COCAÏNE : LE MOYEN DE SE SENTIR « FORMIDABLE » 3/3

par Bernard PLOUVIER

Le junkie à la coke est un adorateur de son Moi – les « psy » adorent disserter sur l’Ego (et comme le terme est tiré du grec antique, il ne doit pas être affublé d’un accent), alors que le langage usuel offre un terme compréhensible par tous, même si chaque « psy », fondateur d’école ou de secte au sein de son groupe de « penseurs », veut imposer sa propre définition.

Le cocaïnomane Freud a inventé un jargon – et cette modélisation personnelle du discours était indispensable aux deux buts de sa vie : devenir riche et célèbre. Il a opposé un « Ça » (le renoncement aux instincts dangereux pour autrui) et un « Surmoi » (leur sublimation) à la somme des comportements innés et acquis de chaque individu qui se débat dans l’Enfer de la communauté où il lui a été imposé de vivre. Le Surmoi freudien, centré sur le Tout-Sexuel et le jeu avec la mort, n’a pas grand-chose de commun avec la conscience éthique – ou surconscience – des moralistes qui ont précédé de quelques siècles le « grand Freud »… voire de près de 4 millénaires, si l’on se réfère au Code d’Hammourabi.

Il est évident que si Freud n’était pas né dans un milieu dépravé, au sein d’une smala de délinquants de droit commun et de criminels sexuels, il n’y aurait jamais eu de psychanalyse telle qu’il l’a conçue. Et il est honnête de signaler que Sigismund-Shlomo – dit « Sigmund » par l’effet d’un wagnérisme ensuite renié – ne fut pas, et de loin, le pire de sa lignée, même s’il fut un être assez méprisable par son amour immodéré de la publicité et du fric, un menteur, un plagiaire, enfin un médicastre qui méprisait systématiquement ses patients, tout en les exploitant scandaleusement au plan financier.

En tant que Juif, Freud fut confronté aux 613 injonctions de la religion de son père, soit le code de lois du Pentateuque revu et fort enténébré, après la Diaspora définitive (aux Ier et IIe siècles de notre ère), par les commentateurs rabbiniques : les célèbres 248 obligations et 365 interdictions qui font de tout juif pieux un obsessionnel attaché à la forme et aux rites… et qui firent de Freud un bon expert en névrose obsessionnelle d’essence religieuse.

Tout individu – juif ou goy, cela ne fait rien à l’affaire – passe une grande partie de sa vie d’adolescent et d’adulte à trier l’héritage ancestral et à passer au crible de son sens moral ou de ses sarcasmes les injonctions reçues durant l’éducation. La masse des refoulements et le soi-disant « désir de punition » qui sont censés créer et entretenir le « Surmoi » freudien n’existent que chez les sournois et les obsessionnels de l’obéissance aveugle. Et il faut reconnaître que Sigismund fut particulièrement gâté en matière d’ignominies durant ses jeunes années.

Papa Jacob, né en milieu hassidique et plus tard converti au judaïsme réformé bien moins exigeant, était un obsédé sexuel, adepte de la fellation imposée à sa nombreuse progéniture, tandis que maman Amalia se faisait plaisir avec l’un des deux fils aînés de son époux, le grand frère Philipp qui avait juste un an de moins que la 3e et dernière épouse de papa Freud, l’Amalia tant aimée de son fils premier-né « Sigi ».

Devenu adulte (à grand-peine) et athée, cet homme, dont la grande intelligence se doublait d’une exceptionnelle mauvaise foi, ce qui fit de lui un authentique génie de la propagande, décida de généraliser à l’ensemble de l’humanité sa révolte contre les hideuses réalités de son éducation terrifiante et cela réussit auprès de ceux et celles qui ont subi ou cru subir le même dressage. Ce Messie du Tout-Sexuel, reprit et généralisa le Complexe d’Œdipe et, pour apurer ses comptes avec son pédophile incestueux de père, fit du Meurtre rituel du Père un passage obligé de la vie humaine.

En outre, luttant en permanence contre son homosexualité, cet obsédé sexuel doté comme papa Jacob de très gros besoins, reprit la crétinerie à la mode chez les intellectuels juifs de Vienne et de Berlin durant les années 1890-1910 : la soi-disant bisexualité fondamentale des humains. Platon et Socrate en avaient disserté 25 siècles plus tôt, mais sans généraliser à l’humanité leur comportement déviant, d’autant que si le maître était bisexuel, l’élève semble avoir été un homo exclusif !

Freud rencontre Fliess en 1887 et lie avec lui une profonde et tendre amitié qui dure jusqu’en 1904. Comme avec à peu près tous ses mentors et collègues, Freud va de la lune de miel jusqu’à la déclaration de guerre. Il reconnaît lui-même qu’il finit par transformer chaque ami en ennemi.

