par Michel LHOMME
Le début des événements précédant la remise du prix Nobel de la Paix à María Corina Machado (photo -ci-dessous), dirigeante du parti Vente Venezuela a été précédé par la projection du documentaire original María Corina : La conquête de la liberté. En seulement 12 heures, le documentaire a dépassé les 32 000 vues sur YouTube.

Plusieurs communautés vénézuéliennes ont assisté au lancement, ayant fait le déplacement jusqu’à Oslo pour participer aux activités officielles entourant la remise du prix Nobel de la paix à María Corina Machado. L’événement s’est conclu par une allocution d’Hermann Tertsch, député européen et vice-président de Patriots for Europe. Le documentaire, tourné en Belgique, en France, en Espagne, en Italie, au Panama et aux États-Unis, retrace les origines et le parcours de Machado, ainsi que les raisons qui ont fait d’elle la figure morale et démocratique internationale la plus marquante face au régime usurpateur de Nicolás Maduro.

Ce court-métrage met en lumière d’éminents leaders du mouvement dissident vénézuélien en exil comme Magallí Meda, Claudia Macero, Orlando Avendaño, David Smolansky et Alejandro Peña Esclusa mais souligne aussi la complicité des intellectuels européens que ce soit du côté de la gauche pro-communiste ou de la droite souverainiste et naïvement anti-américaine prêts à défendre la « révolution » bolivarienne aujourd’hui contre la fermeté légitime de Trump à vouloir en finir avec le régime criminel hérité de Chavez, le régime assassin de Maduro. On apprend aussi dans ce documentaire le rôle ambiguë qu’aurait joué José Luis Rodríguez Zapatero, le leader socialiste espagnol comme principal architecte du blanchiment international du régime narco-terroriste de Nicolás Maduro.

María Corina n’a jamais abandonné son pays, elle n’a jamais démissionné. Et elle nous laisse une leçon que nous défendrons toujours quelle que soit le camp touché : le mal ne tolère aucun compromis. Les criminels doivent être traités comme des criminels, et non comme des politiciens. On se doit de les neutraliser ou de les descendre.

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La saisie d’un pétrolier vénézuélien marque une nouvelle étape dans la campagne de Trump contre Maduro et la Maison Blanche anticipe de nouvelles interceptions tout en préparant des sanctions contre les neveux du chef du régime chaviste. Ainsi, la cible anti-maduro après le narco-trafic serait désormais le pétrole brut, principale source de revenus de Caracas.
L’opération de saisie du pétrolier fut spectaculaire et largement médiatisée par le gouvernement américain, Trump ayant annoncé en même temps des sanctions contre une demi-douzaine d’autres navires similaires, ouvrant la voie à d’autres saisies. Par ailleurs, des sanctions ont été imposées à trois neveux du dirigeant chaviste. Cette nouvelle phase anti-maduro a exacerbé les tensions déjà présentes dans les Caraïbes, où Washington maintient son plus important déploiement militaire depuis des décennies.

