par Gabrielle ADINOLFI
C’est la révolte du Bas contre le Haut
Cela vient de loin. Or, la civilisation vient du Haut et tend vers le Haut. Et les révolutions nationales aussi
C’est précisément la révolte du bas contre le haut, mais au sens propre du terme.
Selon le récit abstrait, utopique et démagogique de certains terminaux de l’extrême droite, qui se bercent à tort de l’illusion d’appartenir à d’autres catégories, les révoltes du Bas (juste et opprimé) contre le Haut (injuste et oppresseur) seraient souhaitables. Or, rien à voir avec la réalité. Tout d’abord, le peuple n’est pas en bas : il constitue une réalité complexe qui englobe toutes les catégories sociales.

L’exploitation est inhérente à la réalité humaine, et seule une conception de la civilisation et de la sociabilité — interclassiste, diraient les marxistes — permet d’atténuer l’exploitation et de la tempérer en l’orientant vers le bien commun. Cela suppose un engagement constant dans la vigilance de la part des avant-gardes nationales.
Tout le reste relève d’une déformation de la réalité. Ou de la sédition, qui permet à de nouveaux exploiteurs de prendre la place des précédents, avec des résultats toujours désastreux.

Mais lorsque disparaît la conception de la civilisation — et donc de la sociabilité —, la verticalité disparaît elle aussi
laissant remonter tout ce qui se trouve en bas : les sentiments ignobles, les instincts bestiaux, la haine du ciel, de la beauté, de l’ordre, de la lumière et de l’esthétique. Des hordes de bêtes féroces, d’ogres et de petits monstres, auxquelles se joignent sans difficulté les enfants gâtés de parents qui ne les ont pas éduqués et d’enseignants qui les ont déformés.

On nous raconte qu’ils expriment leur juste colère. C’est faux. Ils sont tout simplement insatisfaits et malheureux, parce qu’ils sont le produit de tous les paradis artificiels des générations précédentes ; parce qu’ils sont parasites, choyés et impunis, incapables d’assumer leurs responsabilités et d’affronter les difficultés sans la protection d’un adulte et sans recourir, au minimum, à un joint.
Ils peuvent en outre bénéficier de nombreuses protections, motivées par des desseins divers. Ceux-là mêmes qui les condamnent les excitent, comme les MAGA, qui ont déclenché l’invasion de Ceuta et qui prétendent désormais tout résoudre en affirmant que les émeutes sont exclusivement islamiques. C’est la stratégie de la tension, dont j’annonçais l’avènement il y a deux mois : https://noreporter.org/wp-content/uploads/2026/09/DocFranc.pdf
Toutes les gauches européennes les soutiennent parce qu’elles ont perdu la majorité au sein de l’UE et risquent de voir s’évanouir des millions et des millions de profits illicites tirés de l’assistanat destiné aux migrants. Les puissances économiques et politiques anti-européennes les couvrent (russes, américaines, wahhabites, turques et iraniennes). Iraniennes aussi. Téhéran a eu le culot de protester auprès de Paris contre la répression des manifestations de rue. Téhéran ! Enfin, il y a les calculs électoraux visant à reconquérir, au profit du vote modéré, un électorat qui s’est fragmenté entre différents populismes.
Pourtant, dans cet ensemble de conditions favorables aux émeutes, il n’y a pas de protestations politiques, il n’y a pas de mouvement politique :
il n’y a que l’hystérie de la racaille, libre de commettre toutes les ignominies possibles.

C’est cette « racaille » que Sarkozy a si bien définie. Peut-être la seule chose qu’il ait réussie au cours de sa carrière.

