par Bernard PLOUVIER
Délire ou dénonciation d’une réalité criminelle ?
Le Nouveau Complotisme au Ier siècle de l’ère globaliste

Si l’on veut procéder d’une façon romanesque, où le badin alterne avec la tragédie, l’idéal est de lire ou de relire 1984 de « George Orwell »-né Eric Blair, publié en 1949 – ses autres livres n’ayant pas un grand intérêt [ voir les videos en fin d’articl; NdR]. Ce chef d’œuvre presque intemporel fut, bien plus que le délire schizophrène kafkaïen, le sommet de la réflexion complotiste au XXe siècle, où la licence poétique nimbait les systèmes de police politique d’une aura d’omniscience et d’implacabilité, alors que toute police, politique ou criminelle, repose sur un équilibre assez fragile entre l’abjecte délation & le niveau intellectuel et moral des enquêteurs… qui a étudié d’assez près le Sipo-SD du IIIe Reich ne peut que sourire de la phrase d’un procureur du Tribunal Interallié de Nuremberg : « La Gestapo savait tout, voyait tout » ! Et l’on peut également douter de l’omniscience des ordures tchékistes et de leurs avatars du Guépéou, NKVD, KGB etc.
On réactualise le discours complotiste, au XXIe siècle, en pérorant sur l’Intelligence Artificielle (« IA » pour les affranchis) qui n’est pourtant qu’un ensemble compliqué de circuits créés pour suivre des modèles prévus par l’homme, incorrigible apprenti-sorcier qui se voudrait infaillible et n’est qu’un gros prétentieux.
Notre triste époque de déréliction est une ère de religiosité et de vie politique désertées par les humains dotés d’esprit critique en tout pays cultivé et techniquement développé. Les individus qui se refusent les plaisirs grossiers et les contraintes du grégarisme (si l’on préfère : ceux qui fuient la fusion dans le troupeau), sont en proie à une angoisse vieille comme l’organisation en cités ou en États : la crainte de n’être qu’un numéro, épié, manipulé, fongible… un simple pion dont on peut se passer et à qui il est interdit de ruminer d’autres pensées que la pâtée servie par les agents d’information-désinformation.

Car la rengaine : « Nous sommes tous fichés ; nous sommes soumis au carcan totalitaire idéologique » est fort vieille, même si la formulation a beaucoup varié selon les époques et les civilisations. Mais vivons-nous une ère inédite de déréliction ? Sûrement pas ! Comme l’a écrit il y a 23 siècles le génial Ecclésiaste (l’Hébraïque Qohelet, l’un des plus grands philosophes de l’histoire) : « Il n’est rien de nouveau sous le soleil ».
Lorsque la République romaine agonisait dans la guerre civile quasi-permanente depuis un siècle, le monde paraissant à la fois trop vieux et désenchanté, les Romains les plus riches vivaient dans la terreur de déplaire au Maître de l’heure (Marius ou Sylla, puis le Grand César et, trois-quarts de siècle plus tard, au temps du principat des Tibère, Caligula ou Claude), dont on redoutait les mouchards.
Le dernier siècle de la République et le premier de l’Empire romain furent pour le monde méditerranéen la première grande époque de déréliction. Les penseurs se dégageaient des mythes anciens, trop anthropomorphes pour les humains cultivés, et fuyaient les certitudes politiques de leurs pères. Jésus de Nazareth est arrivé au bon moment, celui de la première éclipse des religiosités nationales. Voulant Régénérer un monde détruit par l’excès de haines de tous types, il inventa la notion, absurde et géniale à la fois, d’un dieu d’amour universel, généralisant à l’ensemble de l’humanité le délire du pharaon Akhenaton, treize ou quatorze siècles plus tôt.
Avec son agapè – l’amour du Père pour ses créatures et l’amour des créatures entre elles et pour leur divin géniteur -, il remodela le regard omniscient de la divinité. Chaque être humain était épié en permanence par le Maître de l’Univers, mais celui-ci était un Maître de bonté universelle, débordant d’amour et prêt à offrir le paradis à tous ceux et toutes celles dont la fiche, en fin de vie, était favorable, portant davantage de bons points que de mauvaises notes.

