par Michel LHOMME
Cinq mille véhicules de transport public ont cessé de circuler à Lima capitale du Pérou en raison des extorsions qu’ils subissent quotidiennement.

La flotte est ainsi passé de 22 500 unités en 2020 à environ 17 000 aujourd’hui, soit 25 % en moins, rendant la circulation dans la capitale de plus en plus impossible et proprement chaotique. Il faut parfois quatre heures pour traverser la capitale et les files d’attente pour les transports en commun s’allongent indéfiniment pour des millions d’usagers.

Les chauffeurs comme les passagers sur certaines lignes les plus populaires ont peur : 65 d’entre eux furent tués à bout portant entre janvier et juillet 2025 avec parfois des balles collatérales sur les passagers en particulier au siège de devant à la droite du conducteur.
La délinquance explose au Pérou, et est en particulier liée à l’immigration vénézuélienne particulièrement violente et capable de tuer de sang froid pour un simple portable.
Le Chili dont le candidat d’extrême-droite Katz s’apprête à gagner les élections présidentielles se prépare à expulser tous les immigrants illégaux en particulier et surtout vénézuéliens mais pour rejoindre Caracas, ils doivent passer par le Pérou et l’Equateur. Les tensions à la frontière sud du Pérou avec le Chili sont de plus en plus palpables. Certains réclament un « corridor humanitaire » comme en cas de guerre alors que d’autres pensent qu’on assistera probablement à l’installation de camps de réfugiés en attente.

Maduro pour déstabiliser en partie la région avait permis l’exode de milliers de ses citoyens réduits à la misère et même pour soulager les prisons il avait amnistié et libéré discrètement nombre de droits communs appartenant aux bandes criminelles en leur enjoignant de quitter le pays.

Le Pérou va recevoir cette semaine une délégation d’experts nord-américains pour aider le pays à affronter ses problèmes graves d’insécurité (l’état d’urgence a été déclenché dans la capitale avec pour l’instant de très maigres résultats) car cette insécurité actuelle freine les investissements et l’économie jusqu’au site célèbre du Machu Picchu, principale destination touristique, qui célèbre ses 42 ans d’inscription au patrimoine mondial de l’humanité et qui par ailleurs fait face à des problèmes de gestion, d’infrastructures et de sécurité qui menacent son statut de « merveille du monde ».

Selon l’Organisation mondiale du tourisme, entre janvier et août 2025, le Pérou a ainsi accueilli 24 % de touristes internationaux en moins par rapport à 2019, soit la deuxième plus forte baisse en Amérique latine. À l’inverse, la Colombie, le Brésil et le Chili ont retrouvé leurs niveaux d’avant le Covid. On notera néanmoins depuis cet automne, une progression des arrivées. Nous avons ainsi pu observer nous-mêmes une profusion de touristes étrangers visitant la réserve naturelle de Paracas :

En octobre 2025, les ventes de billets touristiques pour les principales attractions de la région auraient ainsi progressé de 19,6 % par rapport à la même période en 2019. Cependant, pour le Machu Picchu, le nombre de visites n’a pas retrouvé le niveau record de 1,6 million atteint en 2019 et, selon les estimations officielles (Ministère du Tourisme) cela représenterait une perte de 5,5 millions de touristes depuis 2020. Or la baisse du nombre de visiteurs pèse sur la croissance économique de la région de Cusco, l’une des plus arriérées du pays. Le PIB de Cusco devrait ainsi chuter d’environ 7 %. La baisse des visites menace également la viabilité financière du sanctuaire : les visiteurs qui ne sont pas venus depuis 2020 – dont 95 % étaient étrangers – ont entraîné une perte cumulée de recettes de billetterie et en 2024, Cusco a enregistré 34 % d’emplois touristiques en moins par rapport à 2019, soit 33 000 travailleurs de moins. Cette baisse est quatre fois plus importante que dans les autres régions (-8 %).

La baisse d’attrait du Machu Picchu est due, en partie, à une mauvaise gestion de l’accès à la citadelle. Depuis 2022, 1 000 des 3 500 billets journaliers (4 600 en haute saison) sont réservés à la vente sur place à Machu Picchu Pueblo, ce qui engendre de longues files d’attente, complique l’organisation du voyage et oblige de fait les visiteurs à passer la nuit sur place. À cela s’ajoutent les problèmes de transport entraînant manifestations et blocages routiers qui ont laissé des centaines de touristes sur le carreau. De plus, l’insécurité croissante dans le pays évoquée ci-dessus a conduit les États-Unis à émettre 13 avertissements aux voyageurs entre janvier et novembre, invoquant des problèmes de sécurité tels que des manifestations, des grèves et des états d’urgence, ce qui dissuade les visiteurs.
En somme, le Pérou qui a connu neuf présidents en dix ans dont la plupart sont aujourd’hui incarcérés pour corruption aggravée se prépare aux élections présidentielles et législatives pour le printemps 2026 en situation de crise ce qu’atteste chaque matin la file nombreuse de citoyens péruviens attendant devant l’ambassade des Etats-Unis leur précieux visa alors que l’administration de Donald Trump suspend toute délivrance de carte verte pour une durée indéfinie.

A noter que l’opposante vénézuélienne María Corina Machado (photo ci-dessous) assistera bien à la cérémonie du prix Nobel de la Paix ce mercredi 10 décembre à Oslo, en Norvège. Ce prix lui a été décerné en octobre pour « son engagement indéfectible en faveur des droits démocratiques du peuple vénézuélien ». Elle a été honorée après avoir été empêchée de participer à l’élection présidentielle vénézuélienne de 2014 et semble favorite pour diriger demain le pays après le renversement souhaité le plus vite possible du dictateur communiste Maduro.

Par ailleurs, un ancien gouverneur d’opposition, accusé de « terrorisme », Alfredo Díaz est décédé ce week-end en prison au Venezuela. Il avait été arrêté dans le contexte de la crise post-électorale déclenchée par la réélection du président Nicolás Maduro.

« Díaz (photo ci-dessus) a été emprisonné et isolé pendant un an, n’ayant reçu qu’une seule visite de sa fille », a déclaré Alfredo Romero, directeur de l’ONG Foro Penal, qui se consacre à la défense des personnes détenues pour des raisons politiques. Depuis 2014, 17 prisonniers politiques sont morts en détention au Venezuela. La répression est devenue un mécanisme, voire une stratégie, du régime pour intimider toute contestation. La proclamation par Maduro de sa candidature à un troisième mandat consécutif avait déclenché des manifestations qui ont fait 28 morts et quelque 2 400 arrestations, la plupart pour « terrorisme ». Environ 2 000 personnes ont été libérées depuis, selon les chiffres officiels, après avoir subi tortures et exactions dans la pure tradition bolchévique. Que personne ne vienne défendre devant moi d’une quelconque manière le chavisme ou le régime de Maduro ?

de Lima
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