Par Jordi GARRIGA
- A propos de : Michel Festivi, Les griffes de Staline sur l’Espagne républicaine (1936-1939), éditions Dualpha, préface de Pio Moa, 260 pages, 33 euros.

Quand la moitié de l’Espagne était soumise au joug de Staline et du NKVD :

Michel Festivi dans une première vie, fut avocat pendant une quarantaine d’années. Mais ce passionné d’histoire se mua en historien, retraite prise. Comme il connait bien l’Espagne, pour y vivre une partie de l’année, il va multiplier les ouvrages sur l’histoire tragique de la IIème république et la guerre civile, pour remettre à l’endroit des faits trop souvent manipulés. Entre 2021 et 2023, vont paraître aux éditions Dualpha : Les Trahisons des gauches espagnoles

puis l’Espagne ensanglantée :

et une biographie du Général Miguel Primo de Rivera, qui gouverna l’Espagne de 1923 à 1930, biographie qui vient d’être traduite et publiée en Espagne par les éditions FIDES :

en Français :

Seule entorse à l’Espagne, il s’attaque en 2024 à l’histoire du PCF, La désinformation autour du Parti communiste « français », pour y dénoncer ses mensonges et trahisons, des origines à nos jours :
Cette année, il vient de faire paraître : « Les griffes de Staline sur l’Espagne républicaine 1936-1939 ». Pour expliquer, avec forces références, comment et pourquoi Staline et la IIIème internationale prirent pied dans la zone révolutionnaire après le début de la guerre civile, le 18 juillet 1936, Michel Festivi, en bon connaisseur de cette période, nous replace dans le contexte particulier de l’Espagne du tout début des années 1930, car rien ne se fit par hasard.

De la tentative républicaine du coup d’état contre la monarchie en décembre 1930, de l’arrivée par les menaces et le chantage de la IIème république en avril 1931, de ses attaques immédiates contre l’Église, l’armée, les propriétaires fonciers et contre l’unité de l’Espagne, rien n’est laissé au hasard. Sans compter la volonté inexpugnable des gauches espagnoles de refuser l’alternance du pouvoir en novembre 1933, et d’imposer leurs volontés au Président de la république, les attentats criminels contre les opposants, la révolution armée d’octobre 1934, les fraudes électorales (désormais prouvées), et les manipulations constitutionnelles, qui ont permis l’arrivée au pouvoir du front populaire en février 1936, tout y est disséqué avec détails et précisions.

C’est ainsi que quand redémarra la guerre civile, aidé par les gauches espagnoles, dont le Parti socialiste (PSOE), déjà totalement bolchévisé, Staline n’eut aucun mal à s’y implanter et à devenir en quelques mois le patron incontestable, d’où des conséquences inévitables : rapt de l’or de la banque d’Espagne, liquidation des anarchistes et des antistaliniens, prise en main policière et militaire du pays, manipulations politiques pour évincer tous les opposants, crimes de masses, extermination des prêtres et plus largement des catholiques etc…

L’ouvrage revient aussi sur la stratégie géopolitique de Staline, vis-à-vis de l’Allemagne, l’Italie, la France et l’Angleterre. Les leçons militaires que la France notamment aurait dû tirer des batailles de cette guerre si particulière, et il répond à une question de fond : si les révolutionnaires espagnols l’avaient emporté, l’Espagne serait-elle devenue une « démocratie populaire » à l’égal de la Pologne, la Roumanie ou la Hongrie de l’après deuxième guerre mondiale ? Enfin son épilogue est consacré aux rôles des intellectuels qui jouèrent une partition très singulière dans cette guerre, et la lutte entre les tenants du communisme soviétique et ceux qui privilégièrent la carte nationale.

On notera une préface du grand historien espagnol Pio Moa, que Michel Festivi connait bien, puisqu’il l’a interviewé à plusieurs reprises, dont notamment pour la Revue d’Histoire Européenne. Pio Moa qui a aussi préfacé l’édition espagnole de sa biographie consacrée à Miguel Primo de Rivera. Un livre salutaire, qui recadre parfaitement le contexte historique et l’enchaînement des événements.

A lire ailleurs : https://lecourrier.ch/2017/09/11/la-revolution-espagnole-etranglee-par-staline/
Photographie de couverture : Une manifestation à Madrid en 1933
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