DE LA LUTTE DES CLASSES A LA GUERRE RACIALE

Par Michel LHOMME

Depuis le lundi 13 mai, ont eu lieu, jour et nuit, de graves émeutes en Nouvelle-Calédonie. On nous indique maintenant que l’aéroport international, fait très rare, sera fermé jusqu’au 2 juin. Apparemment pour éviter tout débat démocratique et parlementaire à l’Assemblée nationale, le président de la République ne souhaiterait pas prolonger l’état d’urgence alors que la situation sur le terrain dans certains quartiers et contrairement aux propos malhonnêtes de la Ministre de l’Outre-mer ne s’est pas apaisée en particulier dans sa forme du racisme virulent anti-blanc.

Frappant tout l’archipel de 19 000 kilomètres carrés et de 270 000 habitants, les troubles ont été particulièrement actifs dans les zones ethniquement mixtes : les Canaques y ont attaqué les Caldoches — les Blancs locaux —, ou toute population considérée comme non-canaque, en particulier polynésienne ou asiatique. Cette zone ethnique mixte, à majorité loyaliste, correspond à la province méridionale, qui concentre l’essentiel de la population de l’archipel, et la capitale Nouméa, pôle économique et administratif majeur.

Sans ce poids de l’assistanat budgetivore de la population  canaque, la Nouvelle-Calédonie serait sans doute le seul territoire ultramarin rentable.

Les Blancs locaux doivent, pour l’instant, leur survie à une organisation d’autodéfense, définie simplement comme « voisin vigilant » mais parfois accusé par les autorités quand cela les arrange d’être des « milices ». Ces courageux sont obligés en effet de se faire discrets, tandis que les insurgés canaques revendiquent hautement leurs actions.

Mais c’est aussi une partie du problème politique :

En effet cette résistance loyaliste en grande partie  blanche mais pas  seulement prétend pour se protéger d’inculpations futures ne pas exister, ne faire que défendre de façon immédiate des biens et des vies, et surtout sans aucun programme plus large pour l’avenir de l’archipel. Or cette position de simple repli sans proposition politique est déjà condamnée d’avance. Elle s’apparente à la démarche des retraités de la Côte d’Azur qui font aujourd’hui des rondes dans leurs quartiers résidentiels pour espérer dissuader par leur présence, et vainement le plus souvent, les cambrioleurs ou les agressions au couteau.

 Cela contraste sérieusement avec les insurgés canaques qui sont eux tout au contraire très fiers de leurs actions, et conscients du caractère hautement politique de leurs revendications.

En métropole, ils sont soutenus par toute la gauche, LFI en pointe, au nom de la vieille lutte anticolonialiste, tandis que des Caldoches, trop gênants, on n’en parle qu’ « à voix basse chez les Républicains et même au Rassemblement national.

Sans cette autodéfense, les Blancs, et tous les non-Canaques, subiraient des massacres ethniques d’ampleur, et fuiraient l’archipel. Mais quel est le but actuellement poursuivi par les émeutiers ? Faire en sorte justement que les « blancs » fuient l’archipel en masse. Qu’on se le dise : accord de dialogue ou pas, les indépendantistes ne demanderont qu’à recommencer jusqu’à ce qu’il soit atteint et il n’est maintenant plus du tout exclu qu’ils y parviennent, un jour pas forcément lointain.

Il ne s’agit donc pas de quelque explosion insurrectionnelle spontanée, mais d’une démarche politique qui a choisi tout simplement comme dans tout processus de lutte pour l’indépendance et de défense d’un peuple la violence comme moyen stratégique d’atteindre l’émancipation pleine et entière. Les 3000 à 5000 personnes insurgées sont armées, agissent de façon coordonnée. Elles obéissent à une structure politique, nommée CCAT, la Cellule de Coordinations des Actions de Terrain (CCAT). Elle retrouve le FLNKS originel marxiste des années 1980. Elle cherche donc bien, conformément au modèle original, à imposer sa volonté politique à une population et sur un territoire. Elle gère, certes pour l’instant, tactiquement mais de manière très habile, des moyens somme toute limités évitant ainsi les affrontements prolongés là où son ennemi serait aussi fort ou plus fort devant les convois de la gendarmerie et de l’armée. Il est dès fort probable que ces insurgés ont bénéficié de soutiens financiers, voire d’armes, en tout cas de la présence de conseillers militaires spécialisés. Alors l’Azerbaïdjan ?…

