LE SUPPLICE DES PALES NORMANDES

par Eric VALLIN

Le serpent de mer de l’éolien

En mer, en Normandie, de nouvelles éoliennes ? Ouverture du débat public le  15 novembre ! | La préfecture et les services de l'État en région Normandie

Cet animal est défini dans Wikipédia (https://fr.wikipedia.org/wiki/Serpent_de_mer) comme étant un monstre aquatique mythique proche du dragon européen et cette évocation convient très bien quand on pense au programme de l’éolien en mer.

Éolien en mer : posé ou flottant - Journal de l'éolien - Tout sur l'éolien

Depuis plus de vingt ans, l’Union Européenne (qui n’est pas l’Europe) a cartographié les potentiels d’énergie électrique à partir de l’éolien en général et sur les côtes en particulier. Évidemment compte tenu de l’ampleur de son littoral  la France figure en bonne place d’autant plus que la distance entre les lieux de production et de consommation est réduite. Pour les Normands cela signifie en clair que l’arrière pays parisien que l’on a tant de mal à atteindre par voies ferroviaires serait vite atteint par l’électricité normande (accessoirement bretonne ou picarde) et éventuellement au delà vers une partie de la banane bleue européenne compte tenu des facilités de transfert et d’interconnexion de l’électricité.

Conclusion, pour le littoral normand c’est la double peine de l’éolien en mer et à terre.

Notons au passage que compte tenu de la circulation navale en mer du Nord, les accès à Anvers et Rotterdam sont moins impactés par l’éolien marin.

Après neuf mois de débat public, les conditions d'un 4e parc éolien en mer  en Normandie | La Presse de la Manche

Développement durable et schizophrénie :

L’énergie électrique par l’éolien trouve ses limites dans la vitesse trop faible ou trop forte du vent. L’hiver est une période propice aux tempêtes, surtout en mer, donc à l’arrêt des éoliennes au moment où les besoins d’électricité sont les plus élevés, éclairage et chauffage. La fermeture de la centrale nucléaire de  Fessenheim a rendu nécessaire la réactivation d’une centrale à charbon en Allemagne. Que faut-il en penser ?

Parc éolien marin en Normandie: opposition des associations

La contradiction des écologistes ne s’arrête pas là. Quand aurons- nous le bilan exact de l’impact des nuisances faites à la planète par le mythe éolien ? Avec l’extraction des métaux rares nécessaires (mais c’est une pollution invisible à l’autre bout de la planète….), les volumes pharaoniques du béton indispensable à la fixation des mâts (surtout quand on va chercher leur assise sur les fonds marins), l’impossibilité de recycler les pâles (tout comme pour les panneaux photo-voltaïques soit dit au passage) il y a fort à parier que la lubie n’est pas aussi belle qu’on nous le fait croire.

Dans le récent débat public sur le quatrième parc éolien projeté en Normandie, l’association écologiste « France Nature Environnement » (et d’autres dont « Robin des bois ») a haussé le ton pour que l’on prenne en considération les nuisances potentielles sur le milieu marin à l’occasion de l’implantation des éoliennes que justement les écologistes imposent. Arrêtez la schizophrénie, le meilleur moyen de foutre la paix au milieu marin et aux Normands c’est de ne pas mettre d’éoliennes.

A propos d'implantation d'éoliennes en mer en Normandie - Le Val de Saire  par Ph L

Énergétique et économique qu’ils disent :      

Du point de vue économique, il y aurait de quoi rire si ce n’était pas si grave.

Premièrement, les pêcheurs normands déjà pénalisés par les conséquences du Brexit en termes de zone de pêche vont encore subir des restrictions. L’UE n’a de cesse de réduire les activités de pêche et quand cette activité aura sombré les seuls poissons que nous mangerons seront ceux d’élevage plus ou moins  nourris avec des substances douteuses pour le plus grand profit des firmes agro-alimentaires.

Deuxièmement, mettre des parcs éoliens au large de la Normandie occidentale c’est obérer toute chance de classement des plages du débarquement de juin 44 au patrimoine de l’UNESCO compte tenu de leur valeur emblématique (les parcs éoliens sont inclus dans le périmètre historique) ; ce serait au détriment de l’économie du tourisme et accessoirement de la reconnaissance du prix payé par ce territoire pour la libération de la France et de l’Europe.

