LES GRANDES INVENTIONS 3/4 : LA PHOTOGRAPHIE

d’après Enrique PLANAS (la rédaction)

Photographie en noir et blanc d'un port avec plusieurs grands voiliers amarrés, entourés de petits bateaux et de bâtiments sur le rivage.
De Gustave Le Gray : « Groupe de navires, Séte, Méditerranée » (1857).

Dans la course aux célébrations du bicentenaire de la photographie, la France prend les devants.

Portrait d'un homme portant un costume élégant et un nœud papillon, assis avec une expression sérieuse.
Louis-Jacques Daguerre (1787-1851)

Un point fait débat : faut-il définir la naissance de la photographie avec l’apparition du premier daguerréotype, présenté par le Français Louis-Jacques Daguerre en 1839

Une composition d'objets d'art, incluant des sculptures de têtes d'anges, un bas-relief d'une figure féminine et un cadre avec une image, le tout dans une ambiance sombre et stylisée.
L’atelier de l’artiste, daguerréotype, 1837.

ou avec le calotype du photographe britannique Fox Talbot, créé peu avant ?

Deux hommes travaillant près d'une maison en bois, l'un les planches, l'autre avec une hache.
Un calotype de William Henry Fox Talbot, vers 1842-1843.

Pour Herman Schwarz, photographe et spécialiste péruvien de cet art (https://www.centrodelaimagen.edu.pe/content/herman-schwarz), c’est un duel entre deux empires.

Couverture d'un livre intitulé 'Estudio Courret: Historia de la fotografía en Lima' de Herman Schwarz, avec une image historique en noir et blanc de l'atelier Courret.

Mais pour trancher, une exposition se prépare à Paris en hommage au physicien Joseph Nicéphore Niépce (1765-1833), dont l’« héliographie », qui a immortalisé la vue depuis la fenêtre de sa propriété de Saint-Loup-de-Varennes, est considérée comme la première image photographique réalisée avec une chambre noire et qui nous soit parvenue. Il l’a créée en 1827 sur une plaque d’étain, en utilisant le durcissement du bitume de Judée sous l’effet de la lumière :

Une image floue montrant un paysage urbain, avec des bâtiments et un ciel nuageux.

C’est dans ce contexte que l’Alliance Française de Lima inaugure « Le Miroir Multiple : L’Atelier Courret et ses Contemporains en France », une exposition qui réunit pour la première fois des estampes d’époque originales de l’Atelier Courret, produites à Lima à partir de 1863, et celles de ses contemporains français. Un dialogue remarquable, révélant des liens insoupçonnés, se dessine à travers ces délicates pièces anciennes, issues de l’essentielle Collection Jan Mulder .

Une composition de portraits de femmes, datant d'une époque ancienne, montrant une variété de styles et d'expressions.
Portraits de femmes en collage, issus du studio Courret.

A noter que Courret photographia aussi à l’époque Tahiti : https://genealogietahiti.home.blog/2025/05/17/eugene-courret-photographe/ :

Groupe de personnes assises en cercle dans une cour, entourées d'une clôture en bois et d'arbres, vêtues de vêtements traditionnels.
Himene (1863)

Portrait en noir et blanc d'un homme avec une barbe, portant un chapeau et des vêtements d'époque.
Courret et son magasin à Lima centre

Pendant plus de soixante-dix ans (1863-1935), Michel-Eugène Courret (1839-1920) et son frère Aquiles, ainsi que leurs successeurs, n’ont pas seulement réalisé des portraits en studio, mais ont également documenté la ville de Lima, ses bâtiments, ses monuments, ses chemins de fer, ses paysages, ses personnages populaires et ses coutumes, constituant ainsi l’une des mémoires visuelles les plus importantes du pays. (https://fr.wikipedia.org/wiki/Eug%C3%A8ne_Courret)

Portrait d'un homme et d'une femme, vêtus de vêtements traditionnels, assis côte à côte sur un banc. La femme porte un manteau et une jupe longue, tandis que l'homme est habillé d'une blouse militaire.

