AFRIQUE : LE RETOUR EN FORCE DU VAUDOU

par Claude TIMMERMAN

Nous proposons ici un article sur le renouveau du culte animiste sur la côte des
esclaves que nous avons nous-même constaté à l’intérieur de gangs de rue à Lagos au Nigéria. La récente annonce de la création au Bénin d’un « ordre » des praticiens divinatoires du vaudou, comme la relativement récente élection de Dany Laferrière à l’Académie française montrent toute l’actualité du retour de la pratique Vaudou en Afrique de l’Ouest…
; La rédaction].

Un nombre croissant de trentenaires Togolais reprennent le chemin de la spiritualité vaudou. Une manière de renouer avec leurs ancêtres et avec leur identité. En effet, depuis plusieurs années, on constate que la jeunesse africaine s’intéresse progressivement à la tradition vaudou. Cela devient de plus en plus courant alors que divers mouvements panafricains, par le biais des réseaux sociaux, prêchent contre les religions importées.

Les médiateux de tout poil se gargarisent de la pratique du Vaudou à Haïti, bien connu par ses manifestations touristiques. Ils oublient (ou pire ils ignorent en bon journalistes qu’ils sont) que les praticiens, comme les vaudoucis haïtiens actuels, sont les descendants et héritiers des transportés  Ewe, Minah, Fons et Yorubas, peuples côtiers du fond du golfe de Guinée (d’où la dénomination de « côte des esclaves ») venus aux Amériques « à l’insu de leur plein gré » capturés et vendus comme esclaves par les roitelets locaux aux traiteurs – pour l’essentiel des marranes ibériques métissés et leurs descendants- entre la fin du XVIeme et le XIXeme siècle…

Selon la tradition, le peuple Éwé migre du nord du Bénin à la frontière avec le Nigeria à partir du XVIIeme siècle. Dans le Sud, les populations venues de l’Est, à l’exemple des Ewés, s’installent en vagues successives à partir du XVeme et jusqu’au XVIIeme siècle, au moment où les esclavagistes portugais débarquent sur la côte.

La tradition rapporte que religion vaudou est née avec l’exode du peuple Ewe depuis l’Afrique de l’est au XVIIeme siècle sur les bords du lac TOGO (d’où le nom donné au pays) en zone côtière à la limite du Dahomey rebaptisé Bénin, au nord d’Anecho, ville rebaptisée aujourd’hui Aneho à l’extrémité de la lagune qui court depuis le Ghana… Or la côte plate et généralement sableuse présente tout au long une redoutable barre de deux vagues successives rendant en l’absence de wharf ou de jetée portuaire toute relâche maritime impossible…

D’où l‘importance d’Aneho (Togo) seule localité de la lagune capable d’accueillir des chaloupes venant des navires de haute mer, et de Ouidah au Bénin, fière de son passé commercial de la traite qui a érigé une statue à Félix de Souza (photo ci-dessous) , le plus grand traiteur métis marrane, d’origine brésilienne, qui s’y était installé à la fin du XVIIIeme siècle. Une de ses descendantes est d’ailleurs devenue première dame du pays.

Le premier président du Togo,Sylvanus Olympio, fut aussi un descendant de traiteur marrane brésilien.

Voir le dossier Stratégika :  l’Afrique n’a pas du tout « l’approche européenne » de l’esclavage :

A l’est du Bénin et au sud-ouest du Nigéria (en jaune sur la carte du sud Nigéria) est implantée l’ethnie Yoruba qui a une très forte tradition animiste et divinatoire.

Elle s’appuie sur les quatre éléments du cosmos – l’eau, la terre, l’air et le feu –, et serait née de la rencontre des cultes traditionnels des dieux « yoruba » et des divinités « fon » et « éwé », lors de la création puis de l’expansion du royaume fon d’Abomey aux XVIIeme et XVIIIeme siècles.

Elle est bâtie autour des forces « invisibles » et sur les procédés qui permettent de communiquer et de rester en harmonie avec elles. Aujourd’hui, elle trouve aussi sa source dans le culte des ancêtres.

Au nord d’Anecho se trouve le bourg de Glidji.

@togotoursofficial

Demain, le peuple Guin de Glidji vivra l’un des plus grands événements traditionnels du Togo : la cérémonie de la Pierre Sacrée. 🔮✨ Un moment unique où la couleur de la pierre révèle les signes pour l’année à venir… L’an passé, c’était une pierre blanche légèrement salie 🤍 — et vous, quelle couleur pensez-vous voir cette année ? 👀 Restez connectés à nos pages pour découvrir ensemble ce rituel ancestral et son importance culturelle. 🇹🇬 #PierreSacrée #Glidji #CultureTogolaise #togo #togolais228🇹🇬 #aneho

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On y trouve un bois sacré, de nombreux « couvents »[1], plusieurs bâtiments de réunion…

Malgré les revendications politiques béninoises actuelles, Glidji est considérée historiquement par les ethnologues comme « la Rome vaudou« , une religion souvent méconnue dans sa réalité locale propre.

