par Marc ROUSSET
I) L’héritage politique du général de Gaulle avec la Russie

– La nécessité de l’alliance franco-russe fut évoquée pour la première fois par le général de Gaulle le 20 janvier 1942 à Londres. Il décida d’envoyer le 16 février 1942, après avoir obtenu l’accord de l’ambassadeur de l’Union Soviétique, Alexandre Bogomotov, 62 volontaires dont 15 pilotes de chasse, ce qui deviendra la célèbre et glorieuse escadrille Normandie-Niemen, avec 273 victoires aériennes et 869 combats, jusqu’à la victoire finale en 1945 ! Les pilotes français furent exceptionnellement autorisés par Staline à revenir au Bourget avec leur avion « Yak » et à les garder s’ils le souhaitaient.

– S’il a passé tout son temps à faire la guerre diplomatique avec l’Amérique, de Gaulle n’a fait que penser, pendant toute sa vie politique, à une collaboration étroite, à un rapprochement politique et économique avec la Russie. C’est la Russie qui permit à la France d’occuper, en 1945, contre la volonté de Roosevelt, une place parmi les vainqueurs et d’être membre du Conseil de Sécurité à l‘ONU. L’anglais Churchill, lui, recommandait, en 1945, d’envoyer une bombe nucléaire sur Moscou (Opération Unthinkable), ce qui fut refusé par l’Amérique.

– Le voyage historique du général de Gaulle en Russie, du 20 juin au 1er juillet 1966, son plus long voyage effectué à l’étranger, a laissé, avec son fameux discours en français et en russe (et non pas en anglo-américain comme Macron), retransmis sur toutes les radios et TV de l’époque de l’immense URSS de plus de 19 millions de km2, des traces profondes, historiques et indélébiles, toujours présentes dans les têtes des hommes politiques russes.

Ce qu’il reste en 2026 de la coopération franco-russe initiée par le général de Gaulle

A) Les hommes politiques français se recommandent du général de Gaulle, mais pratiquent une politique inverse

S’il ne reste en 2026 que peu de choses de la coopération économique et encore moins (doux euphémisme) du rapprochement politique initié par le général de Gaulle, il ne faut pas oublier la période faste des années 2000 avec Jacques Chirac, Gerhard Schroeder et Vladimir Poutine qui conduisit à la mise en place d’un véritable Axe Paris-Berlin-Moscou ! Ce fut un succès remarquable et éblouissant, avec plus particulièrement le refus de la France et de l’Allemagne de participer à la guerre en Irak, pour faire tomber Saddam Hussein, ce qui s’avéra finalement, pour l’Amérique, une véritable catastrophe politique, militaire et humanitaire de plus !

– La plupart des hommes politiques actuels de droite, du centre ou même parfois de gauche aiment à se reconnaître dans la personne du général de Gaulle, mais il se trouve qu’ils font exactement l’inverse de ce que de Gaulle faisait et préconisait pour presque tout, et plus particulièrement en politique étrangère ! Le général souhaitait « une Europe de l’Atlantique à l’Oural ! ». Or que préconise aujourd’hui le président Macron ? Exactement l’inverse avec la guerre à outrance en Ukraine où la France n’a rien à faire, aucun intérêt, en envoyant non seulement des armes et de l’argent, mais aussi, des troupes au sol, ce qui ferait de la France une nation cobelligérante ! L’autre sinistre conséquence est qu’avec cette politique, les Européens ne font rien d’autre que de précipiter la Russie dans les bras de la Chine, ce qui n’est pas très intelligent, et encore moins souhaitable, comme le faisait remarquer très justement, dans ses dernières déclarations, madame Hélène Carrère d’Encausse, ancien secrétaire perpétuel de l’Académie française
B) Les derniers restes positifs de l’héritage du général de Gaulle en ce qui concerne la Russie

