LA FRANCE SANS ARTILLERIE ?!

par Michel LHOMME (avec dépêche AFP)

Véhicule d'artillerie sur chenilles équipé de lance-roquettes, stationné sur un terrain dégagé.

L’artillerie française, dont le format a drastiquement été réduit depuis une trentaine d’années, est dotée de mortiers (photo ci-dessous) et de canons Caesar, capables de tirer à 40 kilomètres.

Un groupe de soldats français en train d'opérer un canon d'artillerie sur un site militaire, avec des montagnes en arrière-plan.

Elle dispose également de 9 lance-roquettes unitaires tirant à 80 kilomètres, quatre autres ayant été cédés à l’Ukraine.

Le conflit entre la Russie et l’Ukraine a montré le rôle primordial de l’artillerie, notamment pour frapper loin de la ligne de front les postes de commandement ou dépôts ennemis, d’autant qu’aucun des belligérants n’a la maîtrise du ciel.

« Quand on était dans un combat asymétrique (Afghanistan, Mali, ndlr), le Caesar suffisait et au pire on avait l’armée de l’Air qui pouvait opérer. Aujourd’hui, la donne a totalement changé », a expliqué Jean-Louis Thiériot lors d’une conférence de presse. 

Faute de pièces de rechange, les LRU seront bientôt inutilisables. « On doit être capable, avec des bouts de ficelle, de pousser un peu au-delà de 2027, mais pas beaucoup plus« , selon lui.

Deux consortiums (Safran-MBDA, Thales-Arianegroup) développent des projets de systèmes de 150 km de portée pour les remplacer. Mais les premiers tirs de démonstration n’auront lieu qu’en 2026, si bien qu' »on n’aura rien à mettre sur le terrain avant 2030″.

Une petite entreprise, Turgis Gaillard, propose de son côté son programme baptisé Foudre capable de tirer tout type de munitions. Un projet alléchant « sur le papier, maintenant il faut voir à quoi cela ressemble », selon Matthieu Bloch.

Un groupe de personnes observant un spectacle aérien depuis une plateforme portant le logo 'Turgis & Gaillard', sous un ciel partiellement nuageux avec des avions en formation laissant des traînées colorées.

« Si on n’arrive pas à le faire vite à un coût accessible, on serait obligé d’aller sur une solution non-souveraine », d’achat à l’étranger, prévient M. Thiériot.

Une solution privilégiée par les pays européens: la Pologne et le Royaume-Uni ont acheté des systèmes américains Himars (photo ci-dessous), qui se sont illustrés en Ukraine, l’Allemagne, l’Espagne et les Pays-Bas des lance-roquettes israéliens Puls. La Pologne a également acquis 288 lance-roquettes K239 coréens.

Un lance-roquettes militaire en action, tirant un projectile dans une zone désertique.

Un futur lance-roquettes français arriverait donc trop tard sur le marché pour avoir des perspectives de succès à l’exportation.

La loi de programmation militaire 2024-2030 prévoit la livraison de 13 exemplaires du futur système en 2030, 26 au total en 2035, un chiffre qu’il faudrait doubler selon les députés.


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