par Franck BULEUX
Le 10 septembre passe par l’assurance : c’est Nicolas qui paie

Il ne suffit pas à François Bayrou, Premier ministre en sursis puisque minoritaire, de vouloir supprimer deux jours fériés et de faire travailler les salariés gratuitement pendant ces deux jours (lundi pascal et 8 mai), le leader démocrate-chrétien a aussi l’ambition d’introduire une taxe de 5 % du montant de la cotisation totale sur les contrats d’assurance MRH (Multi-risques habitation). Nicolas est assuré.

Le choix de l’assiette taxable est clairement identifié : il s’agit de toucher et de taxer le plus de Français possibles : tous ceux qui détiennent un logement, propriétaires ou locataires, à titre gratuit ou onéreux. Ce choix n’est pas fortuit, même un étudiant ou une personne ayant peu de revenus dispose d’un logement, ne serait-ce qu’une chambre ou un studio. Il s’agit du contrat le plus « universel » : certains comme les « urbains » ne circulent plus en automobile, évitant donc l’assurance obligatoire des véhicules terrestres à moteur, mais ils vivent sous un toit. Étudiants comme retraités, salariés comme indépendants, tous sont concernés mis à part les « Tanguy » qui, bien que salariés, restent vivre chez leurs parents.
Cette taxe fera donc partie intégrante de la cotisation totale (celle qui doit être payée) et son montant cumulé sera mutualisé (c’est le rôle premier de l’assurance) au profit des victimes de sinistres qui seront reconnus comme le produit des émeutes. Pour que l’information soit complète, ce type de taxe existe et fonctionne de cette manière pour les catastrophes naturelles ou les attentats.
Il est donc prévisible, si Bayrou ou son successeur du même modèle centriste, que tous les détenteurs de contrats habitation (tout le monde, j’insiste) vont donc payer pour les émeutiers qui frappent sans limites lors des manifestations de plus en plus fréquentes et de plus en plus violentes.

Qui doit payer ?
En toute logique, les payeurs devraient être les responsables (donc les émeutiers), à défaut les pouvoirs publics, car c’est au préfet de faire respecter, avec l’aide des policiers et des gendarmes; le maintien de l’ordre dans nos rues. Idéalement, l’Etat devrait indemniser les victimes et effectuer un recours contre les responsables ou leurs parents, compte-tenu de l’état de minorité de plus en plus fréquent des émeutiers violents. Si l’émeute provient directement d’une manifestation organisée, ce sont aux organisateurs d’indemniser mais ces derniers se prévalent régulièrement de l’existence de casseurs (les Black Blocs) pour s’exonérer de toute responsabilité, indiquant que les faits délictueux ou criminels proviennent d’individus hors du cortège enfermé dans des gros bras d’un service d’ordre. Comme si l’anarcho-révolutionnaire ou le communiste libertaire voire le communiste révolutionnaire venait d’un autre monde que les militants traditionnels des partis et des syndicats de gauche : leur porosité n’est pas seulement électorale sur le fondement essentiel de l’antifascisme. Si donc personne ne veut (organisateurs) ou ne peut (pouvoirs publics, émeutiers) payer, tout le monde paiera.

Une nouvelle fois, les ruraux paieront pour les urbains, les Français honnêtes (selon l’expression de Bruno Retailleau) pour les casseurs, les assurés pour les déracinés (ceux pour qui la société n’est qu’un spectacle de violence). L’assurance, fondée sur une mutualisation choisie (l’ensemble des assurés ayant une identité semblable au niveau du risque encouru) se transforme en média fiscal détourné. L’assurance, par son système de mutualisation contractuelle, permet effectivement de payer pour les autres mais dans un cadre d’un ensemble de personnes semblables et consentantes. La nature de mon risque correspond, peu ou prou, à celui des autres assurés et notre cotisation se calcule en fonction de cette identification.

Or, ici, l’opération que nous appellerons « taxe émeute » s’inscrit dans la prise en charge de dommages matériels dont seuls certains sont responsables, faisant fi de toute absence d’intentionnalité d’action et dont le but est de mettre à bas toute infrastructure représentant la forme sociale (commerces, écoles, mairies, établissements de services…).

Certes, la solidarité peut s’opérer en matière de catastrophes naturelles car la cause reste naturelle (un torrent de boue, une inondation…) mais aussi les retraités de Langogne, en Lozère, devront s’acquitter des dommages matériels subis par la banque CCF située dans le centre ville de Nantes, régulièrement sous tension.
Bayrou annonce, par ce type de projet (qui nécessite le vote d’un texte par le Parlement), le 10 septembre.

Il pense, en homme politique se voulant proche des gens (le « maire de Pau », que les Français doivent une nouvelle fois s’acquitter pour des violences volontaires, parfois organisées (mais en queue de cortège, donc inopposables aux syndicats ou aux organisations politiques…).
Si Nicolas doit payer (ce qui de toute façon est probable), qu’on ne compte pas sur lui pour pleurer sur le départ annoncé de Bayrou de Matignon et pour « manifester » le 10 septembre avec les « Bloquons tout ! », simples agents de LFI.
En revanche, pour la facture, ce sera pour Nicolas.

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Merci à Franck Buleux pour ce bel article.