C’était simple, beau et tellement universel qu’on pouvait y introduire les hypothétiques habitants d’autres terres s’il en existait. Bien sûr, il restait des ennemis irréductibles à cette universalité : ceux qui voulaient absolument leur dieu, leur divinité nationale, qui ne choyait que leur tribu, leur troupeau et se dressait contre les autres peuples (gentes en latin, dont de parfait imbéciles, dotés d’un humour de potache, firent les « gentils »). L’on comprend sans peine la haine irréductible du judaïsme rabbinique-talmudique pour Jésus et son universalisme… soit une posture qui s’est fossilisée depuis 33 siècles si l’on place la vie de l’Égyptien Osarseph, devenu « Moïse », lors du règne du grandiose Ramsès II ou de son fils Méneptah.
Plus tard, une jeune fille atteinte d’épilepsie limbique officialisa même l’antinomie (ou l’oxymore) « catholicisme national » – soit le détournement d’une religion dédiée à toute l’humanité (kata olin, signifiant « pour tous ») en une multitude de petites religions nationales. De fait, l’humanité occidentale organisée en États n’avait jamais été chrétienne au sens strict. Elle restait divisée en communautés guerrières se battant chacune pour leur conception du seul vrai dieu, celle où cette divinité réputée unique protégeait préférentiellement leur nation. C’est sûr, Jeanne d’Arc était une hérétique, du point de vue du pur enseignement de Jésus – d’ailleurs, elle préférait se référer à Michel l’Archange et à deux saintes légendaires, Marguerite et Catherine.

Avec elle, le fichage de tous par la divinité et sa récompense post-mortem retournaient dans le domaine du devoir national : Dieu et mon droit ; Gott mit uns ; In god we trust ; God save the king, etc.
1 – De l’Antiquité à 1830
« Chacun doit avoir mêmes amis et mêmes ennemis que ceux de la Cité »
Platon, Les Lois

Ce fut pour n’être pas astreints à l’adoration de divinités universelles que le fondateur de la « race juive » créa une divinité exclusivement chargée de veiller sur sa Nation, à condition que les Juifs ne vivent et ne se reproduisent qu’entre eux. Chez eux, la surveillance et les conséquences de la délation furent (et demeurent) à double entrée : on s’épiait et se dénonçait entre Juifs auprès du Sanhédrin (plus tard des rabbins) et parallèlement, dans les pays étrangers, les Juifs étaient suspects en raison de leur sectarisme, leur séparatisme forcené et leur racisme matrimonial… et cela dura jusqu’au XIXe siècle, où émergea le Judaïsme Libéral ou Réformé, haï des Juifs Orthodoxes, appelés « intégristes » à la fin du XXe siècle.
Il existe ou a existé d’autres exemples de repli communautaire par l’effet d’une paranoïa mégalomaniaque ou, à l’inverse, par peur des autres : dans les diasporas de Roms ou d’Arméniens, dans les isolats ethniques des Samaritains ou des Kurdes Yézidis. On vit entre soi, on évite le contact avec les Goyim, les Gadjos (ou Gadjé) ou l’Odar, tous réputés tueurs de Juifs, de Roms, d’Arméniens etc. Bien évidemment, l’enfermement communautaire déclenche la méfiance des autres… un jour, même le dernier des fanatiques partisans de la culture du ghetto finira par le comprendre !

À Londres, sous Édouard Ier comme chez son rival parisien Philippe IV, on vivait dans la hantise des espions venus de l’autre côté de la Manche et on traquait les traîtres, réputés vendus (ou réellement acquis) à l’ennemi héréditaire. Dans la Venise triomphante des XIVe–XVIe siècles, et jusqu’à la fin de l’orgueilleuse République ploutocratique sous les coups de boutoir des armées du Corse Napoléon Bonaparte, une police secrète épiait tous et chacun : même les plus nobles ou les plus riches pouvaient finir leurs jours en cul-de basse-fosse ou sous les Plombs. Dans ces exemples européens, la terreur, surtout localisée dans la capitale des États, était aussi vive que la peur paysanne des brigands, des éléments déchaînés, des épidémies ou des « bêtes qui mangent les hommes » (le 4e Cavalier de l’Apocalypse attribuée à tort à Jean l’évangéliste – les autres cavaliers étant la famine, la guerre et les pestes, tous au service de la Mort, grande prêtresse de la part obscure de la condition humaine).

