par Michel LHOMME
En Nouvelle-Calédonie, après un mois et demi, les émeutes ne sont toujours pas circonscrites malgré les effectifs déployés. Les raisons sont diverses : faiblesse des effectifs, mobilité des assaillants, ordres tardifs, refus de tirer et tactique du laisser faire concernant les dégradations matérielles, préserver les personnes aux dépens des biens. Cette semaine, d’autres écoles, des centres de formation, des entrepôts liés à la mine ont disparu en fumée. Selon un document du gouvernement local, quelque 700 entreprises privées ont été incendiées, pillées ou vandalisées. Côté public, 19 écoles sont parties en fumée, de même que plusieurs médiathèques, des locaux techniques ou des bureaux, pour 385,3 millions d’euros. Le bilan des dégâts est encore loin d’être définitif. Après un site minier mardi, une école jeudi, c’est une salle de sports qui a été incendiée ce vendredi 5 juillet.

Nous avons eu l’occasion cette semaine de discuter avec un haut responsable des escadrons de gendarmerie. Il compare ouvertement la situation à celle des émeutes de 2023 en France et est appelé à gérer la situation selon un plan tactique anti-émeutes, ayant à faire face au jeu du chat et de la souris et à l’épuisement des forces de sécurité. Les émeutiers sortent la nuit mais harcèlent le jour, se relayant et s’organisant pour dormir ce qu’il est parfois difficile de faire du côté des forces de l’ordre en sous-effectifs et compte-tenu des blessés réguliers.

L’autre problème est comme en France la lenteur du processus judiciaire et ses exigences. De fait, ils sont souvent obligés d’appeler auparavant le procureur pour déterminer le nombre des interpellations possibles faute de place libre de prison et du refus des syndicats des gardiens de prison de dépasser un surpeuplement des cellules déjà plus qu’excessifs. Les gardiens eux-aussi ont des familles à protéger et ont dû mal comme tous ici à se ravitailler, à rejoindre comme tout le monde son lieu de travail. La situation en Nouvelle-Calédonie du point de vue de la sécurité intérieure est ainsi pire qu’à Mayotte car au caractère de pure délinquance des troubles s’ajoute la dimension politique et anti-coloniale des exactions. Mais notre interlocuteur se refuse à considérer devant nous la nature politique d’une éventuelle planification et veut croire que les organisateurs politiques ont été débordés comme en France par une jeunesse des banlieues et des cités. Nous ne le pensons pas tout à fait : c’est ici la mise en oeuvre tout simplement de la tactique de la terre brûlée caractéristique de toute lutte d’indépendance pour précipiter les départs volontaires par ailleurs déjà bien entamés.

Nonobstant et si on le suit à ce titre, il reste d’avis que ce qui se passe en Nouvelle-Calédonie arrivera très prochainement en France et que si l’ordre de tirer n’est pas donné aussitôt, on constatera la même lenteur, le même pourrissement de la situation c’est-à-dire des dégradations qui pourraient durer des semaines en cas de crise et de révolte majeure. Sauf qu’en Nouvelle-Calédonie, la France peut très bien quitter le navire comme elle l’a fait ailleurs en Algérie. A quoi bon conserver un territoire de traîtres qui ne respectent aucunement la parole donnée, un « pays » de haine, ouvertement raciste, un peuple d’assistés et de quémandeurs sans éthique et alcoolisés, un territoire qui sans le Nickel ne présente plus vraiment aucun intérêt sauf à y dépenser des sommes colossales en pure perte.

Au moins 2,2 milliards d’euros, c’est en effet la facture au plus bas des émeutes survenues en Nouvelle-Calédonie, une facture qui continue à grimper, et avec elle les critiques sur la contribution de l’Etat français, jugée bien trop faible. Ben voyons !…

A ce jour, la Nouvelle-Calédonie a déjà bénéficié de plus de 250 millions d’euros d’aides publiques, a fait savoir mardi le haut-commissaire de la République, « soit davantage que les concours financiers que l’Etat verse chaque année aux collectivités » du territoire. Parmi ces aides, un fonds de solidarité pour les entreprises destiné à compenser une partie de leur perte de chiffres d’affaires et une avance remboursable de 100 millions d’euros au gouvernement. L’Etat doit aussi financer à hauteur de 51 millions d’euros le dispositif d’activité partielle pour les salariés des entreprises affectées, soit 19.000 personnes.

Nettement insuffisant, regrettent déjà les élus indépendantistes (photo ci-dessus le président Mapou en chemise bleue)) au pouvoir : « Il y a de quoi tenir jusqu’à fin août« , estime Yannick Slamet, en charge du budget au gouvernement local. « A partir de septembre, on n’a pas de quoi payer les fonctionnaires« , souligne-t-il. Or rappelons que l’archipel pourtant totalement autonome pour sa politique économique est déjà très endetté: un versement de 50 millions d’euros, affecté jeudi au budget du territoire, a déjà fait grimper son taux d’endettement à 180%.

Mais les pleureuses entièrement responsables de tout ce qui se passe affluent de toutes parts et quémandent sans jamais se remettre en question !

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