par Claude TIMMERMAN
Poupées gonflables et sex-toys : une reconversion commerciale du « plastique » ? Pas sûr, mais une activité commerciale en pleine croissance !

Les plastiques sont de plus en plus présents dans les objets manufacturés et les emballages, sont très peu biodégradables et les plastiques s’accumulent. Tout écologiste n’étant pas systématiquement un imbécile inculte et fanatisé, certains décideurs internationaux alertés depuis une vingtaine d’années ont fini par prendre conscience du problème, malgré les pressions des acteurs tout puissants de l’économie libérale, de la rémanence des déchets de plastiques, notamment alimentaires, et non biodégradables qui, jetés, finissent dans les océans et s’y accumulent.
Alors on tente d’interdire leur emploi, ou au moins de les limiter… En espérant un jour de pouvoir les faire disparaître par biodégradabilité.
Les continents de plastiques océaniques

Les courants océaniques subtropicaux portent ces déchets qui viennent former des concentrations, des amas flottants de plastiques qui stagnent et s’accumulent suivant le comportement des courants marins. Certes, ce sont les zones du globe les plus industrialisées, donc situées dans l’hémisphère nord : pacifique nord (1) , et atlantique nord (2) qui sont le plus impactées :

Dans le Pacifique Nord, l’amas est le plus important, et a été appelé « continent de plastique ». Il ne constitue pas une masse franchement solide flottante, mais c’est une zone où la mer est saturée par des débris flottants sur une épaisseur d’environ trente mètres.
C’est en 1997 que l’océanographe américain Charles J. Moore a découvert, cette monstrueuse concentration de plastiques agglomérés, s’étalant sur 1,6 million de kilomètres carrés et une épaisseur d’environ trente mètres. Dans cette région du globe, les courants tournent dans le sens des aiguilles d’une montre et créent une spirale, un puissant vortex qui fait tourbillonner les déchets en plastique tout comme le vent le ferait avec des papiers dans le recoin d’une place. Le tourbillon subtropical du Pacifique Nord accumule depuis des années ces déchets plastiques venus des côtes et des fleuves, les entraîne dans sa rotation et, par la force centripète, les ramène progressivement vers son centre, une zone de faible énergie cinétique de 3,43 millions de kilomètres carrés, soit un tiers de l’Europe et plus de six fois la France. Étant donné que cette « soupe de déchets » est – en dehors des débris divers flottants qui dérivent et s’y retrouvent piégés – majoritairement translucide, elle se situe surtout sous la surface de l’eau : elle n’est, de ce fait, pas toujours détectable sur les photographies notamment celles prises par des satellites.
La menace la plus directe est la mort par asphyxie ou par la faim de la faune maritime
Les grands prédateurs, comme les tortues, les oiseaux de mer ou les mammifères marins, confondent les sacs plastiques avec des proies et s’asphyxient ou bloquent leur tractus digestif. C’est notamment le cas des tortues qui confondent ces plastiques avec des méduses. Des oiseaux, tels cet albatros ont l’appareil digestif peut être entièrement obturé par des débris de plastique :

D’après le Programme Environnemental des Nations Unies, les débris de plastique causent la mort de plus d’un million d’oiseaux marins chaque année, ainsi que celle de plus de 100.000 mammifères marins. L’estomac des requins peut aussi contenir des dizaines de kilos de plastiques et tout aussi importante est l’intoxication après ingestion (https://www.protection-requins.org/2017/07/25-de-plastiques-dans-lestomac-des-requins/)

Car, bien que les plastiques présentent une grande résistance au vieillissement dans l’environnement, sous l’action du rayonnement solaire, par oxydation et par abrasion dans l’eau de mer, ils se dégradent et sont réduits en petits morceaux. Ils finissent par former des micro-plastiques caractérisés par une taille inférieure à 5mm. Ces grains de plastique agissent comme des éponges, fixant de nombreuses toxines. Ces polluants véhiculés par les plastiques sont alors ingérés par la faune marine. Haro donc sur le plastique, notamment les emballages alimentaires (dont les fameux sacs « plastiques »), et sur tous les articles, surtout les articles à usage unique dit jetables après emplois utilisés dans la vie quotidienne !
L’industrie du plastique dit alimentaire s’en trouve particulièrement impactée. Ainsi, Tupperware – marque emblématique des articles culinaires en plastique – est officiellement déclarée en faillite depuis le 18 septembre 2024.
La commercialisation, fondée sur le porte-à-porte et le bouche à oreille échappait au contrôle des réseaux de distribution. Cette faillite est attribuée à la nature en plastique de ses produits peu compatibles avec la tendance visant à promouvoir des produits écologiques dégagés de la chimie carbonée et surtout biodégradables ! A cela s’ajoute les poids du développement des pratiques d’achats par internet.

