CHILI, CHANGEMENT DE CAP

Par Michel LHOMME

Comme nous l’avions annoncé à maintes reprises, c’est l’avocat José Antonio Kast de 59 ans et père de neuf enfants, considéré par les médias mainstream comme d’ « extrême-droite » ( en fait un néo-conservateur libéral)  qui a remporté, mais haut la main, avec 58 % des suffrages contre 41% à son adversaire, les élections présidentielles chiliennes de ce week-end. Il sera officiellement investi président du Chili le 11 mars prochain, le gouvernement en exercice gérant les affaires courantes. Dès son discours de victoire, il a souligné qu’il s’attaquerait aussitôt aux problèmes d’insécurité du pays, liés en grande partie à l’immigration des Vénézuéliens qui sont ainsi priés de quitter le pays au plus vite. La gauche comme toujours et partout a eu du mal à reconnaître sa défaite pourtant éclatante et sans discussions possible dimanche soir et de jeunes gauchistes ont manifesté  dans les rues de Santiago le soir même des résultats.

Une femme brandit une pancarte avec le message "No merecemos este Kastigo" lors d'une manifestation de protestation, tandis que d'autres manifestants sont visibles en arrière-plan sous un ciel nocturne.

Kast a été traité hier de « fils de nazi » par le président colombien Petro, ancien terroriste maoïste reconverti qui sous pression a tout de même reconnu ce lundi que Maduro était un « dictateur » pour ne pas avoir respecté le résultat des urnes de 2024. Le nouveau président chilien a effectué son premier voyage en tant que président élu en Argentine où il a été accueilli à bras ouverts par Milei, l’homme à la tronçonneuse qui avait remporté en octobre à la surprise générale des médias français pronostiquant sa défaite, une victoire elle-aussi écrasante aux élections législatives d’Argentine.

L’une des premières annonces du nouveau président chilien fut la rupture des relations diplomatiques avec Cuba, le Nicaragua et évidemment le Venezuela, dont l’expulsion des exilés de ce pays a commencé avec l’idée d’établir un couloir humanitaire avec le Pérou et l’Equateur. En début de semaine, Quito avait fermé sa frontière aux illégaux provoquant des tensions à Tumbes au nord du Pérou. Depuis ces derniers mois l’immigration vénézuélienne dans ces trois pays (Equateur, Pérou,  Chili) est à l’origine d’une criminalité extrêmement violente et d’une sauvagerie inouïe pour ces pays andins, les délinquants caribéens abattant de sang froid dans les rues des mères de famille avec leurs enfants pour un simple portable ou une carte de visa.  

Un groupe de personnes célébrant avec des pancartes et des sourires, dans une ambiance festive et enthousiaste, lors d'un événement politique au Chili.

Au Chili, la candidate du parti au pouvoir, la militante communiste Jeannette Jara, (photo ci-dessus) qui espérait un miracle pour renverser la nette avance que les sondages donnaient au républicain et conservateur José Antonio Kast est rentrée chez elle dépitée. Le thème central de la campagne étant le maintien de l’ordre, elle incarnait à elle seule le laxisme de toute la gauche chilienne en la matière.

Une main tenant une cartouche de balle, avec un homme flou en arrière-plan, passant devant un feu de déchets et de fumée dans une rue.

L’annonce des résultats du premier tour au Chili avait suffi à la droite pour se regrouper et se rallier autour de José Antonio Kast (photo ci-dessous) qui se présentait pour la troisième fois aux élections présidentielles. Ancien député, c’est donc malgré ses positions dites « extrémistes » un ancien parlementaire, un homme du sérail politique et de ses combines et qui donc n’a rien à voir avec le spectre de Pinochet auquel les médias européens l’ont comparé qui prend possession de la Moneda, le célèbre palais présidentiel de Santiago.

José Antonio Kast, nouvellement élu président du Chili, s'exprimant lors de son discours de victoire avec le texte 'Victoria Aplastante' en arrière-plan.

