UN NOUVEAU DESSEIN POLITIQUE POUR L’EUROPE

par Marc ROUSSET

L’ancien ministre des affaires étrangères Hubert Védrine l’a dit sans détour : « L’Europe ne sait plus qui elle est, ni ce qu’elle veut ». Faute de dessein politique clairement assumé, l’Union Européenne fédéraliste n’a pas d’autre solution que de se dilater sous protectorat américain et de s’agrandir par annexions successives, avec le pressentiment de sa proche liquidation à venir.

Façade du bâtiment moderne de la Commission européenne avec des drapeaux de l'Union européenne alignés.

Les Nations européennes doivent au contraire souhaiter une puissance économique et militaire autonome, une Europe ouverte à toutes les cultures et non prisonnière de la seule culture anglo-saxonne, une Europe qui sache à son tour se doter d’une doctrine Monroe et qui ne soit pas à grande échelle, un fac-similé de Porto-Rico. L’Europe a découvert l’Amérique, il y a plus de cinq cents ans. Le moment est venu pour l’Europe de l’oublier et de se redécouvrir elle-même, grâce au catalyseur, à l’accélérateur, au multiplicateur de puissance paneuropéen de Brest à Vladivostok.

Couverture du livre "La décadence" de Julien Freund, avec une illustration d'un bâtiment abandonné et des structures sombres en arrière-plan.

Julien Freund termine son ouvrage sur La Décadence[1] en remarquant également d’une façon très pertinente que l’Europe ne serait pas en décadence par épuisement, mais par accomplissement de son destin. « L’Europe est en décadence par rapport à ce qu’elle fut. Elle fut la maîtresse des terres et des mers du globe, et aujourd’hui elle est recroquevillée sur son espace géographique. C’est là le signe objectif de la décadence européenne »[2]. Seul un projet nouveau d’avenir avec une vision paneuropéenne allant de l’océan Atlantique jusqu’à l’océan Pacifique est susceptible de redonner à l’Européen un sentiment d’espoir, de force, de puissance, de masse critique suffisante à l’échelle du globe, pour éveiller un sentiment de renouveau et le sortir de son engourdissement mortel progressif ; tout se passe comme si l’Européen avait fait son temps et devait dorénavant devenir une relique de l’histoire subissant l’assaut inexorable des forces nouvelles montantes de la Chine, de l’Inde, des pays émergents et de l’islam. Tel était le grand message original de Dominique Venner aux Français, après la fin de la guerre d’Algérie et la perte des derniers immenses espaces de leur Empire colonial, pour leur redonner, en regardant vers l’est de l’Europe, une nouvelle raison de vivre et d’espérer, avec un avenir, au lieu de se lamenter, de désespérer et de se recroqueviller sur eux-mêmes ! En novembre 1942, l’amiral Darlan avait pu dire : « L’Empire sans la France, ce n’est rien. La France sans l’Empire, ce n’est rien ».

Lettre manuscrite en français datée du 4 juin 1941, exprimant une déclaration sur l'unité de la France et de l'Empire pendant la Seconde Guerre mondiale.

Philippe de Villiers conforte le point de vue de Dominique Venner en nous disant que l’homme européen, pour survivre, a besoin de l’humus (ses racines, son identité), de la lumière (la foi et l’espérance en l’avenir), et de retrouver donc le goût de ses racines, de la transcendance et du dépassement de soi. Ce sont les seules valeurs conservatrices qui ont fait la force des nations européennes depuis la nuit des temps. Une société ne peut porter de fruits que si elle est porteuse de transcendance patriotique, religieuse et de projets grandioses. L’avenir de l’homme européen est à l’Est !

C’est donc la Russie qui montre la voie d’avenir à l’Europe donneuse de leçons avec ses droits de l’homme poussiéreux et les excès humanistes, progressistes, sociétaux de sa civilisation déclinante et décadente. Le phénomène LGBT ne connaît le succès médiatique qu’en Occident ! Il est rejeté, moqué et combattu par l’islam et l’ensemble du reste du monde. Les Russes participent donc au réveil de la conscience européenne avec une vue plus saine, plus réaliste, moins lénifiante de l’individualisme, de la démocratie libérale, du droit-de-l’hommisme, du progressisme contre-productif, du libéralisme et du libre-échange mondialiste.