Le succès de Tupperware était basé sur la promesse faite à des femmes – de milieux souvent modestes – d’obtenir un complément de revenus et d’avoir une activité sociale en utilisant leurs réseaux de voisinage pour vendre ces produits. Très vite, en Europe, au Canada ou aux États-Unis, les nouvelles vendeuses se virent proposer une activité rémunérée sans investissement, avec une grande flexibilité, et en acquérant une certaine expérience professionnelle. Les techniques de ventes s’enseignent de manière pyramidale (Vente multiniveau), ce qui fait partie de la culture de cette entreprise. Gérantes et gérants en amont assuraient la formation traditionnelle c’est dire que des milliers et des milliers de « ménagères de cinquante ans », actrices de ce circuit commercial parallèle, vont se retrouver au chômage forcé. Trouver des produits de grande consommation capables de satisfaire une clientèle essentiellement féminine et remplacer la demande des articles de cuisine semblerait dès lors difficile.
La lingerie et les cosmétiques ou parfums ont été utilisés mais n’ont pas pu concurrencer les grandes marques. C’est en cette période et sans aucun rapport que le marché du sex-toy a opportunément explosé notamment grâce au Covid. Le sex-toy est devenu très tendance et semble apporter une réponse à la fois à la libération des mœurs et à la reconversion forcée du pastique dans la vie quotidienne. L’époque plurimillénaire des olisbos en bois, pierre, ivoire est totalement révolue. On en a retrouvé en Egypte comme en Assyrie, en terre cuite ou en ivoire, vieux de plus de 4 000 ans (https://omnilogie.fr/O/Histoire_de_l%27olisbos_de_l%27Antiquité_à_nos_jours)

Et il semble que le paléolithique a déjà largement documenté le concept de godemichet (terme moyenâgeux d’origine latine : « gaude me » se traduit littéralement par « réjouis moi »

https://omnilogie.fr/O/Histoire_de_l%27olisbos_de_l%27Antiquité_à_nos_jours
L’avenir de la vente à domicile passera-t-il alors par le sex-toy ?

Le circuit de proximité et la discrétion liée à ce type de distribution rassure les consommateurs potentiels. Les autres peuvent aller dans les grandes villes dans des boutiques discrètes de présentation. Il y a déjà plus de vingt ans un premier importateur asiatique avait ouvert un salon d’exposition de ces poupées gonflables à Lyon. Maintenant on trouve des poupées gonflables à tous les prix, pour « tous les sexes », pour tous les âges, et pour toutes les bourses (de 100 € à 500 € chez tous les grands distributeurs). Mais des modèles très sophistiqués valent plusieurs milliers d’euros. On peut consulter ainsi un catalogue de 9 pages rien que sur Amazon 🙁https://www.amazon.fr/poupée-gonflable-femme/s?ie=UTF8&page=1&rh=i%3Aaps%2Ck%3Apoupée%20gonflable%20femme)
Bien sûr les femmes ne sont pas oubliées :
http://www.cosmopolitan.fr/,les-femmes-aussi-ont-leur-poupee-gonflable,1908846.asp
Les transsexuels non plus :
https://www.cdiscount.com/pret-a-porter/r-poupee+gonflable+trans.html#_his_
https://www.loveandvibes.fr/sextoys-homme/poupees-gonflables.html
On a aussi pitié des pédophiles : certains avancent même qu’il se pourrait que des « poupées d’enfants aient un effet curatif (?) sur ces malades
En Chine on peut même maintenant les louer pour une soirée ! (De quoi mettre les prostituées au chômage ! )
Il ne m’a pas fallu plus de dix minutes de « recherches » sur le net pour trouver tout cela. Ces liens étaient déjà là en 2009 : comme quoi quand on n’évoque pas des sujets historiques brûlants ou politiquement incorrects, les blogs et les articles ne sont pas soumis à la censure et ne sont pas effacés de la toile et du net.
Le marché du sex-toy, est en situation de croissance exponentielle :

Sans surprise, le pays fabricant leader mondial sur le marché du sex-toy est la Chine et le pays premier consommateur, les USA : « Comme beaucoup le savent, le secteur des jouets et accessoires pour adultes est en constant développement depuis quelques années. Alors que le marché global des sextoys a été estimé à plus de 30 milliards de dollars en 2021, certaines études prédisent qu’il atteindra 54 milliards d’ici 2026 et 80 milliards d’ici 2030. Selon une étude menée par Forbes, le marché mondial des sextoys pourrait même atteindre 122 milliards de dollars (!) en 2024. En Europe, le marché des sextoys devrait augmenter avec un taux de croissance annuel composé de 7,3% entre 2021 et 2030, atteignant 16 millions de dollars d’ici 2030. La pandémie de Covid-19 a également accéléré le développement du e-commerce, ce qui s’est révélé être le vrai catalyseur de la croissance de l’industrie des sextoys. Grâce aux plateformes de vente en ligne, les consommateurs n’ont plus besoin d’aller dans les magasins physiques mais peuvent recevoir leurs produits à la maison, de la manière la plus discrète et pratique possible. Un avantage significatif pour celles et ceux qui pourraient se sentir embarrassés d’aller acheter des sextoys dans un magasin physique. »
On voit même aujourd’hui une série coréenne annoncée sur Netflix consacrée aux aventures de quatre « desesperate housewifes » qui vont s’investir dans la vente de sex-toys à domicile :

C’est dire que c’est dans l’air du temps
Les ménagères de Tupperware, démonstratrices spécialisées dans la vente à domicile d’articles culinaires en plastique, aujourd’hui au chômage, comme d’autres d’ailleurs à la recherche d’un emploi, sont donc susceptibles de se reconvertir dans la vente des articles plus « intimes ».
Un développement financier européen en hausse de plus de 7% par an est annoncé, ce qui laissera rêveur notre premier ministre Michel Barnier dont il est dit d’ailleurs qu’il ne dédaignerait pas la littérature érotique.

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