par Claude TIMMERMAN
Isabelle Eberhardt est une exploratrice d’origine germano-russe[1] , naturalisée française, devenue ethnologue, journaliste et écrivain de l’Algérie naissante au tournant du XXème siècle. Décédée prématurément (à 27 ans) à Aïn Sefra le 21 octobre 1904 lors d’une inondation qui détruisit sa maison, c’est un personnage d’une extraordinaire complexité. Les féministes passées ou présentes ont volontairement négligé ce personnage ambigu qui s’habillait en homme, le crâne rasé, pour sillonner le « sud algérien » du temps et affichera volontiers une ambivalence de genre se décrivant dans ses nouvelles aussi bien comme une personnalité masculine que féminine mais sans ambivalence sexuelle (au grand dam des « genrés »). Mais voilà, c’est une personnalité qui s’est révélée totalement imperméable à l’idéologie politique.
Thahar Djaout journaliste et écrivain algérien tombé à 40 ans sous les balles des islamistes du FIS la définissait ainsi : « premier écrivain algérien de langue française » ou « écrivain européen indigénophile » https://fr.wikipedia.org/wiki/Tahar_Djaout

Sa mère Natalia Nicolaïevna Eberhardt naît à Saint-Pétersbourg en 1838. Son père est conseiller de collège, meurt peu après et la mère de Natalia se remarie avec le baron Korff. En 1858, ce dernier arrange son mariage avec le sénateur Pavel Karlovitch de Moerder agé de 61 ans, veuf qui a déjà trois enfants ! Natalia Moerder à l’âge de 20 ans se retrouve responsable des trois enfants Sofia âgée de 13, Alexandra de 6 ans et Constantin de 6 mois. Elle est rapidement éreintée par la situation et aura 6 enfants ! Elle accouche d’Elizabeth en 1859, d’Olga en 1861, de Nicolas en 1864, de Natalia en 1865, de Vladimir en 1868 et d’Augustin en 1871, se retrouvant ainsi avec neuf enfants à éduquer à l’âge de 30 ans !
En 1871, suivant les avis des médecins qui recommandent du repos pour Natalia, le couple décide de partir pour la Suisse afin de favoriser son rétablissement. Il laisse Olga, Alexandra, Sofia et Elizabeth en Russie et emmènent les autres. Pour l’éducation des garçons, Pavel de Moerder fit appel à Alexandre Trofinovski, un pope défroqué d’origine arménienne de 45 ans qu’il avait rencontré en Ukraine et qui les accompagnera. Pavel de Moerder repart en Russie en septembre 1871 – il ne reverra jamais sa femme – son congé ayant pris fin. Alexandre Trofinovski restera aux côtés de Natalia et se rendra indispensable : il s’occupera non seulement de l’éducation des enfants , mais aussi des finances.

Née le 17 février 1877 à Genève, Isabelle est déclarée de père inconnu, sous le patronyme d’Eberhardt, nom de jeune fille de sa mère. Il est clair que c’est la fille de Trofinovski qui l’élèvera comme un garçon. Isabelle aura une éducation soignée, polyglotte, qui lui permet de communiquer en russe, en italien, en allemand, en français, en arabe et en turc. Elle sera aussi une excellente cavalière. Alexandre Trophimowsky, est disciple de Bakounine et de Tolstoï, il fréquentera les milieux anarchistes, libertaires et interlopes russes et turcs émigrés à Genève.

Isabelle Eberhardt a donc été proche de ces milieux libertaires. Mais, écrit-elle, « j’avais soif de liberté et je n’ai pas trouvé la liberté chez nos libertaires ». Une affirmation qui allait définitivement lui clore les portes d’une gauche dogmatique sortie de la Commune, en renouvellement au tournant du siècle. Une formule à l’image du parcours profondément atypique de cette jeune femme, issue d’une famille dysfonctionnelle qui rejettera finalement un occident européen qui ne lui avait rien apporté… Une personnalité si déconcertante que beaucoup la suspecteront d’être une espionne au service du général Lyautey, qui éprouvera pour elle, le peu de temps qu’il l’a connue, une très profonde estime.