A 20 km au nord-ouest de là se trouve Vogan, le plus grand marché aux fétiches de tout l’ouest africain :

Tout ce qui s’y trouve, bien au-delà du Vaudou, sert aux sortilèges pratiqués par les sorciers. Sur des dizaines d’hectares d’étals divers, on trouve de tout : organes momifiés improbables, cadavres séchés, ossements d’animaux les plus divers, défenses et dents de carnivores, plantes pour décoctions médicinales ou hallucinogènes, certaines connues comme « zombifiantes » ou carrément annoncées comme mortelles, des amulettes, des sortilèges, des gris-gris, des fétiches, etc. Expositions spectaculaires qui servent aussi aux braconniers et autres massacreurs pour écouler leurs prises.

Lomé, capitale du Togo, n’est plus en reste : un nouveau marché aux fétiches ‟touristiques‟ (?) s’y développe.

L’exportation du Vaudou via les esclaves a conduit à une pratique syncrétique – mâtinée d’un christianisme dévoyé issu des premières conversions effectuées par les missionnaires – bien connue à Haïti où elle nourrit une vision « touristique » et commerciale du vaudou axée sur les fétiches et la sorcellerie qui est, répétons-le, étrangère à la théologie vaudoucie initiale.

On connaît ainsi :

– le vaudou proprement haïtien et ses essaimages sur le continent nord-américain

– le candomblé brésilien

– la santeria cubaine

– le quimbois (Antilles française)

le vaudou de Louisiane qui a laissé de grandes figures au XIXeme siècle telle la « reine vaudou » Marie Laveau

Marie Laveau – par Frank Schneider en 1920, basé sur un tableau de 1835 de George Catlin.

Le vaudou, très vivant au Canada, revendique autour de 75 % des quelque 130 000 membres de la communauté haïtienne de Montréal comme vaudouisants.

Pour la même raison, on retrouve des adeptes du Vaudou, issus de la traite, au Maghreb et en Egypte (Les Gnaouas)

Gnaouas du Maroc.

Les gnaouas sont, dès la fin du XIXeme siècle, identifiés comme une confrérie religieuse populaire dont les pratiques thérapeutiques seraient l’héritage de cultes mystiques subsahariens, notamment vaudou, transmis par des générations de subsahariens musulmans installés au Maroc.

Des rituels s’apparentant aux Gnaouas du Maroc existent aussi en Tunisie et en Égypte (appelés Zār). Dans l’est de l’Algérie principalement, ils sont appelés Stambali, Benga, Diwan ou Bori Haoussa. Ils se ressemblent sur certains points (attestant ainsi une origine commune) et divergent sur d’autres points du fait des parcours spécifiques que ces groupes rencontreront dans les sociétés d’accueil au cours des siècles.

Le vaudou animiste initial de la côte des esclaves s’est donc très bien implanté dans le monde afro-américain et il est évident qu’il va se développer maintenant en Europe avec l’immigration africaine nouvelle : à côté de l’islam le vaudou en est l’un des courants spirituels les plus forts…

On voit là l’interpénétration entre la culture vaudoucie et de la sorcellerie proprement dite.

Le vaudou n’est pas une pratique folklorique[2] malgré des chants, des costumes rituels, parfois des masques, des danses, des cérémonies publiques processionnaires et malgré des rituels de sorcellerie observés essentiellement dans les déviances vaudoucies américaines.

L’Académie française s’est dotée il y a peu d’un vaudouci haïtien élu académicien : Dany Laferrière qui n’a pas hésité à évoquer le culte vaudou lors de son discours de réception :

Né à Haïti, résidant tant à Montréal qu’à Paris, il a été élu le 12 décembre 2013 à l’Académie Française au fauteuil n°2, occupé jusqu’alors par Hector Bianciotti. Reçu le 28 mai 2015 par Amin Maalouf sous la coupole, chacun a pu contempler les motifs qui ornent son épée d’immortel. On y trouve gravé sur la garde un motif vaudou : la représentation symbolique (dite vévé), associée au dieu Legba.

Le journal suisse Le Temps a largement relaté cet événement culturel : (https://www.letemps.ch/culture/legba-un-dieu-vaudou-lepee-dany-laferriere)

« … ce 12 décembre de 2013…/… Laferrière venait d’apprendre par un SMS d’Amin Maalouf qu’il serait académicien et qu’il faudrait donc songer à orner son habit et son épée. Il n’est pas allé loin : broderies québécoises et arme haïtienne, ses deux terres. Sur la poignée d’acier détrempé et de bois rare, le sculpteur Patrick Vilaire, 73 ans, spécialiste en céramologie et en énergies nouvelles, l’artiste caraïbe par excellence – c’est-à-dire toujours en déplacement – a gravé le symbole du dieu vaudou Legba.

