par Dionysos ANDRONIS
- A propos de Ben Klassen, Contre la marée méchante, éditions WCOTC, Florida, 1991, 204 pages.

Il s’agit d’un roman autobiographique de Ben Klassen (1918-1993) publié deux ans avant son suicide. Klassen (photo ci-dessous) était surtout connu comme personnalité religieuse puisqu’il avait fondé dans les années 70, l’église du Créateur, et considéré comme suprémaciste puisque cette église se proposait d’être la religion de la race blanche (https://fr.wikipedia.org/wiki/Ben_Klassen).

Pourtant ce roman autobiographique détaille la route politique de son auteur qui avait fondé en 1969 premièrement l’American Independent Party. Si on fait abstraction du fait que le mot « nigger » revient constamment tout au long des 204 pages, [comme une obscession maladive; NdR], le roman n’a rien de subversif aujourd’hui. Nous vous rappelons que ce terme grossier était un gros mot et une insulte péjorative pour désigner les noirs [ et qu’il est quasiment impossible de prononcer aujourd’hui aux Etats-Unis ou dans des pays anglophones comme le Nigeria sans s’attirer de sérieux ennuis et plaintes; NdR].
L’auteur avait reçu une formation d’ingénieur et il est devenu aussi commerçant quand il avait conçu le « canoelectric » en 1954, un ouvreur électrique de boites de conserves (electric can opener, op. cit. page 95).

Malgré le fait que l’anglais n’était pas sa langue maternelle, puisqu’il est né en Ukraine et qu’il a grandi aussi dans ce pays, le roman est très bien écrit en anglais et nous pouvons constater que Klassen avait de talent comme écrivain. Sa famille a fui l’Ukraine parce qu’elle ne voulait pas que ses enfants grandissent dans un pays communiste. Ils ont d’abord visité le Mexique avant de s’installer au Canada. Finalement c’est aux USA, dans le Maryland, qu’il a fondé sa société Silver Springs aux initiales éloquentes. Klassen s’est marié avec Mary Dodds en 1946 et leur fille Kim-Anita est née en 1951.

A la page 166 nous apprenons que le sénateur Joe McCarthy n’a pas connu une mort naturelle. « Les juifs ont détruit sa carrière politique en l’assassinant à l’hôpital » (op.cit., page 166).
[Officiellement ayant sombré dans l’alcoolisme, McCarthy serait meurt à l’ hôpital naval de Bethesda le 2 mai 1957 d’une hépatite aiguë, probablement liée à son abus de boisson. La mort de McCarthy fut considérée ensuite comme suspecte par le théoricien du complot William Guy Carr, qui écrivit après enquête que son bulletin de décès indique « cause unknown » dans Brouillard rouge sur l’Amérique (éd. Saint Rémy). Le documentaire de Thomas C. Reeves de 2022, The Real American : Joe Mc Carthy parle lui de suicide. Personnalité controversé qui mériterait d’être réhabilité, McCarthy eut droit à des funérailles nationales auxquelles assistèrent plus de 30 000 personnes; NdR].

Klassen était un voyageur amateur et, parmi ses nombreuses errances, nous avons retenu son voyage en Grèce en septembre 1973, qui était en pleine dictature à cette époque. « Je ne fus pas non plus très impressionné par la population autochtone. Si l’on considère le haut degré de beauté physique et de développement intellectuel de leurs lointains ancêtres à l’époque de Périclès et de Socrate, de Platon et d’Aristote, les spécimens grecs actuels constituaient une profonde déception. Ils offraient, à n’en pas douter, un contraste saisissant avec notre guide anglais aux cheveux clairs. Il me sembla qu’une telle hybridation et une telle dégénérescence s’étaient produites au cours des deux derniers millénaires dans ce berceau de la civilisation, que la population autochtone se situait désormais aux confins mêmes de ce que nous aimons considérer comme la Race Blanche » (op.cit., page 181).

Mais la paragraphe qui nous a choqué sur la Grèce actuelle (même si on le savait) serait celui-ci : « Lorsque les premiers chrétiens firent leur apparition, ils entreprirent une véritable campagne visant à détruire, partout où ils passaient, autant de magnifiques sculptures de l’époque classique que possible. Cette démarche, soutenaient ces idiots, avait pour but d’empêcher le « culte des idoles ». Quant aux œuvres qu’ils ne détruisaient pas intégralement, ils en défiguraient du moins les visages en brisant les nez — la partie la plus caractéristique du visage. Quel gâchis ! » (ibid).

Si vous parlez l’anglais, nous vous conseillons de lire ce roman qui est heureusement en ligne : https://onlinebooks.library.upenn.edu/webbin/book/lookupid?key=olbp38643

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