Mais pour Isabelle, l’essentiel sera d’aller au bout d’elle-même et de « mourir avant de mourir », selon le vieil adage des soufis. Avec son plus jeune frère Augustin, elle est séduite par l’orientalisme et rêvera d’un monde arabe tout en s’attachant à sa passion : la littérature.

L’automne de 1895 est marqué par a publication de ses deux premières nouvelles. Sa première nouvelle, Infernalia. La description scandaleuse du viol d’une morte, dans le milieu médical qu’elle évoquera fréquemment. Elle la signe du pseudonyme de Nicolas Podolinsky, paraphe de ses lettres intimes, souvent écrites au masculin. Sa deuxième nouvelle, Vision du Maghreb, est déjà imprégnée des traditions islamiques et d’une Algérie pour elle encore inconnue, imaginée à l’aulne des ouvrages de Pierre Loti :

Sa mère, de santé précaire décide de quitter la Suisse et d’aller sous des cieux plus chauds; elle s’installera en 1897 à Bône (Anaba) en Algérie avec Isabelle et son plus jeune frère Augustin. Isabelle a alors vingt ans. Pour circuler plus facilement dans le monde maghrébin Isabelle, usant de sa silhouette androgyne, s’habillera en homme et ira même jusqu’à se raser la tête !

A Bône, Isabelle se lie avec Ali Abdul Wahad, un jeune aristocrate tunisien. Il l’a découverte sur une photographie où elle apparaît en marin et est décrite comme « un jeune écrivain slave qui, ayant embrassé la foi musulmane, vient de s’établir en Algérie pour étudier la langue arabe ». Elle aura aussi durant son séjour bônois une relation avec Mohamed Khodja. Attirée par la religion musulmane, elle finit par se convertir à l’islam.
Isabelle et sa mère Natalia rencontrent Ahmed, un jeune Kabyle, qu’elles décident d’héberger dans la maison qu’elles occupent rue Moreau à Annaba suscitant l’ire de leur logeur français. Elles déménagent alors dans les quartiers arabes, ne supportant plus l’étroitesse d’esprit des colons européens de leur quartier. Aux côtés des Algériens, elle décide de vivre ‟comme une musulmane” et s’habillera souvent en cavalier du rif pour pouvoir circuler plus librement. Elle signe alternativement ses lettres « Mahmoud », « Meriem » ou Nicolas Podolinsky, et s’habille le plus souvent en homme.
Sa mère, meurt le 28 décembre 1897.
Isabelle fait son premier séjour en Tunisie et une petite incursion dans le Sahara. Les questions d’héritage la conduisent à nouveau à Genève et le 15 mai 1899, Alexandre Trofinovsky, dit « Vava », meurt également. Isabelle a tout juste vingt-deux ans ! Son second séjour au Maghreb débute l’été 1899. On la retrouve entre Tunis et Timgad, Biskra, Touggourt. Elle fait un séjour d’une semaine, à la fin du mois d’août dans les Aurès et retourne à Tunis au début septembre. Ce second séjour aura duré 4 mois à peu près. De l’automne 1899 à la fin du mois de juillet 1900.

Le troisième séjour d’Isabelle Eberhardt commence à Alger, le 22 juillet 1900 ; elle n’y reste qu’une semaine et part très vite à El Oued où elle va se fixer. Son arrivée dans cette ville du Souf est datée du 4 août 1900 et elle rencontre, peut-être le 6, Slimane Ehni, maréchal des logis de spahis qui devient son compagnon.

Mais le 29 janvier 1901, Isabelle, initiée à la confrérie soufie des Quadriya, est agressés et blessée à Behima par un autre soufi, membre de la confrérie rivale des Tidjania de Guémar et elle est hospitalisée à El Oued. Slimane est muté à Batna où elle le rejoint, le 25 février 1901, après avoir été soignée. On lui conseille d’attendre en France le procès de son agresseur et elle repart à Marseille, chez son frère Augustin où elle ne se plaît pas.
Son quatrième séjour est entièrement consacré au procès : elle arrive à Constantine, le 4 juin 1901 et, à l’issue du procès où elle plaide la clémence pour son agresseur, elle est expulsée d’Algérie, le 18 juin. La publicité du procès l’a livrée à la vindicte et à la malveillance de l’émergence du milieu colonial des ‟petits blancs” et des rivalités indigènes liées aux iniques décrets Crémieux dont les effets sociétaux, trente ans après leur promulgation, commencent à se faire réellement sentir. Du 4 au 18 juin 1901, elle a donné des articles sur l’attentat et le procès dans La Dépêche algérienne.

