DROIT OU DEVOIR D’INGÉRENCE ?

 par Bernard PLOUVIER

Contrairement à cqu’écrivent les théoriciens de la politique internationale, cette notion de « devoir » (ou de « droit ») d’assistance, décidé par un État en faveur de populations qui sont ou seraient écrasées par un tyran, n’a rien de neuf.

Elle correspond à ce mélange des genres tant apprécié des foules qui aiment se donner bonne conscience à peu de frais. Le schéma est toujours le même : des émigrés, chassés d’un pays, viennent pleurer à la cour d’un monarque ou devant une assemblée souveraine pour dénoncer les tueries (vraies ou imaginaires) et les malversations (en général, bien réelles) de la caste dirigeant l’État qu’ils ont quitté précipitamment & réclament au nom de leur dieu, de leur bon droit, de la « morale » etc… l’intervention armée de l’État où ils se sont réfugiés pour les réintroduire dans leurs possessions.

Combien de Grecs antiques sont-ils allés mendier l’aide des Grecs d’autres cités, voire des Perses ou des Macédoniens ! Toute l’histoire du christianisme européen est faite de guerres pour restaurer « la vraie foi » (celle du pape ou celle des antipapistes qui se croyaient plus proches du christianisme primitif).

Les premières expéditions lointaines des Européens furent des voyages d’exploration et des implantations de comptoirs commerciaux et bien avant notre ère. Puis du négoce, on passa aux interventions armées « pour ramener l’ordre » (en 1830, en Algérie, pour casser des siècles de piraterie barbaresque), voire du côté des judéo-britanniques, pour ouvrir la Chine aux ventes d’opiacés commercialisés par les Juifs implantés dans les  protectorats des Indes, ou encore, du côté des si vertueux US-Citizens, pour ouvrir le Japon au commerce forcé avec les USA.

La décolonisation induite par la Seconde Guerre mondiale (suicidaire pour les Européens qui s’étaient comportés en parfaits imbéciles) et par les appétits des  impérialismes concurrents US et soviétique ont multiplié les motifs d’intervention. À chaque fois, un tyran local ou une mafia, qui avaient le tort de se croire assez puissants pour ne pas se prosterner devant le colosse nord-américain ou les colosses marxistes rivaux russe et chinois, ou qui comptaient sur Allah pour assurer leur protection, ont amené sur leurs populations une guerre longue et impitoyable, où fut démontré cette évidence : les moyens militaires n’apportent de triomphe durable que si la natalité s’effondre !

Or du côté US – le pire agent de néo-colonisation depuis les années 1990, où le crétinisme marxiste s’est effondré -, l’hypocrisie qui est le fondement majeur de la vie politique s’oppose à la pratique d’une dépopulation radicale, qui est d’ailleurs en elle-même génératrice d’un manque-à-gagner. On se contente – bien sûr, au nom des valeurs chrétiennes – d’exploiter les ressources naturelles (de tous types, dont les travailleurs humains ne sont pas les moindres) et d’implanter localement un modèle réduit d’American way of life.

Le plus amusant dans l’affaire vénézuélienne, qui a fourni de la copie aux agents des media et une audience inattendue en période de « trêve de noël » aux tribuns politiques, est son motif : la lutte contre le trafic de stupéfiants ! Alors que, depuis les années 1960, chacun sait qu’une grande partie des États décolonisés ou andins vit de la culture ou de la transformation de drogues (haschich, opiacés, cocaïne, chimie mafieuse des amphétamines et drogues végétales à usage local) et que de nombreux services secrets (US, soviétique, israélien, français et on en oublie) alimentent le trafic de ces merveilles que les jeunes et les moins jeunes de tous les continents estiment indispensables pour supporter la vie.

Vols de drogue recensés par le 
Commandement Sud des États-Unis en 2010 ; la plupart provenaient du Venezuela.

Au lieu d’inciter les intelligences accouplées à un sens éthique développé – ce qui élimine un nombre considérable de Terriens, dont 99% des politicards et des cadors de l’économie ou des media – à tenter de comprendre les causes de l’effondrement de la joie de vivre depuis la fin des Golden Sixties, les fous furieux qui se croient tout permis parce qu’ils dirigent les superpuissances de la planète multiplient les invasions au nom de ce « Droit » (ou « Devoir ») d’ingérence dans la vie des habitants de petits États.

Ces géants de la Force coercitive oublient qu’ils sèment la haine et le désir légitime de vengeance, oublient qu’en tout pays, les autochtones veulent régler leurs problèmes entre eux, oublient enfin que (comme disait Montaigne) : « Aussi haut qu’on soit assis, on ne l’est jamais que sur son cul » !

C’est bien connu : « Ce qui a été sera. Ce qui s’est fait se refera. Il n’est rien de nouveau sous le soleil » (le Qohelet, autre très grand philosophe juif). Plutôt que d’ennuyer (délicat euphémisme) les élèves de tous pays avec la sous-littérature psycho-politico-historico-asinesque des XIXe – XXIe siècles, on ferait mieux de leur apprendre à réfléchir aux tristes constantes de l’humanité et à comprendre que chaque communauté doit se bâtir son refuge propre sans se mêler des affaires plus ou moins malpropres du voisin.


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