LOI MAYOTTE, EXEMPLE DE L’IMMOBILISME EN MATIÈRE D’IMMIGRATION

Par Michel Lhomme

Dans des débats parfois tendus entre la gauche d’un côté, et le bloc central et le RN de l’autre, les députés ont validé mardi plusieurs articles du volet immigration du projet de loi de « refondation » de Mayotte, notamment certaines dispositions concernant des mineurs. Cette loi de programmation doit selon l’exécutif paver le chemin à la « refondation » du territoire, plus de six mois après le passage ravageur du cyclone Chido :

Destruction causée par le cyclone Chido, montrant des arbres tordus et une structure en métal endommagée au sol dans un paysage dévasté.



L’Assemblée a ainsi rétabli mardi, à l’initiative du gouvernement et des groupes de sa coalition, un article prévoyant qu’un étranger majeur puisse se voir retirer un « document de séjour » lorsque le mineur dont il a la charge « constitue une menace pour l’ordre public« . La mesure serait appliquée lorsque la « soustraction par l’étranger majeur à ses obligations légales compromet la santé, la sécurité, la moralité et l’éducation de l’étranger mineur » et « contribue directement » à son comportement. L’article est cependant assorti de conditions, et son application serait par exemple différente pour les cartes de résident et les cartes de résident permanent.

La députée Estelle Youssouffa prenant la parole à l'Assemblée, portant un vêtement traditionnel coloré, avec une autre femme assise en arrière-plan, écoutant attentivement.


La députée de Mayotte Estelle Youssouffa (photo ci-dessus) a notamment invoqué le « contexte » des « émeutes que nous connaissons très régulièrement à Mayotte« . La gauche, elle, s’est opposée à une « punition collective« , selon les mots de l’écologiste Léa Balage El Mariky : « Que vont devenir les frères et sœurs de ces jeunes délinquants condamnés ? Que vont devenir les grands-parents qui sont soutenus par les parents ? (…) C’est ça votre modèle ?« , a-t-elle lancé. « Les Français réclament de la fermeté et les Mahorais sont très largement favorables à cette mesure« , a rétorqué Yoann Gillet (RN), soutenant la mesure.

Plus tôt, les députés avaient déjà rétabli un autre article controversé, permettant de placer dans une zone de rétention des mineurs accompagnant un majeur faisant l’objet d’une mesure d’éloignement. Aux bancs du gouvernement, le ministre des Outre-mer Manuel Valls a affirmé que ces structures seraient « d’une toute autre nature que les centres de rétention administrative » (CRA), dont elles seraient « indépendant(e)s ». 

Entrée d'un centre avec des personnes marchant sur un chemin, entourée de verdure et de clôtures.


« L’intimité de chaque famille sera préservée (…) Il n’y aura aucun policier à l’intérieur des emprises, pas de grillages, pas de barbelés« , a-t-il énuméré.
Une « hypocrisie » pour Elsa Faucillon (PCF), qui a accusé les partisans de la mesure de vouloir « la perpétuation de l’enfermement des mineurs », en contournant l’esprit de la dernière loi immigration. Celle-ci interdit le placement en rétention de mineurs, avec une application pour Mayotte à partir de 2027. La présente loi repousse encore cette date à 2028. Le placement dans ces zones devra durer « le temps strictement nécessaire » selon la nouvelle loi, avec un maximum de « quarante‑huit heures« , prolongeable de « vingt‑quatre heures, en cas d’impossibilité matérielle de procéder à l’éloignement pour une raison étrangère à l’administration« .

La question des visas territorialisés : et si on se débarrassait du fardeau de l’immigration comorienne et africaine en France ou à la Réunion !

Dans la soirée, l’Assemblée a aussi validé la suppression, à l’horizon 2030, des visas territorialisés à Mayotte, qui empêchent les détenteurs d’un titre de séjour mahorais de venir dans l’Hexagone. La suppression de ce titre de séjour spécifique est attendue par les habitants qui y voient une injustice et un manque de solidarité de la France métropolitaine face à l’afflux massif d’immigrés clandestins venus notamment des Comores voisines, de Madagascar mais aussi de plus en plus de la région des grands lacs et du Soudan.
Ci-dessous photos d’un nouveau camp de migrants africains à Tzoudzou 2 qui régulièrement en raison de l’impasse administrative (pays en guerre et droit d’asile) sont renvoyés discrètement en France, tous frais de voyage et d’hébergement payés :

Un chemin rural entouré de végétation dense menant à des abris improvisés.

Un campement de fortune avec des tentes bleues installé dans une zone boisée, entouré de végétation dense.

Citerne de stockage d'eau en plastique gris placée sur des palettes en bois, à côté de vêtements suspendus à une corde, dans un environnement verdoyant.

Un jeune homme assis sur une chaise pliante, observant un petit groupe de personnes au milieu d'un environnement rural avec des abris improvisés et des vêtements suspendus.



Le ministre des Outre-Mer, le patibulaire Manuel Valls, (prêt par ailleurs a abandonné la Nouvelle-Calédonie – nous y reviendrons) a rappelé que l’exécutif « ne souhaitait pas » revenir sur ces titres de séjour, estimant que « le maintien de mesures spécifiques est nécessaire pour réduire (…) l’attractivité de Mayotte« , mais constatant qu’un consensus s’était dégagé à l’Assemblée, il s’est en revanche opposé aux amendements visant à accélérer leur disparition, tous repoussés.
« Il doit y avoir une prise en charge nationale de la question de l’immigration et l’Hexagone doit prendre sa part de la question qui est posée à Mayotte« , avait argué Antoine Léaument (LFI).

Les députés ont aussi validé des restrictions de l’accès au regroupement familial en cas d’occupation d’un logement « sans droit ni titre« , ou relevant de « l’habitat informel« , et la création d’une zone franche sur l’archipel pour relancer l’activité.


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