CEUTA : LES ESPAGNOLS SAVAIENT !

par Michel FESTIVI

Être averti et ne prendre aucune mesure, ne rien anticiper, faire la politique de l’autruche, c’est exactement l’attitude qu’a eu le gouvernement socialo-communiste de Pedro Sánchez. Car ce qui se passe à Ceuta est dévastateur, non seulement pour l’Espagne, mais aussi pour la France et l’Europe toute entière, tant les politiques migratoires sont un problème européen, et l’invasion d’une partie du territoire européen, concerne tous les autres pays, et singulièrement la France, dont le gouvernement ne contrôle rien, laisse tout passer, et se refuse à agir à l’image de Macron, Lecornu et Nuñez.

Or en France notamment, aucun journaliste ou commentateur digne de ce nom, ne connaît réellement la vie politique espagnole, les articles du Figaro qui reprennent telles quelles le plus souvent les dépêches de l’AFP sont affligeants de béatitudes, et même sur Cnews, Michel Hayad qui est impeccable sur les problèmes du Moyen-Orient, ne semble rien connaître de l’Espagne et de son gouvernement archi minoritaire, soutenu comme la corde soutient le pendu par les communistes de Sumar (anciennement Podemos), et par les indépendantistes catalans et basques, très à gauche, qui font la pluie et le beau-temps et imposent à Pedro Sánchez leur tempo.

Or, il est aujourd’hui prouvé, et des journaux indépendants du pouvoir tels que El Debate, El Mundo ou El Español viennent d’évoquer ce qui s’est réellement passé, à savoir que le Maroc a incité et organisé cette crise migratoire, dans le but avéré de récupérer Ceuta et Melilla, deux enclaves ibérico-espagnoles depuis le XIVème siècle. Même l’ONU, pourtant archi favorable aux pays musulmans, a décidé que ces deux enclaves étaient totalement espagnoles, selon les critères qu’elle retient, et qu’elles n’avaient pas à figurer sur les listes des entités à être décolonisées. Car le Maroc revendiquait devant l’organisation internationale leur rattachement. Mais l’insigne faiblesse du gouvernement espagnol, incite les autorités marocaines à continuer à pousser leurs pions.

Un hacker marocain, vivant en Allemagne, avait diffusé dès l’arrivée des 80 000 migrants, une liste d’environ 70 000 agents d’influence marocains agissant en Espagne. Les services de sécurité espagnols ont commencé à vérifier ces informations, et ont fait savoir que beaucoup de noms s’avéraient effectivement correspondre à ce qui était dénoncé. Une association espagnole a porté plainte pour atteinte à la sécurité nationale et à l’intégrité du territoire contre le délégué à Ceuta du gouvernement. Un juge a été commis, et a demandé des pièces et documents aux services secrets. C’est ainsi que la police a remis à ce magistrat, María Tardón, un rapport, au terme duquel elle confirme que des agents marocains, en civil ou en uniforme ont guidé les migrants vers Castillejo et ouvert la voie pour rejoindre la frontière à El Tarajel.

Le but était de submerger le système de contrôle frontalier et d’attenter à la souveraineté espagnole pour conquérir par le coup de force les deux enclaves, grâce à la pression que cela occasionnerait. D’ailleurs les migrants sont arrivés en plusieurs vagues, d’abord les plus vigoureux, et ensuite des plus jeunes, puis les femmes et les enfants, les premiers aidant les suivants. Pourquoi d’autre part, les 2/3 environ ont ensuite regagner le Maroc ? C’est assez incompréhensible si on zappe l’influence marocaine dans cette affaire. Il reste aujourd’hui environ 10 000 migrants, et non pas 5000 comme le prétend le gouvernement. Cela pose d’ailleurs un problème considérable d’hygiène, de sécurité, les femmes n’osent plus sortir (environ 20 viols ou agressions sexuelles au bas mot). Les commerçants sont ruinés, les habitants désespérés et il tourne en boucle à la télévision espagnole, les violences commises contre des forces de l’ordre qui restent l’arme au pied devant les migrants, mais qui répriment les manifestants qui entendent rester maître chez eux. Une juge de Ceuta, Silvia Rojas, affirme quant à elle, qu’il existe depuis la crise, une augmentation exponentielle des agressions sexuelles. 23 plaintes ont été portées, mais elle considère que beaucoup de victimes ne le font pas savoir. Cette invasion a également provoqué un effondrement des services publics notamment hospitaliers.

