SPECIAL LANGUES 4/7 : LE FRANÇAIS EST-IL MENACÉ PAR SON ÉVOLUTION ?

par Yves MONTENAY

Cet article avait été rédigé à l’occasion d’une proclamation du gouvernement italien en mai 2023 de limiter les anglicismes. Le projet de loi avait été déposé par le vice-président de la Chambre des députés et membre du parti d’extrême droite Fratelli d’Italia, Fabio Rampelli. Il posait une question plus générale : l’évolution des langues qui devrait être un enrichissement alors que c’est souvent une déstructuration.

Vue panoramique du parlement italien, avec des membres assis en session, entourés par une architecture historique.

L’Italie s’apprête à légiférer contre l’usage des anglicismes. Un article paru dans Le Point : « Italie : haro sur les anglicismes ! » détaille la proposition de loi, portée par Fratelli d’Italia, pour faire reculer l’usage de l’anglais dans la société italienne et révèle en effet que « Depuis l’an 2000, le nombre d’anglicismes a bondi de 773 % dans la langue italienne. Ainsi le dictionnaire de référence Treccani en recenserait-il près de 9 000 sur 800 000 mots. »

Un collage coloré de mots et d'expressions en anglais, avec le message "SPEAKONS FRANÇAIS !" en gros, sur un fond dynamique.

Beaucoup de personnes ne se posent pas la question, notamment les libéraux et ceux que je vais appeler « les bourdieusiens ». Les premiers appliquent leur idéal de liberté à l’évolution de la langue, sans se rendre compte des problèmes que cela pose. Les autres estiment que le français est une langue qui est compliquée pour maintenir « les gens du peuple » dans un statut inférieur et les empêcher d’évoluer vers les classes supérieures.

Par ailleurs, le terme « évolution » est trompeur car il a une connotation positive, alors que le phénomène est beaucoup plus nuancé, comme le montrent les possibles extrêmes d’une telle évolution : l’enrichissement mais aussi la déstructuration, voire la destruction de la continuité de la langue dans l’espace et dans le temps.

Une bande dessinée humoristique montrant deux personnages discutant de la possibilité d'écrire un article complètement sans mots étrangers, avec l'un semblant perplexe et l'autre sarcastique.

La position libérale est dans la ligne du slogan « laissez-faire » des libéraux dans le domaine économique. La langue est pour eux une sorte d’être vivant qui évolue à sa façon, et l’État n’a pas à s’en mêler. Ils pensent que l’évolution naturelle des langues est inévitable et que, par exemple, le franglais est simplement le reflet de l’influence de l’anglais dans notre société mondialisée. 

Certains rajoutent que l’anglais est prédominant dans les domaines de la technologie, des affaires et de la culture populaire, et qu’il exerce pour cela une influence significative sur de nombreuses langues, et pas seulement le français. Bref, ils passent de « naturel » à « inévitable ».

Ce « laisser-faire » des libéraux s’applique à toutes les influences extérieures, notamment argotiques. Certains linguistes d’opinions politiques pourtant opposées sont de leur avis, car ils voient là une occasion de « casser la société », ou, de façon plus intéressée, de recevoir des commandes d’études, de grammaires, de dictionnaires …

Nous verrons que cette attitude a d’importants inconvénients, et que l’on est plutôt dans un domaine régalien, c’est-à-dire où l’action publique se justifie en pratique et de façon majoritairement consensuelle.

Dans l’histoire du français comme dans celle de bien d’autres langues, il y a deux périodes différentes : celle où la langue n’est qu’orale, et celle où elle devient écrite.

Une scène humoristique illustrant des personnages de l'antiquité romaine en train de discuter, avec une bulle de dialogue disant "C'EST LE MOMENT DE PARLER LATIN ET DE SE GOINFRER !!!"

L’histoire du français commence avec l’occupation romaine, et beaucoup de mots dérivent de l’argot militaire des garnisons. Les couches supérieures apprenaient le latin classique, langue du pouvoir. Ces deux variantes du latin ont diffusé lentement (les spécialistes parlent de cinq siècles) vers les couches moyennes et inférieures de la société. Mais comme la quasi-totalité de la population ne savait pas écrire, les mots se sont largement déformés.

D’abord dans l’espace : le latin a donné les différentes variantes de l’italien, de l’espagnol, du portugais, du roumain. En France il a donné des langues locales qui n’étaient pas inter compréhensibles, et dont le plus connues sont le provençal, le gascon, le picard (https://fresques.ina.fr/picardie/parcours/0009/le-picard-une-langue-une-culture-et-des-valeurs.html)… et le français du domaine royal. 

Une scène de bande dessinée avec trois personnages : un homme avec une barbe, un autre tenant un livre et Tintin lisant un document, accompagnée de dialogues humoristiques en accent régional.