C’est que le président Donald Trump semble résolu à mettre de l’ordre en Amérique du Sud et il faut bien saisir la logique d’un recentrage de toute la politique extérieure et de défense des Etats-Unis à savoir : l’Europe aux Européens quelque soit leurs faiblesses internes et externes (comme par exemple l’incapacité de la France à conserver son pré-carré africain), le Moyen-Orient au grand Israël et une reprise en main déterminée de la doctrine Monroe sur tout le sous-continent latino-américain. Cette reprise en main passe en particulier par la sécurité de toute la côte Pacifique, celle-ci supposant dès lors qu’à très brève échéance le Mexique, la Colombie, le Venezuela passent à droite de l’échiquier politique comme le furent cette année l’Equateur, la Bolivie, le Pérou en situation intérimaire, demain le Chili et que le canal de Panama soit repris et ce avant la crainte pour la prochaine décennie d’une confrontation avec la Chine dans le Pacifique.
Dans des communiqués distincts, le départements du Trésor a annoncé aussi des sanctions contre six compagnies maritimes transportant du pétrole vénézuélien et six des navires utilisés par ces compagnies.
« Les États-Unis sont déterminés à assurer la sécurité de leur population et à mettre en œuvre tous les moyens à leur disposition pour éliminer les menaces liées au trafic de drogue et à la criminalité dans notre hémisphère », a indiqué par ailleurs un communiqué du département d’Etat. Plus tôt, concernant la saisie de mercredi, la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt, avait déclaré : « L’administration Trump applique les politiques de sanctions présidentielles et nous ne resterons pas les bras croisés pendant que des navires sanctionnés sillonnent les mers avec du pétrole de contrebande, dont la vente alimentera le narcoterrorisme de régimes illégitimes et maléfiques à travers le monde. »
L’arraisonnement du pétrolier mercredi , a été mené par les garde-côtes américains, appuyés par la marine américaine, dans le cadre d’une opération placée sous l’autorité du FBI, l’agence fédérale de police américaine. Une vidéo de l’opération, diffusée par le département de la Sécurité intérieure sur les réseaux sociaux, offre des images dignes d’un film d’action. Selon de hauts responsables s’exprimant auprès des médias américains, des hélicoptères militaires ont transporté des garde-côtes depuis le porte-avions Gerald Ford, le plus grand et le plus moderne au monde, qui fait partie du vaste déploiement naval américain dans les Caraïbes, jusqu’au cargo. Depuis août, les États-Unis maintiennent un déploiement naval au large des côtes vénézuéliennes, qui comprenait le mois dernier le Ford et mobilise avions de chasse et près de 15000 soldats. L’opération militaire, baptisée Southern Spear a mené depuis le 2 septembre des bombardements contre au moins 22 bateaux soupçonnés de transporter de la drogue, faisant 87 morts. Mais il est clair et à ce titre le gouvernement vénézuélien ne se trompe pas que le véritable objectif de ce déploiement est de tenter de destituer Maduro, le leader chaviste devenu super baron de la drogue.
La vidéo montre des garde-côtes (l’une des cinq branches des forces armées américaines, avec l’armée de terre, la marine, l’armée de l’air et les Marines) descendant en rappel d’hélicoptères sur le pont du navire arraisonné et se déplaçant avec leurs armes apparemment prêtes à faire feu. Selon de hauts responsables, l’équipage du Skipper n’a opposé aucune résistance. Selon le Washington Post, le pétrolier était en route pour Cuba pour y livrer du pétrole.
« Il s’agit d’une opération réussie, menée sur ordre du président, visant à garantir que nous affrontons un régime qui dissimule systématiquement ses agissements, inonde notre pays de drogues mortelles et tue la prochaine génération d’Américains », a déclaré la secrétaire à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, lors d’une audition à la Chambre des représentants jeudi. Le pétrolier naviguait sous pavillon guyanais, bien que l’Administration maritime guyanaise ait confirmé qu’il s’agissait d’un faux pavillon et que le navire ne figure pas dans ses registres officiels. En annonçant la saisie, Trump a décrit le navire comme « très grand, le plus grand jamais saisi ». Interrogé sur le sort du pétrole brut, il a ajouté : « Eh bien, je pense que nous allons le garder. »
Le cas de ce navire est unique. Ce navire, alors nommé Adisa, était impliqué dans le trafic de pétrole iranien sur un marché noir que le FBI et le ministère de la Justice enquêtaient depuis des années. Dans la publication sur les réseaux sociaux accompagnant la vidéo, la procureure générale Pam Bondi a écrit : « Pendant des années, ce pétrolier a été sanctionné par les États-Unis en raison de son implication dans un réseau illicite de transport de pétrole brut qui finance des organisations terroristes étrangères.
L’intervention de militaires américains dans la saisie d’un navire marchand est toutefois inhabituelle. Cette opération fait suite à l’interception, il y a deux semaines, par un navire de guerre américain, d’un navire russe à destination du Venezuela, contraint de faire escale à Cuba, comme l’a rapporté Bloomberg. Le navire marchand russe transportait du naphta, un produit chimique que le Venezuela doit importer pour diluer son pétrole brut lourd destiné à la vente.
Caracas a dénoncé la saisie de mercredi comme « un vol flagrant et un acte de piraterie internationale ». « Les véritables raisons de l’agression prolongée contre le Venezuela ont enfin été révélées. Il ne s’agit pas de migration. Il ne s’agit pas de trafic de drogue. Il ne s’agit pas de démocratie. Il ne s’agit pas des droits de l’homme. Il s’agit depuis toujours de notre richesse, qui appartient exclusivement au peuple vénézuélien », indique un communiqué du gouvernement.
De hauts responsables interrogés par le New York Times ont indiqué s’attendre à de nouvelles saisies dans les semaines à venir, dans le cadre des efforts déployés par l’administration pour affaiblir le régime chaviste en le privant de revenus pétroliers. Le secteur énergétique est le principal moteur de l’économie vénézuélienne, et la dépendance du pays à son égard s’est accrue en raison des nombreuses sanctions internationales auxquelles il est soumis.
Le mois dernier, ce pays d’Amérique du Sud a produit près de 900 000 barils par jour. Son principal client est la Chine, mais il doit lui vendre à prix réduits en raison de la concurrence de la Russie et de l’Iran, deux autres pays producteurs de pétrole soumis à de lourdes sanctions internationales. Outre ces saisies, les États-Unis ont fermé l’espace aérien vénézuélien et quasiment aucun vol international n’atteint le pays, à l’exception des avions transportant des migrants expulsés (du Pérou, du Chili entre autres), que le Venezuela a recommencé à accueillir que récemment.