Le genrisme et le wokisme sont les conséquences loufoques lointaines de l’abus de « coke » chez Freud, chez son ami et correspondant berlinois Wilhelm Fliess et chez d’autres « penseurs ». On reconnaît volontiers qu’Otto Weininger, réputé grand-maître du genrisme, ne semble pas avoir été toxicomane, mais ce docte théoricien de la chose n’en était peut-être pas le re-découvreur moderne : il a été accusé de plagiat et s’est suicidé pour cette raison.   

1884-1904, ce furent les années de maturation de la pensée du cocaïnomane Freud ! Wilhelm Fliess abusait aussi de la « coke », en plus d’être un délinquant sexuel pédophile et incestueux, comme l’étaient les parents de Freud, qui, lui, réprimait ses désirs homosexuels et incestueux qu’il jugeait pathologiques et rééducables.

1884-1904, ce sont les années où Freud conçoit son interprétation des rêves, son complexe d’Œdipe – qui mêle depuis l’Antiquité grecque les notions de meurtre du père et du désir sexuel envers une mère adorée. C’est l’époque où il conçoit le Tout-sexuel comme motivation principale des actes, désirs et fantasmes, où il considère les lapsus comme révélateurs de la pensée intime – alors que tout individu pensant simultanément à deux choses différentes en commet par accident !

En 1899, il ose même faire du rêve, de tous les rêves, la traduction d’un désir refoulé dont on espère la réalisation : à force de multiplier les prises de sa cocaïne, alors très fortement dosée, il a fait disparaître ses cauchemars d’enfant et d’adolescent et au lieu de s’interroger sur la cause réelle de cette modification nullement naturelle, il se lance dans une théorie absurde. En l’occurrence, Freud dans ses rêves met en scène la mort ou l’internement en hôpital psychiatrique de ses ennemis et contradicteurs. En 1900-1902, son livre sur l’interprétation vengeresse des rêves est un best-seller qui le fait connaître en terres germaniques et anglo-saxonnes, alors qu’il est le produit d’un délire paranoïaque induit par la cocaïne !   

Freud consomme des doses héroïques de cocaïne pendant plus de 12 ans, devenant ainsi un des premiers dépendants à la drogue mortelle. Aujourd’hui la cocaïne est dans la liste des cinq drogues les plus mortelles au monde.

Le jeu avec la mort est une théorie postérieure à la cocaïnomanie, qui lui a été imposée par la prodigieuse hécatombe en jeunes hommes induite par la Grande Guerre. En revanche, les délires sur la sexualité du nourrisson et du jeune enfant sont nés sous l’excitation de la drogue. En 1896, donc sous l’emprise de la cocaïne, Freud considère le travail intensif comme un état de souffrance, une idée qui n’est pas forcément partagée par tous les travailleurs !

Pour Freud, l’instinct majeur de l’être humain est celui de la bête en rut : Eros, instinct de vie, est opposé – comme c’est original ! – à l’instinct de mort – thanatos en grec ancien. Il retarde d’une trentaine de siècles lorsqu’il disserte de façon assez ridicule sur « sa découverte ». Mais l’on pourra ainsi parler durant trois quarts de siècle, dans les congrès de « psy » de toutes chapelles, sur le couple de divinités antithétiques Eros–Thanatos. Affirmer l’originalité de Freud sur ce point, c’est avouer qu’on ne connaît rien à Homère et aux tragédiens grecs antiques, ni à Shakespeare ou à Schopenhauer, des esprits autrement plus profonds et des écrivains plus subtils que le judéo-viennois au style tarabiscoté.

Pour ce qui est de la libido – la ou les pulsion(s) majeure(s) de chaque humain –, on doit opposer la conception de Freud (le « Tout Sexuel ») à celle de Carl-Gustav Jung, le Suisse qui se sépara très tôt de Freud, qu’il a progressivement affinée de 1912 à 1952 pour l’adapter fort intelligemment à tout ce qui assouvit « l’énergie psychique de l’être humain » – faim, soif, sommeil, spiritualité, désir d’apprendre et, de façon nullement essentielle, acte sexuel.

Reste à savoir pourquoi Freud abandonna la « coke », dont il n’a pas même compris le rôle d’anesthésique de contact lors de sa première ingestion (50 mg), le 30 avril 1884, passant à côté d’une réelle découverte utile, laissant ce mérite à son congénère Karl Köller, en mai-juin de la même année.

De 1884 à 1896, Freud en prend 3 à 5 fois/semaine. Il en vante les mérites à la faculté de médecine de Vienne où il est nommé Privatdozent en 1885, ce qui lui vaut diverses semonces du grand neurologue et anatomiste Theodor Meynert. En 1887, il cesse de jouer les propagandistes de la cocaïne et commence à espacer les prises en 1896, puis cesse d’en prendre en 1904. Il a mené une très intelligente cure de désintoxication, longue – étalée sur 8 années –, où la drogue a été avantageusement remplacée par la gloire : de 1900 à 1905, ses premiers écrits sont diffusés d’abord en terres de langue allemande, puis en langue anglo-américaine.