Ce dernier, comme les autres langues romanes, a fini par être tellement différent du latin que la masse des croyants ne comprenait plus la messe. Cette situation servait l’église catholique, qui rassemblait la quasi-totalité des alphabétisés, en latin évidemment. Les clercs pouvaient asseoir leur autorité en arguant de textes que le bon peuple ne comprenait pas. Bref, une langue non écrite et a fortiori non enseignée scolairement, évolue très vite et de façon différente suivant les endroits.

En parallèle, l’élite utilise une autre langue, normée et évoluant peu, de manière à garder l’intercompréhension dans le temps et dans l’espace. Ce fut à l’époque le cas du latin, langue écrite commune dans une grande partie de l’Europe. Et cela malgré la disparition de l’empire romain.

Cela n’a pas empêché la naissance d’une littérature populaire en vieux français, dont les textes les plus connus sont ceux des cycles arthuriens de Chrétien de Troyes ou la chanson de Roland. On a également quelques harangues de chefs à leur troupes illettrées, la plus connue étant celle des Serments de Strasbourg en 842, texte souvent considéré comme étant le premier en vieux français :

Manuscrit ancien contenant des textes écrits en latin, illustrant l'évolution linguistique et historique.

La situation change totalement à la Renaissance et au début de l’âge classique : le vocabulaire et la grammaire sont normalisés et largement figés, tandis qu’on assiste à un vaste enrichissement du vocabulaire transposé directement du latin. Les classes moyennes et supérieures étaient d’ailleurs de plus en plus lettrées avec le début de la scolarisation, en général religieuse ou par précepteur. À l’écrit, elles abandonnent le latin pour le français, notamment du fait de cet enrichissement du vocabulaire.  Ce mouvement est accompagné par le pouvoir : François Ier décida par l’Ordonnance de Villers-Cotterêts en 1539, que la vie juridique devait se faire en français et non plus en latin. 

Créée par Richelieu en 1635, l’Académie française, fut proclamée gardienne de la langue :

Vue du Palais de l'Institut de France avec un ciel bleu et des nuages, entouré de verdure.

Entre les deux, Luther lança la Bible et les services religieux en allemand, et non plus en latin, imité par des locuteurs des autres langues européennes, protestants d’abord puis catholiques. En France, c’est la langue du roi qui fut choisie. On oublie qu’elle n’était à l’époque la langue maternelle que des habitants de l’Île-de-France à l’Orléanais, et seulement une langue seconde des lettrés des autres régions françaises.

L’écrit impose la normalisation de la langue pour qu’elle soit comprise dans tout le royaume, et bien au-delà dans le cas du français. C’est grâce a cette normalisation que nous comprenons les textes écrits depuis cette époque.  On dit que les jeunes anglais d’aujourd’hui ne comprennent plus Shakespeare dans le texte original, et qu’il faut le traduire en anglais moderne… avec la perte de contexte qu’implique toute traduction. Toujours en Angleterre où la langue du pouvoir était le français depuis Guillaume le Conquérant, mais où le latin était présent comme ailleurs, les textes juridiques mélangèrent ces deux langues, qui furent bientôt trois avec l’anglais, et les bibliothèques juridiques un peu anciennes ne sont lisibles que par des spécialistes. Merci à François Ier !

Caricature humoristique représentant un personnage stressé devant un ordinateur, entouré de post-it avec des idées pour remplacer les anglicismes par des mots français. Le personnage exprime sa frustration avec la phrase 'Je fais un brainsto pour remplacer les anglicismes par des mots français, fais pas un burnout !'

Traditionnellement, l’enrichissement s’est fait par la francisation de l’orthographe et de la prononciation. Celle, massive, qui a eu lieu à la Renaissance à partir du latin s’est poursuivie ensuite : l’anglais « riding coat », le vêtement de la chasse à courre, a donné « redingote ». Plus tôt, l’arabe al gabr (démontrer) avait donné algèbre.

Au XXe siècle il y a eu l’invention du mot « ordinateur » en 1955 par François Girard, responsable du service publicité pour IBM, sur les conseils de son ancien professeur de lettres à Paris, Jacques Perret, alors que beaucoup de langues ont gardé le mot anglais computer (calculateur). (https://lefrancaisentrequatzyeux.blogspot.com/2017/01/pourquoi-en-francais-dit-on-ordinateur-pas-computer.html)

Image d'un ordinateur portable sur un bureau, avec un texte en surimpression qui demande pourquoi on utilise le terme "ordinateur" au lieu de "computer".

Jusque-là, cet enrichissement a été considéré comme positif. Mais aujourd’hui le franglais ne francise pas les mots nouveaux et surtout en intègre d’inutiles, ce qui dévalorise la langue au lieu de l’enrichir. Citons l’exemple du terme « challenge », fréquent dans la presse économique et qui tend à s’imposer dans le langage courant. Challenge est de plus prononcé à l’anglaise « tchallinge » alors que c’est l’exact synonyme du mot défi qui a l’avantage d’être plus court et de ne pas bouleverser le lien entre orthographe et prononciation. Bref, pour les défenseurs du français, ce n’est pas une évolution ni un enrichissement, mais une corruption.

