par Michel FESTIVI
Crise majeure à Ceuta : Pedro Sánchez est un schizophrène politique
Après les manifestations massives qui ont eu lieu, hier 2 septembre (photos ci-dessous) dans toute l’Espagne, à la demande d’organisations municipales, pour défendre Ceuta contre l’immigration-invasion, et le grand succès de ces rassemblements, Pedro Sánchez était attendu au Congrès des députés (Las Cortès), ce jeudi 3 septembre, en audience plénière, pour s’expliquer sur l’attitude du gouvernement, face à cette crise majeure.

J’ai écouté tous les discours, celui de Sánchez, et ceux de tous les chefs de groupe. Sans surprise, Sánchez a maintenu la schizophrénie politique qui est la sienne depuis qu’il siège au Palais de la Moncloa, depuis bien trop longtemps pour le malheur de l’Espagne, et accessoirement de ses voisins dont la France, qui est directement impactée par les non-décisions, et la faiblesse insigne de cet exécutif.

Il refuse mordicus de pointer du doigt l’énorme responsabilité du pouvoir marocain, dans cette attaque invasive du territoire espagnol à Ceuta. Il a même admis, avoir convoqué en secret ou en catimini, l’ambassadrice marocaine à Madrid, Karima Benyaich, alors que la convocation d’un ambassadeur est un acte hautement politique, qui se fait au grand jour, avec toute la publicité requise, pour qu’il puisse avoir toute l’efficacité requise. Le plus tragique ou le plus risible, réside dans le fait qu’en réalité, l’ambassadrice était à l’étranger, et que c’est le chargé d’affaires qui a été reçu par le ministre des affaires étrangères, ce que Sánchez s’est bien gardé de dire. La soumission de l’Espagne à tous les étages.

Comme l’écrit El Debate « il nage à contre-courant, comme un saumon qui essaie de remonter la rivière ». Il était d’ailleurs symptomatique de constater, que la seule socialiste à ne quasiment pas applaudir le discours des plus fumeux de Sánchez, a été la ministre des Armées, Margarita Robles, qui, on s’en souvient, avait admis que des alertes avait été données à l’exécutif dès avant le 30/7, avant que Sánchez et son ministre de l’Intérieur Fernando Grande-Marlaska, ne la fassent taire. Son courage aurait été de démissionner, mais le courage est une rare denrée très peu partagée en politique. Car comme le disait Louis de Funès interprétant Don Salluste dans La folie des grandeurs : « je suis ministre, je ne sais rien faire ! ».

Pourtant Sánchez a laissé passer dans ses propos des plus empruntés, des accusations mezzo voce contre certains policiers marocains, tout en exonérant par avance leurs supérieurs, ce qui dans un état policier comme le Maroc est une pure incongruité des plus absolue. Il a ainsi dû reconnaître que le 30/07 : « la gendarmerie marocaine avait autorisé le passage de la frontière » qualifiant ces faits « d’incapacité ou d’inaction ? », mais sans vouloir se prononcer, ni trancher.

Alberto Nuñez Feijóo, le chef du Parti populaire lui a rétorqué : « Pourquoi avez-vous peur du Maroc ? », « Vous êtes sous chantage ? », et il a demandé la dissolution des Cortès et de nouvelles élections : « Rendez l’Espagne au peuple espagnol ». Gageons que Sánchez n’en fera rien, car le PSOE prendrait alors la plus grande déconfiture de son histoire.
Santiago Abascal, le patron des députés Vox a été comme toujours le plus percutant, et n’a pas mâché ses mots. « Nous vous voyons très courageux face au Roi d’Espagne, mais très soumis face au Roi du Maroc », « Nous savons déjà à quelle Couronne vous répondez », « Vous ne verriez aucun inconvénient à être vice-Roi du Maroc…vous avez trahi l’Espagne face à un projet d’invasion et de conquête ».

Car l’invasion n’a pas commencé inopinément le 30/07 dernier. Elle a été progressive tout au long des précédentes semaines, des migrants irréguliers sont passés et ont affaibli les déjà très faibles défenses espagnoles. Car l’Espagne verse des fonds considérables au Maroc, des millions d’euros, pour qu’il protège la frontière, on voit les résultats. Les services spécialisés de la police espagnole, le CENIF, le Centre national des migrations et des frontières, a détaillé dans un rapport, comme je l’ai explicité dans un article d’hier, comment les choses s’étaient réellement passées.
Il a disséqué dans un document de 55 pages, contenant une trentaine de photos et de graphiques, les rouages de cette action concertée, le guidage actif des migrants, la mobilisation marocaine des réseaux sociaux, par des spécialistes des campagnes virales, les interventions ciblées de gendarmes marocains, en uniforme ou en civil, il a décompté 11 gendarmes en uniforme et 20 agents en civil. « Cette avalanche de preuves techniques et graphiques », comme le rapporte El Debate, est très étayée. Ce travail discrédite totalement le discours officiel du gouvernement de Pedro Sánchez. Les migrants ont été dirigés vers les points de passage les plus faciles, notamment sur le chenal dégagé de la digue d’El Tarajal, que des milliers de migrants ont facilement traversé à la nage.
La juge chargée d’instruire la plainte du groupement Iustitia Europa, contre le délégué du gouvernement à Ceuta, María Tardón, présidente du 4e tribunal d’instruction de l’Audience nationale, pourrait hélas d’être déchargée du dossier, par la Procureure générale, qui reprend les choses en main, au motif qu’une loi le permet, quand des ministres peuvent être mis en cause. Ce qui prouve au demeurant, que ce sont bien les sommets de l’État, qui sont dans le collimateur. Espérons que l’on n’assistera pas à un enterrement de première classe, mais je le crains fort.


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