par Claude TIMMERMAN
12° 02′ N ; 134° 48′ E
Lancé en 1931, l’Indianapolis, croiseur lourd, intègre la Scouting Force en 1933 avant de participer avec succès à de nombreuses campagnes de la guerre du Pacifique.

Lors des essais, l’Indianapolis développe 108 317 chevaux et atteint une vitesse de 32,86 nœuds (60,86 km/h) avec un déplacement de 11 334 tonnes.
En mai 1943, le croiseur lourd subira d’importants travaux de modernisation de l’armement, il sera doté d’une catapulte, d’un radar et de canons antiaériens rajoutés au chantier naval de Mare Island (au nord de la baie de San Francisco).

Après ces réaménagements, l’Indianapolis quitte le chantier sous les ordres du commandant Charles B. McVay pour rallier la Task Force 38, commandée par le vice-amiral Marc Mitscher. Il la rejoint le 14 février 1945, deux jours avant la première attaque sur Tokyo.

Les Américains ayant alors besoin d’une base avancée proche de l’île principale du Japon, les îles Okinawa et Ryūkyū deviennent des cibles potentielles. Afin de les investir avec un minimum de pertes, les bases aériennes du sud du Japon doivent être bombardées pour les empêcher de contrecarrer les projets d’invasion américains.

Ainsi, l’Indianapolis, avec la Task force, quitte Ulithi le 14 mars 1945 en direction des côtes japonaises.

Les bombardements préliminaires d’Okinawa durent 7 jours, durant lesquels l’USS Indianapolis pilonne les défenses ennemies de ses canons de 203 mm. Harcelé en permanence par les avions ennemis, le croiseur lourd en abat six. Le 18 mars, à environ 160 kilomètres au sud-est de Kyūshū, les porte-avions lancent des attaques aériennes vers les aérodromes de l’île et vers les navires à l’ancre dans les ports de Kobe et de Kure. Le 21, les Japonais réussissent à localiser la flotte américaine ; 48 avions sont envoyés pour la bombarder, mais ils sont interceptés 100 kilomètres avant d’atteindre leur but par 24 avions envoyés depuis les porte-avions.
À l’aube du 31 mars, un chasseur-bombardier ennemi fonce droit sur le croiseur et malgré les tirs de barrage des canons antiaériens de 20 mm de celui-ci, il réussit à larguer sa bombe avant de percuter le bâtiment et de s’écraser dans l’océan. La bombe traverse le blindage du pont, le réfectoire de l’équipage, une chambre en dessous, une soute à combustible avant de ressortir sous le bâtiment et d’exploser dans l’eau. Le souffle déchire la coque en deux endroits puis envahit les compartiments proches, tuant neuf marins et en blessant vingt-neuf. Néanmoins, l’inondation est contenue malgré la gîte sur bâbord du croiseur. Celui-ci réussit à rejoindre un remorqueur de sauvetage afin d’effectuer des réparations vitales pour la survie du navire. Les dégâts sont importants : les lignes d’arbres d’hélices sont endommagées, les soutes à combustible fuient et le convertisseur d’eau douce (type bouilleur) est détruit. L’Indianapolis fait la traversée du Pacifique vers le chantier de Mare Island par ses propres moyens. McVay reçoit alors ce message de l’amirauté : « Félicitations pour votre contrôle des dégâts. Vos hommes ont fait un travail extraordinaire.»

Après réparations l’Indianapolis quitte précipitamment San Francisco le 16 juillet après des essais accélérés, ayant embarqué une mystérieuse caisse contenant des éléments d’un « projet secret » : il doit repartir immédiatement pour Tinian pour y faire sa livraison. Il s’agissait des capsules de comburant nucléaire et de diverses pièces sensibles des bombes nucléaires qui seront assemblées sur place avant le largage, par soucis de sécurité. L’USS Indianapolis arrive à Pearl Harbor le 19, battant tous les records : il aura parcouru 2 405 milles marins (4 454 km) en 74,5 heures. Il repart pour Tinian sans escorte, atteignant l’île le 26 juillet ; il a ainsi parcouru au total 5 000 milles marins (9 260 km) en seulement 10 jours ! Après avoir livré son précieux chargement, le bâtiment quitte Tinian pour rejoindre Guam, où des marins débarquent pour une permission et où de jeunes recrues embarquent. Celles-ci doivent subir un entraînement sur l’île de Leyte, avant de rejoindre l’USS Idaho et la Task Force 95 de l’amiral Jesse B. Oldendorf.

[Après la conquête des îles Mariannes par les États-Unis dans le cadre de la guerre du Pacifique pendant la Seconde Guerre mondiale, Tinian devint une base importante pour le reste de la campagne du Pacifique. Tinian abritait, au moment de la conquête, trois aéroports et un quatrième en construction. Tinian sera la plus grande base aérienne du monde. Elle était en mesure d’abriter cinquante mille hommes et un millier de B-29.)