La terreur du « horsain » (l’étranger à la ville ou à la communauté villageoise, en vieux français) est un phénomène universel et diachronique, expliquant la surveillance malveillante, voire des actions fort brutales, entre clans rivaux, puis entre ressortissants d’États concurrents, mais aussi entre chefs et administrés, et ce à toute époque. Il en résulte l’universalité et l’ancienneté de la police secrète et du « fichage », généralisé ou limité aux plus turbulents et à ceux qui pensent mal… que le rapport du mouchard ou du « flic » soit fait oralement ou par écrit ne change pas grand-chose à la réalité du phénomène.

Selon les périodes historiques, cette peur des agents de l’État ou du clergé, à la fois espions et tyrans, a relevé soit du délire soit de la légitime défiance. Ont en effet alterné des périodes de totalitarisme (soit l’obligation de croire en un dogme, sous peine de châtiments variés, voire d’exécution capitale) et des phases où l’État et le clergé se faisaient moins omniprésents. Mais le calme précéde souvent la tempête. L’exemple-type du sourire trompeur est le XVIIIe siècle européen, débonnaire et luxueux dans les années 1730-80, qui a précédé un déchaînement de furie et de haine, d’espionnage de tous par tous, de délation et de terreur, dans les Treize Colonies anglaises d’Amérique du Nord, puis en France et un peu partout sur le Vieux Continent, de l’Ibérie aux confins polono-russes, jusqu’en Turquie et en Égypte, avec même une pointe en Grande-Bretagne où l’on voulait éviter la contagion révolutionnaire, singulièrement du côté des Irlandais, perpétuels mécontents.
La politique dite d’Ancien Régime se définit à la fois par l’influence d’un clergé d’État et par une autocratie très relative – l’aristocratie exerçant sur le monarque un fort pouvoir de nuisance. Si l’on a constaté un divorce entre le roi et la bourgeoisie en France sous le colossal mollasson Louis XVI, c’est en raison de l’insigne faiblesse de cet homme cultivé et indécis qui laissa se développer une très anachronique réaction nobiliaire, qui cassait une dynamique d’un demi-millénaire, celle de la coalition d’intérêts entre le monarque toujours menacé et la bourgeoisie des villes qui savait payer pour établir et conserver ses franchises et ses privilèges face à l’arrogance et à la rapacité des nobles et du clergé abusif.
Les gouvernements d’Ancien Régime pouvaient devenir aussi inquisitoriaux et totalitaires que les dictatures du XXe siècle, où un clergé marxiste imposa un dogme aussi contraignant et meurtrier que celui de n’importe quelle théocratie. En France, avant 1789, le clergé imposait selon les régions entre 100 et 130 jours fériés, « consacrés à dieu » – entendre : au clergé prêcheur et quêteur –, durant lesquels les salariés n’étaient pas payés et se faisaient dénoncer lorsqu’ils travaillaient ou boudaient les offices religieux ! Ce type de surveillance de tous par tous au nom de la divinité s’exerce de nos jours en pays de charî’ah ou dans la société close des Juifs orthodoxes :