Kast est un avocat, un ancien membre du Congrès, candidat à la présidence pour la troisième fois. Ce n’est pas un néophyte en politique, il a non seulement reçu le soutien de toutes les forces de droite – y compris les partis traditionnels – mais s’est également montré très habile pour aborder les questions qui ont dominé la campagne électorale : la sécurité, l’ordre et l’immigration irrégulière. D’après un sondage Ipsos qui avait été réalisé en octobre, 63 % des Chiliens déclaraient que leur principale préoccupation était la criminalité et la violence. Or Kast a promis des politiques de lutte contre la criminalité intransigeantes, bref une main forte pour l’éradiquer.  Les homicides au Chili ont progressé de 140% en dix ans, les enlèvements de 76% entre 2021 et 2024.

Une femme portant un bébé dans ses bras lors d'un rassemblement en plein air, entourée de personnes en arrière-plan.

Jara, membre du Parti Communiste chilien depuis des années, ancienne ministre du Travail était présenté comme « modérée » – comme si un communiste pouvait l’être ! -, mais le pire fut que les centristes catholiques de la démocratie chrétienne aient formé une coalition de centre-gauche inédite, Unité pour le Chili, formés de six partis, pour la soutenir  dont notamment le Parti communiste, le Front large et les Démocrates-chrétiens !

Jara a certes cherché et tenter de se démarquer du gouvernement de Gabriel Boric, dont la popularité était au plus bas, y compris auprès de sa propre base politique, déçue par son bilan. Jara s’était également efforcée d’apaiser les craintes de ceux qui voyaient d’un mauvais œil son appartenance au Parti communiste et avait même promis de démissionner du Parti Communiste Chilien en cas de victoire. Mais le véritable défi pour elle aurait consister à convaincre les électeurs situés plus à droite, chose qu’elle n’a jamais réussi à faire en se montrant même arrogante idéologiquement entre les deux tours.

Des migrants traversent une frontière avec des enfants et des bagages, sous un panneau indiquant 'Gracias por su visita' et 'Thanks for your visit', en route vers le Chili.

340 000 migrants sans papiers vivent au Chili. Dans le cadre de sa stratégie de lutte contre la criminalité, Kast a promis des sanctions et des expulsions à leur encontre. Ceci étant, il faut aussi relativiser : la victoire de Kast maintient en quelque sorte l’alternance au pouvoir devenue la norme dans ce pays d’Amérique du Sud.  En effet, depuis 2006, aucun président chilien n’a cédé l’écharpe présidentielle à un candidat de même appartenance politique sauf que ce dimanche, Kast a gagner avec 58 % des suffrages ce qui constitue une défaite catastrophique pour le gouvernement du président Gabriel Boric et pour la gauche en général alors que décrit comme catholique ultra conservateur, tout avait été fait tout a été permis pour le discréditer dans les médias, allant jusqu’à faire ressurgir le passé de son père (photo ci-dessous), ancien militaire de la Wehrmacht, arrivé jeune au Chili après la seconde guerre mondiale. Imaginez, « un fils de nazi » au pouvoir !

Portrait en noir et blanc d'un jeune homme en uniforme militaire, portant une casquette et des insignes de la Wehrmacht.

Rien ne lui aura donc été épargné, pas non plus le statut de son frère aîné, qui fut ministre sous Pinochet, qui rappelons le, sauva son pays du communisme et de son programme de misère.

General Augusto Pinochet saluting, wearing a military uniform and a hat adorned with insignia.

Deux facteurs ont donc joué en défaveur de Jara avocate, administratrice publique et ancienne ministre du Travail. Le premier est le poids de son appartenance au Parti communiste et la question de son militantisme très présente tout au long de la campagne. Malgré son positionnement en tant que « modérée », cela n’a pas suffi à compenser son stalinisme notoire. L’autre point est que, ces dernières semaines, la candidate du parti au pouvoir s’était livrée à une lutte très directe et frontale avec Kast, ce qui lui a fait perdre l’un de ses plus grands atouts : sa capacité à séduire les électeurs. Elle était devenue une candidate très agressive.

José Antonio Kast, levantant la main, célèbre sa victoire aux élections présidentielles du Chili.