Dans l’un d’eux elle souligne : « Je tiens à déclarer ici que je n’ai jamais été chrétienne, que je ne suis pas baptisée et que, quoique sujette russe, je suis musulmane depuis fort longtemps ». Le 20 juin, elle doit quitter l’Algérie et se retrouve à Marseille où Slimane la rejoint le 28 août. Ils se marient le 17 octobre 1901. Désormais française par son mariage avec Slimane Ehni, Isabelle Eberhardt n’est plus sous le coup de l’expulsion !
Le 15 janvier 1902, elle arrive à Bône. Elle se rend à Alger où elle fait la connaissance des Barrucand.[2] Victor Barricaud publiera les reportages d’Isabelle Eberhardt.

Définitivement reconnue comme journaliste et reporter de guerre, elle sera sur tous les fronts tant au sud qu’à l’ouest à la frontière marocaine. Toujours en costume indigène on la retrouvera habillée aussi bien en cavalier qu’en femme berbère :

Son activité de reporter ainsi que son besoin de voyager font qu’elle se déplace beaucoup. Fin juin-début juillet, elle visite la zaouïa d’El Hamel à Bou Saâda où elle rencontre Lalla Zeynab, une maraboute pour laquelle elle aura une grande admiration. Le 7 juillet, elle s’installe à Ténès où Slimane a été nommé Khodja à la Commune mixte. [le terme Khodja désigne historiquement un fonctionnaire, au service des caïds dans l’administration ottomane, puis dans l’administration indigène de l’Algérie française]
Reporter de guerre, elle se liera d’amitié avec le colonel puis général Lyautey (photo ci-dessous) et va mener dans le Sud oranais la vie errante des nomades. L’année 1903 est la plus heureuse de son existence et la plus productrice sur le plan littéraire.

On retrouve dans certains de ses textes un « je » féminin.

Elle vit « d’une existence double, celle souvent aventureuse du désert et celle, calme et douce, de la pensée, loin de tout ce qui peut [la] troubler », dans la préoccupation de l’écriture : « J’aime le processus de la création littéraire, affirme-t-elle […]. La littérature est ma seule consolation matérielle dans la nuit de mon existence », entravée par « ce fond insondable et inanalysable de tristesse sans cause connue, qui est l’essence même de mon âme ». C’est son mari qui « décodera », de la manière la plus simple, ce jeu sur les identités de genres. Il vient se présenter à R. Randau[3] en sa qualité de Khodja de la Commune Mixte, nouvellement nommé et présente ainsi Isabelle : « Je vous présente Si Mahmoud Saadi (…) C’est là son nom de guerre ; en réalité il s’agit de Mme. Ehnni, ma femme ». «Jadis, quand je ne « manquais de rien » matériellement, mais quand je manquais de tout intellectuellement et moralement, je m’assombrissais et me répandais sottement en imprécations contre la Vie que je ne connaissais pas. Ce n’est que maintenant, au sein du dénuement dont je suis fière, que je l’affirme belle et digne d’être vécue.»
En avril 1903, elle est accusée par L’Union Républicaine de fomenter des exactions dans les douars et d’avoir des actions anti-françaises, à Ténès. Slimane Ehni est contraint de démissionner. En septembre 1903, le journal, La Dépêche algérienne l’envoie faire une tournée dans le Sud Oranais. C’est lors de ce périple, en octobre 1903, qu’elle fait la connaissance de Lyautey. Ils se seront connus moins d’un an !
Elle passe l’hiver à Figuig. En mai 1904 : elle part pour le sud-ouest et passe l’été à Aïn Sefra, Colomb Béchar et à la zaouïa de Kenadsa. Dans cette retraite où elle se fait passer pour un jeune étudiant pieux, elle prend le temps de la réflexion et de la méditation. Calme, nostalgie, doute, incertitude l’étreignent tour à tour, au gré de ses conversations quotidiennes avec les habitants des lieux, des événements rythmant la vie de cette microsociété, et des subtiles variations du paysage.