a) De nombreux hommes politiques, intellectuels et patriotes français, même s’ils se taisent actuellement, suite au climat dictatorial actuel, sont toujours russophiles et inspirés directement par la pensée et l’action du général de Gaulle.
b) Aujourd’hui on peut estimer dans le grand public français, malgré la propagande mensongère du pouvoir en place et le matraquage des médias, les pro-russes à environ 30 %, les neutres à 10 % et les pro-ukrainiens à environ 60 %.
c) Sur le plan économique, malgré les sanctions de l’UE, un seul véritable survivant : la coopération de la France dans le nucléaire avec la Russie, nonobstant le GNL.
c1) Chaque fois que la société russe Rosatom (premier exportateur mondial avec un tiers du marché) exporte une centrale nucléaire à l’étranger, elle achète une turbine Arabelle à la France, fabriquée dans l’usine Framatome à Belfort, ainsi que d’autres fournitures pour 1 milliard d’euros.
c2) La France envoie de l’uranium usagé pour traitement en Russie dans l’usine de Seversk, près de Tomsk en Sibérie, seule usine au monde capable techniquement d’effectuer le traitement nécessaire.
c3) La France achète en Russie de l’uranium naturel avec des spécificités particulières pour traitement dans la filiale de Framatome en Allemagne (usine de Linguen).
c4) La France achète aussi de l’uranium naturel à la Russie afin de le traiter dans ses propres usines pour alimenter ses centrales nucléaires (un tiers de ses besoins globaux).
c5) Participation essentielle de la Russie au projet ITER (Fusion nucléaire) avec le fameux « Tokamak » russe, arrivé par voie maritime, en provenance de Novgorod.
c6) Avant la guerre en Ukraine, la Russie fournissait 30 % des besoins en gaz de la France. Aujourd’hui, suite à l’arrêt de Nordstream 1 et 2 (sabotage organisé par l’Amérique et la Norvège), la Russie fournit la France surtout avec du gaz naturel liquéfié qui coûte 40 % plus cher que celui des gazoducs, alors que le GNL américain coûte 4 fois plus cher et pollue l’Océan Atlantique.
D) Poutine s’est fortement inspiré de la politique du général de Gaulle qu’il a estimée très intelligente et sait que de nombreux Français sont encore de vrais gaullistes pro-russes (Philippe de Villiers, Dupont-Aignan, Guy Ferry, Henri Guaino, Thierry Mariani, etc.).
E) De Gaulle a laissé derrière lui des cendres brûlantes de Vérité et il suffira de souffler dessus pour que le feu prorusse reparte de plus belle, pour faire basculer aussi la France vers une Alliance avec la Russie, tout en sortant de l’OTAN et de l’UE, après la victoire très prochaine et certaine de la Russie en Ukraine.
Quatre raisons pour que la France et la Russie se rapprochent, même si le général de Gaulle n’avait jamais existé
C’est l’histoire qui rapproche la France et la Russie

L’Alliance franco-russe de 1892 à 1917 a rétabli la France comme grande puissance en Europe, après la défaite de 1870 et la politique très habile de Bismarck.
Sans la Russie, la France perdait la Première Guerre mondiale : offensive russe à l’Est pendant la bataille de la Marne (en septembre 1914) et pendant la bataille de Verdun en 1916 (offensive lac Narotch en mars 1916 et offensive Broussilov en juin 1916)
Sans la Russie, l’Allemagne aurait gagné la Seconde Guerre mondiale ! C’est la Russie seule qui a vaincu la Wehrmacht en perdant 27 millions de Russes dont 7 millions de militaires. Les Etats-Unis n’auraient sinon jamais débarqué en Normandie en juin 1944 ! Il y avait 26 divisions allemande sur le front Ouest et 170 divisions allemandes sur le front Est.
La géopolitique

La Russie n’est pas une menace pour la France et l’Europe car elle a suffisamment à faire pour défendre ses 17 millions de km2 avec 140 millions d’habitants, entourés d’ennemis potentiels, avec une natalité qui remonte, mais insuffisante à ce jour, malgré les efforts de Poutine.
La géographie

La Russie est un pays voisin de l’Europe, fait partie de l’Europe géographique en tant que plus grand pays de l’Europe. Sa capitale Moscou est en Europe, alors que I’océan Atlantique sépare l’Europe des Etats-Unis qui sont de plus en plus tournés vers le Pacifique et préoccupés surtout par la montée en puissance de la Chine.
La Russie est un pays de civilisation européenne, avec prédominance de l’ethnie blanche
Les deux religions chrétienne orthodoxe et catholique romaine doivent se rapprocher car ce sont les deux poumons chrétiens de l’Europe. La Russie est européenne par sa civilisation et euro-asiatique par sa géographie.

La folie suicidaire et guerrière de Macron avec la Russie en Ukraine
Au lieu de quitter l’OTAN et l’UE fédéraliste de Bruxelles, ce qu’aurait déjà décidé depuis longtemps le général de Gaulle…

– Il est question d’envoyer 1500 soldats français et britanniques pour effectuer des exercices militaires non seulement en Pologne, en octobre 2026, dans le cadre des Nations Volontaires dont vient de se retirer l’Italie, mais aussi en Ukraine, avec le risque que ces militaires soient purement et simplement massacrés et éliminés par la Russie car considérés comme troupes cobelligérantes. Il ne reste plus qu’à espérer que tout cela ne soit que de la gesticulation politique et médiatique totalement inutile de plus du président Macron, face à la prochaine mise en garde menaçante à venir de la Russie, comme tout ce que touche de près ou de loin le président Macron.

– Par contre, la Russie a déjà averti, le 27 août, qu’elle pourrait frapper des cibles militaires britanniques et françaises, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur de l’Ukraine, suite à l’engagement de la France et du Royaume-Uni, de partager des renseignements techniques classifiés pour aider Kiev à fabriquer en Ukraine leurs propres missiles de croisière à longue portée SCALP et STORM SHADOWS.
Dans une publication sur X datée du 27 août, le ministère russe des Affaires étrangères a affirmé que Londres et Paris « tentent de se soustraire à leur responsabilité concernant les frappes en profondeur sur le territoire russe en transférant le rôle d’assemblage à l’Ukraine ». « Ils doivent comprendre qu’il s’agit de jouer avec le feu et que les conséquences pourraient être imprévisibles, y compris pour eux » a ajouté le ministère.
La publication était accompagnée d’une image du trident ukrainien superposé au Tower Bridge de Londres et à la Tour Eiffel de Paris.

En savoir plus sur METAINFOS.COM
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
