NOUVELLE-CALÉDONIE : LE REFUS DU DIALOGUE

par Michel LHOMME

L’Union calédonienne (UC), principal parti indépendantiste de Nouvelle-Calédonie, a indiqué mercredi qu’il « ne souhaite pas rencontrer la mission de dialogue » installée dans l’archipel en mai par Emmanuel Macron durant son déplacement sur l’archipel. La mission a d’ailleurs rejoint Paris ce jour même.

« Les responsables de l’Union calédonienne ne souhaitent pas rencontrer la mission de dialogue présente en Kanaky (nom donné par les indépendantistes à la Nouvelle-Calédonie) dans ces conditions« , indique le parti dans un communiqué publié après la réunion de son comité exécutif. Réclamant de nouveau « le retrait du projet de loi constitutionnel sur la modification du corps électoral« , dont l’examen à l’Assemblée nationale a provoqué les pires violences depuis 40 ans en Nouvelle-Calédonie, l’UC estime que l’Etat « traite les événements de ces dernières semaines comme de simples émeutes urbaines » et répond « par la violence policière », ignorant délibérément qui en furent les déclencheurs et poussant le bouchon jusqu’à dire « l’Union calédonienne dénonce les répressions policière et militaire qui persistent depuis la levée de l’état d’urgence« , poursuivant le communiqué, qui assure que le garde des Sceaux Eric Dupond-Moretti a été saisi de ces violences
policières sur lesquelles les deux télévisions locales (Caledonia comme celle du service public Calédonie 1ère) surenchérissent (les journalistes tous indexés et donc grassement payés sont tous pro-indépendantistes) alors quon compterait plus de 130 blessés chez les gendarmes.

MAPOU PRÉSIDENT INDÉPENDANTISTE DU GOUVERNEMENT AUTONOME DE NOUVELLE-CALEDONIE

L’UC accuse Emmanuel Macron d’être « sourd » et estime nécessaire de « cesser tout de suite toute cette répression » avant d’envisager de rencontrer la mission de dialogue. Dans un courrier daté de mercredi, le président de l’Union Calédonienne Daniel Goa et le président du Congrès calédonien Roch Wamytan, deux importantes figures indépendantistes, ont pour leur part évoqué d’éventuelles discussions avec la mission de dialogue « après le prochain congrès du FLNKS » qui doit se tenir mi-juin, à condition que la réforme soit abandonnée : « Une telle annonce constitue, à notre sens, le seul effet déclencheur qui permettra d’apaiser durablement la situation en Nouvelle-Calédonie dans l’objectif de poursuivre les discussions de manière approfondie avec ladite mission après le prochain congrès du FLNKS ». Le FLNKS (Front de libération nationale kanak et socialiste) regroupe les principaux partis indépendantistes calédoniens, dont l’UC.

Venu le 23 mai, Emmanuel Macron a indiqué qu’il n’y aurait « pas de passage en force » mais pas non plus de « retour en arrière » sur ce projet de loi constitutionnelle contesté. Nous verrons ce qu’il en sera après les élections européennes.

A ce propos dans son communiqué, l’Union calédonienne a également alerté cette fois-ci avec raison « sur le fait que les conditions ne sont pas réunies pour que les élections européennes se tiennent normalement » dimanche, évoquant « un manque de sécurité que l’Etat ne peut pas garantir« . « Les maires Union calédonienne apprécieront les situations locales en toute responsabilité« , ajoute le communiqué. L’UC compte 13 maires sur les 33 communes de Nouvelle-Calédonie, essentiellement dans le nord du territoire et sur les îles. Interrogée par RFI sur le sujet, la ministre déléguée chargée des Outre-mer, Marie Guévenoux, a elle assuré que « les élections européennes pourront se tenir dans l’ensemble des communes de Nouvelle-Calédonie » et se dérouleront « normalement sur 90% du territoire calédonien« , évoquant seulement quelques fermetures de bureaux de vote. Mais comment des élections sans matériel de vote distribué, sans liberté de circulation rétablie, sans sécurité peuvent-elles être considérées comme normales et validées ? Nous nous étonnons d’ailleurs qu’aucune formation politique métropolitaine ne montent en France au créneau pour dénoncer ce déni démocratique et réclamer l’annulation et le report du scrutin ce qui poserait bien évidemment un problème juridique pour le gouvernement mais y-a-t-il une opposition politique en France ou ne pense-t-on qu’à protéger sa gamelle sans aucun souci du respect des valeurs démocratiques ?

Pendant que les indépendantistes appellent donc à continuer les barrages en Nouvelle-Calédonie, l’appareil judiciaire au service d’une justice politique car nous sommes dans le cadre d’une lutte anti-coloniale, (n’ayons pas peur des mots !) fonctionne lui, à plein régime avec ce soir jeudi 6 juin (18h30, heure de Nouméa)

  • 770 gardes à vue
  • 532 pour vols et recels
  • 133 pour violences sur force de l’ordre
  • 123 déférences au parquet
  • 58 inculpations
  • 172 convocations de justice depuis le 12 mai

Pour les gilets jaunes, la répression politique des responsables fut immédiate mais il vrai que ce n’étaient pas des « exotiques » mais des Français de souche !

La CCAT, cellule politique née des franges les plus radicales des partis indépendantistes, appelle à la poursuite des barrages filtrants.

Sur le territoire, l’état français n’assure ni la sécurité des biens et des personnes dans certains quartiers, n’a pas rétabli sur le territoire la liberté de circulation, le couvre-feu est maintenu, les écoles sont fermées. Est-ce la république française ou un république africaine ?

Par ailleurs comme nous l’avions anticipé, les contribuables français seront heureux d’apprendre aujourd’hui par Bruno Le Maire que les entreprises affectées par les émeutes recevront une indemnité jusqu’à 1 million de francs pacifiques (8 000 euros) alors que les affaires économiques sont entièrement de la compétence du gouvernement autonome de Nouvelle-Calédonie.

Deux choses nous étonnent particulièrement : la passivité des kanaks qui seraient officieusement opposés aux troubles et pro-français. Ils se taisent publiquement, ne se constituent pas en comités, ne produisent aucun communiqué et puis l’inculture politique des kaldoches incapables de réagir, de comprendre la politique délibérée de la terre brûlée entreprise par leurs adversaires pour obtenir leur départ et l’indépendance, d’appeler par exemple à une contre-manifestation, de lancer des initiatives militantes sauf à tenir ce discours chimérique d’une co-construction tout en voulant continuer de « sucer » (l’expression est courante sur le caillou dans le langage de ces ex-bagnards), comme toujours le gouvernement et l’Etat dans le fameux « pays du non-dit« , « terre de parole, terre de partage » !


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