Après la Seconde Guerre mondiale, la base est abandonnée en 1946 et Tinian devient un territoire sous tutelle des îles du Pacifique contrôlé par les États-Unis. L’île continue d’être dominée par des militaires et, jusqu’en 1962, est administrée en tant que sous-district de Saipan. Depuis 1978, l’île est une municipalité du Commonwealth des Îles Mariannes du Nord. Pendant les années 1980, une des pistes de l’aéroport sur le champ Nord est restée active afin de permettre aux C-130 de l’armée de l’air des États-Unis de décoller et atterrir dans le cadre des exercices d’entraînement de la marine des États-Unis à l’extrémité nord de l’île. À partir des années 1990, le tourisme vient s’ajouter à la présence militaire et joue un rôle important dans l’économie locale. En décembre 2023, l’USAF déclarera vouloir utiliser de nouveau la base après réhabilitation pour combattre l’influence croissante de la Chine en Asie-Pacifique.]

Le 30 juillet 1945, l’Indianapolis naviguant en mer des Philippines, est torpillé par le sous-marin I-58 de la Marine impériale japonaise :

Toujours sans escorte malgré les demandes du commandant McVay, l’Indianapolis fait route vers Leyte. A 23 h 00 le 29 juillet 1945, le sous-marin I-58 a fait surface à 400 km au nord de Palau et s’est dirigée vers le sud. L’officier de navigation, le lieutenant Tanaka, a repéré un navire approchant par l’est, qui filait 12 nœuds (22 km/h) et ne zigzaguait pas. Le commandant Hashimoto a identifié à tort la cible comme étant le cuirassé USS Idaho, mais il s’agissait en fait du croiseur lourd USS Indianapolis, qui avait quitté Guam pour Leyte la veille. L’Indianapolis n’était pas équipé de sonar ou d’hydrophones, et n’était toujours pas escorté.
Le I-58 s’immerge et se prépare à attaquer avec des torpilles de type 95.
A 23 h 26 le sous-marin a tiré une salve de six torpilles à 2 secondes d’intervalle. Deux explosions successives déchirent la partie tribord avant du navire. La première torpille détruit entièrement la proue puis la seconde le frappe à proximité d’une soute de combustible et d’une soute à munitions. L’explosion coupera en deux le bâtiment, le privant aussitôt d’électricité. A 23 h 35, le Lieutenant Commandant Hashimoto a observé deux impacts sur le côté tribord du croiseur. Le navire s’est arrêté, et gîte sur tribord. Hashimoto décide d’attaquer à nouveau et a plongé à 30 m (100 pieds) pour ouvrir le champ de tir et recharger les tubes des torpilles. Alors que le sous-marin était immergé, à 00 h 27 le 30 juillet, l’Indianapolis a chaviré et a coulé à la position 12° 02′ N, 134° 48′ E. Il coulera en douze minutes, emportant avec lui environ 300 des 1 195 membres d’équipage.

Lorsque le I-58 a fait une vérification au périscope, la cible avait disparu. Le sous-marin a alors fait surface, et a quitté la zone à pleine vitesse, se dirigeant vers le nord tout en rechargeant ses batteries. Le I-58, pesant près de 2 174 tonnes en surface, était capable de plonger à 100 m, puis de se déplacer à une vitesse maximale de 6,5 nœuds, avec une autonomie de 105 milles nautiques à une vitesse réduite de 3 nœuds. En surface, sa portée était de 21 000 milles nautiques, développant une vitesse maximale de 17,7 nœuds. Il transportait un hydravion de reconnaissance biplace Yokosuka E14Y (connu des Alliés sous le nom de Glen), stocké dans un hangar hydrodynamique à la base de la tour de navigation (kiosque). Son armement principal était constitué de 6 tubes lance-torpilles avant de 533 avec un total de 19 torpilles Type 95 à bord. Pour les combats de surface, il était équipé d’un canon de pont de 14 cm/40 Type 11, ainsi que de 2 canons de 25 mm Type 96.

Le capitaine de corvette Mochitsura Hashimoto (橋本以行, Hashimoto Motchitsura), né le 14 octobre 1909 à Kyoto est mort le 25 octobre 2000 à Kyoto. Officier de la Marine impériale japonaise de 1933 à 1945, ll commanda plusieurs sous-marins pendant la Guerre du Pacifique, notamment le RO-44, le I-158 et le I-58. Il est resté célèbre pour avoir coulé l’USS Indianapolis et pour avoir témoigné à décharge au procès du commandant de celui-ci, Charles B. McVay III.

