par Michel LHOMME
« Il n’y a pas de cas connu d’autonomie qui n’ait conduit à l’indépendance » », Jacques Chirac.

La farce des élections européennes en Nouvelle-Calédonie
Au petit matin du dimanche 9 juin 2024, Dumbea, grande banlieue du nord de Nouméa était réveillée par des tirs de gaz lacrymogène et de grenades, à Auteuil de nouveaux entrepôts ont été incendiés, 130 résidents français sont toujours bloqués sur le territoire car contrairement aux dires du haut-commissaire, l’aéroport international de la Tontouta demeure fermé. Un huitième mort a été annoncé samedi. Nous sommes près d’un mois après le déclenchement des émeutes et l’ordre républicain (approvisionnement en biens de première nécessité, sécurisation de tous les quartiers) n’est toujours pas rétabli. Tous les services administratifs sont déclarés en « mode dégradé« .
L’Etat français a failli.
Au niveau hexagonal, il est d’ailleurs officiellement depuis ce soir en état de dissolution.
Après bientôt quatre semaines d’insurrection mêlée d’émeutes urbaines, chacun sent bien qu’existe à présent un risque d’effondrement total du Caillou. La conviction de nombreux élus, y compris modérés, est que les forces de l’ordre ne parviendront pas, seules, à mettre fin aux troubles.
La solution : le 24 septembre 2025

L’Union calédonienne, force modérée du FLNKS s’est réunie ce week-end. Elle vient bien sûr de réaffirmer sa demande anti-démocratique d’abrogation de la loi sur la révision du corps électoral mais surtout, contre le discours pleurnichard du président du gouvernement, le corrompu Mapou, courageusement avancé un pion dont nous devons nous saisir :
Nous proposons le 24 septembre 2025 pour déclarer l’indépendance, ce sera aussi le début d’une nouvelle mandature avec de nouvelles élections. Notre souveraineté devra être irréversible, garantie et validée par le C24.

La proclamation officielle et unilatérale de l’indépendance de la République de Kanaky à la date du 24 septembre 2025.

Osons saisir la balle au bond au lieu de s’échiner dans des discours creux de « reconstruction ». Reconstruire d’ailleurs quoi ?

Le même modèle inégalitaire de surconsommation qui ne profite qu’à quelques uns, le même modèle de valeurs occidentales faussement considérées comme universelles qui ne correspondent pas du tout à la culture authentique d’un peuple menacé, le peuple kanak, reproduire la « justice coloniale » qu’une jeunesse kanak formée d’ailleurs par toute une pédagogie de l’émancipation a su très bien comprendre.
Soyons fidèle à l’esprit des accords de Matignon voulus par les socialistes alors au pouvoir : la rétrocession, l’indépendance, la décolonisation.
Passons donc le dossier calédonien du Ministère des Outres-Mer au Ministère des Affaires étrangères et de la Défense.
Transformons la mission du dialogue (comment dialoguer sur des barrages et avec des insultes racistes régulières ? ) en mission de définition d’accords de coopération avec la nouvelle république de Kanaky.
Nous proposon de choisir de préférence une ville d’eau métropolitaine comme lieu de réunion de tels accords.
Exemple du renouveau : le siège du Haut-commissariat devient celui de l’Ambassade de France en Kanaky, le lycée La Pérouse, lycée français de la nouvelle république est immédiatement rattaché à l’AEFE, le Médipole, hôpital français obtient le même statut que les hôpitaux américains de par le monde, plus aucune mise à disposition, fin de l’idée néo-coloniale de mise sous tutelle et mise en régularité du territoire avec le programme de décolonisation de l’ONU,
La loi de mai 2024 sur la réforme du corps électoral ne serait pas abrogée mais servirait de base pour la définition de la nouvelle nationalité kanak. Pas de double nationalité. Un moratoire de 18 mois sur le modèle de la rétrocession de Pondichéry à l’Inde donnant le choix pendant une telle période de dix-huit mois d’opter soit pour la nationalité kanaque, soit pour la nationalité française de manière irrévocable. Pas de droit du sang dans la nouvelle république, application stricte du droit du sol sur le territoire de la Kanaky libre et indépendante.

Osons la proposition du 24 septembre 2025, optons pour le schéma d’un état en coopération avec la nouvelle République de Kanaky qui restera entièrement maître par ailleurs du choix de ses alliances internationales comme de son éducation. Proposons non pas la tutelle d’ici 2025 mais un statut de protectorat provisoire. Appelons à une constituante de préparation.

Mobilisons la population et surtout les jeunes à célébrer dans la liesse, la concorde et la joie la proclamation de l’indépendance.

L’éducation mais parlons-en ? Parlons des résultats médiocres aux examens nationaux, parlons de l’apartheid institué à mots couverts mais jamais avoué. Il faut aller à la sortie des lycées professionnels, de celle des classes technologiques pour comprendre qui, avec une orientation de type métropolitaine reposant sur des programmes inadaptés y a été relégué à savoir la jeunesse kanak, cette jeunesse fière d’elle-même et courageuse dans ses déterminations (« Ici, c’est pas la France ! ») tandis que les autres se vautrent dans les classes d’excellence. Parlons des formations obsolètes proposées dans les lycées professionnels qui furent d’ailleurs les premiers à être incendiés.

De plus, nous ne pouvons douter un seul instant de l’acquiescement de tous les universitaires du CNRS ou de Sciences-po à notre proposition puisque dans les travaux souvent indigestes qu’ils produisent, ils n’ont de cesse en vieux indépendantistes des années 80 qu’ils demeurent de dénoncer le colonialisme tels Benoît Trépied, Isabelle Merle ou David Camroux vivant actuellement leur quart d’heure warholien sur les plateaux de télévision.
Proposons un bail emphytéotique de 99 ans pour la base militaire des Badamiers dont un vaste projet d’extension serait proposé.
Les Kaldoches crieront au loup mais qu’ont-ils proposé dans leur inculture politique de ces dernier jours ? L’Histoire est toujours le fruit de minorités actives ou de rapports de force.
Le « non » aux référendums précédents ? Mais le troisième fut réellement illégitime et d’ailleurs le fruit d’un marchandage de l’Etat macroniste avec les Loyalistes rompant alors la neutralité promise par les accords de Matignon. La tractation est connue sur le territoire : accepter le non-report du référendum en échange de postes ministériels, parole qui sera d’ailleurs tenue par le gouvernement français avec la nomination de Sonia Backès comme ministre du gouvernement auprès du Ministre de l’Intérieur.
Pour le reste, que vient ici réclamer le clan loyaliste qui lors des sénatoriales a permis l’élection d’un sénateur indépendantiste par la trahison intéressée de Georges Naturel ? Les affaires économiques du territoire se règleront par le principe libéral de la libre concurrence dont ils sont par ailleurs les premiers partisans.
Proclamons la fin de tout assistanat ou de toute tutelle. Préparons la grande célébration qui se doit d’être festive et musicale du 24 septembre sous la nuit étoilée :
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