La démocratie libérale ardemment souhaitée par l’Amérique avec les « révolutions orange » et la guerre en Ukraine conduirait la Russie, tout comme la Chine, à l’impuissance, à la guerre civile, à l’éclatement. C’est la raison pour laquelle la Russie, qui a besoin d’un État autocratique fort, qui est un des derniers peuples européens souverains à ne pas se détester, qui a encore de l’amour-propre, un idéal de grandeur patriotique, est de plus en plus allergique aux leçons de démocratie des Européens de l’Ouest que ronge la haine de soi. Force est de reconnaître qu’il n’y a plus aujourd’hui que la Russie et la Chine pour tenir tête à l’Amérique, lui dire ses quatre vérités et dire non à l’omnipotence américaine. La Russie, comme l’a dit très justement le Président Dmitri Medvedev, n’a pas l’intention d’être « l’élève sage ou le figurant » que les Occidentaux voyaient en elle dans les années 1990. Il n’y a que le Président Poutine pour reprocher aux États-Unis dans ses conférences de presse de « ne pas vouloir lâcher leur étreinte de l’Europe ». C’est la seule et fière Russie qui, pour l’essentiel et par sa présence, nonobstant la courageuse croisade de la Hongrie de Viktor Orban, réveille l’Europe et fera échouer le protectorat américain de l’OTAN sur une Europe divisée, soumise, anesthésiée, subjuguée et trompée par la propagande anglo-saxonne.

Un homme en costume noir parlant avec une expression sérieuse, levant la main pour souligner un point.

Vladimir Poutine a pu déclarer à Berlin : « Personne ne met en doute la grande valeur pour l’Europe de ses relations avec les États-Unis. Mais je pense que l’Europe consoliderait sa réputation, en tant que puissance mondiale véritablement indépendante, si elle associait ses capacités à celles de la Russie ». Quant à Mikhaïl Gorbatchev, il a pu dire : « L’ordre mondial dont nous rêvions il y a quinze ans n’était pas celui d’un nouvel empire, d’un pays ou d’un petit groupe de pays gouvernant le monde ».

Selon Mikhail Gorbatchev, l’Occident devrait comprendre que l’humiliation continue de la Russie n’est pas la bonne méthode pour avancer. L’Europe doit au contraire aider Moscou, dont les frontières sont difficilement défendables, dans ses tentatives de consolidation de l’Asie centrale face à la pression de l’islam et du terrorisme, l’aider à garder la Sibérie et à maintenir la seule présence européenne sur l’Océan Pacifique face à la pression démographique de l’Asie, partager et mettre au point, avec la Russie, les technologies de l’aéronautique, de l’espace, des armements et du nucléaire. L’Europe subordonnée à l’Amérique a raté l’opportunité de dissolution de l’OTAN que lui offrait, au début des années 1990, la disparition de l’URSS. Il importe que les nations européennes d’une Europe indépendante quittent l’OTAN au plus vite !

Un porte-avions en mer, avec des avions de chasse stationnés sur le pont et le mot "NATO-OTAN" écrit dessus.

Selon le journal russe « Rosssiiskaïa Gazeta » : « L’avenir de l’Europe n’est pas dans une Union européenne qui gonfle démesurément, jusqu’à en perdre son identité, mais dans la création de deux alliances qui s’équilibrent mutuellement et rivalisent amicalement. Une Union ouest-européenne et une Union est-européenne ».  Ces deux unions, selon nous, ne peuvent être qu’une Confédération européenne des nations et la Russie, immense Etat Empire. Seul le continent paneuropéen sera capable de faire face à l’empire américain qui montre ses muscles affaiblis, à la Chine hyperpuissante qui s’arme de plus en plus, à l’Inde de 1,4 milliard d’habitants qui monte en puissance à une vitesse accélérée, aux problèmes du Moyen-Orient riche en pétrole, et au danger du terrorisme islamiste. Il est nécessaire que l’Europe s’affranchisse d’une dépendance excessive de ses hydrocarbures en provenance de sa périphérie méridionale, et fasse au contraire entièrement confiance à des approvisionnements en énergie et matières premières en provenance de Russie.

Un tuyau jaune avec une vanne rouge, situé entre les drapeaux de la Chine et de la Russie.