…/…

Veve for the Voodoo Loa named (Papa) Legba

Pour ouvrir son discours de réception à l’Académie française, jeudi, Dany Laferrière a invoqué Legba…/…

« Legba, ce dieu du panthéon vaudou dont on voit la silhouette dans la plupart de mes romans. Sur l’épée que je porte aujourd’hui il est présent par son vèvè, un dessin qui lui est associé. Ce Legba permet à un mortel de passer du monde visible au monde invisible, puis de revenir au monde visible. C’est donc le dieu des écrivains. »… » (https://fr.wikipedia.org/wiki/Vévé). La présence de ce symbole n’a donc rien d’innocent : il traduit clairement, pour ce nouvel académicien, une volonté d’affirmer sa culture d’origine !

Célébration fête du Vodoun à Ouidah

Il est difficile de s’y retrouver dans la mesure où les appellations d’une même divinité varient selon les peuples qui s’y rattachent (Ewe, Fon, Aja et Yorubas essentiellement). A cela s’ajoutent des divinités ultérieures associées aux déviances syncrétiques, notamment chrétiennes, aux Amériques.

Nous n’avons pas le loisir de développer ici les différentes perceptions d’une même divinité suivant les traditions locales initiales, ce qui fait que certains caractères en apparaissent contradictoires d’une ethnie à l’autre. Par ailleurs l’orthographe des noms peut varier d’un auteur à l’autre ce qui ne simplifie pas un travail de synthèse parfois finalement illusoire si on veut bien y réfléchir : on arrivera au mieux à une juxtaposition d’influences.

Autel vaudou et fétiches à Abomey au Bénin (2008).

A la tête du panthéon céleste se trouve initialement une divinité à la personnalité mal définie : Mawu Lisa, considérée parfois comme un personnage androgyne, parfois comme deux individualités distinctes.

(On notera dans la théologie vaudoucie, comme dans sa cosmogonie, plus d’une coïncidence avec la vision grecque antique de la création de l’Homme, telle qu’exposée par Platon dans le Banquet, avec la tradition égyptienne dans la dualité Osiris/Isis, avec ce qu’on retrouve dans les premiers mythes dits indo-européens, mais aussi et surtout avec la vision talmudique de la création ! Des éléments qui se retrouvent également dans le kémitisme[3] qui prend aujourd’hui une réelle importance dans le monde afro-américain aux USA.

Pour les prêtres vaudous, le monde n’a pas été créé par une entité Mawu Lisa, mais par un dieu hermaphrodite, Nna Buluka personnage androgyne qui se féconde lui-même dont Mawu et Lisa sont les enfants jumeaux.

Le commandement du monde est confié à ces jumeaux :

– Mawu, la femme, a pour domaine la nuit, elle gouverne la lune. La nuit qui est son royaume est le temps du repos, de la fraîcheur, des rapprochements. Considérée comme plus âgée (bien que ce soient des jumeaux !), elle est plus clémente, plus sage, plus douce et appréciée des fidèles : c’est la déesse mère de l’humanité.

– Lisa, l’homme, frère et époux de Mawu a le jour pour royaume et il gouverne le soleil. Vif, rude il est associé à l’effort, car le jour est le temps du travail.

Au-delà, se pressent tout un ensemble de divinités et d’animaux sacrés dont l’incorporation au panthéon vaudou est parfois assez récente.

La légende raconte ainsi qu’en 1717, à la suite d’une guerre fratricide opposant le royaume de Danxomé (Dahomey primitif qui lui doit son nom) et celui des Houéda, dont le roi vaincu de Ouidah se réfugia dans la forêt pour échapper aux assaillants qui le poursuivaient. Ce sont les pythons qui attaquèrent les adversaires du royaume, et il put ainsi être sauvé. Pour remercier les serpents protecteurs, le roi fit bâtir à Ouidah trois cases dans la forêt et fit d’eux un totem. Ainsi, le serpent est désormais une vraie divinité de leur culte vaudou.

Exposition des serpents vivants et morts

Ajoutons que depuis 1992 Ouidah a connu une expansion touristique mercantile sans précédent, liée à l’exploitation de l’esclavage, où le « temple des serpents » entièrement rénové sinon simplement construit, joue un rôle économique majeur. Si, à la différence d’Haïti, le Bénin avait permis de conserver intact le vaudou initial, force est de constater qu’il prend aujourd’hui, comme aux Amériques, un virage économique dangereux car syncrétique mais destructeur.

Nous citerons ici pour finir Mamy Wata la déesse des eaux du peuple Ewe souvent représentée comme une sirène considérée par cette ethnie comme la déesse majeure du panthéon vaudou.