Freud, devenu roi de sa secte psychanalytique, fêté, adulé, vénéré, considéré comme « un grand savant », voire un « génie médical » (toutes louanges quelque peu excessives), n’a plus besoin de « coke » : il est roi ! Lorsqu’après la Grande Guerre, ses élèves et concurrents oseront contester tel ou tel point de sa pensée, il lui suffira de simuler des malaises pour rétablir son autorité lors des congrès, qui sont davantage des représentations de cirque que des événements scientifiques.

Freud était un grand manipulateur, très malin. Une fois assurée sa suprématie sur la bande de clowns de son école et des sectes rivales, il a pu abandonner sa drogue dont il avait probablement compris qu’elle n’était pas du tout anodine et s’est rabattu sur le tabac… qui le tua lentement mais sûrement d’un cancer des voies aéro-digestives supérieures. Et l’on doit signaler que, de 1935 à sa mort, il entreprit de rectifier une partie des âneries de sa « grande époque » des années de délire sous « coke » !

La vie du « grand Freud » démontre à quel point il était, pour l’essentiel, le pitoyable fils meurtri par des expériences qu’aucun parent ne devrait jamais infliger à sa progéniture. Au plan technique, il ne fut qu’un charlatan : qu’elle peut-être, en effet, la qualité d’un psychothérapeute qui est incapable de calmer ses angoisses autrement qu’en abusant de toxiques – et l’on n’a même pas développé sa frénésie sexuelle, Vienne étant jusqu’en 1938 une ville où tous les besoins de ce type étaient très largement satisfaits.  

Le cocaïnomane est l’individualiste de la toxicomanie. Il prend sa drogue pour être plus performant que les concurrents, dans son milieu professionnel ou dans son activité sexuelle envisagée comme une compétition et non un épanouissement. L’homme ou la femme de la « coke » ne cherche pas le défi ordalique de l’overdose comme l’héroïnomane, ou l’extase psychédélique des « accros » au LSD ou aux amphétamines. Il cherche le moyen artificiel de parvenir à l’excellence dans un monde hautement compétitif, où il se sent contesté, incompris ou en phase de déclin. S’il échoue dans son désir de gloriole, il lui restera toujours l’alcool. C’est même une quasi-constante chez le cocaïnomane vieilli !

Le vrai perfectionniste est l’être qui veut toujours progresser dans son activité quelle qu’elle soit : études, profession, sport, art, recherches en n’importe quelle spécialité. Il sait que seules la méthode, l’intelligence, le labeur permettent d’avancer et de s’améliorer, en s’appuyant sur les travaux et l’expérience des prédécesseurs. Comme l’écrivait Bernard de Chartres: « Nous sommes des nains hissés sur les épaules des géants » qui nous ont précédés. Le progrès réel dans une vie de travail, dans la quête d’un « plus » ou du « mieux », est fait de beaucoup d’études et de pratique, mais aussi du respect des vrais maîtres. Le perfectionniste sait intuitivement qu’il ne fait qu’apporter, modestement, une petite pierre à un édifice collectif.

Rien n’est plus opposé à la mentalité du petit roi – variante : du demi-dieu – qui est celle de l’utilisateur régulier de la cocaïne et pour une raison simple. Loin d’être en « phase ascendante » dans son travail, d’être incontesté ou très performant dans son domaine d’activité(s), il sait qu’après avoir goûté aux premiers rayons de la gloire, fugaces par essence, il est menacé par des concurrents meilleurs ou plus jeunes, et qu’il est entré dans l’inévitable déclin. C’est déjà un « has been », mais il ne le sait pas encore ou nie l’évidence.  

Les amateurs de précisions et de bibliographie trouveront (peut-être) leur bonheur dans : Dr Bernard Plouvier : Des Drogues et des Hommes. Cocaïne, la drogue de l’illusion de puissance et de la supercherie psychanalytique, L’Æncre :


En savoir plus sur METAINFOS.COM

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

2 commentaires

  1. Bernard Plouvier
    Merci au rédac’chef pour sa mise en pages et ses illustrations
    à noter une minime erreur de frappe : saint Bernard est dit « de Clairvaux »… ceci posé Chartres est dotée d’une cathédrale superbe !

    1. B. Plouvier
      j’annule ce commentaire ridicule : Michel Lhomme a raison
      la citation de conclusion est bien de Bernard de Chartres et non de saint Bernard, comme on me l’avait appris au Lycée !!!
      ne jamais rien accepter des enseignants qui n’ait été vérifié

Les commentaires sont fermés.