Il se trouve que par le jeu de l’OTAN, des États-Unis et des marchés, l’Union européenne devient de facto une colonie américaine dépendante en matière de pétrole et de gaz du Moyen-Orient, du GNL américain 4 fois plus cher, cherchant à humilier la Russie. Afin d’éviter le protectorat de Washington, il nous semble qu’il n’y a plus qu’un seul et unique chemin de chèvre, à savoir le rapprochement entre une Europe des nations, sous forme d’une Confédération, capitale virtuelle Strasbourg, et la Russie, capitale Moscou. lI est vrai qu’avant même de pouvoir prétendre faire contrepoids à la Chine et aux États-Unis, faudra-t-il encore que les nations européennes unissent leurs efforts pour constituer un contrepoids amical face au colosse russe. L’Europe des nations, sous forme d’une Confédération, évitera aux nations européennes de connaître le sort des pays de l’ancienne Grèce face à Rome. Pour cela, il faudra que les Européens collaborent à la carte et réunissent leurs forces pour réaliser des grands projets communs en matière économique, industrielle, scientifique et militaire, avec des droits de douane protecteurs, tout en se rapprochant de la Russie.

Il n’y aura pas à se montrer inquiet pour la fin de l’Empire américain car les États-Unis survivront à l’Empire anglo-saxon comme la Turquie à l’Empire ottoman ; ils se replieront alors sur un pré carré, sans doute un peu plus grand que les 52 États américains. La supériorité américaine est en train de connaître le début de la fin. Il s’agit d’un phénomène temporaire dans l’histoire, comme l’ont été tous les empires. En l’espace d’une vie, nous avons vu la fin de tous les empires coloniaux européens, celle du prétendu « Empire des mille ans » de Hitler, qui ne dura que douze ans, et la fin du rêve soviétique de révolution mondiale.

Une scène enneigée avec un homme en vêtements d'hiver se tenant face à un drapeau américain flottant, entouré de neige soufflée par le vent.

L’Empire américain pourrait sombrer aussi à terme, tout comme l’Europe, nonobstant les efforts louables de Donald Trump, pour des raisons multiethniques, les citoyens américains étant plus préoccupés par leur niveau de vie, le manque de certains investissements publics et les problèmes intérieurs aux États-Unis, que de dominer et administrer le monde. L’Amérique pourrait aspirer à faire prévaloir ce que l’historien Eckhart Kehr de la République de Weimar, avait baptisé « le primat de la politique intérieure ». Majoritaire jusqu’en décembre 1941, le courant isolationniste considérait que l’Amérique devait se mêler, aussi peu que possible, des affaires du vaste monde et se concentrer sur le bien-être de la société américaine ; l’isolationnisme, suite à des déconvenues et des effets de balancier de l’opinion publique, pourrait effectuer son retour indirectement avec Donald Trump. Il n’est donc pas du tout impossible que l’on revienne un jour à la « forteresse Amérique » autosuffisante et hostile à la multiplication d’engagements extérieurs qui serait le pendant de la forteresse « Grande Europe » de Brest à Vladivostok !

Carte du projet impérialiste de la Grande Amérique, mettant en évidence des territoires suggérés ou annexés par Donald Trump, incluant le Canada, le Groenland, l'Islande, et d'autres régions en Amérique et en Europe.

Le 28 août 1849, Victor Hugo qui présidait le Congrès de la Paix réuni à Paris, montait à la tribune pour y lire une déclaration prophétique : « un jour viendra où vous France, vous Russie, vous Italie, vous Angleterre, vous Allemagne, vous vous fondrez étroitement dans une unité supérieure et vous constituerez la fraternité européenne ». On remarquera que Victor Hugo, tout à fait naturellement mentionna la Russie, pas les États-Unis. Quant à l’Angleterre, nous pensons qu’après avoir tout fait pour diviser le continent européen, elle finira un jour par être attirée par lui, tel un aimant, pour être tout simplement avalée.

Il convient donc d’ancrer la Russie dans la Grande Europe avec la vision d’un avenir commun, de certaines actions communes, et de mettre en place l’Alliance continentale paneuropéenne faisant contrepoids tant à l’Amérique qu’à l’Empire du milieu, qu’à l’islamisme conquérant, qu’au danger migratoire en provenance du Sud, qu’à la montée en puissance des pays émergents (Inde, Brésil, Indonésie).

Drapeau bleu de l'Union européenne avec des étoiles dorées, flottant dans le vent sous un ciel bleu avec des nuages.