Au Nigeria, ses adeptes portent des vêtements rouges et blancs, car ces couleurs représentent la nature double de Mami Wata : dans l’iconographie igbo, le rouge représente la mort, la destruction, la chaleur, la masculinité et le pouvoir alors que le blanc symbolise également la mort, mais aussi la beauté, la création, la féminité, le renouveau, la spiritualité, la translucidité, l’eau et la santé…

Durant le culte de Mami Wata les adeptes dansent jusqu’à entrer en transe. Elle les possède alors et leur parle.

Les Bokors, prêtes haïtiens qui se revendiquent vaudous par leurs pratiques, sont souvent associées à la création de zombis à l’aide d’un breuvage ou d’une potion qui plonge dans un état de catalepsie donnant l’apparence de la mort, contenant généralement des poisons à des doses sub-mortelles (extraits de tétraodon et de stramoine notamment).

Paradoxalement ce ne sont pas les dieux qui sont les entités les plus importantes dans les croyances vaudoucies mais les lwas ou loas (phonétiquement « lois »): les esprits.

On les appelle aussi « les Mystères » ou « les Invisibles ». Ils servent d’intermédiaires entre Mawu et les humains. Ils sont priés mais aussi honorés et servis en fonction de leurs goûts et attributs, au moyen de rites, de rythmes sacrés, de chansons, de danses, d’offrandes et autres prestations spécifiques.

Les lwas ne sont pas des divinités en elles-mêmes, ce sont des incarnations des dieux qui se manifestent sous plusieurs formes qui ne sont pas sans rappeler le concept transcendant d’âme !

On comprend alors que le peuple baignant localement dans la tradition vaudou de l’incarnation des dieux dans les lwas, se soit tout naturellement senti associable au christianisme qui fut très bien reçu – quoi qu’en disent les détracteurs actuels … (Notamment le poids des universitaires occidentaux christianophobes et anticléricaux qui rajoutent évidemment par souci d’anticolonialisme.)

Les lwas ont des noms différents selon leur lien avec les fidèles :

lwa-rasin : c’est le lwa « racine », l’esprit familial hérité d’un parent ; d’où sa place dans le culte des ancêtres.

lwa-achté : c’est un esprit acheté pour son efficacité, mais qu’il faut servir à l’aide d’offrandes coûteuses sous peine de malédiction ;

– lwa-mèt-tèt : c’est le lwa des initiés, placé sur sa tête lors de l’initiation, mais qu’il faut enlever avant lamort…

L’un des lwas les plus important est Legba (ou Papa Legba à Haéïti) le « transmetteur » :

Si dans le vaudou en Afrique, il n’y a pas de concept de paradis et d’enfer, Legba a la fonction d’intermédiaire et de messager des dieux. C’est pourquoi il sera assimilé dans le vaudou syncrétiste haïtien, à Saint-Pierre, qui détient les clefs du Paradis et de l’Enfer.

D’une façon générale les esclaves venus du Dahomey ont mêlé à la religion vaudou originelle les saints catholiques de leurs maîtres. Ainsi, Papa Legba possède des traits communs avec saint Pierre, Erzulie est représentée comme la Vierge Marie, etc.

Papa Legba.

Le schéma des constituants de la personne humaine se complique encore du fait qu’à chaque principe est associé un principe jumeau, principe extérieur à l’individu, mais pourtant intimement lié à lui.

Il s’en suit une succession de subdivision complexe de l’âme dont certains éléments sont associés à Mawu la déesse suprême et d’autres à différents Lwas…

La présence virtuelle d’un défunt est donc assurée dans la famille et toute la communauté par le relais des lwas. On leur rend un culte avec sacrifices (chèvres), offrandes, rites divers, etc.

Cette présence est officiellement matérialisée et célébrée de façon particulièrement spectaculaire en pays yoruba lors des cérémonies annuelles en l’honneur des morts où des initiés incarnent les ancêtres représentés avec des costumes somptueux et des masques qui servent à assurer aux ancêtres de leur place parmi les vivants : les egungun vecteurs des lwa-rasin.

Les yoruba, notamment les vaudoucis, croient que les ancêtres ont la responsabilité d’obliger les vivants à respecter les normes éthiques des générations passées de leur clan, de leur ville ou de leur famille. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Egungun)

Un vêtement de danse de masque egungun 

Les Egungun sont présents dans des festivals, connus sous le nom d’Edun Egungun qui tournent aujourd’hui parfois au folklore mercantile. C’est cette manifestation spectaculaire de représentation vivante des morts, mal comprise et dévoyée par les émigrés haïtiens qui a donné naissance au fameux mythe des « morts vivants » dont la carrière cinématographique est loin d’être achevée mais qui n’a aucune réalité dans le monde vaudou originel ! En particulier, les histoires de transes et de catalepsie, considérées comme habituelles à Haïti, ne concernent en Afrique que certaines cérémonies spécifiquement éwés du culte de Mamy Wata.

Egungun à Ouidah, au Bénin

Possession d’un adepte par la divinité Adantohounmè.