Et de l’Islam elle donne une vision paisible, celle du sage méditant sur Dieu dans le désert. Ces écrits constitueront le corps de Dans l’ombre chaude de l’«Islam» qui paraîtra pour la première fois, cosigné par Victor Barrucau en 1906, Mais à la fin de l’été, malade, elle renonce à partir plus au Sud et rentre à Aïn Sefra où elle est hospitalisée notamment pour soigner ses crises de paludisme. Elle ne sortira de l’hôpital que le 20 octobre. Le 21 octobre 1904, alors qu’elle est de retour dans sa maison, l’oued se transforme en torrent furieux et la ville basse, où elle résidait seulement depuis la veille, est en partie submergée : sa maison est détruite.

Slimane est retrouvé vivant, mais Isabelle périt dans la maison effondrée, et son corps n’y est retrouvé que le 27 octobre.
Hubert Lyautey, alors colonel, avait été nommé commandant du territoire militaire d’Aïn Sefra, où il sera promu général de brigade. Il dépêchera le lieutenant Marie-Emmanuel Jacques de Loustal [4]qui se chargera des fouilles. Primitivement égaré par des propos erronés de Slimane, certain que sa femme avait été emportée comme lui par le courant, Loustal perdit du termps en vaines prospections dans l’oued… C’est le tout nouveau général Liautey, venu sur le site, qui fera entreprentre des fouilles dans les décombres de la maison où le corps d’Isabelle fut retrouvé ainsi qu’un sac de ses manuscrits qui fut expédié aussitôt à Victor Barrucaud qui en éditera certains en commençant par une série de douze nouvelles publiées sous le titre « Amours nomades » . C’est aussi le général Liautey, avec Slimane Ehni, qui règlera ses obsèques et la fera inhumer dans le petit cimetière musulman Sidi Boudjemaâ à Aïn Sefra.

Son époux, Slimane Ehnni, meurt en 1907 rongé par la ruberculose.
Ses éditeurs successifs – Victor Barrucand, René-Louis Doyon, Eglal Errar, Marie-Odile Delacour et Jean-René Huleu – présentent ses textes par ordre chronologique et en les replaçant dans leur contexte biographique : « Une œuvre littéraire entièrement consacrée au monde qu’elle avait fait sien ».(https://musea.fr/download/files/original/33932280397aadf60fd7141bccd99d1731ae5f30.pdf)
Edmonde Charles-Roux lui consacrera une importante biographie originellement publiée en deux tomes chez Grasset :

I – Un désir d’Orient : La jeunesse d’Isabelle Eberhardt (1995) : Ce premier volume retrace les origines familiales d’Isabelle (née à Genève de parents d’origine russe), son enfance hors norme élevée par son père précepteur, sa fascination précoce pour l’islam et le Maghreb, sa vie en Suisse et à Marseille, et son départ vers l’Afrique du Nord.

II – Nomade, j’étais : Ce second volume couvre les années africaines d’Isabelle de 1999 jusqu’à sa mort prématurée à 27 ans. Il détaille son installation en Algérie, son adoption de vêtements d’homme (sous le nom de Mahmoud Saadi), sa conversion à l’islam, son mariage avec le spahi Slimène Ehni, ses voyages dans le désert, et sa mort tragique noyée lors d’une crue d’oued à Aïn Sefra en octobre 1904.
Ils seront regroupés dans les éditions ultérieures en un seul volume : « Isabelle du désert » :

L’Humanité sous la plume de Latifa Madani publiera le 17 août 2021 une double ineptie en seulement deux lignes cherchant à récupérer le personnage dans l’orbite de la gauche islamo-wokiste actuelle : ‟On l’appelle « la Louise Michel du Sahara » ou « Isabelle l’Algérien », mais pour Lyautey, avec qui elle eut une idylle, « elle fut une femme de lettres, une aventurière et une avant-gardiste »”. (https://www.humanite.fr/culture-et-savoir/ces-invisibles-qui-font-lhistoire-de-france/isabelle-eberhardt-celle-qui-nous-a-toutes-precedees-717304)
La seule personne avec qui on pourrait comparer Isabelle Eberhardt serait Alexandra David Néel qui eut au Thibet un cheminement dans le bouddhisme mystique et littéraire comparable, même s’il allait durer beaucoup plus longtemps !