Comme on l’a appris par la bouche même du Ministre de l’intérieur Gérald Darmanin, Bakou est devenu un forum des mouvements séparatistes des territoires français éloignés, que ce soit la “Kanaky”, ou la Guyane, les Antilles, la Polynésie, la Réunion. Le gouvernement azéri a ainsi réussi à se présenter comme un libérateur de « peuples colonisés » par la France, reprenant le discours soviétique du Congrès de Bakou de 1920. S’il est très difficile de mesurer l’ampleur exacte de cette ingérence azérie, elle est néanmoins hors de doute, attestée par des manifestants brandissant des portraits du président Aliyev et agitant des drapeaux azéris à Nouméa mais il est également possible d’y voir la main de la Chine ou de l’Australie. Un départ ordonné de la France serait certainement dans l’intérêt de Pékin ou de Canberra, qui s’y dispouteraient alors leur propre tutelle économico-politique néocoloniale.

Du point de vue de Bakou, l’Azerbaïdjan, a en tout cas réussi sur le plan international son opération de communication, se posant maintenant en champion international dans le sud global de la décolonisation. Nous lisons contrairement à beaucoup la presse africaine. Mais mieux pour l’Azerbaïdjan, ce bruit médiatique autour de la Nouvelle-Calédonie a réussi à occulter  l’épuration ethnique intégrale qui a frappé 150 000 Arméniens du Haut-Karabakh de 2020 à 2023  mais après tout, les conseillers azéris sont peut-être en train de transmettre leur expertise en la matière aux Canaques !

Un gouvernement français digne de ce nom ne devrait-il pas dès lors rompre immédiatement les relations diplomatiques avec l’Azerbaïdjan mais encore faut-il qu’on aille jusqu’au bout : l’Azerbaïdjan fournit toujours du pétrole  à la France (https://www.tresor.economie.gouv.fr/Pays/AZ/le-commerce-bilateral-france-azerbaidjan-en-2020)

UNE MOTIVATION POLITIQUE SÉPARATISTE ÉVIDENTE

En tout cas, ces émeutes ne sont pas la manifestation de quelque explosion sociale, d’une révolte des “pauvres” contre des “riches”, ou l’expression de quelque mal-être d’une jeunesse désœuvrée, explications automatiques de la sociologie officielle sur les plateaux de télévisions métropolitains, qui cherchent à occulter le fait majeur, évident : il s’agit d’une guerre raciale des Canaques contre les “Blancs”, ce que les Kanaks revendiquent explicitement. Il est certain que l’oisiveté, l’alcoolisme, la drogue, maux chroniques de la jeunesse canaque, n’arrangent absolument rien, tout comme le laxisme de la justice républicaine qui a là-bas aussi diffusé sa culture hexagonale de l’impunité, son éducation permissive parmi les délinquants mélanésiens mais ces éléments de contexte, indiscutables, ne sont pas l’explication, la motivation principale. Le moment choisi pour cette révolte ne laisse aucun doute sur la motivation politique fondamentale des insurgés canaques : la souveraineté pleine et entière, l’indépendance d’une Kanaky socialiste  et pour ce faire, le corps électoral des “immigrés” ne doit absolument pas avoir le droit de vote, position non négociable en absolu pour une “Kanaky”, république à la réalité imaginaire qui n’existe en réalité que contre la France et désormais clairement contre les « Blancs », les chefs kanaks ayant opté pour la racialisation de ce qui était autrefois la bonne vieille lutte des classes
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