par Bernard PLOUVIER
Vers 1860, un polygraphe juif ashkénaze, talmudiste et compilateur des textes arabes et syriaques consacrés en tout ou partie aux menus travers des Juifs, crée un terme d’une rare stupidité : « Antisemitismus« , pour qualifier ce que l’on nommera ensuite : « Antijudaïsme » – en détachant ce mot de toute connotation religieuse.

Cet érudit juif s’appelait Moritz Steinschneider (1816-1907, photo ci-dessous). Né en Tchéquie, il passa son enfance et son adolescence à ressasser les textes juifs en espérant être agrégé au corps des rabbins. Repoussé, il devint un grand voyageur, mais ne fut accepté comme étudiant par aucune des écoles de langues orientales de Londres et de Vienne… et devint étudiant à l’Université catholique de Vienne, dont il put fréquenter assidument la riche bibliothèque.

En digne ashkénaze insatisfait de sa condition, il avait participé dès l’âge de 22 ans à la création d’une éphémère société secrète juive, puis devint agitateur politique et fut chassé d’Autriche-Hongrie à la fin des années Trente. Il se réfugia à Berlin, à Leipzig, puis de nouveau à Berlin où vivotaient des cénacles juifs séditieux – l’activité de révolutionnaire en chambre ou dans les arrière-salles de cafés étant souvent corrélé à l’athéisme et Moritz tardivement abandonna la religion de ses pères.

Quelques-uns des pesants volumes de l’aigre Moritz furent lus par un journaliste anarchiste, dont 3 des 4 épouses furent des Juives (et au moins deux furent très aimées de lui) : Wilhelm Marr (1819-1904). C’était un Proudhonien qui publia en 1879 son livre le plus célèbre Der Sieg des Judenthums über das Germanenthum (La victoire du judaïsme sur la germanité), précisant en sous-titre qu’il refusait toute attaque contre la religion juive.

De fait dans ce best-seller où il évoquait un « antisémitisme rationnel », il ne s’en prenait qu’au racisme des Juifs envers les non-Juifs (ou Goyim), à leur séparatisme et à leur favoritisme ethnique, ainsi qu’à leur activité de propagande en faveur de la guerre sociale…. toutes choses niées, en général, par les auteurs juifs. Marr était un « Sioniste » comme Steinschneider, mais pour des raisons différentes : le Juif voulait reprendre la « patrie des Juifs » et l’Allemand libérer sa patrie d’une influence jugée délétère. Marr inspira deux auteurs antijuifs célèbres.
En 1894, l’auteur juif sans lectorat Lazare Bernard (puis « Bernard Lazare ») publia un recueil de textes antijuifs où il réfutait le terme « antisémite » – qu’il utilisait pourtant abondamment – et proposait de le remplacer par celui d’antijuif, le mot antisémitisme devant être remplacé par « antijudaïsme », détaché de toute référence religieuse ; c’est d’ailleurs ce qu’avait proposé Marr. Avec son livre L’antisémitisme. Son histoire et ses causes, il fit un tabac… quelques mois avant de devenir le salarié et principal agent du « Syndicat dreyfusard » !

Le 16 septembre 1919 dans une lettre privée, puis dans sa brochure de 1923 rapportant une discussion avec son mentor politique Dietrich Eckart, l’ancien combattant de la Grande Guerre, Adolf Hitler, grand lecteur et pas seulement de brochures antijuives, définissait sa conception de « l’antisémitisme rationnel », à la fois de nature économique, sociale et politique. Il se proposait de lutter contre les activités de spéculation tous azimuts et de noyautage des administrations publiques, contre l’accaparement de certaines professions, contre les trafics divers (stupéfiants, prostitution et traite des blanches) et contre la subversion marxiste. Il est exact que, jusqu’en octobre 1941, son but fut l’émigration volontaire des Juifs du Reich, puis leur expulsion à compter de la fin de 1938. C’est seulement lorsque l’Armée Rouge se révéla plus difficile à vaincre que prévu qu’il ordonna l’extermination partielle dont on parle beaucoup.

Au XXIe siècle, plus personne ne veut exterminer de « race » physique ou « mentale » – c’est ainsi qu’Adolf Hitler, très conscient de l’hétérogénéité des Juifs, qualifiait le groupe ethnique juif. Comme, depuis 1947-48, la quasi-totalité des injures et des actes délictueux ou criminels commis à l’encontre de Juifs sont le fait de mahométans utilisant la langue arabe au moins pour leurs prières, soit la langue sémitique la plus utilisée sur la planète, il serait bon d’abandonner le terme impropre créé par Steinschneider, qui était peut-être un bon traducteur, mais sûrement pas un sémanticien d’élite.

Effectivement, ce n’est pas très sérieux de qualifier d’antisémites des actes commis par des gens utilisant l’arabe comme langue et qui, pour une majorité d’entre eux, sont d’ascendance – totale ou partielle – sémitique !

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