ces Dettes sont en croissance continue et sont donc strictement in-remboursables (ou irremboursables, au gré de chacun)

– Des instituts d’émission totalement dérégulés (c’est la nouveauté de l’année 1971) : les banques centrales créent ad libitum de la fausse monnaie – du papier-monnaie non gagé. C’est pire, de nos jours, où des particuliers créent des crypto-monnaies encore plus folles, dépendant exclusivement de mouvements haussiers et baissiers d’aventuriers du Net

– Et l’on exige, des États emprunteurs de cette fausse monnaie, un fort intérêt (5 à 8%/an) pour les banquiers des soi-disant instituts d’émission, d’où une Dette mondiale qui croît de façon exponentielle. Mais une Dette gigantesque n’empêche nullement les économies nord-américaine ou japonaise de fort bien fonctionner… et l’on ignore tout de la vraie politique monétaire chinoise !

– La poursuite, en dépit des expériences multiples de krachs du XIXe siècle et de ceux de 1929 et 1937, de la spéculation boursière et immobilière effrénée qui risque d’être une cause de récessions majeures, donc de révolutions sanglantes un peu partout… mais ce genre de folie humaine est bien connu depuis la naissance des cités, puis des grands États : rien de nouveau, donc.

– l’Afrique exploitée par les grandes sociétés (US, européennes, chinoises, japonaises – dès 1933-34 : ce fut l’une des causes de la Guerre d’Éthiopie de 1935-36 -, russes et on en oublie), dépouillée de ses matières premières et du produit des emprunts par les « élites » africaines qui n’ont appris des Occidentaux et des Soviétiques que la corruption gigantesque des politiciens et de leurs smalas ; l’Afrique devenue catastrophe démographique planétaire explosive ; que deviendra-t-elle ?

Car si une guerre majeure devait éclater, on pourrait prêter à nos maîtres (ceux de la Finance, du Négoce et de la Production) l’intention de biffer de l’équation les peuples en apparence les moins doués, ceux des régions les plus misérables d’Afrique (et de Mélanésie). Vider l’énorme Afrique, si riche en matières premières, serait peut-être plus tentante pour ceux qui se croient les maîtres du monde, que d’envoyer les Africains métisser l’Occident pour réduire son inventivité et son esprit critique.

Tout cela forme autant de menaces. Le nier serait stupide. MAIS ces menaces existent depuis près de 3 générations.

Un couple assis à une table en plein chaos, regardant une immense explosion en arrière-plan, illustrant une scène de destruction apocalyptique.

On pourrait parier, de ce fait, sur un simple rafistolage technique, pour faire durer le système. D’abord, parce que nos bêtes politiques sont des tocards. Ensuite, parce que les hyper-magnats sont des jouisseurs, avides de notoriété ; ils ont besoin d’un très vaste public – pas obligatoirement dans l’espoir d’être admirés, voire aimés, mais simplement dans celui de faire parler d’eux, d’entendre prononcer leur nom, en bien ou en mal.  

En conclusion, il est possible que les crétins nauséabonds qui nous gouvernent se lancent dans une guerre très destructrice en vies et en biens. Il est plus probable que les vrais maîtres vont poursuivre leurs petits jeux. En tous cas, il est certain que les réalités des années à venir vont être curieuses à observer, à défaut d’être agréables.

Logo de L'Annexe, représentant un design moderne et minimaliste, avec des lettres en noir et rouge.

Des figurines miniatures de travailleurs creusent autour d'une grande pièce de monnaie symbolisant le Bitcoin, représentant l'exploitation minière de cryptomonnaies sur un fond de terre.

Trop souvent, l’on confond crise financière et récession économique. Cela se comprend volontiers, car presque toujours la première engendre l’autre, de façon fugace ou durable. Or, les mécanismes de survenue peuvent être différents et les moyens d’en sortir le sont aussi.

De 1830 à nos jours, la totalité des crises financières multinationales a résulté de l’explosion de bulles spéculatives :
• 1837, New York, spéculation sur les prix du coton
• 1847, Londres, sur les actions des chemins de fer
• 1857, New York, sur les cotations et les achats à découvert de nombreuses variétés d’actions
• 1866, Londres, mêmes anomalies
• 1873, Reich et Autriche-Hongrie, spéculation de banquiers  sur l’immobilier et les valeurs boursières, crise exportée vers les cousins de Londres et de New York qui avaient participé à la spéculation
• 1882, Paris, à la suite de deux années d’agiotage boursier, dans ce qui était devenu en 1877 « la République aux Républicains »
• 1893, New York et Francfort/Main, spéculation hasardeuse sur les chemins de fer et diverses actions (s’ensuivit une crise économique de 3 années)
• 1907 et 1913, New York, Berlin, Hambourg, Londres et Francfort (avec une moindre participation  de Paris), par spéculation boursière effrénée (ce qui mène à la constitution de la Federal Reserve en décembre 1913)
• 1929 et 1937, New York : spéculation boursière effrénée (tout le monde connaît « La Grande Crise » ; on connaît moins la rechute dramatique de 1937)
• 1989 et 1997, explosions de deux bulles spéculatives, la première japonaise, la seconde touchant l’ensemble de la péninsule malaise et des marchés financiers de l’Asie du Sud-Est
• 2001-2002, énième explosion d’une bulle spéculative aux USA (sur les entreprises informatiques)
• 2007, 2009 et 2011, New York : monstrueuse spéculation immobilière et financière.

