LE VOYAGE DE SPARTE

par Dionysos ANDRONIS           

  • A propos de Maurice Barrès, Le voyage de Sparte, éditions du Trident, Paris, 1987, 176 pages.

Jean-Gilles Malliarakis est un éditeur important et malheureusement celui-ci est le premier ouvrage de sa maison que nous présentons ici. Comme vous le savez, Maurice Barrès (1862-1923) est « l’inventeur du nationalisme français » (écrit sur la couverture au dos) et ce roman a, lui, été publié la première fois en 1906. Cette réédition est très belle esthétiquement, comme la plupart des ouvrages du même éditeur.

Le roman commence avec un chapitre consacré à Louis Ménard (1822-1901), auteur socialiste classé comme « paganiste » par les lecteurs modernes, poète mais aussi chimiste, découvreur entre autre du collodion, peintre de l’école de Barbizon et défenseur dans son exil à Londres de la Commune de Paris.

LOUIS MENARD (1822-1901)

Avec cette occasion, nous aimerions reproduire ici une citation de Louis Ménard pour vous mettre dans l’esprit de Maurice Barrès et de son Voyage : « toutes les parties de l’univers sont animées d’une vie divine. Là où les hommes de nos jours ne voient que des choses inertes, les Anciens reconnaissent des énergies vivantes, et ce sont ces puissances cachées qu’ils ont appelés des Dieux » (in Orientations pour un paganisme cosmique, éditions du Lore, France, 2014).

Le Voyage de Sparte de Barrès a été écrit entre 1900-1905. 

Le narrateur Barrès arrive en bateau en Grèce en 1900 et il commence à visiter d’abord l’Acropole avant de descendre à Sparte. A la page 31, il traite Athènes de « village albanais« , peut-être pour la raison qu’à cette époque, il y avait beaucoup de communistes même dans la capitale grecque. La pauvreté extrême pourrait être la deuxième raison de cette appellation. A la page 55, nous apprenons que Phidias (le célèbre sculpteur) avait été torturé et condamné à mort et cela nous fait penser au film bulgare Ésope. (https://festival-larochelle.org/edition/1990/texte/rangel-valcanov/).

Les thèses du nationalisme « flattent vivement un individu un peu fier, parce qu’elles le prolongent dans le passé et dans l’avenir de sa race, elles lui permettent de sentir que l’humanité vit dans une étroite élite, où de lui-même il se place » (op.cit. page 74). 

« Quelque chose de léger et de généreux, c’est à dire de chevaleresque, est éternellement sensible dans notre pays, qui rassure les courages, de même que l’Athènes antique met dans l’esprit des enthousiastes ces vertus de mesure et de prudence qui firent d’Ulysse son héros le plus populaire » (op.cit., page 88).

PAUL FOUCART (1836-1926)

Nous n’allons pas vous révéler la fin du livre mais nous allons vous reproduire cette citation de l’archéologue français Paul Foucart (1836-1926) : « Le Dr. Jevons s’est inspiré des théories de l’ancienne école anthropologique : nous voyons reparaître, pour expliquer les actes rituels des mystères éleusiniens, le totémisme combiné avec le sacrifice communiel, inventé à l’usage des sémites » (in Mystères d’Eleusis, 1e édition en 1872, citation reproduite aux éditions Dualpha,Paris, 2009, page 380).

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