On a connu un délire différent, ouvert sur les autres peuples, à la fin du XIXe siècle où la doctrine à la mode fut : « les petits États n’ont pas d’avenir » et doivent être contrôlés par les grands ou par les États techniquement plus avancés. Et l’on en revint aux grandes structures et à leur police, politique ou militaire : les empires coloniaux britannique et français, les empires terrestres des USA (débordant sur le Mexique et lorgnant le Canada), de Russie ou du Reich bismarckien, de dernier étant le surdoué de l’élan industriel et commercial, des sciences et des techniques – donc l’empire à abattre, car dernier venu et facilement encerclable par l’entente temporaire (nullement « cordiale ») des ennemis héréditaires séparés par le Channel & de l’ogre russe ou du sournois Italien.
Ce furent les débuts impérialistes-expansionnistes des nations réputées les plus capables, ayant ipso facto le droit de dominer les populations moins évoluées pour les instruire et les amener au monde moderne. L’Allemand Friedrich Ratzel s’en fit le théoricien, in Politische Geographie de 1897, une somme théologico-politique d’où le Suédois Rudolf Kjellen tira en 1905 le néologisme Géopolitique, qui fait toujours recette.

En réalité, on ne faisait qu’en revenir aux expériences passées, qui reposaient sur une indéniable, mais temporaire, prééminence culturelle, toujours soutenue par un encadrement et un espionnage des foules urbaines, généralement plus redoutables que les ruraux dispersés – avec des exceptions occidentales aux XIIIe et XIVe siècles, où les jacqueries nombreuses furent réactionnelles aux brigandages des féodaux. Ainsi des Empires hellénistique et romain (le plus durable, car le mieux organisé : quinze siècles de domination culturelle, si l’on associe l’histoire byzantine à celle de Rome), de l’Église catholique conquérante du XIe siècle au XVIIe et suicidée au XXe, de l’Empire Mongol, de l’Empire espagnol sur lequel « le soleil ne se couchait jamais » (les vaniteux Britanniques reprirent la formule un peu avant 1914).
Le fichage policier de la société urbaine – surtout de ses membres les plus riches ou les plus instruits – était l’une des conditions de la cohésion sociale, qui permettait de croître en puissance économique, militaire, culturelle et démographique… soit le domaine de la sentence biblique « Croissez et multipliez-vous », formulation idéale pour alimenter toujours et partout le militarisme et le triomphe des animaux politiques sur les humanistes. Et partout, le particularisme juif exerça son activité de démolition sournoise pour détourner, au profit de la tribu, une part des bénéfices dégagés par l’organisation économique et pour semer la discorde sociale ; c’est ce que les auteurs à gages ou bienveillants ont appelé le « levain » ou le « grain de sel » hébraïques.

2 – Les XIXe – XXIe siècles : la grande époque du sentiment complotiste
« Il n’existe aucun rapport entre la morale et la politique »
Niccolo Machiavel, Le Prince

La Révolution française et ses guerres quasi-continues de 1792 à 1815 (avec un petit break entre 1802 et 1804, car les Britanniques étaient à court d’or et d’argent dans leur Croisade contre l’ennemi héréditaire) ont introduit dans la propagande laïque la diabolisation de l’ennemi, où seule la formulation reste religieuse, son essence étant devenue d’ordre politique (du côté français) ou d’ordre économique (du côté britannique). Satan changeait d’usage : il servait toujours d’antithèse à la divinité, mais comme symbole du concurrent politico-économique. Si l’on combattait le clergé papiste en France et dans les territoires conquis et (durement) occupés et pillés, on conservait le fondement dualiste de toute religion : la divinité réputée juste, bienfaisante, source de progrès et son antithèse satanique maléfique. L’une et l’autre avaient un droit de regard permanent sur tous les humains, mais tous deux étant mis au service de la direction des États et non plus d’un clergé domestiqué.
La diabolisation politique de l’ennemi fut le principal héritage culturel des guerres de la Révolution et de l’Empire. Certes, des attardés restaient fidèles au Satan traditionnel, le Satan spirituel : le juif et le mahométan pour le chrétien et vice-versa. Cette pratique reste toujours forte chez les fanatiques religieux et dans nombre de pays, le fichage, la dénonciation voire l’assassinat de « l’infidèle » restent de pratique courante.
En 1830, le règne des financiers, des négociants et des entrepreneurs s’instaura de façon presque concomitante en Europe Occidentale et dans la succursale nord-américaine. On avait déjà transformé le compagnon en ouvrier, par la suppression des corporations, qui étaient certes des organismes épiant la quantité et la qualité du travail de chaque maître et de ses ouvriers, mais qui assuraient également des secours aux travailleurs manuels en cas de malheur.

