par Marie-Hélène CAILLOL
Nous voici d’humeur folâtre et plutôt joyeuse en ce mois de novembre. C’est peut-être ce mot « fuzzy » qui nous met en joie. Vous le trouverez au centre de la fuzzy finance dont nous anticipons l’advenue à l’horizon 2030 en réaction à une crise de l’anticipation des risques financiers sous le coup d’IA. En effet, les modèles d’IA, conçus pour prévoir et optimiser, commencent à produire convergence des décisions, effets de meute, emballements collectifs et donc fragilité systémique. Et ceci pas seulement dans le domaine de la finance.

Mais peut-être est-ce parce que nous utilisons mal l’IA. Peut-être est-ce parce que nous l’appliquons à l’ancien paradigme, celui de l’optimisation maximale de tout (rendement, croissance). Peut-être que la puissance de cet outil qu’est l’IA fait d’elle un accélérateur d’instabilité , poussant l’ancien modèle à ses limites et à la rupture. Peut-être oblige-t-elle à un changement profond des objectifs et principes de fonctionnement de notre société.
Si, au lieu de l’optimisation maximale, on lui demande de servir des objectifs « de stabilité, de diversité et de résilience », et si on la couple aux logiques floues ou fuzzy qui se nourrissent de données incomplètes, ambigües, imparfaites,… humaines en un mot, alors l’IA peut devenir un dispositif d’auto-régulation de la complexité qui n’élimine pas le chaos mais le maintient dans des limites vivables.

Les logiques floues sont déjà à l’œuvre derrière la reconnaissance de forme en robotique, la gestion de la circulation routière, la gestion du trafic aérien, l’aide au diagnostic médical, la météorologie… Mais en matière de finance, elles se heurtent encore aux cadres réglementaires institutionnels (Bâle III, Solvabilité II,…).
En matière politique, c’est tout l’édifice démocratique « à l’ancienne » qu’elles défient et que réinvente de plus en plus l’actuelle vague de mouvements sociaux de la génération Z …

Pour ce qui est de la gouvernance globale, la Global Governance Initiative récemment proposée par les Chinois, nous enverrait-elle, elle aussi, sur ces pistes de gestion de l’incertitude ?
On le sait, le monde est volatile, incertain, complexe et ambigü (VICA)… incontrôlable donc. Mais nous disposons de l’outil (IA) et des logiques (fuzzy) qui permettent de ne rien vouloir changer à cet état de fait, de s’en satisfaire, d’y trouver une stabilité de moyenne. En RH, les entreprises recherchent la diversité, la neuro-diversité même. Le monde multipolaire présente, bien entendu, des caractéristiques inaliénables de diversité. Le modèle multiculturel de diversité de nos sociétés gagne toute la planète en réponse à la crise démographique généralisée (même le Japon s’ouvre à l’immigration). Or nous sommes tous connectés. Alors, devons-nous tous tendre vers une « identité » (au sens d’identique) humaine (et laquelle ?) pour pouvoir fonctionner ensemble ? Cet objectif est-il raisonnable ? Vers quels totalitarismes nous envoie-t-il ? Pourtant la liberté est la nourriture idéale de ces machines…

Les technologies finiront par être bien comprises et utilisées. Mais à ce stade, elles accélèrent tous les scénarios de crise : financière, économique, politique, environnementale,…
Rappelons-nous cependant les immenses espoirs qui ont bercé nos sociétés après la crise des subprimes (société décentralisée, modèle plat, diversité monétaire,…) et espérons peut-être que ce deuxième grand moment de la « crise systémique globale » qui apparaît de plus en plus nettement sur notre horizon soit de nature à nous emmener vraiment vers ces nouveaux modèle
Le système actuel est insoutenable de toutes manières : qui veut de l’avenir qu’il nous propose ?…

Source: geab.eu


2. Le coup d’état de la tech autoritaire : non seulement les individus seront des esclaves, (c’est bien parti !), mais les nations aussi alors comment en sortir par le haut? La culture, l’esprit, la beauté ?
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