D’autre part, le très renommé Commissariat général à l’immigration et aux frontières vient d’indiquer qu’il détiendrait l’enregistrement de 300 migrants illégaux, expliquant que le Maroc leur aurait fourni des moyens et des fonds pour les encourager à passer la frontière. Des transports auraient ainsi été mis à leurs dispositions pour les amener au plus près. Pour autant, le gouvernement espagnol continue avec ses lubies, accusant la Russie et Israël. La presse marocaine, elle, se réjouit de la situation.

Le 27 juillet dernier, le Président de Ceuta, Juan Jesus Vivas du Parti populaire avait prévenu la Moncloa de l’arrivée de 1500 clandestins, dont environ plus d’une centaine de mineurs. Aucune réaction du gouvernement. Le 28/7 il a demandé l’état d’alarme compte tenu des risques de voir les choses s’aggraver selon les informations qu’il recevait. Rien du côté des services du 1er ministre, ou de l’intérieur. De nouveau, le 29 juillet il relance sans succès. On lui fait savoir que tout cela n’était nullement justifié. Aujourd’hui, le ministre de l’intérieur Marlaska nie avoir reçu ces alertes, contrairement à la ministre de la défense qui l’avait dans un premier temps admis, mais qui aujourd’hui garde un silence gêné.  

Le 31 juillet, Sánchez est venu quelques heures sur le Peñon, puis est reparti aussi vite en vacances et y est resté, assurant de vagues vidéos. Il faut rappeler qu’il n’avait pas hésité à régulariser pour de basses raisons électorales, un million de sans papier, quelques mois auparavant. Aujourd’hui, le gouvernement entend répartir les mineurs dans plusieurs provinces, ce que contestent Vox et le PP, alors que le Maroc, hypocritement, les revendique.

Tout le monde sait que le Maroc entend conquérir Ceuta (en face de Gibraltar) et Melilla plus à l’Ouest vers l’Algérie. Ce qui est en jeu, c’est l’indépendance ou pas du Sahara occidental, qui jusqu’en 1976 était une possession espagnole, que l’Espagne a lâché après la marche verte organisée par Hassan II. L’Algérie meilleur ennemie du Maroc, milite elle, pour l’indépendance du Sahara occidental, et soutien les révolutionnaires Saharaoui qu’elle finance, car dans ce cas elle sait qu’indirectement elle dominerait ce coin de territoire. Le pays est très riche en phosphate, et ses côtes sont très poissonneuses. Le Maroc, soutenu par l’ONU et les américains, entend conserver toute souveraineté sur ce territoire. Les américains et notamment Donald Trump sont à fond pour le Maroc contre l’Espagne, qu’ils considèrent à juste titre comme étant un allié des palestiniens et des iraniens, et ils fustigent l’absence de politique migratoire de la Péninsule.

Jusqu’en 2020, l’Espagne avait une ligne claire : le Sahara occidental devait rester sous l’orbite marocaine. Mais cette année-là, sous la pression de ses alliés communistes et indépendantistes, Sánchez a changé d’attitude, et a reconnu le front Polisario et donc indirectement l’indépendance pour faire plaisir à l’Algérie qui lui livre 30% de son gaz. Une crise est intervenue, Rabat a ouvert les vannes de l’immigration, et Sánchez a fait marche arrière toute, mais le mal était fait. Depuis lors les relations sont très tendues entre les deux pays, et le Maroc est le maître du jeu et joue au chat et à la souris. L’Algérie à son tour est furieuse de ce revirement. Bref Madrid se retrouve par sa politique désastreuse, entre le marteau et l’enclume. En punition Alger avait fermé les vannes des livraisons de gaz. Tout cela parce que le PSOE est minoritaire au parlement, qu’il ne tient qu’avec ses alliés comme je l’ai expliqué, et que Pedro Sánchez est un extrémiste près à tout, ce qu’aucun analyste politique ne comprend ou ne veut comprendre, le prenant à tort pour une sorte de social-démocrate, qu’il n’a jamais été.    

Dans la soirée ce 2 septembre (photo ci-dessus), des milliers et des milliers de manifestants ont commencé en soirée, devant les municipalités d’Espagne à manifester leur dégoût du gouvernement espagnol, aux cris de « Vive l’Espagne ! », drapeaux sang et or en tête. Santiago Abascal a déclaré « Sánchez est un psychopathe dangereux et en roue libre ». L’indépendantiste catalan qui soutien Sánchez, Carles Puigdemont a lui osé affirmer que Ceuta et Melilla devait être décolonisé comme Gaza ! Combien de temps ce pouvoir tiendra-t-il encore ? C’est toute la question, espérons le moins longtemps possible.     


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