US : LA CULTURE DU MENSONGE

par Georges GOURDIN

Dissipons l’écran de fumée qui recouvre l’opération militaire américaine au Venezuela.

Femme avec un bandeau sur la bouche portant le mot 'Venezuela', devant un fond aux couleurs du drapeau vénézuélien.

Le jour même de l’enlèvement du président élu du Venezuela, nous avons pu entendre des propos à la limite de l’obsénité sur la magnifique, exemplaire, audacieuse intervention des Forces Spéciales américaines, venues capturer « le narco-trafiquant notoire » Nicolas Maduro, « dictateur » de surcroît.
Sans coup férir les Américains allaient rétablir la démocratie (comme chez eux) et la prospérité (comme chez eux).

Quelques jours plus tard, il apparaît que :
• l’armée vénézuélienne n’a pas combattu,
• c’est elle-même qui a livré le président Maduro aux soldats américains (peut-être saurons nous un jour pourquoi),
• cette capture a coûté la vie à au moins 80 personnes, dont 32 Cubains (qui se sont plus battus que les soldats vénézuéliens),
et effectivement :
• aucune victime côté américain.

Portrait en noir et blanc d'un homme avec des cheveux blonds, à côté du drapeau du Venezuela.

C’est l’occasion pour nous de nous pencher sur les motifs invoqués par les États-Unis d’Amérique sur leurs multiples interventions militaires depuis leur création.

Illustration d'une bataille entre les forces mexicaines et américaines, avec des soldats brandissant des drapeaux du Mexique et des États-Unis, et de la fumée d'artillerie en arrière-plan.


Le président James K. Polk a envoyé des troupes américaines dans un territoire disputé le long du Rio Grande, provoquant une escarmouche (l’affaire Thornton) avec les forces mexicaines. Cela a été présenté comme une invasion mexicaine du sol américain pour justifier la déclaration de guerre et l’annexion de vastes territoires (comme le Texas, la Californie et le Nouveau-Mexique). Historiquement, c’est vu comme une provocation délibérée pour expansionnisme.

Caricature représentant un homme colossal creusant sur une carte du monde, symbolisant l'interventionnisme américain dans les affaires internationales.


Les Américains ont coulé leur propre cuirassé (technologiquement dépassé) pour en accuser les Espagnols et avoir un prétexte pour organiser le blocus de Cuba (qui était alors espagnol), ce qui a déclenché la guerre avec l’Espagne, guerre que les Ricains ont rapidement gagnée. À la suite de la défaite de l’Espagne, Cuba a acquis son « indépendance »… mais en ayant dans sa Constitution un article donnant aux Américains un droit d’ingérence dans les affaires de l’État cubain, et conduisant à l’acquisition de colonies espagnoles comme Porto Rico, Guam et les Philippines.

Vaisseaux en feu avec de la fumée noire s'élevant dans le ciel.


Le président Franklin D. Roosevelt avait eu connaissance de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor et l’a laissée se produire pour justifier l’entrée en guerre contre le Japon sachant qu’il utiliserait l’arme atomique. Les États-Unis restent le seul pays à avoir utilisé cette armé.

Des soldats débarquant d'un bateau de débarquement sur une plage, avec des nuages menaçants en arrière-plan.
Portraits de John F. Kennedy et Fidel Castro avec le texte 'OPERATION NORTHWOODS' en arrière-plan.


Un plan du Département de la Défense pour simuler des attaques cubaines contre les États-Unis afin de justifier une invasion de Cuba. Il a été rejeté par le président Kennedy et n’a pas été exécuté.

Des soldats avancent à travers une zone herbeuse tandis que plusieurs hélicoptères survolent le champ de bataille.


L’incident du Golfe du Tonkin impliquait une attaque réelle sur le destroyer USS Maddox le 2 août 1964, suivie d’une seconde attaque rapportée le 4 août, qui s’est confirmée inexistante (basée sur des erreurs radar et des rapports exagérés). Cela a conduit à la résolution du Golfe du Tonkin, autorisant le président Lyndon B. Johnson à intensifier l’engagement militaire américain au Vietnam. Des documents déclassifiés confirment que le second incident a été utilisé comme prétexte sous de faux semblants.

Images de pierres tombales avec des fleurs colorées, accompagnées d'un texte explicatif en français.


