Par Georgeta GRAMA-MOLDOVAN
Chaque génération pense dominer le temps, mais le monde finit par les surprendre en riant. Aujourd’hui, ce même monde rit jaune avec ces guerres sans fin, son zèle diplomatique ou ses provocations jetées comme des confettis dans une tempête.

Dans les usines modernes, des millions de drones-mouches sortent des chaînes pour tester la résilience d’un adversaire, en rendant la guerre low cost du XXIᵉ siècle non plus une affaire de héros mais de systèmes. Dispersion, répétition et attrition, voilà les nouvelles armes…

Et cette mutation de la guerre n’est d’ailleurs pas sans rappeler l’intuition troublante de Jacques Spitz, [1896-1963) auteur de science-fiction français hélas bien oublié aujourd’hui ; NdR] dans La Guerre des mouches où de simples insectes, devenus intelligents, finissent par submerger l’humanité par leur nombre et leur capacité d’adaptation. Ce que la fiction imaginait hier sous forme biologique, notre siècle le réalise sous forme technologique, avec des essaims de drones autonomes, capables de saturer les défenses les plus sophistiquées, d’épuiser les stocks, les nerfs et les économies des puissances établies. Comme chez Spitz, ce n’est pas la force individuelle qui triomphe, mais la persistance collective, l’intelligence distribuée et l’endurance stratégique dans une guerre d’usure menée par des myriades d’unités modestes, mais implacables.

Pendant que nos sociétés investissent toujours davantage pour sculpter des corps performants dans des salles de fitness devenues de véritables temples modernes instagrammables de la maîtrise de soi, nos salles de classe, elles, suffoquent sous la saturation numérique et l’IA. Comme si nous avions intégré que les muscles exigent discipline et sobriété, mais oublié que nos cerveaux ont, eux aussi, besoin d’un entraînement structuré dans le cadre d’une école pensée comme un véritable fitness cognitif où less is more.

Tout converge vers la même question, simple et effrayante : qui pourra tenir ?

Une lucidité parfois cruelle est nécessaire car même si la route est exigeante, l’avenir mérite qu’on ne ferme pas les yeux.
Source : éditorial de https://geab.eu/

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