par Jean TERRIEN
La victoire stratégique de la Chine contre les États-Unis au Proche-Orient
La guerre israélo-américaine contre l’Iran cache un affrontement plus large, opposant Pékin et Washington. Cette guerre indirecte se mène dans les pires conditions pour les États-Unis qui y ont été entraînés par Israël. Washington s’était préparé à un affrontement contre la Chine via le rimland (zone côtière), en Mer de Chine, à Taïwan, et non pas par la zone terrestre ouest-asiatique, contre un Iran qui s’est révélé être un adversaire militaire bien plus puissant que ne l’imaginait Donald Trump et ses amis de l’immobilier. Benjamin Netanyahu a vendu à l’administration Trump une guerre rapide et facile contre l’Iran. Les États-Unis se sont laissés entraîner dans une guerre difficile, économiquement et politiquement coûteuse, et qui, de plus, a éloigné Washington de sa stratégie qui consistait à prendre le contrôle de l’Île-Monde, non plus par le heartland, mais par la périphérie du Grand Continent, à savoir l’Europe (contre la Russie) et l’Asie du Sud-Est.

Pékin, qui soutient Téhéran, a tout intérêt à un épuisement des États-Unis dans une guerre contre l’Iran, laquelle réduit les stocks de munitions du United States Indo-Pacific Command (Commandement des États-Unis en Asie-Pacifique) qui a en charge la contention militaire de la Chine.
La divergence d’intérêts stratégiques entre les États-Unis et Israël — qui influence gravement la politique extérieure des États-Unis du fait du très puissant lobby sioniste outre-Atlantique — conduit l’Oncle Sam à une catastrophe géopolitique dont profitent ses adversaires, notamment la Russie et la Chine.

PÉKIN VEUT GAGNER LA GUERRE SANS LA FAIRE

Les États-Unis savent qu’une confrontation militaire avec la Chine se conclurait par une défaite américaine. Le Pentagone s’est livré à des « jeux de guerre », c’est-à-dire à des exercices visant à examiner des scénarios possibles, et selon The Times, les forces américaines seraient “écrasées”. « Toutes les simulations menées sur la menace que représente la Chine d’ici 2030 se sont soldées par la défaite des États-Unis », a confirmé Bonnie Glaser, directrice du projet China Power au Center for Strategic and International Studies de Washington, dans les colonnes du quotidien britannique.

Dans un entretien, le général Qiao Liang, co-auteur de l’essai La Guerre hors limites, a expliqué que : « Nous devons aussi nous demander si la question de l’indépendance de Taïwan ne risque pas de nous entraîner trop loin si nous envisageons la guerre pour résoudre cette question. Face au soutien des États-Unis et des pays occidentaux, pouvons-nous seulement faire quelque chose ? Pas nécessairement. Pour freiner l’indépendance de Taïwan, en plus des options de guerre, davantage d’options doivent être prises en considération. Nous pouvons penser à des moyens d’agir dans l’immense zone grise entre la guerre et la paix, et nous pouvons même envisager des moyens plus particuliers, comme lancer des opérations militaires qui ne déclencheront pas de guerre, mais qui peuvent consister en un usage modéré de la force pour dissuader l’indépendance de Taïwan »

EN IRAN, LA CHINE GAGNE LA GUERRE CONTRE LES ÉTATS-UNIS SANS LA FAIRE

Le soutien de la Chine à l’Iran s’articule autour de trois piliers : un soutien diplomatique actif qui condamne l’attaque américano-israélienne, tout en proposant une médiation ; un soutien économique massif via l’achat de pétrole qui représente l’essentiel des revenus de l’État iranien ; et un soutien militaire significatif, qui a permis à l’Iran de reconstituer et d’améliorer ses capacités de défense après la guerre des douze jours (13-24 juin 2025). C’est dans le domaine militaire que le soutien chinois est le plus significatif. Selon des notes du renseignement américain, la Chine a aidé l’Iran à reconstruire ses capacités de défense aérienne et antimissile après la guerre de 2025. Selon une note du renseignement américain citée par News18, la Chine aurait livré des systèmes HQ-9B, des missiles sol-air à longue portée, à l’été 2025. Ces systèmes sont décrits comme « l’équivalent chinois avancé du S-300/S-400 » russe, avec une portée de 200 à 260 kilomètres et une capacité d’interception à haute altitude. Ils auraient été positionnés autour des sites clés, y compris les installations nucléaires. […]

sur RIVAROL : Version papier n°3703 du 8/4/2026
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