Affiche de sensibilisation aux termes français pour désigner des innovations et des notions nouvelles, incluant des informations sur le site FranceTerme et l'abonnement pour recevoir les listes de termes.

Les québécois sont fer de lance de la création de nouveaux mots français pour éviter d’utiliser les termes anglais.

Un groupe d'amis prenant un selfie dans un bar, tenant un smartphone avec une photo d'eux-mêmes. En arrière-plan, il y a des verres de bière et une pizza.
Faites comme les Québécois : ne dites plus « selfie » mais « égoportrait ». 

Beaucoup de termes anglais ont une existence éphémère, mais ceux qui paraissent les plus durables voient des propositions de francisation être proposées par les commissions de terminologie. Ces dernières font un travail remarquable, avec toutefois parfois, à mon avis, le défaut de vouloir traduire exactement, ce qui est un peu lourd.

L’exemple de l’anglais montre pourtant que l’on peut prendre des mots simples et que le contexte se charge du reste. Comme c’est le cas par exemple du mot souris : c’est le contexte qui nous dit s’il s’agit d’un rongeur ou d’un accessoire informatique.

Illustration de deux personnes en bas, l'une portant des baskets jaunes et l'autre des chaussures noires. Un dialogue est présenté avec l'une disant 'On watche la game ce soir?' et l'autre répondant 'Non, je vois la fille que je sors avec.'

Il y a un deuxième débat derrière le « laisser-faire » en matière linguistique et un encadrement régalien. C’est celui de l’usage de la langue. Une opinion est que la langue ne sert qu’à communiquer : peu importe la langue et son vocabulaire, l’essentiel est d’être compris, ici et maintenant. C’est la forme extrême d’une opinion majoritaire dans beaucoup de milieux, même instruits. À l’opposé, une minorité, mais très influente, donne un rôle culturel à la langue : c’est l’expression d’une communauté dont les valeurs se sont exprimées dans des œuvres classiques.

Dans le cas du français, on n’a que l’embarras du choix : Ronsard et du Bellay à la Renaissance, Pascal, Molière, Corneille et Racine sous Louis XIV, Voltaire et les Lumières un siècle plus tard, Victor Hugo et les romantiques au XIXe siècle et leurs successeurs de la fin du 19e et du début du XXe siècle.  Ce rôle culturel va au-delà de la communion dans certaines grandes œuvres. Il est censé animer toutes les opinions politiques, économiques et philosophiques, rappeler les principales œuvres scientifiques etc. Ce rôle culturel est d’autant plus important que les références au latin ont disparu du langage courant avec la quasi fin de son enseignement dans les collèges et lycées.

Une jeune fille montre un smartphone à une femme plus âgée assise sur un fauteuil. La jeune fille dit qu'elle a pris un selfie et l'a envoyé dans le cloud, tandis que la femme demandant une traduction en français. L'illustration met en avant l'écart générationnel face aux nouvelles technologies.

Certains vont plus loin encore en disant que la langue structure la pensée : un Français de formation classique ne pensera pas comme un Américain et encore moins comme un Chinois ou un Africain, dont les textes de référence sont totalement différents. C’est l’équivalent de la biodiversité, que l’on veut à juste titre protéger dans le monde animal et végétal : la supprimer serait mettre en péril ce qui fait la richesse de l’humanité, et ferait perdre des idées ou des attitudes fondamentales.

Une conséquence de cette opinion est qu’il faut que des textes anciens restent lisibles, non seulement en France mais dans les autres pays de la francophonie, donc qu’il y ait un enrichissement mais non une déstructuration. Les régimes autoritaires l’ont bien compris qui veulent « du passé faire table rase ». Citons la Russie soviétique, la Chine de l’époque maoïste et son rebondissement actuel avec « la pensée du président Xi » et bien d’autres despotes de moindre envergure, qui ont tous en commun d’avoir simplifié et appauvri leur langue nationale, notamment pour limiter le passé et le présent à ce qui leur convenait. La Chine a même adopté de nouveaux caractères « plus simples à dessiner », mais qui rendent le passé illisible sauf traduction par l’État, avec par ailleurs la perte de tout le contexte poétique voire culturel. Remarquons que les démocraties utilisant les caractères chinois (Taiwan, le Japon, Singapour) ont gardé des caractères traditionnels. Pour aller plus loin dans l’analyse du rôle de la langue dans la réflexion, je vous recommande le site de l’Observatoire Européen du Plurilinguisme. Passons aux problèmes concrets tant dans l’espace que dans le temps.

