par Enrique PLANAS
Voici l’histoire de la façon dont l’écrivain américain Washington Irving, à travers sa satire « Une histoire de New York », a joué un rôle clé dans la création du Père Noël moderne bien avant la campagne publicitaire de Coca-Cola des années 20 auxquelles on se réfère souvent. (https://cocacolaweb.fr/coca-cola-pere-noel/)


Le parcours de saint Nicolas est pour le moins curieux. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_de_Myre)

Né en Turquie, vénéré à l’origine en Europe, il a fini par devenir une icône de Noël dans la ville enneigée de New York. En réalité, le bienveillant saint Nicolas est un personnage littéraire au même titre que l’avare Ebenezer Scrooge, créé par Charles Dickens dans son « Un chant de Noël » (1843).

C’est Washington Irving qui, en 1809, écrivit « Histoire de New York » (dont le titre complet est « Histoire de New York depuis le début du monde jusqu’à la fin de la dynastie néerlandaise »), une chronique romancée qui parodiait le discours universitaire, mêlait légendes et faits historiques, et célébrait avec ironie le rôle des premières autorités néerlandaises dans ce qui était alors la Nouvelle-Amsterdam. Irving publia l’ouvrage sous le pseudonyme de Diedrich Knickerbocker présenté comme un historien néerlandais âgé et excentrique qui aurait disparu, laissant le manuscrit dans sa chambre d’hôtel sans régler la note. Tout cela faisait partie en réalité d’une brillante campagne marketing imaginée par Irving lui-même, qui eut un tel impact qu’aujourd’hui, les New-Yorkais sont surnommés les « Knickerbockers », et que par exemple, leur équipe de basket-ball s’appelle les Knicks de New York.

Au début du récit d’Irving, Oloffe Van Kortlandt, un riche colon néerlandais, rêve que saint Nicolas descend de la cime des arbres dans un char volant, allume une pipe dont la fumée tourbillonnante dessine une ville aux tours et gratte-ciels, et se frotte le doigt près du nez avant de s’élever dans le ciel.

Le conte d’Irving s’inspire de la tradition néerlandaise de la Saint-Nicolas, selon laquelle, chaque 5 décembre, les enfants laissaient leurs chaussures dehors en espérant que Saint Nicolas leur accorderait sa clémence et leur laisserait des bonbons plutôt que du charbon.

Étant Américain, l’écrivain était donc bien plus proche de la culture populaire de son pays que du saint turc enterré à Bari. C’est pourquoi il ne l’a pas dépeint comme le bienfaiteur typique que nous connaissons aujourd’hui ; sa figure est plus proche de celle que Tim Burton met en scène dans l’adaptation d’une autre de ses nouvelles, Sleepy Hollow : un personnage quelque peu macabre, malgré le ton satirique.
Ainsi, dans et par le récit d’Irving, le saint patron néerlandais est devenu le Père Noël.

Plus tard, d’autres auteurs new-yorkais, comme Clement Clarke Moore (avec son poème « La visite de Saint Nicolas »), s’inspirèrent du personnage d’Irving pour créer cette image définitive du Père Noël, avec son traîneau tiré par des rennes, son costume rouge, sa barbe blanche et son nez rouge cerise.

Des décennies plus tard, Dickens et Hans Christian Andersen complétèrent le paysage moderne de Noël.

Washington Irving n’avait pu prévoir l’influence de son personnage.En réalité, son Saint Nicolas a acquis une dimension littéraire, puis le marché a commencé à le sortir du livre jusqu’à en faire une icône culturelle à part entière. Le même phénomène s’est produit avec Dracula ou Frankenstein : on parle du Père Noël sans avoir ainsi lu les romans originaux de leurs créateurs.

Un autre fait est peu connu : Irving, Dickens et Andersen se connaissaient personnellement. C’est assez inhabituel au milieu du XIXe siècle, pour des écrivains d’origine aussi différente. Or, à y regarder de plus près, les œuvres de ces trois auteurs se complètent parfaitement. Dans quelle mesure « Histoire de New York » a-t-elle influencé « Un chant de Noël », « La Petite Fille aux allumettes » ou « Le Bonhomme de neige » ? Difficile à dire précisément mas il est clair qu’ils aspiraient tous à réinventer Noël ce que Metainfos propose un peu aujourd’hui même si :



Source : elcomercio.pe
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