LES 4 OBJECTIFS DE LA DOCTINE DONROE

par Michel LHOMME

Les États-Unis ne cachent plus leur désir de contrôler tout le continent américain dans une nouvelle doctrine que les médias mainstream ont qualifié par le néologisme de Donroe : https://en.wikipedia.org/wiki/Donroe_Doctrine

L'ancien président Donald Trump tient un document signé, devant une carte de la région du Golfe d'Amérique, à bord d'un avion.
Executive Order 14172 directing U.S. federal agencies to refer to the Gulf of Mexico as the « Gulf of America » has been highlighted as an element of the Donroe Doctrine.

Le président républicain a évoqué à plusieurs reprises le Groenland, territoire arctique danois, mais aussi une possible intervention en Amérique latine, dans des pays comme la Colombie, le Mexique et Cuba.

Caricature d'Uncle Sam debout sur la carte de l'Amérique du Sud, tenant une grande matraque avec les mots 'Doctrine Monroe', symbolisant l'expansionnisme américain et la politique étrangère en Amérique centrale et du Sud.

Un porte-avions en mer avec un hélicoptère au dessus et d'autres navires en arrière-plan.

La puissance de la force, dans sa forme la plus extrême, est la politique que les États-Unis ont choisie depuis 2026. Si l’année dernière, le président Donald Trump liait les relations internationales aux transactions commerciales, il y a maintenant ajouté la puissance militaire pour bien faire comprendre à tous que ce qui compte, c’est la force du plus fort.

Une couverture de journal avec le titre 'THE DONROE DOCTRINE' et une photo de Donald Trump, pointant vers une carte de l'hémisphère, illustrant sa vision politique.
The cover of the New York Post which has been widely credited as the origin of Donroe Doctrine.

Suite aux événements au Venezuela, les États-Unis ont clairement indiqué que toute cible qu’ils visent le sera si leurs intérêts l’exigent. La stratégie de sécurité nationale dévoilée par l’administration Trump il y a un mois laissait déjà entrevoir la volonté de rétablir la « prééminence américaine dans l’hémisphère occidental ». (https://metainfos.com/2025/12/06/trump-prend-acte-de-la-fin-proche-de-leurope/)

Caricature représentant Trump émergeant de l'eau avec des yeux affichant 'OIL', entouré de missiles pointant vers le Venezuela, sur une carte de l'Amérique du Sud avec les pays voisins.

Cette nouvelle stratégie laisse présager une ingérence accrue des États-Unis dans la région latino-américaine au cours des prochaines années. La grande question est donc de savoir quelle sera la prochaine étape. Voici quelques-uns des scénarios évoqués par le président lui-même :

Un homme en costume et casquette rouge parlant lors d'un rassemblement politique, avec un drapeau américain en arrière-plan.

Le désir de Trump de contrôler le Groenland n’est pas nouveau. Il l’a exprimé dès le début de sa présidence et, après l’intervention au Venezuela, il a relancé le débat : cette immense île du cercle polaire arctique est cruciale pour la sécurité des États-Unis, et il est impératif en effet qu’ils la contrôlent.  » Le Groenland est d’une importance stratégique capitale en ce moment, et il est sillonné de navires russes et chinois  », a déclaré Trump. Mais ce territoire, qui est gouverné de manière autonome, appartient au Danemark, un pays européen membre de l’OTAN, l’alliance militaire atlantique dirigée par les États-Unis.

Carte montrant le Gap GIUK entre le Groenland, l'Islande et le Royaume-Uni, avec des flèches indiquant les flottes du Nord et de la Baltique.

Concrètement, les États-Unis ont déjà un accès illimité à l’île. Les gouvernements danois et groenlandais ont d’ailleurs déjà indiqué qu’ils ne s’opposeraient pas à un renforcement de la présence militaire américaine et ont eux-mêmes reconnu que l’influence russe dans l’Arctique constitue une menace potentielle. En effet, les États-Unis exploitent la base de Pituffik, située au nord-ouest du Groenland, construite après la signature d’un traité de défense avec le Danemark en 1951 :

Panneaux indiquant la base spatiale Pituffik, l'unité 821e du groupe de bases spatiales, avec des structures en arrière-plan.

Mais l’île n’est pas seulement intéressante de par sa situation géographique, mais aussi parce qu’elle est une riche source de terres rares, une ressource indispensable aux dispositifs technologiques et dont le marché est actuellement dominé par la Chine et puis, le climat est propice aux énormes data centers qu’il faudra construire pour le développement de l’intelligence artificielle et de l’informatique quantique.

Deux intervenants lors d'une conférence de presse, l'un portant un manteau bleu et l'autre en veste grise, se tenant devant des pupitres gouvernementaux.
Greenlandic leader Jens-Frederik Nielsen announcing « We choose Denmark » at a January 2026 press conference with Mette Frederiksen in response to Trump’s threats to invade or annex the country

Image illustrant une rue vide à Cuba avec des bâtiments historiques en arrière-plan. Une femme assise sur le trottoir regarde une autre femme âgée marchant avec une canne. Un panneau indique 'SANS CARBURANT' et le texte mentionne '1 MOIS SANS KÉROSÈNE POUR LES VOLS'.