Il faudra enfin mettre sur le tapis le problème capital et fondamental de la langue de l’Europe qui n’a jamais été sérieusement abordé, alors qu’il se pose d’une façon cruciale et urgente. Nonobstant la traduction préconisée par Umberto Ecco, l’Europe doit avoir une langue de communication qui lui soit propre et qui puisse coexister avec les langues nationales, sans les détruire, alors que l’anglo-américain conduit à terme à la disparition de toutes les langues nationales européennes. Il suffit de penser au sort du français en Louisiane et au dépérissement en cours des langues nationales dans tous les pays de l’Europe du Nord, hollandais inclus, qui ont déjà pratiquement adopté l’anglo-américain comme seule langue de communication avec l’étranger ; en Europe du Sud, l’Italie commence aussi à se poser de sérieuses questions quant aux ravages de l’anglo-américain pour sa propre langue nationale. L’avenir nous semble donc passer par l’apprentissage du français ou de l’espéranto, langue neutre et éthique, ainsi que par un multilinguisme intelligent. Si l’Europe ne s’y résout pas, c’est bien évidemment l’anglo-américain, la langue de l’Empire américain, de Wall Street et de l’OTAN qui continuerait de s’imposer par défaut, ce qui équivaudrait à vicier, dès le départ, toute tentative sérieuse d’affirmation de l’identité européenne, à condamner à mort la civilisation européenne qui n’est pas occidentale et encore moins américaine. L’apprentissage d’une langue commune européenne, le français ou l’espéranto, qui devrait aussi être accepté par la Russie, demandera au moins deux générations, et ne peut s’envisager qu’avec une politique publique volontariste, une vision à long terme de la Grandeur européenne.

« Ce sont les idées qui mènent le monde » disait l’économiste John Maynard Keynes ; la nécessité paneuropéenne finira inéluctablement par s’imposer. La réalité géopolitique du XXIe siècle, comme l’a souligné le général autrichien Jordis von Lohausen, c’est que « l’espace continental européen est la seule grandeur stable dans l’équation de la politique mondiale ». La Russie est pour l’Europe un partenaire économique et stratégique incontournable, et inversement. Le XXIe siècle doit être le siècle de la Grande Europe, non celui d’une « Europe croupion » car il sera celui des grands ensembles civilisationnels. L’alliance continentale Europe-Russie est la seule façon de bouleverser la donne mondiale en faveur des héritiers de l’Ancien Monde. L’Europe et son grand voisin la Russie, comme nous avons pu l’expliquer dans cet ouvrage, ont besoin d’un grand dessein politique qui puisse les sécuriser et leur donner des raisons d’espérer.

Carte de l'Europe montrant la Russie et l'Union Européenne avec une loupe sur la Russie.

L’UE progressiste a pratiqué la politique d’une Europe postnationale, puissance civile et pacifique, se rêvant en modèle démocratique et de transition environnementale pour le reste de la planète. Les peuples européens, par manque de courage, et suite aux effets néfastes de cette idéologie, à la trahison de leurs élites, ont eu la tentation de sortir de l’histoire, mais ils semblent enfin commencer par comprendre qu’on ne sort de l’histoire que pour mourir ! L’Europe doit redevenir un sujet et non plus un objet de l’histoire ! La triste réalité actuelle, c’est que les élites européennes irréalistes et sans vision des nations, de l’UE et de l’OTAN jouent du violon idéologique sur le Titanic en montrant du doigt la fausse menace russe, tandis que les icebergs de la crise économique, de la guerre civile et de la défaite militaire en Ukraine se rapprochent. La réunion de l’OTAN du 24 et 25 juin 2025 n’était en réalité qu’un concours de génuflexion des Européens devant l’Empereur américain tout puissant Donald Trump ![3] Les élites européennes de la pensée unique ont inventé un danger russe qui n’existe pas, pour se créer une nouvelle raison d’être dans un contexte qui est celui de l’effondrement de toutes leurs croyances. Notre souhait serait qu’une Europe des nations brise les chaînes du déclin, de la décadence, du protectorat américain de l’OTAN et retrouve les valeurs traditionnelles, la vitalité démographique, le courage, la virilité, la dignité, la fierté, la liberté, l’indépendance et  l’autonomie stratégique, le désir de puissance économique, technologique, militaire, la faculté d’agir des générations passées ainsi que l’efficacité d’une industrie manufacturière moderne et compétitive, que sur cet immense espace allant de Brest à Vladivostok, toutes les cultures et langues nationales européennes puissent continuer à rayonner, sans exception aucune.

