EUROPE : DANGER NUCLÉAIRE OU DES MIRAGES INUTILES DU PRÉSIDENT !

Par Michel LHOMME

Ce texte pourrait rentrer dans notre rubrique (colonne latérale droite) « ce que l’on ne vous dit pas ».

Depuis le 17 avril, l’Ukraine a utilisé au moins 50 ATCMS pour attaquer diverses cibles.  Il s’agit de missiles balistiques difficiles à intercepter, puisque volant à trois fois la vitesse du son, puissants et d’une portée  de 300 km leur permettant de détruire des cibles quasiment dans tous les territoires ukrainiens occupés par l’armée russe, sauf l’extrême sud-est de la Crimée

Les missiles ATACMS, ici en test aux Etats-Unis, une arme de tout premier plan pour l’Ukraine.

Certaines de ces attaques ont été couronnées de succès et ont touché des installations importantes: au moins deux S-400 (système de défense anti-aérienne et mobile russe), un dépôt de munitions et au moins trois avions lors d’un raid aérien contre l’aéroport de Belbek, située en Crimée, le 16 mai 2024.

images satellites montrAnt trois jets russes détruits ainsi que des bâtiments endommagés sur la base aérienne de Belbek,

Lors d’une de ces attaques en profondeur sur le territoire russe, un des deux radars d’Armavir, dans le sud de la Russie, a été touché et, d’après les photos, endommagé. (https://raids.fr/2024/06/03/deux-radars-dalerte-strategique-russes-cibles-par-des-frappes-ukrainiennes/)

Les deux systèmes radar d’Armavir fonctionnent sur des fréquences UHF, couvrent l’Iran, le Moyen-Orient et la partie la plus méridionale de l’Ukraine mais ils constituent surtout l’une des composantes du réseau d’alerte précoce de la Russie pour sa propre défense contre les attaques de missiles ICBM et les attaques nucléaires.

Dans la pratique, un tel radar permet à la Russie d’identifier les missiles nucléaires se dirigeant vers son territoire. Si un radar de ce type est endommagé, non seulement les capacités de défense contre une attaque nucléaire sont limitées, mais le risque d’identifier comme une menace quelque chose qui n’en est pas une et donc de déclencher des contre-mesures appropriées même en l’absence de menace augmente de manière disproportionnée.

C’est l’un des risques auxquels nous sommes dorénavant confrontés.

Il ne faut pas oublier que les systèmes d’alerte précoce des Etats-Unis et de la Russie, mais cela vaut aussi pour la Chine, font partie intégrante de la dissuasion nucléaire dans son ensemble, au même titre que les armes et les lanceurs qui permettent de les lancer sur des cibles car c’est grâce à eux que les puissances nucléaires sont en mesure de détecter les menaces qui pèsent sur leur territoire bien avant qu’elles n’apparaissent à l’horizon. Mais c’est aussi grâce à la connaissance de leur existence que l’ennemi potentiel sait que ses attaques seront détectées bien à l’avance, ce qui déclenchera des représailles.

Pour en venir au cas particulier que nous évoquons ici, l’inefficacité éventuelle de l’alerte précoce d’Armavir, ouvrirait une faille dans l’angle sud-ouest de la Russie, et pourrait déclencher de fausses alertes, voire pousser la Russie à une frappe préventive pour éviter la première frappe de l’adversaire.

En bref, si Zelensky serait parvenu à détruire le radar par une telle « frappe », il aurait infligé de graves dommages non seulement aux défenses de la Russie, mais aussi indirectement à celles des États-Unis et de l’Otan désormais exposés à une réaction contre leur dissuasion stratégique et pas seulement contre leur « outil » tactique ukrainien. Evidemment, la responsabilité en incomberait seulement et totalement à Moscou puisque l’opinion ignore tout du processus pratique de la dissuasion et qu’aucun média occidental n’a évoqué l’importance tactique de l’attaque des radars Armavir.

À moins – mais nous osons le croire ! – que les États-Unis ne soient à l’origine de l’attaque, ce qui supposerait une exploitation imminente de ses résultats, avec les conséquences que l’on peut imaginer.

A noter que la Chine toujours farouchement opposée à l’utilisation du nucléaire dans la guerre s’est officieusement et furieusement inquiétée de cette attaque d’autant que  des raisons similaires de crise dans la dissuasion nucléaire existent depuis quelques mois en Roumanie, avec la construction prévue à Mihail Kogqlniceanu, près de Constanza sur la côte de la mer Noire, de la plus grande base militaire de l’OTAN en Europe.

Sur ce propos lire pour « se marrer », les recommandations pour les comprimés d’iode de l’Inserm (https://presse.inserm.fr/canal-detox/des-comprimes-diode-pour-se-proteger-des-radiations-vraiment/), et https://centredecrise.be/fr/newsroom/risque-nucleaire-avez-vous-une-boite-de-comprimes-diode-la-maison ?!


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