Troisièmement, dés 2018 le gouvernement envisageait de réviser à la baisse le tarif d’achat de l’électricité d’origine éolienne ce qui démontre d’une part que les fonctionnaires négocient moins bien que les entrepreneurs (on le savait déjà avec les concessions autoroutières et nous l’avons revu avec les vaccins contre la covid) et que d’autre part, cette origine miraculeuse d’énergie a besoin de subvention comme les autres.

Le débat public éolien en Normandie sensible aux arguments des pêcheurs

Le bal des tartuffes :

L’opérateur qui souhaite installer son parc éolien dans la zone du cimetière maritime s’est déclaré prêt à donner un nom des navires coulés à chacune des éoliennes et à mettre des maquettes dans une salle d’exposition. Tournez moulins, circulez, il n’y a rien à dire sauf que l’enfumage de la cupidité a moins d’allure que le pauvre Don Quichotte.

Où en sont les projets éoliens et hydroliens en Normandie ?

Remarquable également la tournure donnée au sujet de l’enquête publique concernant le quatrième parc en mer de Normandie, les citoyens étaient appelés à se prononcer sur le programme et non sur le projet. En clair le débat portait sur la vaseline, le reste n’était pas négociable. Cela augure encore de beaux jours du même type puisque dans l’intention de réduire la part du nucléaire dans le mix énergétique, dont 25-30% pourrait provenir de l’éolien marin, Madame le Ministre de la Mer, Annie Girardin (ancienne ministre des Outre-mer) et Monsieur Monnier pilote du projet, à peine le dernier recours annulé contre le quatrième parc, ont évoqué la possibilité d’un cinquième ou sixième et voire plus si nécessaire. Madame le Ministre de la transition écologique Barbara Pompili, en embuscade, devait boire du petit lait de vaches…. normandes (bien sûr).

Annick Girardin (@AnnickGirardin) | Twitter
Annick Girardin, Ministre de la Mer

Pour faire passer la pilule, l’argumentation des promoteurs du parc projeté n’hésitaient pas à dire que l’électricité fournie pourrait satisfaire le besoin de 90% de la population du Calvados ; je sais à juste titre que l’on peut prendre une partie des électeurs pour des crédules panurgiques (certains croient encore que les blindés SS vont réinvestir le mur de l’Atlantique) mais cela me paraît une insulte au bon sens normand aiguisé dans l’étude des choses par le « ptet ben que oui, ptet ben que non » et par le réalisme de Maupassant. Ces parcs comme les centrales nucléaires n’ont pas vocation à un usage local exclusif et cela induit de penser à la solidarité nationale.

Certes la construction d’éoliennes au Havre et à Cherbourg va créer des emplois mais en compensation de combien perdus par la désindustrialisation et les blocages de projets de développement (Rouen s’en est fait la capitale depuis peu) que les écologistes ont contribué à programmer depuis les années 90 ; dont la fermeture de la centrale à charbon du Havre qui ne figurait pas parmi les quatre que Monsieur le Premier Ministre Edouard Philippe pourtant originaire de cette ville a sauvegardées. Au même poste antérieurement Monsieur Laurent Fabius, ancien député d’Elbeuf n’avait pas eu ce genre de coquetterie pour l’usine la Chapelle d’Arblay à Rouen ni Monsieur Bertrand Caseneuve, le vendeur du laboratoire de Wuhan pour  l’usine d’éoliennes à Cherbourg.

La réindustrialisation de la Normandie au plus près des sources d’énergie devrait être une compensation nationale prioritaire.

A noter : Grosse manifestation des pêcheurs dans la rade de Cherbourg pour s’opposer
à la construction d’éoliennes offshore. « On nous impose des parcs éoliens au
milieu de nos zones de pêche sans nous dire l’impact qu’ils auront sur les
ressources halieutiques » ont estimé les pêcheurs. Un autre surenchéri : « Il y a un projet à Courseulles-sur-Mer, juste là où on va pêcher la coquille Saint-Jacques. Or les exemples montrent que là où des éoliennes ont été installées, notamment au large des côtes britanniques, il n’y a plus de poissons.»

Sources : « La Manche libre », « Ouest France », « 20 minutes » et quelques années d’observation de ce monde crapoteux.

PS : et puisqu’on parle d’énergie, consultez Front Populaire,  n° Le démantèlement d’EDF n’est pas une fatalité !  (à propos du projet de l’UE de priver la France de sa souveraineté énergétique avec le projet Hercule).

Cherbourg. Éolienne géante : elle ne sera finalement pas implantée dans la  Manche

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