NUNEZ EN TEUFEUR !

par Claude TIMMERMAN

Il est un champ de tir célèbre situé au sud de Bourges (dépendant aujourd’hui de la Délégation Générale à l’Armement) créé en 1853 dénommé familièrement ‟le polygone d’Avord” du nom d’une commune limitrophe. C’est là que jusqu’en 1914 furent mises au point et expérimentées toutes les innovations de l’artillerie et que fut établi en démonstration le record de tir du canon de 75 : 28 coups minute ! [Les cadences de tirs de campagne varieront en fait de 12 à 20 coups minute pour une portée de 11 km]

Un canon d'artillerie historique avec deux soldats en uniforme militaire, manœuvrant l'arme sur un terrain verdoyant.

Les progrès de l’armement, l’innovation en matière de munitions (obus) et l’évolution de la portée de tir ont conduit à l’allongement du champ de tir.

Le périmètre est rapidement devenu trop court et n’a eu de cesse d’évoluer depuis la création du polygone militaire de deux kilomètres de long en 1853. Pendant les soixante-cinq premières années, la longueur du polygone de tir est successivement passée à 4,7 kilomètres, puis 8, puis 10, puis 20 avant de finalement se figer à une ligne de tir de 30 kilomètres de long en 1918 !

D’une superficie de 10.000 hectares, ce champ de tir de la Direction générale de l’armement Techniques terrestres (DGA TT) s’étend aujourd’hui sur douze communes, de Bourges à Flavigny, sur 30 kilomètres de long et deux à cinq kilomètres de large.

Carte du polygon de tir situé au sud-est de Bourges, montrant les communes environnantes et les routes principales.

Ce vaste terrain servant toujours à l’expérimentation d’armement, impose plusieurs fois par semaine la fermeture de certaines routes traversant, ou à proximité du polygone. Il y a une douzaines de points d’accès au polygone qui déterminent les intersections depuis Bourges avec les voies traversières :

– de la D 15 entre Soye-en-Septaine et Ourouer-les-Bourdelins au sud,

– de la D 976 entre Savigny-en-Septaine, Bengy sur Craon, jusqu’à Nérondes au nord,

La population est avertie plisieurs fois par semaine à travers les journaux locaux et autres médias des horaires de fermeture.

Des barrières s’abaissent pour signaler l’interdiction de passage transverse d’une départementale à l’autre.

Une route avec des barrières de sécurité et des panneaux de signalisation, entourée d'arbres et de verdure.

Inutile de souligner qu’il suffit de bloquer par un détachement conséquent les nœuds routiers correspondants pour interdire l’accès à tout ou partie du polygone… Il n’est donc pas nécessaire de convoquer toute la maréchaussée pour cela : une herse et une section de gendarmerie par intersection interdisent tout passage Il est donc clair que contrairement à ce qu’indiquera la préfecture on ne saurait alléguer un manque local de personnel dans les forces de l’ordre pour pouvoir empêcher cette manifestation !

Au total, 600 gendarmes ont été effectivement déployés sur 14 points de contrôle en périphérie de la zone, où les premiers participants sont arrivés tôt vendredi matin. Or ces gendarmes ne sont pas intervenus laissant tranquillement les teufeurs pénétrer sur le site et s’y installer !

Une femme avec une bouteille d'eau sur la tête lors d'un festival, entourée de foule.

On verra même le ministre Nunez venir se pavaner sur place dimanche !

Un homme politique s'adressant à la presse entouré de responsables de la sécurité, avec des micros et des caméras.

Selon ‟Le Monde”, La préfecture du Cher a affirmé à France-info samedi soir que 17 000 personnes sont toujours rassemblées sur une partie du périmètre. De son côté, Tekno Anti Rep, un collectif de soutien aux free-parties présent sur place, estimait le nombre de festivaliers « entre 35 000 et 40 000 ».

Portrait d'une jeune femme avec des cheveux roses et du maquillage coloré, incluant un symbole féminin peint sur le visage, dans une foule lors d'un événement.