Nonobstant, il ne faudrait pas oublier y eut aussi le facteur Franco Parisi (photo ci-dessous) dont on a peu parlé. Le libéral centriste est en effet arrivé troisième au premier tour, avec près de 20 % des voix. Or son parti a appelé ses sympathisants à voter blanc même s’il va de soi maintenant tenant compte des résultats officiels qu’un certain pourcentage de ses électeurs ont voté pour Kast. Ainsi, le  » front républicain contre le nazisme ou le pinochetisme » n’a pas marché alors que Jara avait besoin de tous les électeurs de Parisi pour pouvoir l’emporter.

Portrait d'un homme souriant porté un costume, avec des drapeaux chiliens en arrière-plan.

Kast, pour sa part, avait déployé une stratégie beaucoup plus défensive et s’était à juste titre concentré sur ses promesses contre l’insécurité, notamment l’expulsion massive des migrants, la classification de la migration comme un crime, la construction d’un mur à la frontière avec la Bolivie, l’édification de prisons de haute sécurité. Il a promis de lutter contre la criminalité en expulsant les quelques 337.000 migrants en situation irrégulière car « Ce gouvernement a engendré le chaos, le désordre et l’insécurité. Nous allons faire exactement le contraire : nous allons instaurer l’ordre, la sécurité et la confiance », proclamait-il ainsi lors de son dernier meeting électoral. Un tel discours lui a permis de se débarrasser de ceux qui le critiquaient pour son manque d’intérêt pour les programmes sociaux et de défense des droits humains ou pour son soutien public à Augusto Pinochet. Car :

Il y a quatre ans, Boric arrivait à La Moneda, le palais présidentiel chilien en pleine période de débats sur la refondation du pays, le processus d’élection d’une nouvelle Constitution et la fin de l’économie extractive, après les grandes manifestations étudiantes et polaires de 2019-2021 ; aujourd’hui, la situation est tout autre.

Une foule nombreuse participe à une manifestation au Chili, portant des drapeaux, dont un avec le visage d'un homme et le slogan '¡ADURÉ!'.

Le Parlement est divisé et donc les votes du Parti populaire, (les libéraux de Parisi) seront cruciaux. La gauche n’a plus du tout le vent en poupe, tout ce qui s’est passé là-bas étant si extrême du point de vue idéologique après tous les troubles sociaux et la récession économique qui touche désormais un pays autrefois prospère. Ordre, sécurité, migration, économie, progrès sont donc les nouveaux mots d’ordre de la société chilienne qui a connu ces dernières années un déclin. Et c’est face à ce changement négatif que la candidature forte, extrémiste, populiste de Kast a pu émergé aspirant ardemment aux changements, et au retour du passé, un virage à 180 degrés concernant l’économie et la sécurité. Ainsi avec Kast, le Chili adoptera certainement des positions plus favorables au marché, davantage tournées vers la création d’emplois et l’investissement. La croissance économique primera sur la redistribution. Kast et Jara représentaient deux extrêmes idéologiques inconciliables de la droite et de la gauche. Issus d’horizons très différents, ils avaient des visions opposées de l’histoire chilienne et du rôle respectif de l’État et du secteur privé dans l’économie. Cette élection a donc été extrêment polarisée et le choix proposé parfaitement clair et établi.

Réunion entre deux hommes au bureau, discutant avec des documents sur la table et un ordinateur à l'arrière-plan.
Boric en entretien avec Kast lors de la passation des pouvoirs

Toutefois et comme l’on pouvait s’y attendre, le nouveau président élu du Chili, José Antonio Kast, a mis de côté lundi son discours d’extrême droite en s’efforçant d’adopter un ton plus conciliant, il s’est ouvertement engagé dans un ton patriotique partagé inhabituellement par l’ancien président à diriger un gouvernement « d’union nationale« . Lors d’une rencontre avec le président sortant de gauche Gabriel Boric au palais présidentiel de la Moneda, l’ex-député ultraconservateur, père de neuf enfants fraîchement élu a réaffirmé qu’il travaillerait pour tous les Chiliens lorsqu’il prendra ses fonctions le 11 mars prochain. « Il existe certaines situations qui nous touchent tous, qu’il s’agisse de sécurité, de santé, d’éducation ou de logement, a-t-il relevé.