En Europe, on avait connu au XVIIe siècle l’explosion de la spéculation sur les bulbes de tulipes, aux Pays-Bas néerlandais, et, en France, vers 1720, l’ascension puis la chute tout aussi vertigineuses l’une que l’autre du système de John Law.

Le point de départ n’est pas toujours absurde : investir dans la mise en culture de terres vierges sous un climat fertile (c’était l’origine du système de Law), promouvoir des secteurs d’innovation (du chemin de fer à l’informatique), c’est le fondement même de l’investissement intelligent et rentable sur le long terme.

Or, les spéculateurs à grande échelle exigent des profits à court terme. Le financier avide est un joueur et un psychopathe qui veut rafler une mise maximale et le plus tôt possible. C’est parfaitement incompatible avec une économie saine, qui – par définition – exige du temps, de l’ingéniosité, enfin énormément de travail.

Les trop célèbres cycles de Nicolas Kondratiev (placé sous la sainte garde de la bienveillante autorité du GOULAG en 1930 et liquidé en 1938, lors de la dernière purge du bon Joseph du Kremlin), font sourire. Pour fonder sa Loi simpliste, il a mélangé des crises économiques d’intensité, de diffusion géographique et de durée très variables, élaborant de jolis schémas de phases ascendantes et descendantes, durant approximativement 25 à 30 années chacune, se terminant par une crise économique durable. En outre, ses renseignements étaient parfois erronés : il estimait que 1788-89 avaient été en France des années de bas prix de vente (ce qui est entièrement faux) ; de la même façon, la reprise de 1896 avait été précédée d’une remontée des prix durant le lustre précédent, ce qu’il semble méconnaître.

Les seuls enseignements à tirer du XIXe siècle économique et financier sont la rapacité des boursicoteurs, qui se comportent comme des flambeurs, voire comme des psychopathes, et le fait que toute grande poussée économique est liée à l’introduction puis l’exploitation d’une innovation technique : transports rapides, domestication de la vapeur puis de l’électricité, explosion de la chimie de synthèse, bouleversements de la métallurgie etc.

La France est devenue un pays riche de 1830 à 1914, alors que plus de 70% des Français étaient pauvres. Grâce à une conception meilleure de l’économie : une forte consommation induite par de bons salaires, les Français travailleurs des années 1955-1975 sont devenus aisés (surtout si l’on compare leur niveau de jouissances matérielles avec celui de leurs pères) en travaillant énormément.

Une crise économique survient faute de crédit (quand ceux-ci se sont volatilisés lors d’une bulle spéculative ou que l’État ne remplit pas sa fonction de créateur de monnaie saine) ou lorsque le marché est saturé. De nos jours, d’absurdes règlements communautaires brident toute initiative, tandis qu’un libre-échangisme stupide, car déséquilibré, favorise l’invasion du marché intérieur par des produits médiocres voire des imitations réalisées à très bas coût par des populations exotiques peu exigeantes (l’économie chinoise est en grande partie fondée sur l’imitation des innovations occidentales).

Notre enseignement (primaire, secondaire, technique et universitaire) est devenu lamentable, incapable de produire des techniciens, des savants en nombre suffisant [pour prendre un exemple bien connu de l’auteur : la qualité actuelle des étudiants en médecine est absolument navrante]. Nos travailleurs veulent du loisir et nos chômeurs ne sont que modérément motivés pour œuvrer. Nous souffrons, certes d’une invasion d’immigrés extra-Européens, grotesque en période d’énorme chômage des autochtones. Mais nous souffrons aussi de sous-instruction et de sous-motivation des autochtones et c’est infiniment plus grave que l’immigration-invasion, à laquelle d’énergiques mesures mettront fin, d’une façon ou d’une autre.
Pour guérir d’une crise économique, il faut innover, soit créer, produire et répandre des produits nouveaux. Cela ne se fait que grâce à une forte technicité, un labeur immense et la protection par l’État du ou des secteurs porteurs.

Il nous faut retrouver notre liberté d’action en même temps que le feront les autres Nations européennes : instaurer un nouvel esprit européen, en liaison avec l’immense Russie et en rupture des USA. Il faut surtout nous reprendre : enthousiasme, respect des valeurs du travail, de la famille et de la race européenne… que cela plaise ou non au demi-monde des politiciens et des médias aux ordres des multinationales.

Chaque Européen doit désormais clamer son indignation face à l’existant et réclamer de véritables consultations populaires sur les grands choix de société. Il ne s’agit pas d’élire un clown à la place d’un autre, de faire triompher l’un ou l’autre des partis vautrés devant les maîtres de la spéculation. Il importe de créer une société nouvelle, fondée sur nos valeurs, en rejetant avec force les nouveautés de Wall Street et les vieilleries proche-orientales.


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