LES FEUX D’ESPAGNE

par Jordi GARRIGA

Cet été 2026, l’Espagne a battu un record : plus de 150 000 hectares ont brûlé depuis janvier. Les incendies d’Ávila, de Madrid et de Tolède ont ravagé 77 000 hectares en un seul week-end de juillet, et un autre incendie à Almería a fait 13 victimes. Certains parlent de 70 000 personnes évacuées, d’autres de plus de 100 000, selon les jours. L’Espagne est en proie aux flammes, dans la pire guerre civile imaginable : la vague massive d’incendies qui ravage le pays, et qui a opportunément débuté juste après la Coupe du monde, n’a qu’un seul coupable : le régime espagnol actuel. Ni le changement climatique, ni rien d’autre. Si les forêts sont envahies par la végétation, ce n’est pas à cause du changement climatique ; si la quasi-totalité des incendies sont d’origine criminelle, ce n’est pas à cause du changement climatique. Si de nombreuses zones en feu se situent à l’intérieur du périmètre de futurs projets d’énergies renouvelables, ce n’est pas dû au changement climatique… Et ainsi de suite. Dans cette situation, une classe mondialiste vit à l’écart des véritables problèmes du peuple, tandis qu’une masse de la population subit ces problèmes sans s’être considérée comme un peuple.

Le gouvernement a réagi avec son répertoire habituel : état d’urgence national, déploiement de l’Unité militaire d’urgence (UME), demande d’aide à l’Union européenne et la déclaration solennelle prévisible du président Sánchez appelant à une « transformation profonde » face au changement climatique. C’est la rhétorique typique du Régime, faire courir les gens vers nulle part. Pendant que des avions de six pays survolent la Castille, la réponse politique pour lutter contre les incendies se résume à des paroles creuses, aux sermons de la nouvelle religion mondiale : « il faut sauver la planète ».

L’idéologie du Régime repose sur la soumission à cette religion officielle : en effet, « il faut sauver la planète », et nous devons nous sacrifier pour cette idée. Tout comme les sacrifices humains des sociétés précolombiennes d’Amérique, où les victimes mouraient pour que le soleil ne s’éteigne pas, étaient justifiés pour sauver la planète, il est tout aussi pénible de voir le cœur des citoyens brisé. On a inventé un système de sacrifice progressif : on nous demande de modérer, voire d’éteindre, la climatisation ; manger de la viande est criminalisé ; utiliser une voiture est blâmé ; le silence est exigé de quiconque ose se plaindre des vagues de migrants qui submergent les services publics… Car notre devoir est d’être solidaires et patients, afin que la planète puisse être sauvée. Nous devons accepter stoïquement chaque nouveau désagrément à sacrifier sur l’autel de cette religion, nos vies réduites à l’état de vers. Pendant ce temps, la classe dirigeante – et peu importe le parti au pouvoir, car le problème, c’est le Régime – continue de profiter de sa propre climatisation, de ses propres voitures de fonction et de ses activités liées à la traite négrière. C’est une répartition parfaitement asymétrique des sacrifices : tandis que certains s’abstiennent, d’autres distribuent les privilèges.

Il est inutile d’inventer un complot pour souligner un fait avéré : selon de récents sondages, 60 % des Espagnols désapprouvent la gestion de la prévention des incendies par le gouvernement, et les experts en gestion forestière alertent depuis des années (les faits l’emportent sur les idées reçues) sur la nécessité pour l’Espagne de gérer activement au moins un million d’hectares de forêts afin de réduire les risques, ce qu’elle n’a jamais fait. L’exode rural, le manque d’entretien des forêts et les vagues de chaleur intenses de cette année ont créé une situation où il est inutile de chercher des coupables imaginaires : la négligence accumulée depuis des décennies parle d’elle-même. Si seulement on pouvait rebaptiser cette « Espagne dévastée » et l’appeler Ukraine, Mozambique ou Bolivie ! Au moins, elle recevrait une aide concrète.

Chaque hectare brûlé par négligence, chaque ville évacuée et dévastée par manque de gestion forestière, justifie d’exiger des explications concrètes de la part des responsables de la prévention de cette catastrophe. Autrefois, on se serait organisé face à une telle situation, mais aujourd’hui, il n’y a plus de peuple, seulement des masses de gens qui s’ignorent, parlant des langues différentes, aux coutumes, religions et races diverses, contraints par la nécessité économique de partager le même espace, et non par choix. La société multiculturelle est une société fragmentée et désintégrée, manipulée par un pouvoir qui ne craint aucun soulèvement populaire, car le peuple, tout simplement, n’existe plus.

Pour que les terres d’Espagne ne brûlent pas, il faudrait que les rues brûlent, et plus d’une demeure.


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Un commentaire

  1. Super article on pourrait faire un copier coller avec la situation française en remplaçant simplement Espagne par France et Sánchez par Macron

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