MOUVEMENT DES LYCEENS : CELA AVAIT COMMENCÉ DANS LES OUTRE-MER !

Vétusté des locaux, départs des enseignants, chaleur dans des classes surchargées. L’ACCDOM (l’Association des communes et collectivités d’outre-mer) a interpellé l’Etat sur les conditions des lycéens ultramarins. Si la colère ne s’exprime pas par la violence, elle doit néanmoins être entendue.

Un groupe de jeunes manifestants tenant des pancartes lors d'une journée de mobilisation, avec un adolescent au premier plan affichant une expression déterminée.

Dans un courrier envoyé en fin de semaine dernière, alors que la révolte des lycéens commençait à prendre de l’ampleur, l’ACCDOM explique qu’elle avait prévenu l’Etat de la crise qui couvait et l’encourage à intervenir rapidement dans les outremers avant que celle-ci ne fasse tâche d’huile. « Pour l’Association, la réponse du Gouvernement ne peut pas être la même partout : là où l’Hexagone réclame de meilleures conditions d’étude, l’outre-mer réclame d’abord des places, des enseignants titulaires et un accès à l’école ».

Des jeunes manifestent dans la rue avec des pancartes exprimant leurs revendications pour de meilleures opportunités d'emploi et d'éducation.

Estimant les revendications des lycéens « légitimes » et « pas nouvelles« , l’ACCDOM explique surtout que ces dernières sont énoncées de longue date dans les outremers. « Le 24 août, jour de la rentrée à Mayotte, le lycée du Nord accueillait 2300 élèves dans des bâtiments conçus pour 900. Une semaine plus tard, enseignants et parents le bloquaient. (…) En Guyane, les élèves du lycée Félix-Éboué déposaient dix-sept revendications : salles sans ventilateurs, sanitaires insalubres, cantine trop chère et saturée. » Des revendications qui se sont déroulées « sans violence » et qui n’ont reçu de l’Etat que « trois semaines de silence » et une couverture médiatique uniquement traitée par la presse ultramarine sauf METAINFOS dans ses brèves « Cette différence de traitement dit beaucoup de la place que l’on fait aux enfants d’outre-mer dans le débat éducatif », poursuit Joseph Kaiha, président de l’ACCDOM.

Un groupe d'élèves marchant dans une rue, avec des pancartes et des sacs à dos, en réponse à un appel à la manifestation liée au mouvement lycéen.

Suppressions de classes et d’enseignants malgré une hausse de la population dans certains territoires, bâtiments vétustes, cantine approximative, absence de garderies, déracinement obligatoire pour des lycéens pour lesquels certains gouvernement locaux ont cru bon abandonner la construction de lycée, chaleur en classe, la liste des griefs énoncés par l’ACCDOM est longue. « Les outre-mer ne demandent pas un traitement de faveur », poursuit l’ACCDOM. « Ils demandent un traitement à la mesure de leur situation et des retards structurels constatés ». L’ACCD’OM appelle enfin le Gouvernement à intégrer à sa réponse au mouvement lycéen un volet ultramarin distinct, de mettre en place un moratoire sur les suppressions de postes dans les académies ultramarines au budget 2027 ou encore l’ouverture du Fonds vert et d’EduRénov à la construction neuve outre-mer.

Un groupe de personnes rassemblées à l'extérieur, discutant dans une ambiance animée, avec un paysage d'arbres et de bâtiments en arrière-plan.
Lycée du Nord de Mayotte : premier lycée bloqué de la rentrée 2026, plus de trois semaines sans écoute et sans réponse

Des policiers en uniforme escortent un manifestant menotté sur une route, avec des passants en arrière-plan.
 Des policiers français en tenue anti-émeute interpellent un manifestant lors de protestations étudiantes à Saint-Pierre, sur l’île française de La Réunion, le 2 octobre 2026.


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Un commentaire

  1. Bernard Plouvier

    Ils ont raison : donnons-leur l’indépendance et qu’ils fassent mieux sans nous !

    L’Afrique aux Africains, comme l’Amérique aux Américains ou l’Asie aux asiatiques et, de façon parallèle : l’Europe aux seuls sujets de race européenne !

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