LE MASSACRE DES INNOCENTS

par la Rédaction

C’est pendant les négociations qu’ils menaient avec l’Iran que les États-Unis et Israël ont mené une frappe traîtresse qui tua des dizaines d’écolières à Minab mais ce n’était pas du tout une frappe collatérale, un « incident » comme le soutient la propagande de guerre des médias français. Il s’agissait en réalité d’enfants de commandants des Gardiens de la révolution islamique ainsi que des représentants des plus hauts niveaux politico-religieux iraniens. Des frappes de missiles et de drones ont été menées contre toutes les bases américaines entourant l’Iran. Selon des estimations neutres, plus de 1000 militaires américains auraient été tués (l’Iran avance des chiffres bien plus élevés, tandis que Trump ne parle que de quelques victimes, ce qui paraît risible compte tenu de l’ampleur des frappes iraniennes).

Des secouristes et des habitants s'efforcent de dégager des décombres d'un bâtiment effondré, avec de nombreuses personnes présentes dans la zone.
Shajareh Tayyebeh school in Minab photos from Mehr

Une nouvelle vidéo mise en ligne dimanche par l’agence de presse semi-officielle iranienne Mehr et authentifiée par le New York Times, montre un missile de croisière Tomahawk frappant une base navale près d’une école dans la ville de Minab le 28 février. L’armée américaine est la seule force impliquée dans le conflit à utiliser des missiles Tomahawk, souligne le New York Times. Dès vendredi, le quotidien avait suggéré dans une enquête que la frappe sur une école pourrait être le fait d’un bombardement américain visant une base navale des Gardiens de la révolution située à proximité.

Vue aérienne d'un cimetière avec de nombreuses tombes, entouré de personnes en deuil.


Ni les Etats-Unis, ni Israël n’ont admis avoir commis une telle frappe et Donald Trump en avait imputé samedi la responsabilité à l’Iran. Il a assuré lundi qu’une enquête était « en cours ». L’AFP, ni aucun journaliste occidental n’a été en mesure d’accéder au site pour vérifier de manière indépendante le bilan ou les circonstances des faits. Selon les autorités iraniennes, l’explosion à Minab, dans le sud du pays, s’est produite au premier jour de la guerre et a fait plus de 150 morts. Le bilan total n’a pas été confirmé de manière indépendante. L’Unicef a rapporté vendredi un bilan de 168 élèves tués, dont une majorité « d’écolières âgées de 7 à 12 ans ». Voici ce que l’on sait:

Ce que l’on peut vérifier –

L'image montre une école pour filles à Minab en Iran, gravement endommagée, avec des murs effondrés et des débris visibles.


Les images filmées depuis un parking montrent de la fumée noire s’échappant d’un bâtiment éventré, orné de fresques représentant des crayons de couleur, des enfants et une pomme. L’AFP a géolocalisé la vidéo: le site correspond à un bâtiment à Minab, dans la province d’Hormozgan, qui semble être une école – bien qu’il ne soit pas possible d’en vérifier la nature de source indépendante. L’AFP a établi que le bâtiment était proche de deux sites contrôlés par le Corps des Gardiens de la Révolution islamique (IRGC), la puissante garde idéologique du régime. La clinique Shahid Absalan, qui se trouve sous la direction de la marine des Gardiens de la Révolution, se trouve à 238 mètres du site bombardé. Le complexe culturel Seyed al-Shohada de l’IRGC se trouve à 286 mètres. Toute la zone est donc une enclave connue de tous les services de renseignements comme étant celle des Gardiens de la Révolution, mobilisés sur le lieu avec leurs familles, femmes et enfants, en gros une base militaire d’importance des Gardiens.

Destruction d'une école en Iran après un bombardement, avec des débris et des murs effondrés, mettant en lumière une frappe américaine suspectée.

La ville de Minab est située à un endroit stratégique, proche du détroit d’Ormuz, l’un des passages maritimes les plus importants pour le commerce mondial des hydrocarbures. La télévision publique iranienne et un média local ont identifié le site comme étant celui de l’école élémentaire de filles Shajare Tayyebeh, à Minab.

Ce que dit l’Iran –

Scène de destruction avec des bâtiments endommagés et de la fumée dans le ciel, des gens se rassemblent dans les débris.



L’Iran a affirmé que plus de 150 personnes dont de nombreux enfants avaient été tuées sur ce site, dans ce que le président Massoud Pezeshkian a décrit comme une frappe israélo-américaine sur une école. Selon les médias d’Etat, les funérailles d’au moins 165 personnes ont eu lieu mardi en Iran, dont celles d’élèves tuées dans la frappe présumée.

Vue aérienne d'un cimetière avec de nombreuses tombes creusées, des pelleteuses en action et des travailleurs entourés de terre.