Débuta la grande misère des prolétaires – des êtres incultes, sans espoir et sans avenir, asservis à une tâche répétitive, voués à l’alcoolisme et aux prophètes de révolution sociale. Et le fichage, bien réel, des chefs et des militants de « la sociale » s’instaura un peu partout à mesure que progressait l’industrialisation. Pourtant, il n’y eut pratiquement pas d’exécution des propagandistes de la haine sociale : leur stupidité dogmatique (qui culmina avec les duettistes Marx et Engels) et leurs projets utopiques (parfaitement irréalisables) servaient les employeurs-esclavagistes qui ne craignaient que les réformateurs précis et méthodiques. Ceux-ci, qui réclamaient un peu de réforme sociale à la fois, étaient ou paraissaient plus dangereux pour les patrons avaricieux.
Toutefois, durant ce siècle de « Progrès et de Raison », si l’on emprisonnait les agités, on ne condamnait à mort, de loin en loin, qu’une partie des tueurs et des terroristes, où brillèrent beaucoup de Juifs et de Juives issus de milieux aisés. Jusqu’en 1917, surveillance, mouchardage et fichage n’entraînaient en général qu’un exil. On doit reprocher à la police secrète russe et aux tsars englués par leurs scrupules religieux d’avoir été trop bénins avec les terroristes, trop rarement éliminés, et avec les propagandistes de la haine meurtrière qui sortirent de leur exil et se déchaînèrent durant la Grande Guerre.
En 1918, avec l’instauration de la Tcheka, voulue par Lénine et contenant une multitude de petits chefs juifs, puis avec l’ouverture des camps d’extermination par le travail – dont l’administration fut plus tard connue sous l’acronyme Goulag -, là aussi très prisée par les administrateurs juifs, débuta l’ère du crime de masse, résultant de la délation organisée et rétribuée, de l’espionnage très malveillant de tous par tous, au service du régime le plus sanglant de l’histoire humaine.

L’esprit complotiste – soit une variété de délire de persécution – s’effaçait devant la réalité monstrueuse : l’Enfer sur Terre pour les opposants ou ceux qui osaient émettre un avis, qu’ils croyaient ressortir de la « critique constructive ». Fatale erreur ! Le totalitarisme à la manière du XXe siècle avait inventé le dictateur omniscient, juge unique et suprême, divinité incarnée donc mortelle, mais omnipotente tant que persistait chez lui un souffle de vie. De 1949 à 1976, Mao-tu-sais-tout fut presque sublime dans sa stupidité dogmatique, s’imaginant être un Grand Gourou, alors qu’il n’était qu’un pitoyable crétin meurtrier et misonéiste.

Après le coup d’arrêt à la civilisation européenne que fut la Seconde Guerre mondiale, on assista à une flambée d’éphémères empires à visée planétaire : l’Empire marxiste sous Staline de 1949 à 1953 (URSS + Chine + moitié orientale de l’Europe) dissémina des 5e Colonnes soviétiques en tout pays ; l’Empire US, projeté par FDR (le Second Roosevelt), qui s’imposa de 1990 aux années 2015-2020, fut beaucoup moins le « complot des néo-conservateurs » que la poursuite de l’utopie rooseveltienne d’une gouvernance mondiale unifiée au service d’une économie rationalisée à l’échelle du globe terrestre ; le très fugace et très meurtrier Empire islamique (2014-2019) ne fut qu’un feu de paille, limité par les colosses US, russe et chinois ; la montée en puissance, depuis les années 2005 -2010, du néo-Empire chinois, monstrueux hybride associant un totalitarisme post-maoïste à un hyper-capitalisme agressif, semble menaçant, mais implosera probablement du fait de sa corruption et de l’attrait des jeunes pour les « réseaux sociaux », nouveau moyen de lutte contre le totalitarisme – un moyen ambigu, car il peut servir n’importe quel maître… et la liste se complétera dans les décennies à venir