La divination est apparue tardivement dans le monde vaudouisant par le Fâ.

Le siège d’un féticheur vaudou à Ouidah

Le Fâ (ou Ifa), est un art divinatoire de l’ancienne Égypte. Il est passé depuis par le Nil, par l’Afrique de l’Ouest en pays Yoruba à travers le Nigeria, jusque dans l’antique cité royale d’Ifé alors en plein déclin, ce qui lui donnera une caution historique et un nouveau rayonnement. A la fin du XVIIeme siècle, le Fâ atteint le Danhomé (Dahomey) où il sera adopté et adapté par les Fons.

C’est un prêtre yoruba, « Djissa-le-vendeur-de-pluie« , qui initiera la cour d’Abomey à cette technique divinatoire.

[Ceux qui connaissent le système divinatoire chinois du Yi- Jing ou Yi-King qui date de la fin du premier millénaire avant JC (époque des Zhou 1027-256 av. J.-C.). y verrons une convergence. Le Yi-King donne l’interprétation de tirages divinatoires effectués avec des tiges d’achillée millefeuille. Il repose sur 8 trigrammes et 64 hexagrammes, constitués respectivement de 3 et 6 lignes, brisées ou continues, obtenus en comptant les tiges d’achillée utilisées durant le tirage, et pour chacune de ses formes il fournit un commentaire bref qui laisse la place à de nombreuses interprétations explicitées dans traité Zhou Hi.]

Le Fâ yoruba, renommé Ifâ, procède d’une technique analogue :

La pratique de la divination est appelée idafa est opéré par un Babalawo (prêtre initié) dit « père des secrets ». Son but de la technique divinatoire est de déterminer l’odu (formule prophétique) orientant la prédiction du babalawo sur le thème de demande du requérant. Il utiise le jet de 16 noix de palme ou de kola qui doivent avoir 3 « yeux » ou plus. Ces noix sélectionnées,  sacrées sont appelées Ikin, Elles présentent deux faces très différentes clairement repérables l’une concave et l’autre convexe Le babalowo dispose d’un plateau sacré l’opon sur le fond duquel il étale une couche de poudre iyerosun (ce qui lui permettra de noter par des traits les caractéristiques des tirages successifs au fur et à mesure). Il frappe le bord du plateau avec le marteau rituel iroke Ifá générant un rythme qui permet d’invoquer la présence de l’esprit qui va transmettre l’odu à partir duquel le babalawo va donner ses avis sur la situation demamdée.

Plateau OPON

                        Opon                                                          Iroke Ifa                                                      Opele

Il utilise le transfert de 16 noix de palme ou de kola sélectionnées pour avoir 3 « yeux » ou plus. Ces noix sacrées sont appelées Ikin ou ikin Ifa Le babalowo place les seize noix dans sa main gauche, la paume ouverte vers le haut. Pour effectuer un tirage, le devin va saisir brusquement ces noix de sa main droite en ramassant d’un coup le plus possible. Il va ensuite compter les noix restantes dans sa main gauche car ce sont elles qui vont lui indiquer le nombre de traits qu’il doit tracer dans la poudre du plateau. S’il lui reste une noix, il doit tracer deux traits. S’il lui reste deux noix, il trace un trait. S’il ne lui reste aucune noix ou bien s’il reste trois noix ou plus, le tirage n’est pas valide.

Le devin ne trace alors aucun trait et doit recommencer.

Les tirages valides sont écrits sur quatre lignes avec deux tirages écrits par ligne si bien qu’on se retrouve à la fin avec huit tirages tracés sur l’opon. Ces huit tirages forment une sorte de figure constituée de traits, facilement identifiable. Elle permet au babalowo de reconnaitre rapidement l’odu (sorte d’oracle, formule prophétique permettant de faire des prédictions) désigné parmi les 256 odus possibles : 2 8  = 256. (Ce que l’on retrouve dans le yi king ! Une méthode de divination chinoise basée sur la recherche et la construction de 64 hexagrammes). (https://fr.wikipedia.org/wiki/Yi_Jing)

Le babalawo va traîner un instant l’opele sur le plateau opon puis il va le lâcher. Il note alors pour chaque ikin sa position repérée. Chacune des huit noix se retourne soit du côté concave soit du convexe, noté par un ou deux traits, indiquant la combinaison de l’odu correspondant.

On retrouve bien l’ensemble des 28 = 256 configurations possibles définissant l’odu que le babalowo va interpréter.

Sur toute la côte des esclaves, l’arrivée des missionnaires est consécutive et synchrone à la stratégie de colonisation. Elle date donc essentiellement du milieu du XIXème siècle dans le monde chrétien catholicisme (colonisation française et allemande) anglicanisme et/ou protestantisme luthérien (colonisation britannique ou allemande).