En Italie, on s’étonne que ces jeunes gens, qui bénéficient de l’indulgence non seulement de Landini, le secrétaire général de la CGIL, mais même de « modérés » de gauche comme Bonaccini, président de la région Émilie-Romagne, détruisent et saccagent des commerces, attaquent la police et s’en prennent également à des temples de la culture de gauche comme la librairie Feltrinelli (malheureusement, celle de Turin ; dans celle de Rome, c’est le prédicateur éhonté de la désertion, professeur Orsini qui prenait la parole…).
En France, cependant, les choses se passent différemment. Les organisations trotskistes, les appareils du syndicat communiste, les bandes de narcotrafiquants des banlieues : tous réunis dans une joyeuse communion pour semer le chaos. Les groupes d’assaut sont armés de toutes sortes d’outils ; ils passent à l’attaque en lançant des pétanques. Ils ne se contentent pas de piller et de saccager les commerces : ils dépouillent littéralement les passants de leurs vêtements, y compris des personnes âgées de quatre-vingts ans. Après les avoir laissées en sous-vêtements et leur avoir dérobé tous leurs biens, ils les rouent de coups.

Ils incendient des bâtiments alors que des gens se trouvent encore à l’intérieur.

L’emblème de cette résurgence du Bas contre le Haut, de cette revanche de Cacus contre Hercule, des ténèbres contre le Cycle héroïque indo-européen
c’est l’incendie de l’Hôtel de Ville de Limoges : un édifice historique du XIXe siècle qui a entièrement brûlé, jusqu’à l’effondrement de son clocher, sous les cris de joie de la racaille, que l’on entend distinctement dans les vidéos.

L’ironie, c’est que, pendant que tout cela se produit, en Italie, des peines de huit ans et demi de prison ont été prononcées contre ceux qui, en 2021, ont pénétré dans les locaux vides du syndicat CGIL et causé quelques milliers d’euros de dégâts au mobilier. Une oligarchie prisonnière d’elle-même se plaît à prononcer des condamnations exemplaires pour de véritables broutilles, mais baisse la tête et ferme les yeux devant des émeutes criminelles.
L’ironie, c’est que, pendant que tout cela se produit, en France, le ministère de l’Intérieur a engagé une procédure de dissolution de l’association souverainiste Égalité et Réconciliation pour délit d’opinion. Les dissolutions d’organisations d’extrême droite se comptent désormais par dizaines. Elles ne concernent jamais les incendiaires, les braqueurs et les pilleurs, ceux qui causent chaque jour des centaines de milliers d’euros de dégâts, aussi bien aux citoyens malheureux — auxquels ils dérobent leurs biens et dont ils incendient les voitures — qu’à l’ensemble de la collectivité, en raison des dommages considérables infligés aux municipalités. Pourtant, tous ceux-là bénéficient de l’indulgence non seulement de leurs parrains criminels, mais aussi de tant de bourgeois gâtés et sans colonne vertébrale, qui ont peur de perdre l’amour de leurs propres enfants, lesquels, au fond, ne les aiment absolument pas.

Nous pouvons élaborer toutes les explications politiques, voire complotistes, que nous voulons
sur ce qui se passe dans les rues et nous amuser à chercher qui se trouve derrière tout cela. Mais ce n’est pas l’essentiel. Le fait fondamental, c’est que ces événements démontrent sans équivoque l’échec de toute une construction bien-pensante et progressiste, qui a accompagné l’émasculation de la société et la haine de l’identité, ainsi qu’un ensemble de choix insensés et d’idéologies anti-immunitaires. C’est un échafaudage qui s’effondre, tout comme l’hôtel de ville de Limoges.

Cet échafaudage s’effondre précisément par le bas, parce que, depuis plus de quatre-vingts ans, il a été érigé en invoquant toutes les bassesses, en s’appuyant sur tout ce qui déforme, sur tout ce qui est informe, sur chaque pulsion inférieure : l’anti-Olympe, le rejet de la hiérarchie (au sens littéral d’un commandement émanant du sacré), l’atomisation des masses et la déstructuration du moi.
Qu’il s’effondre donc ! Mais à condition que — comme lorsque, chez Mishima, la Pagode d’or fut ravagée par les flammes — cet effondrement fasse place à ceux qui redonneront forme depuis le Haut et vers le Haut.
Car c’est bien là le sens de notre identité et de notre civilisation.
C’est précisément la révolte du bas contre le haut, mais au sens propre du terme. Et moi, je suis du côté du Haut !

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