Isabelle Eberhardt qui avait tourné le dos aux anarchistes et aux libertaires russes ou turcs dans sa jeunesse genevoise n’a vraiment rien à voir avec les pétroleuses et une activiste dogmatique pseudo-anarchiste comme Louise Michel qui fascinait pourtant Clémenceau… Lequel Clémenceau, dans une formule restée célèbre, dont le texte original, ci-dessous énoncé, détruira toute velléité de voir en Isabelle Eberardt un ‟compagnon d’idylle” quand ses préférences inavouées étaient déjà de notoriété publique : [Liautey] « Voilà un homme admirable, courageux, qui a toujours eu des couilles au cul… même quand ce n’étaient pas les siennes. »
Gardons simplement d’Isabelle Eberhardt l’image donnée par Liautey d’une « exploratrice avant gardiste » ! Comme il l’a écrit : « Elle était ce qui m’attire le plus en ce monde : une réfractaire. Trouver quelqu’un qui est vraiment soi, qui est hors de tout préjugé, de toute inféodation, de tout cliché, et qui passe à travers la vie, aussi libérée de tout que l’oiseau dans l’espace… Quel régal ! »[5]

Telle fut l’auteur de multiples reportages et de courtes nouvelles décrivant le monde maghrébin nomade devenu colonial au tournant du XXeme siècle.
[1] C’est à partir de juillet 1763 que des populations germaniques principalement luthériennes, mais aussi catholiques, et minoritairement baptistes, piétistes ou mennonites, provenant du sud-ouest de l’Allemagne, de Hesse, de Rhénanie, du Palatinat et aussi de l’Alsace, commencèrent à s’installer en Russie. Cette population a été invitée par Catherine II pour cultiver les terres de la Volga et de l’Ukraine, vacantes après l’expulsion des Turcs et des Tatars de ces régions. Cette minorité ethnique, à laquelle les tsars avaient accordé la liberté de culte et d’autres privilèges, en particulier financiers, s’intégra peu et se mélangea encore moins, sauf dans la noblesse, à la population russe.
[2] Dreyfusard, Victor Barrucand part s’installer en Algérie pour contrecarrer la propagande antisémite. Humaniste, il prend part à la vie culturelle et politique en devenant journaliste. Il écrit plusieurs ouvrages sur les peintres orientalistes. Il devient rédacteur en chef des Nouvelles puis chroniqueur littéraire et artistique à La Dépêche. Le 30 novembre 1902, il publie son propre hebdomadaire, L’Akhbar, où il milite pour un « colonialisme plus humain » et, en particulier, pour une reconnaissance des droits des indigènes musulmans. Il publie les reportages d’Isabelle Eberhardt dont il éditera l’œuvre littéraire après sa mort accidentelle.
[3] Elle fait ainsi la connaissance de Robert Arnaud dit Robert Randau.(https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Randau). C’est également un des fondateurs de la littérature algérianiste, où il s’attache à décrire les populations musulmanes africaines. Son livre Les Explorateurs, publié en 1911, est un récit romancé très proche de sa dernière mission avec Xavier Coppolani. En 1940, l’Académie française décernera le prix Alfred-Née à celui qui fut surnommé « le Kipling africain ».

[4] Marie-Emmanuel Jacques de Loustal (1876-1945) entre à Saint-Cyr en 1896 (Promotion « Grandes manœuvres »). En 1898, il est affecté au 12e régiment de Chasseurs à Cheval de Saint-Mihiel. En 1904, il entre au service des Affaires Indigènes d’Algérie et il est détaché à la Compagnie saharienne de Béchar, mis à la disposition du colonel Lyautey.
[5] Citation reprise dans l’avant-propos p.10 des ‟Notes de route/ Au pays des sables” Ed. North Star – Paris 2O16 :



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