Il est vrai qu’en obtenant si massivement 58% des électeurs, on aurait pu souhaiter qu’il adopte un mandat en faveur d’un changement radical. Mais face aux craintes bien orchestrées par les médias officiels suscitées par son soutien passé à la dictature d’Augusto Pinochet (1973-90), Kast a évoqué la démocratie et la nécessité de « préserver les institutions » :

José Antonio Kast sharing breakfast with residents in Buin, Chile, highlighting a moment of camaraderie.


Lundi matin, comme première activité post-élection, M. Kast a pris son petit-déjeuner (photo ci-dessus) avec des partisans dans la commune rurale de Buin, dans la banlieue de Santiago, où il a remporté sa première victoire électorale en 1996 en tant que conseiller municipal. Il s’est ensuite réuni dans la journée avec les partis de droite dont il aura besoin pour approuver des textes dans un Parlement fragmenté.
Hier, mardi, il a été reçu par le dirigeant ultralibéral Javier Milei, à Buenos Aires (photo ci-dessous). Ce dernier l’avait félicité la veille pour sa victoire, faisant part de son « immense joie » après « l’écrasante victoire de (son) ami » Kast.

Deux hommes posent ensemble dans un bureau richement décoré, l'un tenant une tronçonneuse, symbole de sa campagne électorale, tandis que l'autre sourit à ses côtés.

Ainsi, le Chili ne se contente pas seulement de changer de couleur politique, mais rejoint un certain nombre de pays d’Amérique latine (Equateur, Bolivie, Argentine, Salvador) qui ont opéré un vrai virage à droite ces dernières années et ces derniers mois. Ces victoires, sont de très bonnes nouvelles pour l’Amérique latine, qui entend enfin se dégauchiser, après des décennies contraires, qui n’ont pourtant apporté partout, que misères, pénuries et insécurités, ces « grands classiques de la gauche et de l’extrême gauche, leurs marques de fabrique« , comme le souligne dans un bref article notre collaborateur Michel Festivi 🙁http://synthesenationale.hautetfort.com/archive/2025/12/15/victoire-de-la-droite-a-l-election-presidentielle-chilienne-6574843.html)

Image d'un homme politique chilien, José Antonio Kast, en train de donner un discours lors de son élection présidentielle.

ARTICLE PERTINENT qui montre bien que Kast n’est pas un Pinochet (on se fait peur à gauche comme on peut !) mais bien un politicien conservateur libéral « atlantiste », totalement intégré au système (c’est la troisième fois qu’il se présente aux présidentielles chiliennes !) mais qui en raison des circonstances (le dérapage de l’immigration vénézuélienne, la montée de la délinquance) a accentué son discours populiste sécuritaire :

Un panneau vert avec le texte "à noter !" en blanc, sur un fond lumineux.

Pour information, la gauche française étant toujours paranoïaque et nostalgique, jetez un coup d’oeil sur le numéro du journal ultra-subventionné L’Humanité du 16 décembre, le Chili y est en couverture :

Tampon rouge avec le mot 'RAPPEL' en lettres capitales.

Voici Cuba… et voici comment le socialisme l’a transformée :

Voilà une véritable révolution !

Ce que vous allez voir dans ces deux vidéos, ce sont des choses que la plupart des lecteurs de METAINFOS espèrons-le savent déjà, ou que ceux qui ne l’ont pas encore lu ont pressentis. Mais c’est une chose de les connaître ou d’en avoir une vague idée, et c’en est une autre de les voir mises à nu dans toute leur réalité brute et impitoyable. De les voir non seulement en images et en mots, mais aussi avec des faits absolument irréfutables.  Des données qui nous montrent, dans la première vidéo, la splendeur de la vie dans ce qui, jusqu’à l’arrivée du socialisme, était le pays le plus prospère, cultivé et avancé d’Amérique latine :

Et voilà, après près de 70 ans de socialisme, la Cuba d’aujourd’hui :


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