En 1986, lorsque la Bibliothèque nationale du Pérou a acquis les archives Courret, les plaques de verre sont arrivées enveloppées dans du papier journal à la bibliothèque de l’avenue Abancay. Du fait de leur large diffusion, leurs photographies étaient devenues emblématiques de la photographie du XIXe siècle », explique le commissaire de l’exposition à la galerie L’Imaginaire de Miraflores Si d’importantes expositions des archives de l’atelier Courret ont été organisées en 1994 et 2008 avec des tirages modernes, c’est la première fois que des images d’époque originales sont présentées.

Un homme très grand se tient à côté d'un jeune garçon. Le garçon porte un smoking avec un nœud papillon, tandis que l'homme est habillé d'un poncho et de pantalons déchirés.
el famoso “Gigante de Paruro” (Foto: Martín Chambi)

Ce patrimoine visuel dialogue avec les images de collègues français liées à la Mission héliographique (1851-1853), créée par l’Administration des Beaux-Arts à la demande de la Commission des Monuments historiques. Cette institution recrutait des photographes qui parcouraient le pays, immortalisant monuments et paysages sur papier négatif ou plaques de verre au collodion humide.

Deux soldats en uniforme posant ensemble, l'un debout et l'autre assis, avec un arrière-plan flou de nature.
Soldat péruvien et son compagnon de camp. Image de 1868.

« En consultant les archives de la collection Mulder, j’ai découvert des œuvres antérieures à Courret, signées par d’importants photographes français tels que Gustave Le Gray, Édouard Baldus et Charles Nègre, que je connaissais comme des pionniers de la photographie, puisqu’ils travaillaient avec des techniques de calotype ou de négatif sur papier. Ces procédés photographiques n’ont jamais été utilisés à Lima », explique le conservateur.

Ancienne photographie en noir et blanc d'une tour gothique entourée de bâtiments et de plantes, avec une architecture détaillée et des sculptures.
D’après Édouard Baldus : « Tour Saint-Jacques », Paris (1856).

Ces photographes ont perfectionné le procédé du calotype, mis au point par Talbot (d’après les principes de fixation de l’image de Niépce), en utilisant des négatifs papier qui facilitaient le travail hors studio et jetaient les bases d’une nouvelle conception de la pratique photographique. « Réunis au sein de la Mission héliographique, ils ont documenté le monde connu à l’aide de négatifs papier, un support qui leur permettait de reproduire les images et d’en élargir la diffusion », explique Schwarz.

Groupe de femmes en robes d'époque posant près d'un tramway ancien, avec un homme en costume à l'arrière-plan.
Tramway Lima

Portraits, vues urbaines et rurales. Ponts et voies ferrées, symboles de la révolution industrielle. Territoires révélant leur potentiel productif. Il s’agit de photographes soucieux de mettre en valeur les richesses naturelles, la modernité des pays et leur intégration au monde occidental. Ils ont été témoins de l’avancée de ce qu’ils appelaient la « civilisation ». Les deux groupes ont embrassé l’avant-garde non seulement sur le plan esthétique, mais aussi technologique, inventant de nouvelles techniques de création d’images.

Dès ses débuts, un langage reliant les territoires et les cultures.

Un homme nu assis sur un tissu, portant un chapeau orné de plumes et tenant une hache, avec des feuilles de palmier en arrière-plan.
Chef kanak (Nouvelle-Calédonie)

mais aussi nous rappelant l’Histoire :

Manifestation historique avec une foule rassemblée autour d'une barricade à Mexico, fumée s'élevant et bâtiments historiques en arrière-plan.
Manifestation étudiante à Lima avenue La Colmena, 1980

Source : elcomercio.pe

Portrait d'un homme en costume devant un bâtiment historique avec l'enseigne 'Fotografía Central Courret'.

Un jeune garçon portant une poncho traditionnel, avec des cheveux bouclés et un chapeau en peau, tenant une corde et une petite sacoche.

Texte sur fond vert clair avec la phrase 'À VOIR' en gras


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