Les teufeurs entendent autant faire la fête que protester contre le durcissement de la législation contre ces rassemblements techno illégaux.

Femme avec des cheveux courts et bouclés, teintés en violet et blanc, souriante dans une foule de festival.

« Selon ce collectif, les organisateurs ont délibérément choisi un site proche de Bourges, ville natale du ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, pour protester contre la politique répressive de l’Etat à l’égard des free parties. Il affirme également que « la partie du terrain utilisée [par le festival] n’est pas celle servant aux essais de tirs » de la Direction générale de l’armement (DGA).

Un homme avec des dreads et un chapeau, se tient devant de grands haut-parleurs, en se passant la main sur le front, dans une ambiance festive.

Sur leurs réseaux sociaux, les organisateurs du teknival diffusent des pictogrammes appelant les teufeurs à ne pas faire de feu, ne pas creuser et ne pas ramasser d’objets, en raison du danger que présentent les munitions anciennes non explosées possiblement présentes sur le terrain militaire. »

Deux personnes avec des tatouages et des piercings, portant des vêtements alternatifs, dans une ambiance festive.

Les forces de l’ordre et des démineurs de la DGA, ont dû intervenir après la découverte d’un obus à proximité de la route départementale qui traverse le champ de tir, « en bordure du site du Teknival », a annoncé la préfecture du Cher. (En fait on trouvera deux obus…)

Femme avec des cheveux rouges et blonds, maquillage excentrique et piercings, se tenant dans une foule lors d'un festival en plein air.

Au total, 600 gendarmes ont été déployés sur 14 points de contrôle en périphérie de la zone, où les premiers participants sont arrivés tôt vendredi matin.

Une femme avec des dreadlocks et des piercings, se tenant dans une foule lors d'un festival en plein air, sous un ciel ensoleillé.

Les organisateurs du Teknival ont explicitement dit avoir choisi ce terrain militaire près de Bourges pour protester contre des textes législatifs visant à durcir les sanctions contre les organisateurs de free parties et leurs participants. Bref une provocation calculée

Une foule animée de jeunes lors d'un festival de musique en plein air, avec des participants dansants et des couleurs vives.

« Cette revendication ne fera que renforcer la détermination du gouvernement à mieux réprimer ce type d’organisation sauvage que nos concitoyens ne comprennent pas », a rétorqué le ministre après avoir visité le dispositif mis en place par les autorités.

Une foule de personnes marchant à travers un terrain de camping rempli de tentes et de véhicules récréatifs.

Il a assuré que « tous ceux qui sortent de ce Teknival » seraient « verbalisés à double titre », pour avoir pénétré sur un terrain militaire et avoir participé à un rassemblement illégal.

Un rassemblement reconnu illégal mais parfaitement assumé et toléré en fait !

Un homme en costume gris interagit avec des membres des services d'urgence, dont un en uniforme SAMU, dans un cadre extérieur.

Qui croirait qu’un tel terrain militaire de cette importance n’est pas surveillé et facilement bouclable quand la carte ci-dessus montre le contraire ?

Surtout si l’on rappelle que, de l’autre côté d’Avord, se trouve la base aérienne 702 Avord « Capitaine Georges Madon », la deuxième plus grande base aérienne de France après la base aérienne 125 Istres-Le Tubé. Elle est située sur les communes de Farges-en-Septaine et d’Avord. Elle entretenait déjà une importante école d’aviation militaire, en 1915, lorsque le capitaine Georges Madon décrocha son brevet de pilote militaire.

Une foule de personnes dans un festival, avec un homme portant une pancarte 'ATTENTION TEUFEURS' dans le centre de l'image.

Elle développe notamment une expertise de formation dans le délicat vol de nuit. En 2025 elle fait partie des trois bases aériennes qualifiées de stratégiques par l’Armée de l’air ! Lancer une meute de 30 000 teufeurs plus ou moins drogués à ses portes est injustifiable !

Faut-il donc en conclure que les autorités sont complices de cette provocation ? Et dans quel but ?

                                                                 


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