Le cas du Togo est un peu particulier en ce que confisqué à l’Allemagne en 1919, il a été partagé entre les alliés, les anglais s’accaparant le tiers ouest du pays baptisé alors « Togoland » qui sera rattaché au Ghana.

Dès le XVIeme siècle, les premiers contacts des habitants de la Côte des Esclaves, de la Côte de l’Or, et du Togo, avec les missionnaires catholiques, se fait par le truchement des comptoirs portugais installés sur la côte pour faire du commerce de métaux précieux (dont l’or), d’ivoire mais aussi pratiquer la traite négrière.

Adeptes d’une divinité vodoun au Bénin

Les religions locales, dont le vaudou, étaient par nature très proches des chefs traditionnels et des rois locaux. Elles furent donc considérées comme néfastes pour le colonisateur qui – après l’exemple de la guerre contre Béhanzin – chercha par tous les moyens à faire disparaître les religions animistes comme foyers de résistances à la colonisation.

Selon la doctrine de Jules Ferry exprimée dans un cxélçbre discoure du 28 juillet 1885 : « Messieurs, il faut parler plus haut et plus vrai ! Il faut dire ouvertement qu’en effet les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures.  Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit, parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. Ces devoirs ont souvent été méconnus dans l’histoire des siècles précédents, et certainement quand les soldats et les explorateurs espagnols introduisaient l’esclavage dans l’Amérique centrale, ils n’accomplissaient pas leur devoir d’hommes de race supérieure. Mais de nos jours, je soutiens que les nations européennes s’acquittent avec largeur, grandeur et honnêteté de ce devoir supérieur de la civilisation. »

Le christianisme, et singulièrement le catholicisme a été systématiquement instrumentalisé par la colonisation française de la troisième république. Il a pris un essor local avec l’indépendance des états concernés.

les membres fondateurs du Sillon Noir avec Mgr Isidore de Souza.

Mgr. Barthélemy Adoukonou (photo ci-dessous) décédé en 2025 a été nommé en 2011 évêque de Zama mineure à la curie par Benoît XVI. C’est un fervent défenseur de la place de l’Afrique au sein de l’Église catholique. Il est le fondateur du Sillon Noir, un mouvement de réflexion sur l’inculturation qui s’appuie sur les « intellectuels communautaires ».

Mgr Barthélémy Adoukonou, ancien secrétaire du Conseil pontifical pour la culture.

« En ma qualité de doyen des séminaristes d’Abomey et de Bohicon (Sud), j’avais organisé pendant les vacances 1958-1959 un « camp mission » à Cana (Sud), raconte-t-il. Deux à deux, nous allions dans des couvents pour annoncer Jésus-Christ et, inversement, entendre les prêtres des Vodun nous parler de leurs divinités, leurs histoires et modes de fonctionnement ». (https://africa.la-croix.com/mgr-barthelemy-adoukonou-un-apotre-de-linculturation-en-afrique)

En 1970, il affirme sa volonté de collaborer à cette inculturation en découvrant la nécessité de récupérer tout ce qu’il y a de saint dans les cultures africaines y compris dans le vodou. Il défend l’idée selon laquelle la théologie africaine doit émaner de son anthropologie. Très proche de Benoît XVI, Mgr Adoukounou a déclaré :

« L’homme noir, comme tout autre, est capable de l’Évangile parce qu’il a en lui cette expression du dynamisme de la nature nommée culture dans le sens le plus profond. Avec ma nomination, un pas en avant a été fait dans la reconnaissance de la théologie africaine comme expression de la foi qui se fait culture. »

Ce n’est donc pas le christianisme mais bien le maçonnisme républicain et laïcard qui est la cause essentielle du mépris affiché des colonisateurs pour les peuples et les cultures indigènes

De ce point de vue, la colonisation a voulu remplacer les valeurs traditionnelles africaines par des valeurs occidentales, politiques comme religieuses, qui n’étaient pas les plus adaptées, et elle a construit des élites africaines dans ce moule.

De fait, la génération africaine de la colonisation – qui a fait ses études en Europe – est en train de passer la main à une génération nouvelle d’universitaires africains émergeant sur place, qui réfléchissent à l’intérêt de retrouver leurs racines.

Ce qui a été précédé de la doctrine de l’authenticité : l’embrigadement des foules dans une perspective nationaliste fondée sur l’héritage culturel et sociétal des divers composants tribaux du pays. L’idée venait du Zaïre de Mobutu au début des années 70 qui visait à faire émerger er à cimenter un nationalisme inexistant hérité des frontières coloniales, comme c’était aussi le cas au Togo et au Bénin, où la manipulation des masses par la danse fut un puissant levier utilisé par des dictateurs fascinés par l’embrigadement populaire pratiqué en Corée du nord…Kim Il Sun en est le modèle !