A cartoon depicting two characters at their computers discussing an overabundance of anglicisms in their articles. One character mentions checking the news and making a list of terms to remove before the deadline.

Je suis toujours dans l’hypothèse où on laisse toutes les langues évoluer spontanément, ce qui est, encore une fois, une idée majoritaire. Très vite on verra apparaître des décalages dans l’espace, c’est-à-dire que l’intercompréhension sera difficile d’une région à l’autre, dans ce qui devrait pourtant en principe être la même langue. L’histoire est riche de phénomènes de ce genre depuis l’éclatement du latin entre les diverses langues romanes à celui de l’anglais et dans une moindre mesure du français, comme Google le signale dans le choix des langues qu’il propose : français de France, français du Canada, … anglais d’Australie, du Canada, des Caraïbes etc. 

Il y a aussi les variations dans le temps : la plupart des langues modernes, sauf le français, nécessitent « moderniser » les textes fondateurs pour un usage scolaire, au risque de perdre le contexte de l’époque. En France, il y a les auteurs d’avant la normalisation de l’orthographe, comme Montaigne, et ceux des époques suivantes pour lesquels le texte d’origine reste compréhensible même s’il paraît daté à certains jeunes aujourd’hui… auxquels on peut répondre que c’est leur propre langage qui sera bientôt daté… Bref la scolarisation, et donc la lecture des adultes, impose des manuels scolaires qui ne peuvent pas changer sans arrêt, donc une normalisation de l’orthographe, de la grammaire et du vocabulaire.

Exemple de texte illustrant la différence entre l'écriture inclusive et la formulation standard en français.

Si une certaine évolution des langues est souhaitable et inévitable, elle doit rester en pratique lente et contrôlée par des systèmes scolaires. En France, les partisans du rôle culturel du français s’insurgent ainsi contre « les déviations » de l’enseignement actuel. Et notamment de la tolérance de nombreux enseignants envers les argots, jargons et créoles. Je mets dans cette catégorie l’écriture inclusive que je considère comme un jargon politique, et qui a été condamnée par l’Académie française et par des tribunaux : le 12 mai 2023, le tribunal administratif de Grenoble-Alpes a débouté l’université de Grenoble en appel de sa condamnation pour avoir rédigé ses statuts en écriture inclusive.

Une caricature illustrant un débat sur l'écriture inclusive, avec un homme perplexe devant un ordinateur et une femme lui posant des questions.

Personnellement, j’estime que ces « variantes » se développent spontanément justement pour n’être comprises que par des initiés, donc sont délibérément des obstacles à l’intercompréhension dans le temps et dans l’espace. Sans compter que passé l’effet de mode, elles peuvent se révéler éphémères.

Cahier d'écriture avec plusieurs mots mal orthographiés barrés et corrigés à la main.

C’est un sujet très voisin de celui de l’évolution de la langue. Les Italiens et les Espagnols ont plongé : il n’y a plus de pharmacie mais des farmacia A titre personnel, je suis partisan d’une simple élimination des complications extrêmes, tant en vocabulaire qu’en grammaire – les Québécois nous conseillent d’oublier les « exceptions aux exceptions » de l’accord du participe passé – en ne supprimant que ce qui complique l’apprentissage du français par les étrangers.

Une pharmacie avec des affichages promotionnels et des produits visibles à l'intérieur.

Je laisse donc la parole aux spécialistes du Français Langue Etrangère.

Une mosaïque de drapeaux de différents pays, avec le texte "NOUS PARLONS FRANÇAIS" au centre, mettant en avant la diversité linguistique et culturelle francophone.

Nous avons vu les complications scolaires, géographiques et historiques entraînés par une transformation rapide. Je crains notamment une dislocation de la francophonie, et donc l’abandon du français qui ne serait plus une langue internationale. 

Par ailleurs cela peut mener à une perte de sa richesse lexicale et à une difficulté à préserver certaines nuances et subtilités spécifiques au français. Je pense notamment à la disparition du passé simple, pourtant vecteur de précision. Plus généralement cette précision, supérieure à celle de l’anglais d’après les juristes internationaux, disparaîtrait avec la dislocation de la grammaire.

Finalement, si suivre l’évolution spontanée du français paraît une idée de bon sens, et elle est d’ailleurs majoritaire, elle paraît peu praticable à l’examen.

Dans l’idéal, il faudrait une organisation à l’échelle de la francophonie ayant pour mission une aide à l’enrichissement par des banques de terminologie communes et un œil sur les programmes scolaires pour veiller à une bonne continuité dans l’espace et dans le temps des principales règles de grammaire.

Nous avons tous remarqué que l’Académie française commençait à s’internationaliser. Elle devrait aller plus loin en accueillant la crème de la francophonie, et la richesse de ses vocabulaires variés.

Source : yvesmontenay.fr



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