d’après Enrique PLANAS (la rédaction)
Préparons nos yeux au bicentenaire de la photographie : à quoi ressemblait donc le monde au XIXe siècle. Il faut regarder avec étonnement les tirages d’époque originaux du Studio Courret, produits à Lima à partir de 1863 et issus de la collection Jan Mulder pour comprendre rapidement l’importance de l’invention de la photographie.

Dans la course aux célébrations du bicentenaire de la photographie, la France prend les devants.

Un point fait débat : faut-il définir la naissance de la photographie avec l’apparition du premier daguerréotype, présenté par le Français Louis-Jacques Daguerre en 1839

ou avec le calotype du photographe britannique Fox Talbot, créé peu avant ?

Pour Herman Schwarz, photographe et spécialiste péruvien de cet art (https://www.centrodelaimagen.edu.pe/content/herman-schwarz), c’est un duel entre deux empires.

Mais pour trancher, une exposition se prépare à Paris en hommage au physicien Joseph Nicéphore Niépce (1765-1833), dont l’« héliographie », qui a immortalisé la vue depuis la fenêtre de sa propriété de Saint-Loup-de-Varennes, est considérée comme la première image photographique réalisée avec une chambre noire et qui nous soit parvenue. Il l’a créée en 1827 sur une plaque d’étain, en utilisant le durcissement du bitume de Judée sous l’effet de la lumière :

C’est dans ce contexte que l’Alliance Française de Lima inaugure « Le Miroir Multiple : L’Atelier Courret et ses Contemporains en France », une exposition qui réunit pour la première fois des estampes d’époque originales de l’Atelier Courret, produites à Lima à partir de 1863, et celles de ses contemporains français. Un dialogue remarquable, révélant des liens insoupçonnés, se dessine à travers ces délicates pièces anciennes, issues de l’essentielle Collection Jan Mulder .

A noter que Courret photographia aussi à l’époque Tahiti : https://genealogietahiti.home.blog/2025/05/17/eugene-courret-photographe/ :

Courret et son époque

Pendant plus de soixante-dix ans (1863-1935), Michel-Eugène Courret (1839-1920) et son frère Aquiles, ainsi que leurs successeurs, n’ont pas seulement réalisé des portraits en studio, mais ont également documenté la ville de Lima, ses bâtiments, ses monuments, ses chemins de fer, ses paysages, ses personnages populaires et ses coutumes, constituant ainsi l’une des mémoires visuelles les plus importantes du pays. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_Courret)

En 1986, lorsque la Bibliothèque nationale du Pérou a acquis les archives Courret, les plaques de verre sont arrivées enveloppées dans du papier journal à la bibliothèque de l’avenue Abancay. Du fait de leur large diffusion, leurs photographies étaient devenues emblématiques de la photographie du XIXe siècle », explique le commissaire de l’exposition à la galerie L’Imaginaire de Miraflores Si d’importantes expositions des archives de l’atelier Courret ont été organisées en 1994 et 2008 avec des tirages modernes, c’est la première fois que des images d’époque originales sont présentées.

Ce patrimoine visuel dialogue avec les images de collègues français liées à la Mission héliographique (1851-1853), créée par l’Administration des Beaux-Arts à la demande de la Commission des Monuments historiques. Cette institution recrutait des photographes qui parcouraient le pays, immortalisant monuments et paysages sur papier négatif ou plaques de verre au collodion humide.

« En consultant les archives de la collection Mulder, j’ai découvert des œuvres antérieures à Courret, signées par d’importants photographes français tels que Gustave Le Gray, Édouard Baldus et Charles Nègre, que je connaissais comme des pionniers de la photographie, puisqu’ils travaillaient avec des techniques de calotype ou de négatif sur papier. Ces procédés photographiques n’ont jamais été utilisés à Lima », explique le conservateur.

Ces photographes ont perfectionné le procédé du calotype, mis au point par Talbot (d’après les principes de fixation de l’image de Niépce), en utilisant des négatifs papier qui facilitaient le travail hors studio et jetaient les bases d’une nouvelle conception de la pratique photographique. « Réunis au sein de la Mission héliographique, ils ont documenté le monde connu à l’aide de négatifs papier, un support qui leur permettait de reproduire les images et d’en élargir la diffusion », explique Schwarz.

Portraits, vues urbaines et rurales. Ponts et voies ferrées, symboles de la révolution industrielle. Territoires révélant leur potentiel productif. Il s’agit de photographes soucieux de mettre en valeur les richesses naturelles, la modernité des pays et leur intégration au monde occidental. Ils ont été témoins de l’avancée de ce qu’ils appelaient la « civilisation ». Les deux groupes ont embrassé l’avant-garde non seulement sur le plan esthétique, mais aussi technologique, inventant de nouvelles techniques de création d’images.
Dès ses débuts, un langage reliant les territoires et les cultures.

mais aussi nous rappelant l’Histoire :

Source : elcomercio.pe



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