JÉSUS EST UN TUEUR EN SÉRIE

par Dionysos ANDRONIS

A propos de : – Stéphane Bourgoin, La main de la mort – Henry Lee Lucas, ed. Méréal, Paris, 1999, 168 pages.

Couverture du livre 'La main de la mort' par Stéphane Bourgoin, présentant Henry Lee Lucas avec un t-shirt 'Jésus' sur fond noir et rouge.

Stéphane Bourgoin (né en 1953) nous offre avec cet essai une étude sur un des premiers tueurs en série américains : Henry Lee Lucas (1936-2001). Même si nous avons aimé ce livre, nous aimerions en corriger deux erreurs. Lucas n’a pas tué autant de victimes comme Bourgoin le suggère. « 75 meurtres? 100 meurtres? 150 meurtres? 360 meurtres? Plus de 600 meurtres? 1000 meurtres? Son cas reste un mystère » (op.cit., sur la couverture du dos).

Portrait de Henry Lee Lucas, un tueur en série américain, montrant des traits marqués et une expression sérieuse.
Lucas en juin 1983

Comme Charles Manson, Henry Lee Lucas avait aussi une mère prostituée qui s’appelait Viola Lucas (1888-1960). Celle-ci était une de ses premières victimes. Mais oui, Lucas a fait beaucoup plus de victimes que le premier, Manson. 

Couverture d'un livre intitulé 'Il était une fois Charles Manson' avec des images de Charles Manson à différentes étapes de sa vie et un texte explicatif en rouge.

Lucas avait un seul œil.  » A l’âge de sept ans, Henry Lucas a été victime d’un véritable accident. Avec son frère il fabrique une balançoire dans les bois lorsque la lame du couteau d’Andrew Preston (son frère) glisse et blesse Henry à l’œil. Du sang coule et il ne peut plus voir sur le côté. Emmené à l’hôpital du comté, il y reste plusieurs semaines, sa mère se contentant d’une unique visite pendant son séjour. A sa sortie il voit avec difficulté : les images se brouillent et se dédoublent. Quand il retourne à l’école, un professeur va même lui commander des livres à gros caractères pour qu’il puisse suivre les cours.

Photo en noir et blanc d'un homme au profil et de face, avec un oeil fermé, portant un costume, et une inscription au bas indiquant 'STATE PENITENTIARY RICHMOND VIRGINIA'.

Peu de temps après Henry subit un autre coup. Un des instituteurs veut punir un élève avec une règle en métal mais c’est Henry qui est frappé dans l’œil. De retour à l’hôpital, les médecins sont obligés de lui ôter alors l’œil en question et de le remplacer par un œil de verre. (op.cit., page 13).

Un homme, probablement un suspect, marche la tête baissée, entouré de plusieurs personnes dont un homme en uniforme avec un chapeau blanc, dans un cadre urbain.

La secte satanique Hand of Death pour laquelle selon la légende il faisait tous ces sacrifices à Satan n’a jamais existé. « Jusqu’à ce jour, tous les ouvrages anglo-saxons écrits sur Henry Lee Lucas affirment de manière catégorique qu’une enquête du FBI sur l’existence de la secte The Hand of Death n’a jamais permis de trouver la moindre preuve ou indice » (op.cit., page 97).

Un homme menotté portant un costume gris, entouré de deux agents de police en uniforme, des projecteurs et des caméras de télévision à l'arrière-plan.

S’il a commis plusieurs meurtres sur des femmes c’est parce que son handicap physique mentionné plus haut ne leur plaisait pas. Un entretien entre Bourgoin et Lucas est très significatif :  » Pour quelle raison avez-vous tenté de les kidnapper ? / Pour le sexe / Vous avez un problème sexuel ? / Oui / Lequel ? / J’ai constamment envie de faire l’amour à des femmes » (op.cit., pp.42-43).

Image en noir et blanc montrant des policiers et un homme en costume, probablement en détention, sortant d'un bâtiment.

Bourgoin a fait une autre erreur à la page 114 où il nous raconte que lors de son dernier emprisonnement (de 1983 à sa mort), Lucas se serait converti au christianisme par la sœur Clémentine Robertson. C’est faux ! Cette religieuse s’appelait en vérité Clémentine Schroeder. C’est grâce à elle qu’il porte ce tee-shirt « Jésus » en couverture face. Avant son incarcération, il faisait « une croix renversée tracée dans la chair de la poitrine du cadavre. C’est la signature du Hand of Death » (op.cit., page 94).

Livre intitulé _The Confession Killer_ de Jack Smith, sur la vie du tueur en série Henry Lee Lucas, avec un portrait au crayon du sujet.

Et pour corriger le malentendu sur la religieuse, il faut vous mentionner que Shelley Robertson était une jeune femme assassinée par Lucas le 1er juillet 1974. Ce n’est pas elle la religieuse qui a converti Lucas au christianisme.

Couverture du livre sur Henry Lee Lucas, avec le titre 'HENRY LEE LUCAS' et la mention 'El psicópata sádico'.

Notons que l’auteur Bourgoin a écrit aussi plusieurs romans d’horreur sous le pseudonyme d’ Etienne Jallieu.     

Couverture du livre 'La main de la mort - Henry Lee Lucas' par Stéphane Bourgoin, montrant le titre et l'illustration.

 

Affiche du film 'Henry: Portrait d'un Serial Killer' montrant un homme avec un regard intense, assis dans un environnement sombre, portant un t-shirt usé.

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