Cynique, le gouvernement vénézuélien exhorte les pays européens à condamner fermement cette situation, attribuant faussement l’aggravation de la pauvreté du pays (78 % de Vénézuéliens vivent sous le seuil de pauvreté) à l’embargo international.
Conversation entre Lula et Maduro

Le président brésilien Luiz Inácio Lula da Silva s’est entretenu secrètement par téléphone la semaine dernière avec le président vénézuélien Nicolás Maduro, selon un article publié jeudi par le quotidien brésilien O Globo et confirmé par une source au sein de la présidence brésilienne, qui a qualifié l’appel de « bref ». Le journal affirme que l’échange entre Lula et Maduro a été amical, le président brésilien ayant exprimé au dirigeant vénézuélien son inquiétude concernant le déploiement militaire américain et sa volonté d’apporter son aide. Néanmoins, malgré une certaine proximité idéologique, Brasília a gelé ses relations bilatérales après les élections présidentielles de 2024, dont elle n’a pas reconnu les résultats, et, en représailles, a opposé son veto à l’adhésion du Venezuela au groupe BRICS.
L’opposante vénézuélienne Maria Corina Machado, n’a pu recevoir en personne son Nobel de la Paix mercredi faute d’être arrivée à temps à Oslo mais a appelé à se préparer à se « battre pour la liberté« .En l’absence de la lauréate, c’est sa fille qui a reçu sa récompense et lu son discours de remerciement. « Pour avoir la démocratie, nous devons être prêts à nous battre pour la liberté« , a dit Ana Corina Sosa Machado dans un Hôtel de ville d’Oslo où avaient pris place le président argentin Javier Milei et d’autres chefs d’État latino-américains ayant en commun – comme Mme Machado – des affinités idéologiques avec Donald Trump.
Évoquant les enlèvements de personnes, les tortures et la chasse aux opposants au Venezuela, elle a aussi fustigé « des crimes contre l’humanité, documentés par les Nations unies » et « un terrorisme d’État déployé pour étouffer la volonté du peuple« . Le comité Nobel a exhorté le président vénézuélien à partir.
Le gouvernement américain multiplie les mesures, économiques et militaires, pour accroître encore plus la pression sur le dirigeant socialiste vénézuélien Nicolas Maduro. Donald Trump a estimé que les jours de ce dernier étaient « comptés » dans un récent entretien avec le site Politico.
Vous pouvez voir ci-dessous le documentaire María Corina : La conquête de la liberté :
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