Le premier signe de la mise en œuvre de cette politique fut en Afrique de l’ouest le retour aux prénoms « authentiques » préconisé, pour ne pas dire imposé, au Dahomey comme au Togo. Etienne Gnassingbé, alors nouveau président du Togo, fasciné par Mobutu fut le premier à changer son nom en Gnassingbé Eyadéma, abandonnant ainsi son prénom chrétien d’Etienne :

Un exemple qui fut aussitôt suivi par tous les dignitaires du pays…

Au Dahomey le gouvernement Kérékou va agir de même et changer le nom du pays de Dahomey en Bénin. Cependant imbibé de marxisme-léninisme, Kérékou ne comprendra jamais la nécessité de prendre en compte les racines culturelles des populations.

Thomas Sankara, dit « le che Guevarra africain » en fit autant en Haute Volta devenue Burkina Fasso…

Parallèlement la population commence à recevoir une éducation universitaire locale. Le Bénin n’est plus comme le Dahomey « le quartier latin de l’Afrique » il se revendique universitaire certes, mais africain.

Le vaudou offre une architecture philosophique et théologique qui autorise un retour à ses valeurs religieuses et de respect des anciens. (https://www.afrik.com/benin-vodoun-a-la-decouverte-des-minon-nan-la-deesse-de-la-creation).

Certains universitaires français, pour se faire une ‟place médiatique”, surfent sur la vague. Ainsi un certain Jean Rieucau ancien universitaire géographe de Lyon II, accessoirement administrateur d’un site publicitaire de voyages dans le tiers monde, vient de publier un article totalement ahurissant sur Ouidah et sur le vaudou au Bénin… Hélas, certains universitaires – sans doute peu familiers de la question mais impressionnés par la carrière du susdit – ont pris ses divagations pour argent comptant. Le pire est que l’article est inscrit dans les « ressources » autrement dit dans la banque de renseignements réunis et cautionnés par l’Ecole Normale Supérieure de Lyon accessibles aux enseignants pour faire leurs cours !!! (http://geoconfluences.ens-lyon.fr/informations-scientifiques/a-la-une/image-a-la-une/ouidah)

On y lit :

« À Ouidah, sur le littoral béninois, la fréquentation touristique s’appuie sur la patrimonialisation du passé esclavagiste et de la traite transatlantique. S’y ajoutent la culture et la religion vaudou qui assoient le rayonnement spirituel de la ville sur la communauté vaudou, en Afrique de l’ouest et dans les communautés Afro-descendantes établies outre-Atlantique (Brésil, Haïti, Cuba). »

Le vaudou, religion traditionnelle, endogène, face au christianisme, religion se pensant comme universelle :

« Ouidah accueille la première mission catholique du royaume du Dahomey en 1860 (missions africaines de Lyon). Plus tard, au XIXe siècle, la ville devient le point de départ des missions catholiques vers l’intérieur des terres.

Les missionnaires chrétiens combattent le culte vaudou de manière brutale. Par contre, « l’islam africain » tolère davantage les usages religieux traditionnels, propres aux civilisations subsahariennes. De ce fait, dans le sud du pays, la conversion de certaines populations à l’islam, antérieure à l’arrivée du christianisme, par les commerçants islamisés (Haoussa, Yoruba), s’est faite de manière plus apaisée. »

Voilà comment on refait l’Histoire !

Je ne savais pas que les missionnaires étaient « brutaux« . Etaient-ils armés ???

Dommage que Rieucau n’ait pas souligné que l’esclavage au Bénin n’est pas du tout considéré comme répréhensible et qu’à Ouidah, ville qu’il apprécie tant pour célébrer le souvenir de l’esclavage, trône une statue récemment érigée du célèbre traiteur Felix de Souza…

Quant au temple des serpents ‟restauré‟, mais flambant neuf, (photo ci-dessus) que l’on dit connaître et dont on semble faire grand cas aujourd’hui, je n’en ai jamais vu la moindre trace quand je  passais à Ouidah, mais c’était il y a quarante ans…

Visiteurs au temple des Pythons

Cérémonie vaudou à Jacmel, Haiti.

Le vaudou désigne donc l’ensemble des dieux ou des forces invisibles dont les hommes essaient de se concilier la puissance ou la bienveillance. Il est l’affirmation d’un monde surnaturel, mais il comprend aussi l’ensemble des procédures permettant d’entrer en relation avec celui-ci.

Le culte est parfois angoissant en ce qu’il réalise des connections indiscutables avec des forces irrationnelles.Mais la sorcellerie et la magie noire sont totalement étrangères à ses pratiques sauf dans ses versions dévoyées en Amérique.Rien de cela donc dans le vaudou pratiqué en Afrique noire, où en revanche la sorcellerie est effectivement toujours très présente et profondément anxiogène :

« Un individu aurait aspergé d’essence la chambre d’une femme avant de mettre feu, en raison des soupçons de sorcellerie.La femme et sa fille sont mortes calcinées dans l’incendie. Les sapeurs-pompiers ont transporté à l’hôpital trois autres membres de la famille. Ils sont brûlés au premier degré. »

Les religieux vaudoucis africains sont toujours vêtus de blancs et les religieuses vont toujours seins nus : ils sont donc très facilement repérables.L’attitude des populations qu’ils cottoient montre que la méfiance, voire l’effroi, que suscite les sorciers et jeteurs de sort divers, ne concernent en rien les serviteurs de la religion vaudoucie.