Toujours, les empires totalitaires se sont effondrés sous le poids de la décrépitude et de la corruption des « élites » ou par l’effet d’une coalition victorieuse d’ennemis. Jamais ces empires n’ont succombé du fait de leur stupidité dogmatique, encore moins de la « Résistance-Résilience » des populations humaines, qui ressemblent fort aux troupeaux de bœufs et de vaches passant si facilement de l’étable à l’abattoir : les crimes de masse du XXe siècle l’ont fort bien démontré. Le racisme nazi n’est pas mort de sa bêtise, si proche de la bêtise agressive du racisme sioniste, tous deux étant les héritiers des folies de Moïse et de ses émules (Josué, Josias, Esdras et Néhémie, les Macchabées, Simon Bar Kochba etc.), le tout relevant du domaine de la paranoïa collective. L’application de la force brutale est subie passivement par le troupeau humain : c’est la leçon effarante que l’on doit tirer des ignominies du XXe siècle, de la barbarie communiste à celle du couple maudit sionistes-djihadistes.
Il est exact que nous vivons une phase ascendante de totalitarismes, mais avec l’accélération des techniques (qui est la seule réelle « accélération de l’histoire »), les nouveaux empires du XXIe siècle, qui tous imposent une pensée unique, s’effondrent plus vite encore que ceux du XXe siècle.
Découvrir la réalité de l’histoire humaine, grâce à l’étude précise des civilisations, c’est comprendre que, bien loin de monter les degrés d’un escalier ascendant, l’humanité refait toujours les mêmes stupidités, chaque génération détruisant tout ou partie de ce qu’ont fait les deux ou trois précédentes, qui tentaient de bâtir « un monde nouveau », par l’application d’une « nouvelle sagesse ». En réalité, l’humanité se répète constamment, les nouvelles techniques ne servant que d’alibis modernes à la reprise d’oripeaux dogmatiques bien connus.

Le cerveau humain restant inchangé depuis que l’Homo Sapiens sapiens a exterminé les autres Sapiens moins doués ou moins agressifs, les expériences réputées nouvelles ne font que réexplorer de vieux schémas, car la réalité est assez simple : à moins d’être remplacé par un Surhomme doté d’une éthique plus saine, l’être humain est et restera toujours un animal doté à la fois d’intelligence, de créativité et de malfaisance, par l’effet de ses tares psychologiques : cupidité, jalousie et joie de nuire à autrui.
.. un texte garanti sans IA !

En savoir plus sur METAINFOS.COM
Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Cher Monsieur Plouvier : Écrire qu’à part 1984 les autres livres de George Orwell n’a pas trop d’intérêt est quelque peu réducteur. La ferme des animaux est une critique acerbe du communisme à une époque où il était conquérant. Et hommage à la Catalogne publié en 1938 en GB et seulement en 1955 en France est un impitoyable réquisitoire contre le stalinisme en Espagne.
vous avez raison sur un point : l’anti-stalinisme de Blair-Orwell, qui fut longtemps trotskiste
1 – La ferme des animaux est écrit dans un style enfantin qui n’atteint pas les pastiches du même genre (comme ceux de Marcel Aymé) ; lorsqu’il l’a écrit, il y avait déjà en Occident pléthore de livres antibolcheviks et ce dès les années Vingt, dont certains étaient fort bien écrits. C’est réellement un livre pitoyable
2 – Il en va différemment du pamphlet de 1937, qui est plus rigoureux et plus lyrique… mais sur un sujet fort discutable : les anarchistes et trotskistes du POUM étaient-ils si différents dans leur fanatisme que les assassins du NKVD ? Ils ont moins tué, simplement parce qu’ils étaient moins nombreux, moins organisés et qu’ils étaient très fortement concurrencés.
1984 est un chef d’oeuvre, ce que ne sont pas, ni dans la forme, ni même dans le fond, les deux autres livres que vous citez en érudit de cette période.
Ceci posé : des goûts et des couleurs, on ne discute pas ! J’ai peut-être eu tort de donner un avis aussi peu expert que celui de tout critique littéraire