par Michel LHOMME
Les États-Unis ne cachent plus leur désir de contrôler tout le continent américain dans une nouvelle doctrine que les médias mainstream ont qualifié par le néologisme de Donroe : https://en.wikipedia.org/wiki/Donroe_Doctrine

Le président républicain a évoqué à plusieurs reprises le Groenland, territoire arctique danois, mais aussi une possible intervention en Amérique latine, dans des pays comme la Colombie, le Mexique et Cuba.

La force brute

La puissance de la force, dans sa forme la plus extrême, est la politique que les États-Unis ont choisie depuis 2026. Si l’année dernière, le président Donald Trump liait les relations internationales aux transactions commerciales, il y a maintenant ajouté la puissance militaire pour bien faire comprendre à tous que ce qui compte, c’est la force du plus fort.

Suite aux événements au Venezuela, les États-Unis ont clairement indiqué que toute cible qu’ils visent le sera si leurs intérêts l’exigent. La stratégie de sécurité nationale dévoilée par l’administration Trump il y a un mois laissait déjà entrevoir la volonté de rétablir la « prééminence américaine dans l’hémisphère occidental ». (https://metainfos.com/2025/12/06/trump-prend-acte-de-la-fin-proche-de-leurope/)

Cette nouvelle stratégie laisse présager une ingérence accrue des États-Unis dans la région latino-américaine au cours des prochaines années. La grande question est donc de savoir quelle sera la prochaine étape. Voici quelques-uns des scénarios évoqués par le président lui-même :
1 Groenland : une cible stratégique et riche en ressources

Le désir de Trump de contrôler le Groenland n’est pas nouveau. Il l’a exprimé dès le début de sa présidence et, après l’intervention au Venezuela, il a relancé le débat : cette immense île du cercle polaire arctique est cruciale pour la sécurité des États-Unis, et il est impératif en effet qu’ils la contrôlent. » Le Groenland est d’une importance stratégique capitale en ce moment, et il est sillonné de navires russes et chinois », a déclaré Trump. Mais ce territoire, qui est gouverné de manière autonome, appartient au Danemark, un pays européen membre de l’OTAN, l’alliance militaire atlantique dirigée par les États-Unis.

Concrètement, les États-Unis ont déjà un accès illimité à l’île. Les gouvernements danois et groenlandais ont d’ailleurs déjà indiqué qu’ils ne s’opposeraient pas à un renforcement de la présence militaire américaine et ont eux-mêmes reconnu que l’influence russe dans l’Arctique constitue une menace potentielle. En effet, les États-Unis exploitent la base de Pituffik, située au nord-ouest du Groenland, construite après la signature d’un traité de défense avec le Danemark en 1951 :

Mais l’île n’est pas seulement intéressante de par sa situation géographique, mais aussi parce qu’elle est une riche source de terres rares, une ressource indispensable aux dispositifs technologiques et dont le marché est actuellement dominé par la Chine et puis, le climat est propice aux énormes data centers qu’il faudra construire pour le développement de l’intelligence artificielle et de l’informatique quantique.

2 Cuba : en difficulté en raison de l’intervention au Venezuela

Cuba, une autre île, est également dans le collimateur de l’administration Trump, bien que le président ait déjà déclaré qu’il n’avait pas besoin de mener une invasion militaire car le régime castriste « tombera de lui-même », Caracas n’étant plus l’allié inconditionnel qui lui fournissait du pétrole. Nonobstant, une intervention militaire américaine à Cuba ne semble pas envisageable d’autant que la Russie comme la Chine semblent avoir ici définis une ligne rouge à ne pas fanchir (https://metainfos.com/2026/02/18/cuba-libre-chine-et-russie-disent-non/).

Au cours des cinq dernières années, le PIB de Cuba a chuté de 11 % et le gouvernement communiste de Miguel Díaz-Canel est confronté à une grave pénurie de devises étrangères qui a rendu les services de base précaires, notamment le fonctionnement de son réseau électrique.

Malgré tout, ce n’est pas la première fois que Washington prédit la chute du régime cubain. Trump n’est pas le premier président américain à l’affirmer. Washington attend cela depuis plus de 50 ans, et jusqu’à présent, rien ne s’est produit. Le régime cubain a survécu à plusieurs crises économiques. D’un côté, on peut être optimiste quant à sa chute future, mais il faut reconnaître sa capacité d’adaptation et sa résilience dont il a fait preuve au fil des ans. (https://www.lapresse.ca/international/amerique-latine/2025-07-25/crise-economique/la-pauvrete-progresse-a-cuba.php)

3 Colombie : Focus sur les élections à venir

En Colombie, pour le moment, règne un climat de cordialité. Après avoir déclaré qu’il pourrait même reprendre les armes… Comme à l’époque où il menait une guérilla pour empêcher toute tentative d’invasion américaine, le président colombien Gustavo Petro s’entretiendrait par téléphone avec Trump et les tensions après des mois d’attaques et de sanctions se seraient apaisées. L’un des facteurs expliquant ce changement d’attitude est que les conseillers de Trump ont dû lui faire comprendre que Petro allait quitter ses fonctions, compte tenu des élections présidentielles qui auront lieu dans quelques mois. On peut approuver ou non ses méthodes et sa politique, mais Petro a été démocratiquement élu. C’est donc sur le processus électoral du second tour que les Etats-Unis interviendront comme ils l’ont fait récemment au Costa-Rica et le feront au mois d’avril au Pérou : https://metainfos.com/2026/02/03/retour-sur-les-elections-au-costa-rica/ et https://metainfos.com/2026/01/24/trump-et-les-seconds-tours/
Les États-Unis joueront donc sans aucun doute un rôle beaucoup plus actif en Amérique latine et n’auront plus aucune limitation éthique ou légale pour intervenir dans les affaires intérieures d’un pays, et le processus électoral à venir en Colombie comme au Pérou (https://metainfos.com/2026/02/19/le-perou-et-un-de-plus/) sera un exemple intéressant de ce qui attend la région, car Trump va s’impliquer dans chaque élection.
4. Le Mexique : un élément clé de leur plan de sécurité

« Nous allons lancer des attaques sur le terrain contre les cartels qui contrôlent le Mexique », avait lancé Trump, menaçant de représailles la présidente Claudia Sheinbaum, (gauche ) qui entretient pourtant des relations assez cordiales avec son voisin du nord. Nonobstant, Schein a rejeté toute atteinte à la souveraineté nationale après l’arrestation musclée de Maduro et fournit de l’aide actuellement à Cuba tout en maintenant un dialogue ouvert avec Washington concernant les mesures prises par son gouvernement pour lutter contre le crime organisé.

Cependant, une bonne coopération pourrait ne pas suffire. Jusqu’à présent, Sheinbaum est parvenu à éviter la colère de Trump en augmentant les saisies de drogue et les arrestations de trafiquants. Néanmoins, compte tenu de l’imprévisibilité de Trump, rien n’est à exclure, y compris une incursion non autorisée en territoire mexicain pour cibler les cartels de la drogue véritable fléau pour la sécurité intérieure des Etats-Unis.
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