À la fin de sa vie, il était devenu prêtre shintoïste dans un temple à Kyoto. Le naufrage reste à ce jour le plus meurtrier de l’histoire de la marine des États-Unis. Lorsque les deux torpilles frappent le croiseur, l’ordre d’abandonner le navire est donné immédiatement et les hommes se jettent à la mer, s’éloignant du navire qui s’enfonce rapidement dans l’eau. Douze minutes après le premier impact, le bateau a disparu sous les flots, emportant avec lui encore 300 hommes. Malgré les SOS lancés par le croiseur, aucun navire ne vient chercher les rescapés. Ceux-ci se retrouvèrent alors livrés à eux-mêmes au milieu de l’océan Pacifique (Yap, la terre émergée la plus proche, se trouvant à plus de 450 kilomètres).
De nombreux requins apparaissent, notamment des requins longimane :

Les caractéristiques les plus distinctives de l’espèce longimane sont ses longues nageoires pectorales et dorsales en forme d’ailes. Elles sont significativement plus larges que celles d’autres espèces de requins et sont nettement arrondies et tachetées de blanc aux extrémités comme les lobes de la queue. Le ventre est clair allant jusqu’au blanc. La couleur gris brun peut virer jusqu’au brun orangé Le nez du longimane est également arrondi et ses yeux sont circulaires et équipés d’une membrane nictitante (ce qui n’est pas courant chez les Sélaciens).

Le requin longimane fait partie des espèces de requins dangereuses pour l’homme, bien que, du fait de son habitat, il soit rarement confronté aux humains en dehors des naufrages et il est donc beaucoup moins connu du grand public. Vu son habitat, les attaques à proximité directe des côtes sont rares, mais il est réputé pour son agressivité et son caractère inquisiteur et obstiné vis-à-vis des plongeurs. La rareté des proies potentielles en haute mer le pousse à attaquer sans préavis quand une occasion se présente. Aujourd’hui victime de la pêche (pour ses ailerons) il est classé en zone critique d’extinction :

Le requin longimane est un poisson pélagique. Il se trouve en pleine mer dans toute la ceinture tropicale et ne s’approche que rarement des côtes pour fréquenter les tombants et les passes. Il est réputé solitaire selon certains auteurs mais peut se déplacer en groupe selon d’autres.
On lui attribue une grande part de responsabilité dans l’hécatombe survenue lors du naufrage du croiseur lourd USS Indianapolis le 30 juillet 1945, et dans celle du Nova Scotia, paquebot converti en transport de troupes, au large du Natal le 18 novembre 1942 coulé par un sous-marin allemand: sur les 1 000 personnes à bord, seules 192 purent être secourues et on estime que le requin longimane fut la principale cause de ce carnage.

Au début de l’attaque, les longimanes se nourrissent principalement des corps des marins morts de noyade et d’épuisement. Mais ces prédateurs ne sont pas les seules causes de décès des survivants au torpillage. Le soleil, le manque de nourriture, la soif et la fatigue assaillent les marins ; nombreux sont ceux qui meurent d’insolation, de déshydratation ou d’épuisement. D’autres sombrent dans le délire ou les hallucinations et certains en viennent à tuer leurs propres camarades. Les requins prennent alors le relais… Finalement, quatre jours après le naufrage de l’Indianapolis, des survivants sont repérés par un avion PV-1 Ventura en patrouille anti-sous-marine de routine.
Il alerte la base de Peleliu, signalant « la présence de nombreux hommes à la mer sur une distance de plusieurs miles ». Un hydravion PBY Catalina est dépêché sur place pour porter assistance aux naufragés. En chemin, il survole le destroyer Cecil J. Doyle et informe son commandant de la situation. Celui-ci, de son propre chef, déroute alors son navire vers la zone du naufrage. Lorsque l’hydravion arrive sur place, il jette des radeaux et des provisions à la mer. Voyant que certains des hommes se font attaquer par des requins, le commandant décide d’amerrir malgré les risques afin de sauver les nageurs isolés. Lorsqu’il apprend que ceux-ci font partie de l’équipage de l’Indianapolis, le commandant de bord transmet l’information par radio, requérant une assistance immédiate.
La nuit tombant, l’équipage de l’hydravion continue sa difficile tâche de sauvetage, allant jusqu’à attacher des hommes aux ailes de sa machine lorsqu’il n’y a plus de place dans l’avion, rempli de rescapés. 56 hommes sont ainsi sauvés. Lorsqu’il arrive sur place, le Cecil J. Doyle prend ces hommes à son bord.
Malgré les risques de repérage par l’ennemi dans l’obscurité, le commandant du navire décide alors d’utiliser son projecteur principal pour guider les autres navires de secours. Après plusieurs jours de recherches aériennes et marines, ce sont 321 marins vivants qui sont recueillis par les secours ; quatre d’entre eux mourront des suites de leurs blessures, réduisant le nombre des survivants à 317.
Des 81 officiers du navire, 67 ont péri noyés, ainsi que 808 marins et sous-officiers. Ce naufrage reste à ce jour le plus meurtrier de l’histoire de la marine des États-Unis.

