BOLIVIE : UNE NOUVELLE ETAPE

par Michel LHOMME

[Nous sommes en Amérique latine pas pour rien, c’est que s’y joue en ce moment et jusqu’en 2026 avec par exemple les élections péruviennes prévues en mars-avril, une recomposition politique de la gauche à la droite. Ce dimanche, le premier tour des élections chiliennes a tranché : une communiste modérée (mais comme pour l’Islam y–a-t-il vraiment des « communistes modérés » ?), Jeannette Jara affrontera le candidat d’extrême droite José Antonio Kast, le 14 décembre, un duel qui s’avère difficile pour la communiste, le Chili affrontant une crise sécuritaire, une montée de la délinquance due en partie à l’immigration vénézuélienne incontrôlée pour ne pas dire entretenue comme elle l’a été au Pérou par la gauche au pouvoir. Trump avec raison s’apprête à en finir avec Maduro soit par la menace d’une intervention militaire soit par la négociation secrète avec la Russie (en somme, je te donne l’Ukraine, tu me laisses le Venezuela !). Nous reviendrons prochainement sur tous ces événements au fur et à mesure de nos déplacements dans la région car quel que soit le résultat du déploiement naval du Pentagone dans les Caraïbes, ses conséquences auront des effets géopolitiques durables en raison de la remilitarisation de Porto Rico et des îles Vierges et de l’intégration pleine et entière de trois membres clés de la CARICOM (Communauté des Caraïbes) dans sa zone d’opérations. Or, la France par la Guadeloupe, la Martinique et la Guyane a aussi de sérieux intérêts en jeu dans la région. Mais aujourd’hui, c’est de La Paz que nous écrivons].

Vue aérienne de La Paz, Bolivie, montrant des bâtiments colorés et des montagnes en arrière-plan, avec des télécabines sur des câbles.

La Bolivie a aujourd’hui un nouveau président. Rodrigo Paz Pereira (photo ci-dessous) a mis fin à vingt ans de domination du Mouvement vers le socialisme (MAS) sous les gouvernements d’Evo Morales et de Luis Arce, et inaugure un changement de cap. Après sa victoire au second tour face à Jorge Quiroga, le président est confronté à la tâche urgente de gérer la crise, héritant d’un pays en proie à une grave pénurie de carburant et de dollars, et aux réserves quasi inexistantes.

Rodrigo Paz Pereira, nouveau président de la Bolivie, s'exprime lors d'un rassemblement, vêtu d'une veste rouge et entouré de drapeaux boliviens.

Son premier geste politique fut de réintroduire la Bolivie dans les relations internationales et le système financier en décidant de voyager de suite aux Etats-Unis pour rencontrer Marco Rubio, le secrétaire d’Etat américain. Un ambassadeur des Etats-Unis sera nommé prochainement à la Paz rétablissant ainsi des relations diplomatiques gelées depuis près de vingt ans. La Bolivie s’écarte donc définitivement de l’axe mortifère (totalitaire et source de misère) Venezuela-Cuba-Nicaragua. De fait, Rodrigo Paz a été expulsé de l’ALBA pour ne pas avoir invité un de ses dirigeants à sa cérémonie d’investiture.

Des dirigeants latino-américains posent ensemble lors d'un sommet, levant la main en signe de salut sur les marches d'un bâtiment, avec des bannières affichant le logo de l'ALBA en arrière-plan.

A côté de cette réintroduction de la Bolivie dans le cercle états-unien, l’urgence du nouveau gouvernement bolivien est économique. La semaine dernière, le président a révélé l’état déplorable dans lequel Evo Morales a laissé les caisses de l’Etat. De retour des Etats-Unis, il s’est arrêté à Panama où la Banque de Développement des Caraïbes et d’Amérique latine lui a accordé un prêt de 3100 millions de dollars afin de pouvoir faire face à la crise de liquidités du pays et permettre l’acquisition de combustible pour l’année 2026. Reste que le président bolivien ne pourra pas se contenter des crédits internationaux, il devra à terme assainir l’économie bolivienne totalement détruite par le communisme par des mesures d’austérité drastiques permettant l’introduction du dollar actuellement gelé sur les comptes boliviens.

Une manifestante bolivienne tient une pancarte disant 'El pueblo tiene hambre' lors d'une protestation, avec une foule en arrière-plan.

En plus de mesures économiques d’urgence à prendre comme mettre fin aux prix subventionnés du carburant source de contrebande, il faudra renforcer les institutions et en particulier faire la purge dans le système judiciaire bolivien totalement perverti par la corruption, idéologisée par les nominations d’Evo Morales au point que personne n’osait investir en Bolivie.

Un homme parlant lors d'une conférence, avec un fond bleu et un symbole présidentiel en arrière-plan.

Reste que battu Evo Morales (photo ci-dessus) n’est pas totalement vaincu. Il continue d’influencer indirectement la politique bolivienne et il espère récupérer le pouvoir assez rapidement en manipulant par exemple la génération Z (https://metainfos.com/2025/10/22/bolivie-la-generation-z-conteste-le-resultat-des-elections/). Il faut donc espérer que le Parlement bolivien soutiendra jusqu’au bout  le nouveau président. De fait un autre acteur de la politique bolivienne risque de mettre un grain de sable dans la victoire de Rodrigo Paz, à savoir le vice-président Edman Lara, un capitaine retraité de la police nationale qui est devenu très populaire et qui a ainsi pu capter les votes des secteurs marginaux du pays proches de Morales. Quand on analyse les chiffres des résultats du deuxième tour de la présidentielle, on voit bien que la victoire de Rodrigo Paz est dû en partie aux partisans d’Evo Morales qui lui ont fait défaut et en particulier en raison du ralliement de Lara à Paz. Evo Morales l’a très bien compris qui actuellement cherche justement à opposer Edman Lara (photo ci-dessous) à Rodrigo Paz pour faire tomber ce dernier.

Un homme portant un uniforme militaire, saluant avec un geste de la main, au milieu d'un contexte formel.

En savoir plus sur METAINFOS.COM

Subscribe to get the latest posts sent to your email.