La télévision a diffusé des images montrant une foule rassemblée autour de corps enveloppés dans des linceuls blancs. D’autres images montraient des cercueils ornés de drapeaux iraniens, certains portant la photographie d’un enfant. Une troisième séquence diffusée par les médias d’Etat montrait une foule importante entourant des cercueils identiques avec une inscription en persan : « Funérailles des enfants morts à Minab« .

Vue aérienne d'une grande foule en deuil, vêtue de noir, rassemblée autour d'un monument au centre de la place, avec des véhicules et des drapeaux iraniens en arrière-plan.
Photo: Abbas Zakeri Agence Mehr via Associated Press Des Iraniens assistent aux funérailles des personnes tuées à Minab, le 3 mars.



Des images aériennes montraient des excavateurs creusant au moins une centaine de tombes sur un site non précisé. L’AFP n’a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante la date à laquelle ces images ont été filmées, ni de les géolocaliser.

Trump accuse Téhéran, le Pentagone enquête –

Cinq femmes en deuil, assises sur le sol, tenant une photo d'enfants, entourées de personnes dans une scène de funérailles.


Interrogé samedi sur un éventuel bombardement de l’école par les Etats-Unis, le président Donald Trump a répondu : « Non. Sur la base de ce que j’ai vu, cela a été fait par l’Iran ».  « Le Tomahawk – qui est l’une des armes les plus puissantes en circulation – est vendu et utilisé par d’autres pays et que ce soit l’Iran – qui a aussi certains Tomahawks, ils souhaiteraient en avoir plus – (…) ou quelqu’un d’autre, le fait est qu’un Tomahawk est très générique et vendu à d’autres pays », a-t-il affirmé lundi. Le ministre de la Défense, Pete Hegseth, qui se tenait aux côtés de Donald Trump, a déclaré que le Pentagone menait une enquête « mais seul l’Iran cible les civils« . Des élus de l’opposition démocrate ont réclamé lundi une enquête « impartiale » du Pentagone.

Israël « pas au courant » –

Une femme en hijab portant un masque médical jette des pétales de roses devant un coffre aux couleurs iraniennes, tenant une fleur dans l'autre main.


L’armée israélienne a déclaré le 1er mars « ne pas être au courant » d’une frappe américaine ou israélienne contre une école : « A ce stade, nous n’avons pas connaissance d’une frappe israélienne ou américaine à cet endroit (…) Nous opérons de manière extrêmement précise« , a assuré le porte-parole militaire, le lieutenant-colonel Nadav Shoshani, lors d’un point presse en réponse à des questions sur la frappe. 

ONU et ONG –

Des secouristes s'affairent dans les décombres d'un bâtiment effondré, certains portant des gants et manipulant des sacs, tandis que d'autres recherchent des personnes disparues.

A Genève, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, Volker Türk, a dit vendredi espérer que l’enquête américaine soit « rapide » et se déroule « en toute transparence ». L’organisation de défense des droits humains Hengaw, dont le siège est en Norvège, a annoncé enquêter sur l’identité des élèves qui auraient été tués dans ce bombardement.  Dans un communiqué, elle a expliqué que les cours du matin se déroulaient à l’école Shajare Tayyebeh au moment de l’incident et qu’environ 170 élèves auraient pu alors être présents. Selon cette ONG, la cible des frappes était les sites des Gardiens de la Révolution voisins – une affirmation que l’AFP n’a pas été en mesure de vérifier.

Une étiquette verte avec le texte 'à noter!' en blanc.

Affiche colorée représentant des enfants assis à un bureau, dessinant, avec une main en os géante surplombant la scène et des avions de guerre en arrière-plan, accompagnée de la phrase '20 octobre !' en bas.
Une affiche italienne commémorant le massacre de Gorla

En Italie, l’école élémentaire milanaise de Gorla fut ainsi délibérément bombardé le 20 octobre 1944 : deux cents morts, dont 184 enfants. Un épisode jamais rappelé qui montre la nature servile de nos historiens.

Monument en hommage à la guerre, représentant une figure drapée tenant un corps dans ses bras, entourée de symboles et de dates.
le monument aux victimes du crime de guerre de Gorla en Italie

En Belgique, un massacre similaire (« massacre des innocents ») a eu lieu à Mortsel, près d’Anvers, où une école a été frappée de plein fouet par des bombes américaines et il y en eut un autre : le bombardement d’Ixelles-Etterbeek qui a fait, lui aussi, près de 400 victimes :

Deux boîtes blanches contenant des photos en noir et blanc de deux enfants, avec les noms Dirk Van Houtte et Karel Van Houtte et leurs dates de naissance.
Images d’enfants massacrés à Mortsel en Belgique


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