Le 19 août 2017, le milliardaire Paul Allen annonce avoir retrouvé le croiseur lourd dans la mer des Philippines, reposant par 5 500 mètres de profondeur, grâce à son navire de recherche RV Petrel (https://www.nationalgeographic.fr/histoire/decouverte-de-lepave-de-luss-indianapolis-navire-de-guerre-de-la-seconde-guerre-mondiale)

Controverses : procès et condamnation
Le 29 novembre 1945, le commandant McVay, qui fait partie des survivants, se voit notifier son passage en cour martiale. Le procès débute le 3 décembre sous l’impulsion de l’amiral de la flotte Ernest King, malgré les réticences des amiraux Raymond Spruance et Chester Nimitz qui recommandaient une simple lettre de réprimande. Le peu de temps entre la notification et le moment du procès font que McVay ne bénéficie que de quelques jours pour préparer sa défense. L’avocat qu’il choisit en premier lieu n’étant pas disponible en un laps de temps si court, et King ayant refusé de repousser la date, le commandant est défendu par un avocat inexpérimenté. Deux charges sont retenues contre McVay : « mise en danger de son navire en omettant de zigzaguer » et « échec à donner l’ordre d’abandonner le navire dans un temps approprié ». Aucune mention n’est faite de l’absence de réaction au signal de détresse envoyé ou du temps mis par les secours pour se rendre compte de la disparition du navire : il est ainsi impossible à McVay de mettre en cause la Navy durant le procès.

La seconde semaine du procès débute avec l’appel à la barre par la cour du commandant Hashimoto du sous-marin I-58. Cela provoque un tollé dans la presse de l’époque qui dénonce ce témoignage, un membre du Congrès allant jusqu’à le qualifier d’« outrage à la justice ». Mal à l’aise, l’officier japonais témoigne avec l’assentiment des amiraux présents. Son témoignage se révèle embarrassant pour la Navy : il affirme qu’il aurait coulé le croiseur de toute manière, quelle que soit la route qu’il aurait suivie et ses évolutions. De même, le témoignage du très décoré commandant de sous-marin Glynn R. Donaho vient ébranler l’accusation : il affirme que la manœuvre de zigzag n’aurait rien changé à la situation. Malgré cela, le 19 décembre, le commandant McVay est reconnu coupable du naufrage de son navire, ayant omis de zigzaguer ; mais il est acquitté de la seconde charge ‟d’échec à donner l’ordre d’abandonner le navire dans un temps approprié”. Ce verdict le rongera pour le reste de sa vie, et il finira par se suicider le 6 novembre 1968, en se tirant une balle dans la tête à son domicile de Litchfield, dans le Connecticut . Il a été trouvé sur son porche arrière par son jardinier. Bien qu’aucune note n’ait été laissée, McVay était connu de ses proches pour avoir souffert de solitude, en particulier après avoir perdu sa femme d’un cancer en 1961.
Réhabilitation
Il ne semble pas que la responsabilité évidente dans l’acheminement des deux bombes ayant causé là la mort de plus de 250 000 personnes n’ait jamais hantée le capitaine Mc Vay ! Après plusieurs années d’efforts déployés par certains survivants pour reconnaître son rôle, les charges contre le captaine McVay n’ont été levées qu’à titre posthume par le Congrès des États-Unis puis le président Bill Clinton en 2000. Le Congrès des États-Unis a adopté une résolution du Sense of Congress selon laquelle le dossier de McVay devrait souligner qu’il « est exonéré de la perte de l’USS Indianapolis ». Le président Clinton a également signé la résolution.
Le commandant Hashimoto est décédé cinq jours avant l’annonce officielle de cette exonération (le 25 octobre 2 000). En mai 2001, le secrétaire à la Marine Gordon R. England a ordonné au capitaine William Toti , ancien commandant du sous marin USS Indianapolis (SSN-697) (qui avait reçu le nom du croiseur), d’inscrire la résolution du Congrès dans le dossier personnel officiel de la Marine de McVay.
Mais la Marine américaine n’appliquera cette décision qu’en juillet 2001.
Et si… ?!….

L’Indiana a donc rallié Tinian le 29 juillet. Si d’aventure un patrouilleur japonais, (et pourquoi pas déjà le I 58 ?) avait intercepté l’Indianapolis la semaine précédente, avant sa livraison à Tinian ?…
A huit jours après, les bombes auraient pu disparaître au fond du pacifique…

La plus grande catastrophe nucléaire et humaine qui soit intervenue à ce jour aurait ainsi pu être évitée !…

A écouter (50 minutes) :

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Bernard Plouvier
Excellent et passionnant article
Félicitations