Le charnier de Timișoara est l’un des cas les plus célèbres de désinformation massive et d’emballement médiatique de l’histoire contemporaine.
Des corps exhumés de la morgue furent exhibés comme des victimes torturées par le régime de Nicolae Ceaușescu qui fut renversé quelques semaines plus tard, jugé et fusillé précipitamment.

Quatre images en noir et blanc montrant des discours de représentants des États-Unis au Conseil de sécurité de l'ONU en 1999, 2003, 2011 et 2018, avec des inscriptions mentionnant des mensonges sur la Yougoslavie, l'Irak, la Libye et la Syrie.

Vue dramatique du skyline de New York avec la tour en feu et des nuages de fumée noire.


Nous atteignons ici le sommet du mensonge qui fera référence dans l’Histoire. L’objectif principal de cette manipulation très avancée était de justifier pour longtemps des guerres et interventions militaires au Moyen-Orient, de créer un prétexte pour envahir l’Afghanistan (pour contrôler les pipelines et les ressources) et l’Irak (pour le pétrole et une présence stratégique). Ce mensonge fut longuement élaboré(1), puis très fermement contrôlé par la Police de la Pensée, qualifiant — pour les discréditer — les personnes qui osaient s’interroger sur cette opération, de « complotistes »(2).

Soldats entrant dans un bâtiment en Irak.


L’administration de George W. Bush a justifié l’invasion en affirmant que l’Irak possédait des armes de destruction massive (ADM) et avait des liens avec Al-Qaïda, basés sur des renseignements manipulés ou faux (comme les tubes d’aluminium pour uranium et les allégations d’achats d’uranium au Niger). Des enquêtes postérieures (comme le rapport du Sénat américain) ont révélé que ces affirmations étaient exagérées ou infondées, menant à une guerre sous de faux prétextes.

Un homme exprime sa joie en sautant, vêtu d'un gilet militaire, entouré de soldats armés dans un environnement chaotique.


Les États-Unis (avec la France, le Royaume-Uni et d’autres alliés au sein de l’OTAN) ont officiellement renversé Mouammar Kadhafi en 2011 sous le prétexte principal d’une intervention humanitaire pour protéger les civils libyens contre les attaques du régime.

Vue à travers une fenêtre brisée d'un ouvrier sur le toit d'un bâtiment endommagé.


Les États-Unis fomentent le coup d’État qui aboutit à la prise du Pouvoir par le comédien Volodymyr Zelinsky afin que celui-ci ne respecte pas les accords de Minsk, conduisant inéluctablement les Russes à protéger les populations russophones. Le discours occidental est que la Russie a envahi le territoire ukrainien, et que l’Europe de Bruxelles doit faire la guerre à la Russie.

Une illustration montrant des leaders politiques en discussion, avec un ours polaire sur une banquise, des navires en mer et un drapeau américain flottant.

Image avec un fond vert et le texte 'à noter!' en blanc, stylisé avec un point d'exclamation.


• Le Texas est devenu un État en 1845, donc avant le prétexte qui a déclenché la guerre contre le Mexique. Des civils américains l’ont occupé progressivement après la défaite de l’Alamo de 1836 et ont fini par s’infiltrer au point de permettre à l’État fédéral « d’accepter » de l’annexer.
• Les ordres donnés pendant la guerre de 1898 contre l’Espagne ne mentionnaient pas Guam, mais l’Amiral Dewey, commandant de la flotte qui naviguait vers les Philippines, s’est trouvé à Guam sans l’avoir cherché. Ici on a un épisode « savoureux » (pour les États-Unis) qui illustre la montée de ce pays et l’agonie de l’Espagne. Lorsque Dewey aborde à Guam, le gouverneur espagnol de l’île ignore que les deux pays sont en guerre, et pour cause : l’Espagne ne dispose pas de communications radio. Ce gouverneur croit qu’il s’agit d’une visite de courtoisie. Il souhaite la bienvenue aux Américains et les prie de ne pas lui en vouloir, car n’ayant plus de boulets de canon, il ne pouvait les saluer avec les traditionnels vingt-et-un coups. Dewey lui dit de ne pas « s’inquiéter » et décide, malgré l’absence d’ordre de son gouvernement, d’annexer Guam pour son pays
.

Source : https://nice-provence.info/


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