Le roi des Togo, Mlappa, n’a pas autant d’influence sur le peuple que le Vodounon qui veille sur Nyigblin.

C’est donc vers le vaudou et les traditions animistes qu’il comporte que se tourne aujourd’hui la nouvelle intelligentsia africaine, la première forgée dans les universités africaines. Pour elle, ce qui traduit un « retour aux sources » est plus une réaction anticoloniale contre la civilisation occidentale, singulièrement contre la France et ses valeurs républicaines, que contre la religion chrétienne de forme protestante ou catholique !

C’est aussi, de part « l’interpénétration sociétale » entre les chefferies traditionnelles et le clergé vaudou qu’elles nomment, que la société africaine toute entière se cherche en voulant s’affranchir des éléments supposés civilisationnels et religieux, ressentis profondément comme allogènes, hérités du colonialisme.

Le Fa va faire l’objet au Bénin de la création d' »un ordre officiel des praticiens de la divination !

« Comme chez les architectes, les médecins, les pharmaciens, les avocats et autres corps de métier, le Bénin compte sous peu organiser les exégètes du Fa, plus connus sous le nom de Bokɔnɔ au Bénin, au Togo et au Ghana et de Babalawo au Nigeria. Une information annoncée il y a 2 jours par le président du Comité des rites Vodun au Bénin en la personne de prof. Mahougnon Kakpo.

Cette organisation formelle, qui sera reconnue par l’Etat béninois, devra permettre d’abord de recenser les vrais exégètes du Fa, de les organiser ensuite, puis de distinguer les vrais praticiens du Fa des faux. Ces derniers pullulent ces dernières années sur les réseaux sociaux et commettent des forfaits. »

                                                             


[1] Le terme de « couvent »- utilisé systématiquement dans la littérature ethnographique – ne recouvre évidemment pas l’acception qui lui est donnée dans le christianisme, notamment dans le catholicisme et l‘orthodoxie, où il traduit la structure architecturale (d’un seul ou de plusieurs bâtiments) qui abritent une communauté structurée de religieux qui y vivent selon une règle. Le couvent vaudou est un ensemble de cases « temples », structures faites pour le culte des divinités où exercent les prêtres, sans nécessairement que ce clergé – qui vit évidement à proximité pour des raisons de commodité – ne mène une vie collective dans l’enceinte sacrée. Les temples sont divisés en trois catégories pour le public, pour les initiés et ceux réservés aux prêtres.

[2] Sur les rites initiaux du vaudou africain, dans leur pluralité originelle béninoise et togolaise, voir l’excellent ouvrage de Philippe Charlier qui proclame d’ailleurs : « Le vaudou est tout sauf une sorcellerie » : Vaudou : L’hommes la nature et les dieux »Philippe Charlier – Ed. Poche – Illustré – 2022.

[3] Le kémitisme ou khémitisme (ou netjerisme en France), est un ensemble de croyances et de pratiques qui trouvent leurs origines actuelles aux États-Unis dans les années 1970 et qui s’inspirent librement de la religion de l’Égypte antique. Les kémites vénèrent les divinités égyptiennes et pratique la heka (magie égyptienne). Ils sont plutôt hénothéistes  que païens ou polythéistes, car ils croient en plusieurs dieux mais ils n’en vénèrent principalement qu’un. Il existe cependant plusieurs courants : en particulier ceux s’inscrivant dans le mouvement néo-paganiste, d’autres reconstructionniste et d’autres encore sont issus du mouvement panafricain suivant les hypothèses (nous ne pouvons appeler ses élucubrations des « travaux ») du sénégalais Cheikh Anta Diop.

[4] Sur le culte des ancêtres plus spécialement chez les Ewe, on pourra consulter la remarquable recension d’Alfred de Surgy : Le système religieux des EWE – Afred de Surgy – connaissance des hommes – Ed. L’Harmattan 1988 / 2007

Cérémonie funéraire chezles Ewé

[5] La littérature traitant de la divination originelle née sur la côte des esclaves est considérable en anglais, associée évidemment aux déviances diverses américaines du vaudou. En français il existe très peu d’ouvrages de qualité et non associés aux déviances des cultes vaudous américains. Essentiellement :

  • La géomancie à l’Ancienne Côte des Esclaves, Bernard Maupoil _- Paris, Institut d’ethnologie, 1992 (1943)

  • Géomancie et le culte d’Afa chez les Evhé du littoral, Albert de Surgy – Publications Orientalistes de France, Ferce/Sarthe, 1980


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