 Le monde est de moins en moins kantien et de plus en plus hobbésien ou nietzschéen. Thucydide, un pionnier de la « Real Politik », nous a appris que la politique internationale ne doit pas se fonder sur la justice, la paix, le droit, la morale, la naïveté, mais sur le réalisme, la force, l’honneur, l’intérêt, la crainte, la volonté de puissance, la géographie et l’instinct de survie des peuples[4]. « Les États n’ont pas d’amis, seulement des intérêts » disait le général de Gaulle. John Bolton, ancien conseiller de Donald Trump à la Maison Blanche, le confirme : « La vérité est que les Européens ne sont pas vraiment nos amis ».[5] De plus, selon le bon vieux dicton, « Mieux vaut des parents proches que des cousins éloignés ». Les Européens ont non seulement beaucoup d’intérêts communs avec leur grand voisin russe, mais aussi un Avenir commun, ce qui n’est pas le cas avec les États-Unis, car l’Océan Atlantique sépare le Vieux continent et l’Amérique. La dérive des continents est un fait : la faille de Silfra en Islande, entre la plaque nord-américaine et la plaque eurasiatique, s’écarte tous les jours un peu plus : cette réalité géologique est le symbole de l’éloignement géopolitique progressif et irréversible des Etats-Unis qui regardent de plus en plus vers l’Ouest, l’Asie, et l’Océan Pacifique !  Incitant l’Europe à se prendre en mains, Donald Trump, devant le Congrès, le 4 mars 2025, a même pu dire : « Un Océan nous sépare » ! Le découplage de l’Europe et des Etats-Unis a déjà commencé.

En conclusion, aveuglée par son américanisme infantile, l’Europe, qui n’est plus qu’un nain politique et militaire en plein déclin économique, n’a pas su réaliser la Grande Europe de Brest à Vladivostok, après la chute du mur de Berlin. Ce désastre a été amplifié par sa soumission à l’OTAN, à l’Amérique impérialiste, à l’UE fédéraliste, progressiste et technocratique, à une mondialisation libre échangiste ainsi qu’à une invasion migratoire extra-européenne, ce qui mène l’Europe à la perte de puissance, à la perte de son identité, de sa culture et de sa civilisation[6]. Il n’est cependant jamais trop tard pour bien faire : la Russie, après tant de péripéties tragiques dans son histoire récente depuis 1917, montre l’exemple aux Européens !

 Il n’y a donc pas d’alternative possible au rapprochement, à l’Alliance entre l’Europe et la Russie ! Toute Alliance de la Russie ou de l’Europe avec la Chine ou les Etats-Unis ne peut être que tactique, défensive à court terme, mais pas stratégique et civilisationnelle à long terme. La Grande Europe de Brest à Vladivostok pourrait constituer le troisième pôle de puissance mondiale, parlant d’égal à égal, voire surpasser les Etats-Unis et la Chine !

P.S : Cette chronique prémonitoire est tirée directement de la conclusion du nouveau livre de Marc Rousset « Notre Faux -Ami l’Amérique /pour une Alliance avec la Russie » – Préface de Piotr Tolstoï – Version augmentée – Editions Librinova (2026)  

Couverture du livre 'Notre faux ami l'Amérique' de Marc Rousset, avec des illustrations de drapeaux américain, européen et russe en arrière-plan.

Cliquez sur le lien ci-dessous éditeur Librinova ( seule possibilité achat livre papier- version augmentée- pour l’instant, jusqu’à début mars 2026 )


[1] Julien Freund – La décadence – Sirey -Paris – 1984

[2] Julien Freund – Un inédit de Julien Freund – L’âge de fer de la décadence – p.41 – Revue Eléments n°204 -Octobre – Novembre 2023

[3] Bertille Bayart – La cerisaie européenne – p17- Le Figaro du mercredi 9 juillet 2025

[4] Olivier Battistini – Du Bureau ovale à Thucydide – Revue Eléments – n°216 – pp 49-51 – Octobre-Novembre 2025

[5] Grand entretien de John Bolton avec Laure Mandeville – Le Figaro du 28 mars 2024

[6] Jacques Guillemain – Le Groenland était danois avant la naissance des Etats-Unis : il n’est pas à vendre -Site Riposte Laïque – 7 janvier 2026

Manifestation avec des drapeaux groenlandais et danois, où des participants affichent des pancartes, dont une qui dit 'Greenland is not for sale'.

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Un commentaire

  1. Une fois de plus, une analyse parfaite. Merci monsieur Rousset et encore bravo pour votre livre.

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