Cuba, une autre île, est également dans le collimateur de l’administration Trump, bien que le président ait déjà déclaré qu’il n’avait pas besoin de mener une invasion militaire car le régime castriste « tombera de lui-même », Caracas n’étant plus l’allié inconditionnel qui lui fournissait du pétrole. Nonobstant, une intervention militaire américaine à Cuba ne semble pas envisageable d’autant que la Russie comme la Chine semblent avoir ici définis une ligne rouge à ne pas fanchir (https://metainfos.com/2026/02/18/cuba-libre-chine-et-russie-disent-non/).

Rayonnages d'un supermarché avec peu de produits, principalement des bouteilles d'eau à gauche et des étagères presque vides à droite.

Au cours des cinq dernières années, le PIB de Cuba a chuté de 11 % et le gouvernement communiste de Miguel Díaz-Canel est confronté à une grave pénurie de devises étrangères qui a rendu les services de base précaires, notamment le fonctionnement de son réseau électrique.

Une file d'attente de personnes devant un magasin, avec des gens de tous âges. Une femme porte un enfant sur ses bras, et d'autres clients discutent devant l'entrée.
La foule s’amasse devant une boucherie de la Havane.

Malgré tout, ce n’est pas la première fois que Washington prédit la chute du régime cubain. Trump n’est pas le premier président américain à l’affirmer. Washington attend cela depuis plus de 50 ans, et jusqu’à présent, rien ne s’est produit. Le régime cubain a survécu à plusieurs crises économiques. D’un côté, on peut être optimiste quant à sa chute future, mais il faut reconnaître sa capacité d’adaptation et sa résilience dont il a fait preuve au fil des ans. (https://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/2025-07-25/crise-economique/la-pauvrete-progresse-a-cuba.php)

Deux hommes assis sur le trottoir, l'un dormant sur un sac à dos et l'autre regardant son téléphone, avec des sacs et des objets à côté d'eux.

Un homme souriant lève le poing en signe de victoire, entouré d'une foule enthousiaste lors d'un événement.

En Colombie, pour le moment, règne un climat de cordialité. Après avoir déclaré qu’il pourrait même reprendre les armes… Comme à l’époque où il menait une guérilla pour empêcher toute tentative d’invasion américaine, le président colombien Gustavo Petro s’entretiendrait par téléphone avec Trump et les tensions après des mois d’attaques et de sanctions se seraient apaisées. L’un des facteurs expliquant ce changement d’attitude est que les conseillers de Trump ont dû lui faire comprendre que Petro allait quitter ses fonctions, compte tenu des élections présidentielles qui auront lieu dans quelques mois. On peut approuver ou non ses méthodes et sa politique, mais Petro a été démocratiquement élu. C’est donc sur le processus électoral du second tour que les Etats-Unis interviendront comme ils l’ont fait récemment au Costa-Rica et le feront au mois d’avril au Pérou : https://metainfos.com/2026/02/03/retour-sur-les-elections-au-costa-rica/ et https://metainfos.com/2026/01/24/trump-et-les-seconds-tours/

Les États-Unis joueront donc sans aucun doute un rôle beaucoup plus actif en Amérique latine et n’auront plus aucune limitation éthique ou légale pour intervenir dans les affaires intérieures d’un pays, et le processus électoral à venir en Colombie comme au Pérou (https://metainfos.com/2026/02/19/le-perou-et-un-de-plus/) sera un exemple intéressant de ce qui attend la région, car Trump va s’impliquer dans chaque élection.

Un navire marchand affrontant des vagues tumultueuses en mer.

« Nous allons lancer des attaques sur le terrain contre les cartels qui contrôlent le Mexique », avait lancé Trump, menaçant de représailles la présidente Claudia Sheinbaum, (gauche ) qui entretient pourtant des relations assez cordiales avec son voisin du nord. Nonobstant, Schein a rejeté toute atteinte à la souveraineté nationale après l’arrestation musclée de Maduro et fournit de l’aide actuellement à Cuba tout en maintenant un dialogue ouvert avec Washington concernant les mesures prises par son gouvernement pour lutter contre le crime organisé.

Homme portant des lunettes de protection et des bouchons d'oreilles, tenant une bouteille d'eau, vêtu d'un survêtement gris.

Cependant, une bonne coopération pourrait ne pas suffire. Jusqu’à présent, Sheinbaum est parvenu à éviter la colère de Trump en augmentant les saisies de drogue et les arrestations de trafiquants. Néanmoins, compte tenu de l’imprévisibilité de Trump, rien n’est à exclure, y compris une incursion non autorisée en territoire mexicain pour cibler les cartels de la drogue véritable fléau pour la sécurité intérieure des Etats-Unis.


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